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Canadian Paediatric Society

Foire aux questions

En matière d’administration

  • Comment les questions incluses dans la FAQ du site Web du PRN hébergé par la SCP sont-elles affichées ou révisées?

    Les questions de la FAQ sont soumises au sous-comité d’éducation du PRN par les évaluateurs du PRN, la SCP ou les membres du conseil d’administration du PRN.

    Le sous-comité de l’éducation révise la FAQ et modifie ou supprime les questions selon les nouvelles données obtenues ou les dédoublements. La FAQ est ensuite distribuée au comité de direction du PRN, puis au conseil d’administration afin d’obtenir leurs commentaires et leur approbation avant d’être affichée.

    La FAQ reflète un consensus d’opinions de cliniciens, de formateurs et d’administrateurs de multiples territoires de compétences canadiens. Les réponses scientifiques sont des interprétations des documents scientifiques établies par le groupe. Les questions sont généralement rédigées pour répondre à des points qui ont besoin d’être clarifiés plutôt que des documents de principes, des lignes directrices prescriptives ou des recommandations scientifiques probantes.

    N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires ou de vos nouvelles questions si vous le jugez pertinent.

    Révisé : le 1er septembre 2016

En matière de clinique et d’éducation

  • Y a-t-il des différences entre le PRN des États-Unis et celui de Canada?

    Comme dans la 6e édition, l’algorithme du PRN est le même aux États-Unis et au Canada. En pratique clinique, la seule différence porte sur la dose d’adrénaline recommandée. Au Canada, nous continuons d’utiliser les doses simplifiées recommandées dans la 5e édition de 2006. Les dispensateurs remarqueront également que le tableau des médicaments du manuel de la 7e édition adapté au contexte canadien indique désormais la bonne dose d’adrénaline en mg/kg en raison des inquiétudes soulevées par l’Institut pour l’utilisation sécuritaire des médicaments quant au potentiel d’erreurs avec l’utilisation de la dose volumétrique. La bonne dose par volume est indiquée dans une autre colonne du tableau des médicaments.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Dans la 7e édition, quels sont les principaux changements à l’algorithme?

    Les principaux changements à l’algorithme s'établissent comme suit :

    • Ajout des conseils prénatals, de la réunion préparatoire (qui inclut quatre questions) et de la vérification du matériel avant la naissance.
    • Modification de la chronologie (marge de gauche) pour indiquer qu’il peut falloir jusqu’à 60 secondes pour effectuer toutes les étapes initiales avant de décider d’entreprendre la ventilation en pression positive (VPP). Il faut évaluer la fréquence cardiaque pendant les 15 premières secondes de la VPP et amorcer les étapes correctives de la ventilation (MR SOPA) s’il n’y a pas d’excursion thoracique ou d’augmentation de la fréquence cardiaque. Une fois une ventilation efficace établie, il faut poursuivre la VPP pendant 30 secondes avant de procéder à une réévaluation et d’entreprendre les compressions thoraciques en fonction de la fréquence cardiaque, conformément aux indications. Il faut poursuivre les compressions thoraciques sans interruption pendant 60 secondes avant de prendre une pause pour réévaluer la fréquence cardiaque.
    • Ajout de chaleur et maintien de la température normale pendant les étapes initiales, y compris l’utilisation d’un matelas thermique, d’un sac de plastique et d’un bonnet pour les nouveau-nés de moins de 32 semaines d’âge gestationnel.
    • Les soins du nouveau-né non vigoureux qui naît dans du liquide amniotique méconial respectent désormais les mêmes étapes initiales de l’algorithme que ceux du nouveau-né non vigoureux dont le liquide amniotique est clair. Il est entendu que la présence de méconium demeure un facteur de risque important lorsqu’on anticipe l’accouchement et qu’on exécute les étapes initiales de la réanimation. L’intubation et l’aspiration trachéales systématiques ne sont plus recommandées, mais l’intubation peut être nécessaire dans le cadre de la réanimation ou de la prise en charge des voies respiratoires.
    • On accorde plus d’importance à une ventilation en pression positive efficace, comme le démontre l’obtention d’une excursion thoracique pendant 30 secondes avant d’amorcer les compressions thoraciques. La technique à deux pouces est désormais la seule recommandée pour administrer les compressions thoraciques. L’électrocardiograhie fournit de l’information plus fiable sur l’activité cardiaque et l’efficacité des compressions, surtout lorsque la perfusion périphérique est médiocre et qu’elle donne un signal peu fiable à la saturométrie.
    • L’utilisation de naloxone n'est plus recommandée pendant la réanimation.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Pourquoi devrions-nous recourir à l’apprentissage fondé sur la simulation?

    D’après l’International Liaison Committee of Resuscitation [ILCOR] , Le recours à la simulation en complément des méthodes de formation classiques peuvent améliorer le rendement des professionnels de la santé en milieu clinique et lors des simulations de réanimations (2010, p. E1330). La formation fondée sur la simulation permet d’assimiler à la fois les tâches et les habiletés du travail d’équipe, dans un milieu d’apprentissage sécuritaire.

    La création de scénarios simulés fournit une expérience d’apprentissage standardisée et permet à l’évaluateur de se concentrer sur des objectifs d’apprentissage préétablis axés sur les besoins des apprenants. Ces objectifs d’apprentissage intègrent des aspects cognitifs, techniques et comportementaux de la réanimation et favorisent l’acquisition d’habiletés de travail d’équipe. Des scénarios bien élaborés permettent à l’apprenant de s’immerger dans le scénario et de se comporter comme il le ferait dans la vraie vie. La participation à ces scénarios, suivie d’une réflexion et d’une discussion, favorise de riches apprentissages qui sont utiles en milieu clinique. La formation fondée sur la simulation ne procure pas seulement des possibilités de formation standardisées, mais permet aux apprenants d’acquérir de l’expérience dans le cadre de scénarios qui risquent de peu se produire, mais qui posent un risque clinique élevé. Il est fortement recommandé de faire appel à des équipes interprofessionnelles (p. ex., infirmière, médecin, inhalothérapeute agréée, sage-femme, etc.), afin de reproduire le mieux possible un milieu réel.

    Révisé : le 31 octobre 2017

  • Ai-je besoin de matériel « haute fidélité » pour procéder aux simulations?

    Non. L’augmentation de la fidélité technique d’une simulation n’améliore pas toujours l’expérience d’apprentissage des participants au cours. Le principal élément d’une simulation bien élaborée demeure son réalisme et, par conséquent, la capacité pour l’apprenant de « mettre son incrédulité en suspens » et d’agir comme il le ferait dans la vraie vie. La fidélité technique du matériel peut varier selon les objectifs d’apprentissage d’un scénario donné. La création d’un contexte ou d’un milieu d’apprentissage réaliste importe davantage que le recours à du matériel de haute technologie. De simples accessoires, comme une blouse et des gants, peuvent accroître considérablement la « fidélité contextuelle » d’une simulation et ainsi favoriser la participation de l’apprenant au scénario.

    L’enregistrement vidéo des scénarios simulés, suivi d’un visionnement et d’une discussion réflexive, fournit d’autres occasions d’apprentissage.

    Révisé : le 1 mai 2014

  • Quels sont les éléments essentiels d’une réunion préparatoire à la réanimation efficace?

    Le travail d'équipe et une communication efficaces sont des habiletés essentielles pendant la réanimation néonatale. L'application des connaissances et des habiletés acquises pendant la simulation sont optimisées pendant une véritable réanimation, où la coordination et la communication prennent tout leur sens. Chaque membre de l'équipe doit savoir : 

    1. comment on communiquera avec l'équipe en prévision d'une réanimation et qui répondra;
    2. qui est le chef d'équipe;
    3. quels sont la situation clinique (facteurs de risque périnatals) et le plan d'action prévu;
    4. quel est son rôle pendant la réanimation et quelles tâches lui seront attribuées;
    5. quels sont les fournitures et l'équipment nécessaires;
    6. comment demander de l'aide supplémentaire.

    Le chef d'équipe doit inviter ses membres à partager l’information et à communiquer les uns avec les autres tout au long de la réanimation, à « penser tout haut ». Grâce à une communication en boucle fermée, les interventions des membres de l’équipe seront effectuées en réponse à la bonne évaluation, dans la bonne séquence et avec la bonne technique.

    Crée : le 19 avril 2018

  • Pourquoi devrions-nous revenir sur les événements?

    D’après l’International Liaison Committee of Resuscitation [ILCOR], il est raisonnable de recommander les retours sur les événements pendant les activités d’apprentissage comportant des soins à des patients simulés, de même que pendant les activités cliniques (2010, p. E1330) . Grâce au retour sur les événements, les apprenants réfléchissent au scénario qui vient de se dérouler et discutent d’aspects cognitifs, techniques et comportementaux importants de la réanimation. Le retour sur les événements devrait être axé sur les objectifs d’apprentissage préétablis, mais peut inclure d’autres points de discussion soulevés pendant le scénario.

    L’enregistrement vidéo pour faciliter le retour sur les événements ou les scénarios simulés aide à la fois le facilitateur et les apprenants à déterminer quels sont les points d’apprentissage. Grâce aux groupes de discussion dirigés par un facilitateur, les apprenants peuvent réfléchir à leur exécution de tâches importantes et à leurs habiletés en équipe. Plutôt que de faire des commentaires, le facilitateur pose des questions ouvertes pour encourager le groupe à réfléchir et à apprendre. Ce processus de promotion et de stimulation de la pensée critique de l’apprenant et la réflexion que ce processus suscite à l’égard du rendement de l’apprenant représentent de puissants outils d’apprentissage.

    Révisé : le 31 octobre 2017

  • Quel est l’effet du report du clampage du cordon sur la réanimation?

    Le moment optimal de clamper le cordon des nouveau-nés qui ont besoin d’être réanimés n’est pas établi, et on ne sait pas s’il faut amorcer la réanimation avant ou après le clampage du cordon. Des études sont en cours dans l’espoir de répondre à cette question avant le prochain cycle de révision de l’ILCOR en 2020.

    Selon certaines données probantes, il y aurait certains avantages à retarder le clampage du cordon de une à trois minutes chez les bébés qui n’ont pas besoin d’une réanimation immédiate : on sait que certains d’entre eux auront besoin d’une assistance après la naissance. Il est donc important d’observer attentivement leur activité respiratoire et leur tonus pendant cette période précoce de la transition.

    Révisé : le 19 avril 2018

Le soutien cardiovasculaire

  • Doit-on utiliser l’électrocardiogramme pendant la réanimation néonatale?

    L'électrocardiographie n'est pas nécessaire pendant la réanimation néonatale, mais les praticiens peuvent la trouver utile, surtout auprès des nouveau-nés très atteints qui ne réagissent pas et n’ont pas de pouls. L’évaluation de la fréquence cardiaque par l’électrocardiographie est plus rapide et plus fiable pendant la réanimation. En l’absence d’électrocardiogramme, la saturométrie et l’auscultation sont favorisées pour évaluer la fréquence cardiaque et la réponse à la réanimation.

    Crée : le 19 avril 2018

  • Comment se fait-il que je voie une activité électrique à l’électrocardiogramme, mais que je ne puisse pas sentir le pouls?

    Une « dissociation électromécanique » se produit lorsque l’électrocardiogramme décèle une activité électrique organisée en l’absence de pouls palpable. Elle est rare, mais peut se produire en cas d’hypoxie prolongée, d’acidose, d’hypovolémie extrême ou de perturbation électrolytique. La tamponnade cardiaque et le pneumothorax de tension font également partie des étiologies importantes. Bien que la dissociation électromécanique se produise rarement, son dépistage et la détermination des étiologies sous-jacentes peuvent orienter les interventions en matière de réanimation en situation clinique.

    Crée : le 19 avril 2018

La prise en charge thermique

  • Quelle est la température optimale du nouveau-né pendant et après la réanimation?

    Pendant la réanimation, il est très important de maintenir la température corporelle dans une plage normale (normothermie) et d’éviter à la fois l’hypothermie (faible température) et l’hyperthermie (température élevée). Selon des données d’observation, une température corporelle élevée à la naissance peut endommager le cerveau du nouveau-né atteint d’une lésion hypoxo-ischémique. On possède toutefois peu de données probantes, sinon aucunes, sur le refroidissement des nouveau-nés atteints dans les quelques minutes suivant leur naissance (pendant ou immédiatement après la réanimation). Selon certaines indications fondées sur des données probantes, le refroidissement peut être indiqué dans les six heures suivant la naissance. Si le nouveau-né respecte les critères, il faut entreprendre l’hypothermie thérapeutique sans tarder. S’il n’y a pas de programme d’hypothermie thérapeutique dans l’établissement, il faut communiquer avec le centre spécialisé le plus près avant d’entreprendre le refroidissement.

    Selon les lignes directrices les plus récentes du PRN (2016) :

    • « Si vous pensez que le bébé demeurera sur l’unité chauffante plus de quelques minutes, appliquez une sonde thermique servocommandée sur sa peau pour surveiller et contrôler sa température corporelle. » (page 40).
    • Il faut maintenir la température entre 36,5 et 37,5 °C.
    • L’équipe doit « continue[r] de surveiller attentivement la température du bébé après la période initiale de réanimation et de stabilisation. » (page 235)

    Si l'hypothermie thérapeutique n’est pas offerte dans l’établissement, il faut discuter de la prise en charge continue de la température des candidats potentiels avec le centre spécialisé. Le « refroidissement passif », ou le fait d’éteindre l’unité chauffante et d’exposer le bébé à la température ambiante, doit s’associer à un monitorage intensif après une consultation avec le centre spécialisé. 

    Révisé : le 19 avril 2018

La prise en charge des voies aériennes

  • Dans la 7e édition du PRN, on ne recommande plus systématiquement l’intubation et l’aspiration trachéale du méconium. Comment dois-je me préparer à la prise en charge du nourrisson né dans du liquide amniotique méconial?

    Dans la 7e édition, le nourrisson qui n’est pas vigoureux et qui est né dans du liquide amniotique méconial n’a pas systématiquement besoin d’être intubé et de subir une aspiration trachéale. Le liquide amniotique méconial demeure toutefois un facteur de risque de transition anormale. C’est pourquoi il est important que l’équipe compte sur la présence d’un praticien possédant des habiletés de réanimation avancées, y compris l’intubation trachéale. Avant l’accouchement, il faut informer le praticien néonatal de la présence de liquide amniotique méconial, conjointement avec les autres facteurs de risque (tels qu’un tracé cardiaque anormal). Dans la 7e édition du PRN, il est recommandé de poser les quatre questions avant l’accouchement : âge gestationnel, nombre de bébés anticipé, couleur du liquide amniotique et présence de facteurs de risque supplémentaires.

    Si un nourrisson naît dans du liquide amniotique méconial et qu’il n’est pas vigoureux, il faut entreprendre les étapes initiales de la réanimation et amorcer la ventilation en pression positive (VPP) si la situation l’exige. Il n’est plus recommandé de procéder systématiquement à l’intubation et à l’aspiration méconiale. Cependant, l’intubation peut demeurer nécessaire dans le cadre de la réanimation si le nouveau-né ne réagit pas à la VPP. Si on croit que le méconium obstrue les voies respiratoires après les étapes correctives de la réanimation, y compris l’installation d’une autre méthode de ventilation, une aspiration trachéale peut être nécessaire. Celle-ci peut alors être effectuée à l’aide d’un cathéter inséré dans la sonde trachéale ou d’un aspirateur méconial.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • On n’utilise pas le masque laryngé très souvent. Devrait-on en avoir à notre disposition?

    Oui. Le PRN recommande qu’un masque laryngé soit facilement accessible afin que le personnel formé à son utilisation l’utilise, au besoin. Tout comme pour l’intubation, l’utilisation clinique du masque laryngé exige une formation et une supervision supplémentaires et doit tenir compte des considérations relatives à l’établissement ainsi qu’à la portée de la pratique professionnelle.

    Révisé : le 1 mai 2014

L’administration d’oxygène

  • Quand doit-on utiliser la saturométrie et comment aide-t-elle à orienter la pratique?

    La saturométrie est privilégiée lorsqu’on anticipe une réanimation, par exemple à cause de la prématurité ou d’une hernie diaphragmatique congénitale. Il faut également l’utiliser lorsqu’on utilise la ventilation en pression positive (VPP) ou l’oxygène d’appoint. Les bébés qui présentent une cyanose persistante ou qui ont une respiration laborieuse sont également candidats à la saturométrie. Cette intervention vise à éviter des taux d’oxygène trop élevés ou trop faibles pendant la réanimation.

    La saturométrie contribue à orienter l’administration et le titrage de l’oxygénothérapie. Le tableau suivant expose les saturations préductales acceptables pendant la transition d’un nouveau-né à terme.

    CIBLES DE SATURATION (SpO2) PRÉDUCTALE APRÈS LA NAISSANCE

    1 minute60 % à 65 %
    2 minutes 65 % à 70 %
    3 minutes70 % à 75 %
    4 minutes75 % à 80 %
    5 minutes80 % à 85 %
    10 minutes85 % à 95 %

    Il est essentiel de se doter d’une stratégie pour garantir l’accès immédiat à la saturométrie pendant la réanimation néonatale. Un tableau des cibles de saturométrie, en minutes, doit être affiché dans la zone de réanimation néonatale.

    Tant qu’il n’y aura pas plus de publications scientifiques sur le sujet, il faudra respecter les recommandations des fabricants des divers types de moniteurs, qui peuvent différer les unes des autres.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Quel est le gaz de réanimation à favoriser pour les nouveau-nés prématurés?

    On ne connaît pas le gaz de réanimation optimal à administrer aux nouveau-nés prématurés. Il est généralement accepté qu’à compter de 32 semaines d’âge gestationnel, on peut commencer la réanimation à l’air (oxygène à 21 %) et orienter l’oxygénothérapie selon la saturométrie. Dans cette situation, les cibles de saturation en oxygène artériel reposent sur l’augmentation normale observée chez les nouveau-nés à terme et en santé pendant les quelques premières minutes suivant la naissance.

    Les données sont moins claires chez les nouveau-nés de moins de 32 semaines d’âge gestationnel. Pour obtenir l’augmentation normale de la saturation en oxygène artériel observée chez les nouveau-nés à terme et en santé, de nombreux nouveau-nés prématurés en bonne santé auraient besoin d’oxygène d’appoint. C’est pourquoi de nombreux experts recommandent d’entreprendre la réanimation à l’aide d’oxygène à 30 % sous un certain seuil d’âge gestationnel (quelque part entre 28 et 32 semaines).

    Comme la plupart de ces nouveau-nés sont mis au monde dans des centres périnatals de soins tertiaires ou de soins secondaires avancés, il est recommandé de respecter les protocoles bien établis du centre spécialisé local.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Quand doit-on administrer de l’oxygène d’appoint?

    L'oxygène d'appoint est administré dans deux situations :

    1. Lorsque le bébé semble cyanosé ou que les lectures de saturométrie sont inférieures aux cibles souhaitées pendant la réanimation, il faut régler l’oxygène pour maintenir la saturation en oxygène dans les plages voulues aux minutes indiquées dans le tableau suivant. Pour ce faire, il faut utiliser un mélangeur d’oxygène qui rajuste la quantité d’oxygène transmise au nouveau-né.

    CIBLES DE SATURATION (SpO2) PRÉDUCTALE APRÈS LA NAISSANCE

    1 minute60 % à 65 %
    2 minutes 65 % à 70 %
    3 minutes70 % à 75 %
    4 minutes75 % à 80 %
    5 minutes80 % à 85 %
    10 minutes85 % à 95 %

    Les données probantes sont limitées pour indiquer la vitesse et les incréments auxquels titrer l’oxygène inspiré. Selon des données d’observation, on peut accroître ou réduire la concentration en oxygène de 10 % à 15 % toutes les 30 secondes pour parvenir aux saturations ciblées. Il faudra réaliser d’autres recherches pour déterminer les pratiques exemplaires.

    2. Après le début des compressions thoraciques, il faut faire passer la concentration en oxygène à 100 %, quelle que soit la saturation en oxygène du nouveau-né (page 171 du manuel du PRN).

    Crée : le 19 avril 2018

  • Le ballon autogonflable peut-il remplacer le mélangeur d’oxygène en salle d’accouchement?

    Non, le ballon autogonflable ne remplace pas le mélangeur d'oxygène. Le mélangeur d'oxygène demeure le moyen le plus fiable de titrer l'administration d'oxygène entre 21 et 100 %.

    Dans le manuel du PRN, on précise qu’il est possible d’administrer environ 40 % d’oxygène en retirant le réservoir du ballon autogonflable relié à une source d’oxygène. Cependant, la documentation scientifique récente indique que ce n’est peut-être pas le cas et qu’en réalité, des ballons autogonflables de diverses dimensions pourraient administrer de plus fortes concentrations d’oxygène que celles décrites ci-dessus. Il est donc important de se familiariser avec la fonction et la capacité du ballon de réanimation qu’on utilise.

    Révisé : le 8 mars 2017

Le soutien respiratoire

  • Quelle pression inspiratoire de pointe doit-on utiliser pendant la ventilation en pression positive?

    Les données sont limitées pour faire une recommandation solide quant à la pression inspiratoire de pointe (PIP) initiale. Il faut administrer la pression la plus faible pour obtenir une ventilation efficace et une augmentation de la fréquence cardiaque.

    On suggère une PIP initiale de 20 à 25 cm d’eau.

    On peut accroître la PIP s’il est impossible d’obtenir une ventilation efficace au moyen des étapes correctives de la ventilation (MR SOPA). Les données probantes sont limitées pour recommander le mode d’augmentation de la PIP. Une augmentation graduelle par incréments de 5 cm d’eau toutes les 30 secondes, tout en évaluant la fréquence cardiaque et l’excursion thoracique, semble raisonnable lorsqu’on administre une pression de 20 à 30 cm d’eau. S’il faut fournir une PIP soutenue de plus de 30 cm d’eau, il faut envisager une autre méthode de ventilation. Des pressions initiales de 30 à 40 cm d’eau peuvent être nécessaires chez les nouveau-nés à terme.

    Comme il est indiqué ci-dessus, il faut chercher à administrer la pression minimale nécessaire pour obtenir une ventilation suffisante. Lorsqu’il faut fournir une PIP de plus de 30 cm d’eau, il faut envisager une autre méthode de ventilation. Si on n’obtient toujours pas une ventilation suffisante, une augmentation de la pression par incréments de 2 à 3 cm d’eau semble raisonnable. En l’absence d’amélioration clinique, il faut chercher d’autres causes à cette absence de réaction aux mesures de ventilation, telles qu’un pneumothorax.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Quel est le moyen le plus précis de confirmer une ventilation en pression positive suffisante : l’excursion thoracique, l’auscultation du débit d’air ou l’accélération de la fréquence cardiaque?

    Selon les études, l’augmentation de la fréquence cardiaque est l’indicateur le plus important d’une ventilation en pression positive positive (VPP) suffisante pendant la réanimation néonatale. Il faut toutefois surveiller l’excursion thoracique bilatérale et ausculter l’entrée d’air bilatérale.

    Si la fréquence cardiaque augmente au bout de 15 secondes de VPP, l’assistant doit annoncer que la « fréquence cardiaque augmente », puis il faut réévaluer la fréquence cardiaque après avoir poursuivi la VPP pendant 15 secondes supplémentaires.

    Si la fréquence cardiaque n’augmente pas au bout des 15 premières secondes de VPP, l’assistant doit annoncer que la « fréquence cardiaque n’augmente pas », puis il faut vérifier l’excursion thoracique et l’entrée d’air.

    • En présence d’une excursion thoracique, l’assistant doit annoncer qu’il « voit l’excursion thoracique ». Il faut réévaluer la fréquence cardiaque au bout de 15 autres secondes de VPP.
    • En l’absence d’excursion thoracique, l’assistant doit annoncer qu’il « ne voit pas l’excursion thoracique ». Il faut alors entreprendre les mesures correctives de la ventilation (MR SOPA).

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Quelle est la différence entre la PEP et la PPC?

    On utilise généralement le terme pression expiratoire positive (PEP) lorsqu’un patient reçoit une ventilation en pression positive (VPP) manuelle ou mécanique. D’après des études sur des animaux, la PEP contribue à préserver la fonction du surfactant et à maintenir le volume pulmonaire. La pression positive continue (PPC) est le terme utilisé lorsque le patient reçoit une pression positive pour ouvrir ses poumons tout en respirant spontanément sans assistance inspiratoire.

    Techniquement, la PEP et la PPC décrivent le même phénomène : une pression positive soutenue dans les voies respiratoires et les alvéoles pendant l’expiration. Ces deux types de pression visent à prévenir l’affaissement des voies respiratoires et des alvéoles pendant l’expiration, ainsi qu’à maintenir un volume pulmonaire fonctionnel.

    La PPC est utilisée pour le nourrisson qui respire spontanément, mais présente une détresse respiratoire ou une cyanose persistante. S’il respire spontanément et qu’il n’a pas besoin d’insufflations manuelles, la PPC peut lui être administrée au ballon d’anesthésie ou à l’insufflateur néonatal. La PPC NE PEUT PAS être administrée au moyen d’un masque autogonflable, même avec une valve de PEP.

    Il faut utiliser un manomètre de pression pour surveiller la PEP ou la PPC, qui sont généralement amorcées à 5 cm d’eau. Le taux de PEP ou de PPC peut être titré jusqu’à 8 cm d’eau si le patient fait de gros efforts respiratoires ou qu’il a besoin de taux d’oxygène élevés. La prudence est de mise, car de forts taux de PPC peuvent être dommageables. En effet, des taux élevés de PPC ou de PEP peuvent accroître le travail respiratoire, provoquer une distension excessive des poumons, nuire au débit cardiaque et aggraver le risque de pneumothorax. Les nouveau-nés prématurés qui ont besoin d’une assistance respiratoire par PPC peuvent être candidats à une thérapie par surfactant, surtout si leurs besoins en oxygène augmentent.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Comment peut-on administrer la PEP ou la PPC à l’aide des divers appareils en pression positive?

    Pendant la vérification du matériel avant la réanimation, vous pouvez utiliser ces conseils pratiques pour administrer une PEP ou une PPC pendant et après la réanimation :

    a) Ballon d’anesthésie : À l’aide d’un débit d’environ 8 L/min (en commençant par de l’oxygène 21 %), bloquer la sortie patient (ou le masque) et régler la valve de contrôle de débit pour fournir une PEP ou une PPC de base de 5 cm d’eau à 6 cm d’eau.

    b) Ballon autogonflable : Cet appareil ne peut pas être utilisé pour administrer la PPC, mais peut servir pour administrer la PEP pendant la ventilation manuelle si une valve de PEP externe y est fixée. Si c’est le cas, il faut tourner la vis de la valve de PEP à la marque de 5 cm d’eau. On peut vérifier l’efficacité de ce réglage à l’aide d’un manomètre et en exécutant la manœuvre tout en bloquant la sortie du patient (son masque).

    c) Insufflateur néonatal : Pendant l’installation de l’insufflateur néonatal, bloquer la sortie patient (ou son masque) et régler la valve de PEP de manière que la lecture du manomètre soit de 5 cm d’eau. Le fabricant peut recommander d’utiliser un poumon artificiel pendant l’installation.

    On utilise de plus en plus une PPC par voie nasale (au moyen d’une canule ou d’un masque) après la réanimation des prématurés, pendant qu’on évalue la nécessité d’une thérapie au surfactant et qu’on envisage une intubation trachéale. Si vous n’administrez pas de PPC systématiquement, vous devriez évaluer comment administrer ce type de soutien avant que l’occasion surgisse. Votre centre de formation régional peut vous aider à cet égard.

    Révisé : le 1er mai 2014

  • Quelle pression expiratoire positive (PEP) faut-il utiliser pour entreprendre la ventilation en pression positive?

    La PEP empêche l’affaissement alvéolaire pendant l’expiration. Lorsqu’on utilise la PEP, la 7e édition du PRN recommande d’amorcer la pression à 5 cm d’eau. Les lignes directrices consensuelles les plus récentes de l’ILCOR recommandent l’utilisation de la PEP pour administrer une pression positive au nouveau-né prématuré. Les données sont insuffisantes pour orienter la pratique chez le nouveau-né à terme.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Nous n’admettons pas les bébés à l’USIN lorsqu’ils ont reçu une ventilation en pression positive pendant de brèves périodes. Le devrions-nous?

    Les soins postréanimation sont soumis au jugement clinique et aux protocoles de stabilisation. Ce sont des décisions cliniques qu’influence la pratique de l’établissement.

    Révisé : le 1 mai 2014

L’administration des médicaments

  • Quelle est la pratique exemplaire pour administrer de l’adrénaline aux nouveau-nés?

    Il est recommandé de préparer systématiquement l’adrénaline au moyen de seringues de deux calibres (3 mL pour l’administration trachéale et 1 mL pour l’administration intraveineuse ou intraosseuse). Puisque la dose trachéale de 0,1 mg/kg correspond à dix fois la dose intraveineuse de 0,01 mg/kg, la préparation de la dose trachéale dans une seringue de 3 mL et de la dose intraveineuse dans une seringue de 1 mL fournit un indice visuel important qui permet de distinguer la dose et la voie.

    Il est également recommandé de préparer le volume d’adrénaline à utiliser dans une seule dose. Ainsi, le bon volume sera administré et le risque d’administrer une dose excessive s’en trouvera réduit si tout le contenu de la seringue est utilisé.

    La voie intraveineuse est favorisée, mais une dose trachéale initiale peut être utilisée pendant la préparation de l’accès par voie intraveineuse. L’adrénaline par voie intraveineuse doit être administrée dès que l’accès est obtenu, pourvu que la fréquence cardiaque demeure inférieure à 60 battements/min.

    Des doses d’adrénaline simplifiées de 0,1 mg/kg par sonde trachéale (jusqu’à concurrence de 0,3 mg/kg) et de 0,01 mg/kg par voie intraveineuse demeurent recommandées au Canada. L’administration par voie intraveineuse doit être suivie d’un rinçage de soluté physiologique de 0,5 à 1 mL. On peut répéter les doses toutes les trois à cinq minutes, au besoin.

    Consultez le tableau des médicaments du manuel de la 7e édition adapté au contexte canadien.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Quelles sont les recommandations de la 7e édition au sujet de la naloxone en réanimation?

    La naloxone était utilisée dans les éditions précédentes du PRN pour les nouveau-nés dont l’effort respiratoire était limité et dont la mère avait été exposée à des narcotiques. Les données sont insuffisantes pour évaluer l’innocuité et l’efficacité de la naloxone pour prendre en charge une dépression respiratoire chez les nourrissons. De plus, on ne possède pas assez d’information sur la pharmacologie de la naloxone, et des inquiétudes sont soulevées quant aux complications éventuelles liées à son utilisation. Dans la 7e édition, il est recommandé de prendre en charge ces nouveau-nés par une assistance respiratoire par VPP, comme pour tout nourrisson en apnée ou dont l’effort respiratoire est insuffisant.

    Révisé : le 19 avril 2018

  • Quand devrait-on envisager la voie intraosseuse?

    Le cathéter veineux ombilical (CVO) est favorisé pour obtenir un accès vasculaire d’urgence en salle d’accouchement. L’aiguille intraosseuse est une solution de rechange raisonnable, souvent utilisée pour obtenir un accès d’urgence avant l’arrivée à l’hôpital et hors des départements d’urgence. On peut l’installer pendant la réanimation néonatale lorsque le personnel est incapable d’insérer le CVO ou n’a pas l’habitude de le faire et que le bébé a besoin de médicaments ou de solution de remplissage. L’aiguille intraosseuse peut également être utilisée chez un nouveau-né plus âgé qui a besoin d’être réanimé, mais dont le vaisseau ombilical est fermé. Chez le nouveau-né, on l’insère dans la moelle osseuse du tibia, à environ deux centimètres sous la tubérosité tibiale et à un ou deux centimètres sur la face médiane du tibia (la protubérance osseuse sous la rotule). Les médicaments qui peuvent être administrés en toute sécurité par voie intraveineuse ou CVO peuvent l’être également par voie intraosseuse, aux mêmes doses. On peut laisser l’aiguille intraosseuse en place jusqu’à 24 heures, mais il faut la retirer après avoir obtenu un accès intraveineux convenable. Il existe plusieurs aiguilles et dispositifs intraosseux sur le marché. Le calibre et la technique d’insertion doivent respecter les recommandations du fabricant.

    Crée : le 19 avril 2018

L’éthique et la fin de vie

  • Il est très difficile de terminer toutes les étapes de la réanimation en dix minutes. En l’absence de battement cardiaque ou de respiration, devrait-on envisager l’arrêt des interventions dix minutes après l’accouchement?

    Si une atteinte fœtale est envisagée avant l’accouchement, un praticien qui possède les compétences et la portée de pratique nécessaires pour décider de mettre un terme à la réanimation doit être présent pour prendre cette décision. Il faut préparer un plan de réanimation pour les grands prématurés ou les nourrissons ayant de graves anomalies diagnostiquées avant la naissance.

    Une approche systématique de l’équipe vis-à-vis de l’obtention de l’histoire, de l’examen physique, de la surveillance et de la résolution de problèmes pendant la réanimation permettra d’envisager les causes réversibles de l’arrêt cardiorespiratoire, telles que le déplacement ou l’obstruction d’une sonde, des anomalies électrolytiques, une fuite d’air, une tamponnade ou une défaillance de l’équipement. Il faut obtenir les points de vue de la famille ou consulter un spécialiste ou un centre spécialisé pendant la réanimation.

    L’exécution de toutes les étapes de la réanimation, y compris la solution de remplissage, prendra sûrement au moins dix minutes. La surveillance par électrocardiogramme est le meilleur moyen de confirmer la fréquence cardiaque et doit être envisagée si la réanimation se prolonge.

    Si on a effectué toutes les étapes de la réanimation, y compris l’administration de la solution de remplissage, et que le battement cardiaque demeure absent, il peut être raisonnable d’envisager l’arrêt des efforts de réanimation. En 2010, l’ILCOR affirmait que la décision de poursuivre les efforts de réanimation chez un nouveau-né dont le battement cardiaque reste à 0 pendant plus de dix minutes est souvent complexe et peut être influencée par l’étiologie présumée de l’arrêt, l’âge gestationnel du nourrisson, la réversibilité potentielle de la situation et les sentiments qu’ont exprimés les patients au préalable quant au risque acceptable de morbidité. Pediatrics 2010;126;e1407

    Révisé : le 19 avril 2018

Mise à jour : le 6 novembre 2018