des enfants et des adolescents
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Le paysage numérique évolue plus rapidement que les recherches traitant des effets des médias sur écran sur le développement, l’apprentissage et la vie familiale des jeunes enfants. Le présent document de principes porte sur les bienfaits et les risques potentiels de ces médias chez les enfants de moins de cinq ans. Il s’attarde sur la santé développementale, psychosociale et physique. Les conseils fondés sur des données probantes en vue d’optimiser et de soutenir les pratiques des jeunes enfants à l’égard des médias reposent sur quatre principes : limiter le temps d’écran, en atténuer les effets négatifs, être attentif à l’utilisation des écrans et donner l’exemple d’habitudes positives. Les connaissances sur l’apprentissage et le développement des jeunes enfants éclairent les dispensateurs de soins quant aux stratégies en matière de pratiques exemplaires.
Mots-clés : Development; Digital media; Health; Infant; Preschool child; Screen time
L’exposition aux médias numériques est en hausse dans la vie familiale des Canadiens, de même que les inquiétudes quant aux effets du temps d’écran sur les enfants et les familles. Le présent document de principes aborde les bienfaits et les risques potentiels de l’exposition aux écrans et de leur utilisation chez les enfants de moins de cinq ans. Il fournit également des conseils fondés sur des données probantes aux professionnels de la santé afin qu’ils aident les familles. Le « temps d’écran » désigne le temps passé devant des écrans, y compris ceux des téléphones intelligents, des tablettes, des télévisions, des jeux vidéo, des ordinateurs et de la technologie portable. À moins d’une indication plus précise, les « médias numériques » désignent le contenu transmis dans un appareil par Internet ou par réseau informatique.
Un sondage réalisé en 2016 par la Société canadienne de pédiatrie (SCP) auprès de ses membres a révélé que les parents demandent des conseils sur le temps d’écran de leur enfant dans quatre grands domaines : la durée (quand est-ce trop?), l’établissement de limites, les effets sur la santé et le bien-être et le contenu optimal. Une analyse bibliographique [1] sur les effets des médias sur écran chez les enfants de moins de cinq ans a permis d’extraire des analyses systématiques, des lignes directrices et des politiques sur l’exposition aux médias sur écran et leur utilisation. Les bienfaits et les risques potentiels sont classés selon lasanté développementale, psychosociale et physique. Les recommandations reposent sur les données probantes et le consensus d’experts. Le temps d’écran chez les enfants plus âgés, les adolescents et les enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux, de même que les inquiétudes sur la santé environnementale, dépassent la portée du présent document de principes.
Les recherches font foi d’importantes différences entre les enfants d’âge préscolaire et les enfants plus âgés sur le plan du développement, et selon les données sur la télévision, les premières expériences de l’enfant à l’égard des écrans peuvent être déterminantes [2][3][4].
Certaines tendances importantes transforment la petite enfance :
On ne sait pas si l’exposition précoce aux médias sur écran modifie le cerveau en développement. Par ailleurs,les recherches publiées sur le mode d’apprentissage des enfants de moins de cinq ans à partir des écrans et sur la somme des connaissances qu’ils en retirent demeurent limitées [6][18]-[21]. Les études révèlent toutefois que même si les bébés n’absorbent pas le contenu des émissions de télévision, celles-ci peuvent attirer et retenir leur attention. Entre l’âge de six et 14 mois, ils peuvent reproduire des actions incarnéesà l’écran et, à l’âge de 18 mois, ils peuvent se souvenir de brèves séquences [6].
Peu avant l’âge de trois ans, les enfants commencent à comprendre les contenus [5][22]. Des données concrètes démontrent que les nourrissons et les tout-petits éprouvent de la difficulté à transférer de nouveaux apprentissages d’une représentation bidimensionnelle à un milieu tridimensionnel (c’est-à-dire de l’écran à la réalité) et qu’à cet âge, la télévision est peu susceptible de nourrir leur apprentissage [6][23][24][25]. En revanche, ils apprennent intensivement lors des échanges directs avec leurs parents et avec les personnes qui s’occupent d’eux. L’apprentissage précoce est plus fluide, plus enrichissant et plus efficace sur le plan du développement lorsqu’il est vécu de manière interactive, en temps réel et dans l’espace, avec des personnesen chair et en os [26]-[29].
À compter de l’âge d’environ deux ans, des émissions de télévision de qualité bien conçues, adaptées à l’âge et comportant des objectifs éducatifs précis peuvent représenter un moyen supplémentaire de favoriser le langage et l’alphabétisation des enfants [30]. Des émissions de qualité peuvent également encourager des aspects du développement cognitif, y compris des attitudespositives envers les races et le jeu imaginaire [31]. Selon des données préliminaires, les médias interactifs, et particulièrement les applications qui exigent les réactions d’un adulte (des réactions instantanées à ce que l’enfant dit ou fait), peuvent aider les enfants à assimiler l’information enseignée. Ces réactions du parent, lorsqu’elles s’associent à un contenu adapté à l’âge, qu’elles sont instantanééset qu’elles sont liées à l’intensité de l’action, peuvent permettre à un enfant de 24 mois d’apprendre de nouveaux mots [21][22][32]. Selon des données préliminaires, les applications interactives d’apprentissage de la lecture et les livres numériques peuvent favoriser l’alphabétisation précoce en incitant les tout-petits à s’exercer à reconnaître les sons, les phonèmes et les mots [21][33]. Cependant, même si les écrans peuvent contribuer à l’apprentissage linguistique de l’enfant d’âge préscolaire lorsqu’un parent ou une personne qui s’occupe de lui regarde le contenu avec lui et lui en parle [34], celui-ci apprend mieux (sur le plan de l’expression et du vocabulaire) lors d’échanges réels et dynamiques avec des adultes qui se préoccupent de lui. [35].
Les recherches sur l’exposition à la télévision démontrent des associations, même s’il ne s’agit pas d’une relation directe de cause à effet, entre l’exposition soutenue et précoce à des écrans (plus de deux heures par jour chez les nourrissons de moins de 12 mois selon une étude) et d’importants retards de langage[26][36]. Les preuves d’une association entre le temps d’écran et les troubles de l’attention sont mitigées, les effets négatifs étant clairement apparents seulement lors d’une exposition intense (plus de sept heures par jour) [6][37]. Il est toutefois démontré qu’une forte exposition à la télévision en arrière-plan nuit à l’utilisation et à l’acquisition du langage, à l’attention, au développement cognitif et à la fonction exécutive chez les enfants de moins de cinq ans. Elle réduit également la quantité et la qualité des échanges entre les parents et l’enfant et distrait l’enfant de ses jeux [17][22][35][38]. Grâce aux livres numériques, les enfants s’investissent davantage dans la lecture, mais les parents semblent alors réduire les stratégies de lecture. De plus, les effets sonores et les animations des livres numériques peuvent compromettre la compréhension du texte et de la séquence des événements chez les enfants d’âge préscolaire, ce qui n’est pas le cas avec les livres papier [21][39]-[42].
Certaines études associent l’écoute prolongée de la télévision à des capacités cognitives moins élevées, particulièrement pour ce qui est de la mémoire à court terme, des aptitudes précoces en lecture et en mathématiques et du développement du langage [12][20][43][44][45]. Un contenu violent ou un déroulement rapide de l’actionpeut nuire à la fonction exécutive [5][46], et ces effets peuvent être cumulatifs. L’incapacité des jeunes enfants (particulièrement ceux de moins de deux ans) à distinguer la réalité quotidienne de ce qui se produit à l’écran, conjuguée à leurs efforts pour comprendre le sens de ces expériences contradictoires, peut entraver et contrecarrer la fonction exécutive [6][47].
Puisque l’exposition aux médias ne s’associe à aucun bienfait démontré pour les nourrissons et les tout-petits, mais qu’elle est liée à des risques connus sur le plan du développement [20][22][26][48], il faut conseiller aux parents de limiter le temps d’écran des jeunes enfants. Ainsi, ils dégageront du temps pour les échanges directs, qui constituent le meilleur mode d’apprentissage des enfants.
Lorsque les enfants regardent un contenu éducatif adapté à leur âge avec un adulte intéressé, le temps d’écran peut devenir une expérience d’apprentissage positive. Pour atténuerles effets négatifs du temps d’écran, les adultes :
Au Canada, il existe encore un « fossé numérique » entre les ménages qui détiennent un accès Internet et ceux qui n’en ont pas, mais les applications d’apprentissage sur les appareils mobiles peuvent contribuer à le combler [12]. En 2016, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes s’est engagé à intégrer l’accès Internet aux services de base pour tous les Canadiens [11]. Cependant, alors même que le contenu éducatif sur écran devient plus accessible à toutes les familles, un nouveaufossé semble se creuser. Les enfants dont les parents sont en mesure de surveiller et de sélectionner les contenus sur écranpeuvent en tirer des bienfaits qui sont moins accessibles aux familles disposant de moins de ressources financières ou dont les parents ne peuvent pas s’investir à ce point. Les dispensateurs de soins devraient être sensibilisés à ce fossé, qui peut se refléter dans d’autres échanges entre le parent et son enfant [51].
Le fait de regarder un contenu de qualité à l’écran avec l’enfant peut avoir d’autres effets non liés à l’apprentissage. Les études révèlent que, lorsqu’ils participent au temps d’écran des enfants et qu’ils fixent des limites à cet égard,les parents peuvent exercer une influence positive sur les aptitudes d’adaptation, les habitudes de sommeil et les comportements de l’enfant [22][52]. Selon les recherches sur la télévision, les facteurs socioéconomiques peuvent influer sur le choix du contenu et les limites imposées à l’utilisation des médias. Par ailleurs, l’écoute de la télévision nuirait à la maturité scolaire, particulièrement lorsque le revenu familial est faible [53]. Cependant, le temps passé devant des écrans demeure stable (par exemple, dans les divers ménages à revenu moyen) [6][7][12]. En fait, la situation socioéconomique semble avoir peu d’effet sur le degré de respect des lignes directrices actuelles au sujet des écrans [54]. Il est important de sensibiliser toutes les familles, quelle que soit leur situation économique,aux meilleurs modes d’apprentissage des enfants et à la nécessité de leur imposer des limites.
Un contenu de qualité peut améliorer les aptitudes sociales et linguistiques de tous les enfants de deux ans et plus, particulièrement ceux qui vivent dans la pauvreté ou qui sont autrement défavorisés [26][30]. La télévision éducative rejoint les enfants des ménages à faible revenu presque autant que ceux des ménages à revenu plus élevé, et chez les enfants dont la famille possède un ordinateur portable ou un appareil mobile, les obstacles à l’accès et à l’utilisation d’un contenu éducatif ont pratiquement disparu [12]. Des émissions éducatives bien conçues et adaptées à l’âge peuvent avoir un puissant pouvoir prosocial, car elles aident les enfants à acquérir des attitudes pour contrer la violence et leur apprennentl’empathie, la tolérance et le respect [31][55]. Bien utilisé, le temps d’écran peut calmer un enfant surexcité ou angoissé (p. ex., pendant une intervention médicale) [15][56]. Toutefois, comme l’apprentissage par les écrans peut avoir un effet à la fois positif et négatif sur le comportement, il est essentiel de s’assurer d’un contenu de qualité [57].
La mise sur pied d’un « plan d’action médiatique » familial peut contribuer à protéger et à renforcer le temps familial de qualité [58]. Idéalement, la planification commence avant la naissance, tient compte des besoins de santé, d’éducation et de divertissement de chaque enfant et de la famille, inclut les activités sur écran en milieu de garde et est revue périodiquement. Il est beaucoup plus facile d’établir des limites significatives lorsque les enfants sont jeunes et de les appliquer à toute la famille que de retrancher du temps d’écran lorsque les enfants sont plus âgés. Les études révèlent que le degré de fermeté à répondre « non » aux demandes de leurs enfants qui veulent jouer à des jeux à l’écran, de même que les convictions, intentions et attitudes des parents à l’égard des médias, jouent un rôle essentiel dans l’établissement de limites constructives et positives [4][52][59]. Pour les enfants tout autant que pour les parents, des périodes sans écran sont capitales pour acquérir des habiletés fondamentales comme l’autorégulation [60], la créativité et l’apprentissage par les jeux physiques et fondés sur l’imaginaire.
De récentes études confirment une forte association entre le temps d’écran des parents et celui de leurs enfants [13], ce qui laisse craindre que l’envahissement des médias remplace les échanges de qualité (directs) entre les parents et l’enfant et dans l’ensemble de la famille [12]. D’après une étude récente sur l’utilisation des téléphones intelligents dans les établissements de restauration rapide, plus les parents consacrent de temps à leur téléphone, plus leur enfant risque de mal se comporter pour attirer leur attention, ce qui se solde souvent par des échanges négatifs[6][61]. Selon une autre étude, les parents qui permettent à leurs enfants de un à quatre ans d’utiliser souvent leur téléphone cellulaire affirment aussi l’offrir plus souvent en récompense ou comme source de distraction. Par conséquent, leurs enfants le demandent davantage et deviennent contrariés lorsqu’il leur est refusé [15].
Les parents signalent que leur propre utilisation des technologies mobiles monopolise davantage leur attention que d’autres distractions, comme lire ou regarder la télévision. Les téléphones intelligents estompent la frontière entre le travail et la vie familiale. Les parents ne peuvent pas prévoir quand ils seront sollicités et doivent souvent s’investir émotionnellement pour répondre. Dans une récente étude, les parents ont affirmé que le va-et-vient entre leur écran et la vie familiale représente une source de stress et de fatigue et les empêche d’échanger spontanément avec leurs enfants [62].
Des données récentes laissent croire à une association entre une forte exposition à la télévision à l’âge de deux ans et la victimisation autodéclarée, l’isolement social, l’agressivité proactive et les comportements antisociaux pendant la période intermédiaire de l’enfance[63][64]. L’écoute excessive de la télévision (plus de deux heures par jour) est clairement liée à des problèmes d’autorégulation dans la petite enfance [26][60]. Ces effets risquent d’être plus prononcés chez les enfants qui ont des besoins comportementaux particuliers et peuvent se perpétuer, car les parents sont plus susceptibles d’utiliser les médias sur écran pour calmer un enfant ayant des comportements difficiles [22][60]. D’après les recherches, une exposition excessive aux médias sur écran s’associe davantage que la situation socioéconomique à une faible stimulation à la maison et à un faible investissement des parents [6][12][65].
Une vaste étude réalisée aux États-Unis en 2013 a révélé que la propagation des appareils mobiles ne semblait pas influer sur la quantité ou la fréquence de la lecture aux jeunes enfants. Cependant, elle a également établi que la lecture était l’activité la moins pratiquée par les enfants qui utilisaient une tablette ou un appareil mobile [12]. Selon d’autres études, les parents qui faisaient la lecture à leurs enfants à partir d’un livre numérique trouvaient l’expérience moins positive que lorsqu’ils utilisaient un livre papier, tant pour le plaisir que pour l’apprentissage [66][67]. Même les livres numériques les plus interactifs ne contribuent pas à l’acquisition de compétences comme tourner les pages et ne procurent pas les mêmes expériences sensorielles que les livres traditionnels [37][68], qui peuvent être affectueusement traînés partout, manipulés et mâchouillés.
Les émissions éducatives de qualité représentent un facteur d’atténuation majeur du risque psychosocial associé à tous les écrans, mais les études indiquent que l’accès à un contenu optimal et la sélection d’un tel contenu par les enfants culminent très tôt, soit entre l’âge de deux et quatre ans [7][8][12]. En grandissant, les enfants sont plus susceptibles de regarder des émissions de divertissement.
L’apprentissage des enfants de moins de cinq ans est optimisé par des échanges immersifs avec les membres de leur famille et les personnes qui s’occupent d’eux. Si on leur donne le choix, ils préféreront presque toujours parler, jouer ou se faire faire la lecture plutôt que d’utiliser un écran sous quelque forme que ce soit [22]. S’ils sont attentifs à l’utilisation du temps d’écran, les parents de jeunes enfants et les autres personnes qui s’occupent d’eux :
Pour les enfants d’âge préscolaire, l’activité physique s’associe à de meilleures mesures de santé, tandis le comportement sédentaire est lié à des résultats moins favorables pour la santé [70].
Les enfants n’ont pas à être passifs devant un écran. En effet, lesmédias numériques peuvent encourager l’activité physiqueet y contribuer [51]. Surtout après l’âge de trois ans, les enfants réagissent bien aux émissions axées sur l’activité lorsqu’elles sont amusantes, qu’elles sont conçues pour eux et qu’elles encouragent l’imitation ou la participation [39][71]. Une étude a établi que les jeux vidéo actifs peuvent accroître considérablement la quantité d’activité physique légère à modérée ou modérée à vigoureuse à court terme [72]. Les familles et les milieux de garde peuvent envisager d’utiliser des mouvements amusants et adaptés à l’âge (p. ex., le yoga ou la danse) et des applications pour l’exercice physique ou des consoles de jeu pour intégrer plus d’activité physique au quotidien [51][73][74]. Les appareils mobiles dotés d’applications pour explorer les milieux naturels peuvent favoriser les activités physiques extérieures [50]. Le contenu de qualité relie les expériences à l’écran à celles du quotidien, encourage les échanges entre les enfants, les personnes qui s’occupent d’eux et leurs camarades et appuie les jeux actifs et fondés sur l’imaginaire [51][75][76]. Selon une étude de 2010, le temps consacré à regarder des publicités télévisées a un lien significatif avec l’indice de masse corporelle, mais pas le temps consacré à regarder des émissions éducatives non commerciales [77].
Même si les données démontrant une association entre le temps d’écran et l’indice de masse corporelle chez les très jeunes enfants ne sont pas concluantes, plusieurs études indiquent que le risque de surcharge pondérale lié à une utilisation précoce des écrans peut persister plus tard dans la vie [2]-[6][12][78][79]. L’écoute de la télévision pendant la petite enfance peut se systématiser et accroître le risque de sédentarité ou de surcharge pondérale chez les jeunes téléspectateurs assidus [35]. Selon une étude canadienne de 2012, les enfants qui regardaient la télévision seulement une heure par jour étaient 50 % plus susceptibles de présenter une surcharge pondérale que ceux qui la regardaient moins [80]. Une autre étude de 2009, qui mesurait l’activité physique et la masse grasse chez des enfants d’âge préscolaire de la classe moyenne, a relié l’écoute de la télévision à une masse grasse plus élevée et a établi que cette relation se maintenait malgrédes taux variables d’activité physique [81].
Tout en renforçant les comportements sédentaires, la télévision commerciale expose également les enfants à des publicités d’aliments malsains et encourage le grignotage, ce qui accroît la consommation alimentaire globale [82][83]. D’aprèsune analyse systématique effectuée en 2012 traitant de l’écoute de la télévision et de ses effets néfastes sur le régime alimentaire des jeunes de deux à six ans,la plupart des études rendent compte d’effets négatifs dès l’écoute d’une heure de télévision par jour [84].
Le temps passé devant des écrans avant l’heure du coucher s’associe à une augmentation des troubles du sommeil dans ce groupe d’âge[6][85], et selon des données probantes, le nombre d’heures passées devant des écrans, plutôt que leur seul contenu, est nuisible aux habitudes de sommeil [45][53][86][87]. Tout appareil électronique présent dans la chambre à coucher réduit le temps de sommeil chaque nuit, en partie à cause de la suppression de la mélatonine [26][85].
Les enfants de moins de cinq ans ont besoin de pratiquer des jeux actifs et de passer du temps de qualité en famille pour développer des habiletés fondamentales, telles que le langage, l’autorégulation et la créativité. Quel que soit leur âge, les enfants ne devraient pas avoir à compétitionner avec des écrans pour obtenir l’attention de leurs parents. Lorsque les parents donnent l’exemple de saines habitudes vis-à-vis des écrans, ils :
Pour promouvoir la santé et le développement desjeunes enfants dans un monde numérique, les dispensateurs de soins devraient donner des conseils aux parents et aux personnes qui s’occupent d’euxau sujet de l’utilisation appropriée des écrans. Plus précisément, les recommandations s’établissent comme suit :
Limiter le temps d’écran
Atténuer (réduire) les risques associés au temps d’écran
En famille, être attentif à l’utilisation des écrans
Les adultes devraient donner l’exemple d’une saine utilisation des écrans
Dix questions à envisager de poser aux familles qui ont de jeunes enfants
Il est possible d’obtenir de l’information pour les parents dans le site www.soinsdenosenfants.cps.ca. |
La rédaction de ce document de principes a été rendue possible grâce à une subvention sans restrictions de TELUS. Le comité de la pédiatrie communautaire, le groupe de travail de la petite enfance et le comité de la santé mentale et des troubles du développement de la Société canadienne de pédiatrie ont révisé le présent document de principes. Des représentants du Collège des médecins de famille du Canada l’ont également révisé. Nous remercions particulièrement la professeure Marie L Courage, de l’université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador, la docteure Claire MA Leblanc, du Centre universitaire de santé McGill, et le docteur Mark Tremblay, de l’Institut de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité (HALO), pour leurs commentaires. Enfin, nous remercions Jennie Strickland d’avoir rédigé le document de principes, et Jessie McGowan d’avoir procédé à l’analyse bibliographique.
GROUPE DE TRAVAIL DE LA SCP SUR LA SANTÉ NUMÉRIQUE
Présidente : Michelle Ponti MD; Membres : Stacey Bélanger MD (comité de la santé mentale et des troubles du développement de la SCP); Ruth Grimes MD (représentante du conseil de la SCP); Janice Heard MD (comité consultatif de l’éducation publique de la SCP); Matthew Johnson (directeur de l’éducation, HabiloMédias); Elizabeth Moreau (directrice des communications et de l’application des connaissances de la SCP); Mark Norris MD (comité de la santé de l’adolescent de la SCP); Alyson Shaw MD (présidente, groupe consultatif de la promotion de l’alphabétisation de la SCP); Richard Stanwick MD (comité consultatif de l’éducation publique de la SCP); Jackie Van Lankveld (gestionnaire, services d’orthophonie, Niagara Children’s Centre); Robin Williams MD (présidente, groupe de travail de la SCP sur la petite enfance)
Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.