Passer au contenu
Un port d’attache pour les pédiatres. Une voix pour les enfants.

Les grands organismes de santé canadiens réclament des protocoles

le 21 août 2014

OTTAWA – Les nouvelles recommandations musclées de la Collaboration canadienne pour les commotions cérébrales exigent de mettre un terme à l’approche à l’aveuglette qui sévit actuellement dans la gestion des commotions cérébrales pour tous les sports et événements sportifs au Canada. Les recommandations, qui sont décrites dans le British Journal of Sports Medicine, exhortent tous les organismes de sport et les organisateurs d’événements sportifs à instaurer un protocole de gestion des commotions cérébrales.

Les recommandations, qui ont reçu l’aval de neuf grands organismes de santé et de sport, dont la Collaboration canadienne pour les commotions cérébrales, ont été formulées en réponse au nombre grandissant de risques pour la santé auxquels les athlètes s’exposent chaque fois qu’ils mettent les pieds sur le terrain de jeu afin de pratiquer un sport de contact à risque élevé comme le hockey, le football, le soccer ou le basketball.

« Les commotions cérébrales dans le sport sont un problème de santé publique et une préoccupation importante pour tous les sports à risque élevé », déclare le Dr Pierre Frémont, président de la Collaboration et Professeur agrégé, Faculté de médecine de l’Université Laval.  « Nous savons que, lorsque des protocoles de gestion des commotions cérébrales adéquats sont en place, le nombre réel de commotions cérébrales correctement identifiées est multiplié par cinq. Cela se produit lorsque les entraîneurs, les parents, les joueurs et les fournisseurs de soins de santé sont bien formés pour reconnaître les symptômes et pour savoir quoi faire. Sans un protocole de ce genre, de nombreuses commotions cérébrales passent inaperçues et ne sont pas traitées et les participants courent le risque d’en subir les répercussions néfastes à plus long terme. »

Afin de pousser les intervenants à agir, la Collaboration a publié deux recommandations clés dans le numéro de septembre du British Journal of Sports Medicine.

Les deux recommandations suivantes décrivent les principaux éléments d’un protocole de gestion des commotions cérébrales efficace ainsi que le rôle important qu’une équipe de santé multidisciplinaire peut jouer pour aider à gérer les commotions cérébrales, surtout quand il s’agit de sports à risque élevé :

  1. Les organisations responsables de la conduite, de la réglementation ou de la planification d’un sport ou d’un événement sportif qui comportent un risque de commotions cérébrales devraient être obligées de disposer d’un protocole de gestion des commotions cérébrales fondé sur des pratiques exemplaires, qui est adapté au sport particulier et qui est revu chaque année, et de prévoir des ressources à cet effet. Les pratiques exemplaires consistent (sans toutefois s’y limiter) à planifier l’éducation, à faire connaître les étapes à suivre advenant une commotion cérébrale et à veiller à ce que toutes les ressources soient à jour et accessibles.
  2. Dans des situations où des ressources médicales ou des professionnels de la santé formés et autorisés à prendre en charge des cas de commotions cérébrales ne sont pas disponibles ou suffisants, les professionnels de la santé de disciplines variées devraient travailler de concert afin que la prise en charge des commotions cérébrales donne de meilleurs résultats en facilitant l’accès à des ressources médicales et aux experts pertinents dans les cas plus complexes.

« Lorsque le sport entre en jeu, nous investissons dans des éléments de sécurité pour les terrains, les structures, l’éclairage et les vestiaires ainsi que pour de l’équipement sportif de qualité, mais nous devons également faire en sorte que toutes les parties concernées par le sport collaborent afin d’élaborer des politiques de sécurité dans le but de gérer les commotions cérébrales adéquatement, de la prévention au retour au jeu », affirme le Dr Frémont

« Les commotions peuvent être des blessures complexes et il y a plusieurs types de professionnels de la santé pouvant contribuer à leur prévention et leur prise en charge » déclare Dre Kathryn Schneider, chercheure et physiothérapeute au  Sport Injury Prevention Research Center de l’Université de Calgary.

Les organismes de sport ne sont pas outillés pour prévenir les commotions cérébrales

Un sondage récent dresse un portrait inquiétant des organismes de sport et de leur capacité à gérer efficacement les commotions cérébrales. 

Un sondage réalisé par téléphone auprès d’organismes de sport (des organismes de sport nationaux et provinciaux et des clubs) qui représentent des sports à plus haut risque de provoquer des commotions cérébrales a révélé que seulement 41 pour cent des 44 organismes interrogés avaient un protocole de gestion des commotions cérébrales en place. Seulement un petit nombre des 14 organismes de sport nationaux et provinciaux qui possèdent un protocole pour les commotions cérébrales obligent leurs organisations membres à mettre sur pied un protocole pour les commotions cérébrales. 

« Aucun Canadien ne devrait pratiquer un sport à fort contact, que ce soit en milieu scolaire ou dans un club de compétition ou de loisirs, sans qu’il y ait un protocole de gestion des commotions cérébrales en place », ajoute le Dr Charles Tator, membre de la Collaboration canadienne pour les commotions cérébrales et Professeur au département de chirurgie à l’Université de Toronto. « Nos organismes de sport nationaux et provinciaux doivent donner l’exemple et concevoir ces protocoles ensemble ».

Selon trois études menées au cours des 10 dernières années, la plupart des commotions cérébrales, surtout si elles sont décelées rapidement et prises en charge adéquatement, se résorberont dans un délai de sept à 10 jours. L’instauration de protocoles de gestion des commotions cérébrales peut contribuer à un dépistage précoce et à une meilleure gestion des commotions cérébrales afin de limiter les lésions cérébrales.

Toutes les parties concernées par le sport ont un rôle à jouer

Tous les intervenants ont la responsabilité de soutenir l’élaboration et l’instauration d’un protocole de gestion des commotions cérébrales dans le sport. Les recommandations visent à guider les intervenants suivants dans leur engagement à instaurer un protocole de gestion des commotions cérébrales :

Les gouvernements fédéral et provinciaux
Les gouvernements devraient, par l’entremise de leurs ministères pertinents, établir des exigences à l’aide de politiques ou de lois pour la gestion des commotions cérébrales dans les activités qui présentent des risques élevés à tous les niveaux de participation.

Les organismes de sport nationaux et provinciaux
Les organismes de sport nationaux et provinciaux, surtout ceux qui évoluent dans des sports à risque élevé, devraient avoir des politiques de gestion des commotions cérébrales en place. Les organismes de sport nationaux peuvent collaborer avec leurs organismes de sport provinciaux et avec tous les clubs membres afin de les guider à travers le processus d’élaboration ou d’adaptation des politiques provinciales. Les organismes de sport provinciaux devraient exiger que les clubs membres possèdent un protocole afin d’être considérés comme des membres en règle.

Les clubs communautaires
Même si leur organisme de sport provincial ne l’exige pas, les clubs devraient disposer d’un protocole qui prévoit de renseigner les entraîneurs, les parents et les joueurs sur toutes ses facettes.

Les établissements d’enseignement et les conseils scolaires
Les établissement d’enseignement et les conseils scolaires qui offrent du sport organisé devraient élaborer et instaurer un protocole de gestion des commotions cérébrales intégré pour les études et le sport, puis concevoir et mettre en place des méthodes de gestion des commotions cérébrales pour les élèves qui subissent des commotions cérébrales, peu importe le contexte de la blessure ou le niveau de participation.

Les parents

  • Les parents devraient demander aux clubs ou aux organismes de sport s’ils possèdent un protocole de gestion des commotions cérébrales et y réfléchir deux fois avant de laisser leurs enfants pratiquer un sport de contact récréatif, de niveau élite ou encadré par un club s’il n’y a pas de protocole pour les commotions cérébrales établi.
  • Les parents devraient comprendre leur rôle dans un protocole de gestion des commotions cérébrales efficace.

Les entraîneurs

  • De concert avec les parents, les joueurs de même que les enseignants, les entraîneurs devraient encourager leurs clubs ou leurs organismes à créer un protocole de gestion des commotions cérébrales à l’échelle de l’organisation
  •  Les entraîneurs devraient rechercher des occasions de perfectionner leurs compétences à l’égard des commotions cérébrales, car ils peuvent jouer un rôle central dans le dépistage précoce et la prise en charge sécuritaire des commotions cérébrales.
  • Les entraîneurs devraient comprendre leur rôle dans le cadre d’un protocole de gestion des commotions cérébrales efficace.

Le système de soins de santé et les professionnels de la santé

  • Les experts en commotions cérébrales ont un rôle important à jouer dans l’élaboration et l’adaptation de méthodes de gestion des commotions cérébrales novatrices et multidisciplinaires qui amélioreront la qualité des soins pour les Canadiens qui sont victimes de commotions cérébrales.
  • Les efforts d’éducation devraient se poursuivre afin de mieux préparer les ressources de soins primaires et d’urgence à la prise en charge des commotions cérébrales.

La Collaborative canadienne pour les commotions cérébrales

La mission de la Collaborative canadienne pour les commotions cérébrales est de créer une synergie entre les organismes concernés par les commotions cérébrales pour améliorer l’éducation sur les commotions cérébrales et la mise en œuvre des pratiques exemplaires en matière de prévention et de gestion des commotions cérébrales.

Les membres sont : l’Association canadienne des médecins d’urgence (ACMU), l’Académie canadienne de la médecine du sport et de l’exercice (ACMSE), le Centre Canadien pour l’éthique dans le sport (CCES), l’Association médicale canadienne (AMC), la Société canadienne de pédiatrie (SCP), l’Association canadienne de physiothérapie (ACP), le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC), la section de la médecine du sport de l’Ontario Medical Association (OMA) et Parachute (anciennement ThinkFirst).

Ressources disponibles

-30-

À propos de la SCP

La Société canadienne de pédiatrie est une association nationale de défense d’intérêts qui prône les besoins de santé des enfants et des adolescents. Fondée en 1922, elle représente plus de 3 300 pédiatres, pédiatres surspécialisés et autres professionnels de la santé des enfants au Canada.

Mise à jour : le 14 septembre 2020