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Canadian Paediatric Society

Document de principes

Rentrer à la maison : faciliter le congé du nourrisson prématuré

Affichage : le 10 janvier 2014 | Mise à jour : le 28 avril 2016 | Reconduit :le 30 janvier 2017


The Canadian Paediatric Society gives permission to print single copies of this document from our website. For permission to reprint or reproduce multiple copies, please see our copyright policy.

Auteur(s) principal(aux)

Ann L Jefferies; Société canadienne de pédiatrie, Comité d’étude du foetus et du nouveau-né

Paediatr Child Health 2014;19(1):37-42

Résumé

Au moment du congé à domicile, les parents de nourrissons prématurés qui séjournent à l’unité de soins intensifs néonatals se sentent souvent pleins d’appréhension et peuvent remettre en question leur aptitude à s’occuper de leur bébé. La démarche de congé complète et bien planifiée d’un nourrisson stable sur le plan médical contribue à garantir une transition positive vers la maison et des soins efficaces et sécuritaires après le congé. Le présent document de principes permet d’orienter la planification du congé des nourrissons nés avant 34 semaines d’âge gestationnel dans un hôpital général ou de soins tertiaires. L’aptitude au congé est généralement déterminée par la démonstration d’une maturation fonctionnelle, y compris les compétences physiologiques de thermorégulation, de contrôle de la respiration, de stabilité respiratoire et de capacité à s’alimenter ainsi que de prise de poids. Si on soutient la participation de la famille et qu’on l’éduque dès le début de l’hospitalisation, les parents gagnent en confiance et se sentent moins anxieux. Pendant le processus de congé, il est important d’évaluer le milieu physique et psychosocial où vivra le nourrisson. L’équipe clinique est responsable de s’assurer que les examens et les tests de dépistage ont été effectués, que les préoccupations médicales sont résolues et qu’un plan de suivi est en place au moment du congé à domicile.

Mots-clés : Apnea; Bradycardia; NICU; Screening; Thermoregulation

Les nourrissons prématurés et leur famille vivent une expérience inconnue, très technique et souvent pénible à l’unité de soins intensifs néonatals (USIN). À; l’approche du moment de rentrer à la maison, les parents peuvent douter de leur aptitude à s’occuper de leur nourrisson sans le soutien du personnel de l’USIN et de la technologie. La démarche de congé complète et bien planifiée d’un nourrisson stable sur le plan médical contribue à garantir une transition positive vers la maison et des soins efficaces et sécuritaires après le congé. Si on soutient les parents et qu’on les fait participer au processus de congé, ceux-ci se sentent plus en confiance pour s’occuper de leur nourrisson prématuré à la maison. Le présent document de principes contient des conseils aux professionnels de la santé sur la planification du congé à domicile des nourrissons prématurés nés avant 34 semaines d’âge gestationnel (AG) qui quittent l’USIN ou la pouponnière de soins spécialisés d’un centre de soins généraux ou tertiaires. Le congé des nourrissons peu prématurés (de 34 à 36 semaines d’AG) est abordé dans le document de principes de la Société canadienne de pédiatrie intitulé « Le congé sécuritaire du nourrisson peu prématuré ».[1]

Le séjour hospitalier

Chez les nourrissons nés à moins de 34 semaines d’AG, l’âge postmenstruel (APM) au congé se situe généralement entre 37 et 40 semaines.[2][3] Les variations entre les centres peuvent découler de différences de ressources, de lieu géographique et de pratiques locales. La durée de l’hospitalisation et l’APM au congé sont inversement proportionnels à l’AG à la naissance.[4][5] Les pathologies liées à la prématurité, y compris l’infection, l’entérocolite nécrosante, la rétinopathie de la prématurité (RdP) et la dysplasie bronchopulmonaire (DBP), prolongent l’hospitalisation.[5] Dans le système régionalisé de soins néonatals et périnatals du Canada, environ 50 % des nourrissons prématurés de moins de 37 semaines d’AG à la naissance obtiennent leur congé à domicile directement de l’USIN de soins tertiaires. Les autres sont transférés à un hôpital général avant leur congé.[2][3] Au moment du transfert, si les équipes soignantes s’entendent sur des critères et des objectifs de congé communs, la famille se sent mieux soutenue dans le processus de congé.

Bien que l’USIN soit un milieu salvateur, la prolongation du séjour n’est peut-être pas bénéfique. L’hospitalisation prolongée s’associe à une moins bonne relation entre le parent et l’enfant, à un retard staturopondéral, à une augmentation du risque de violence faite à l’enfant et au sentiment de tristesse et d’inadéquation de la part des parents.[6] Le milieu de l’USIN, où il y a du bruit et de la lumière vive et où le cycle jour-nuit n’existe pas, peut avoir des effets néfastes sur la croissance et le développement du nourrisson. Les nourrissons prématurés sont particulièrement susceptibles aux infections nosocomiales et aux pathogènes multirésistants. Des essais aléatoires de programmes de congé précoce des nourrissons prématurés dans un état stable ont démontré non seulement que cette pratique est sécuritaire, mais également qu’elle favorise le bien-être affectif des parents et la qualité de vie à la maison.[7]-[9] Le fait d’abréger l’hospitalisation réduit les coûts hospitaliers (même en incluant dans les analyses économiques les services dispensés après le congé)[7][8][10] et accroît le nombre de lits disponibles à l’USIN. Une hospitalisation plus courte peut être bénéfique aux familles, non seulement sur le plan social et psychologique, mais également sur le plan financier, en réduisant les coûts liés aux visites à l’hôpital et aux frais de garde ainsi qu’en limitant la période d’absentéisme au travail.

L’aptitude au congé

Les compétences du nourrisson (maturité physiologique)

En général, on détermine la préparation au congé des nourrissons prématurés par la démonstration de la maturation fonctionnelle plutôt que par des critères de poids ou d’APM. La plupart des nombreux nourrissons atteignent ces étapes physiologiques entre 34 et 36 semaines d’APM, malgré des variations individuelles. Les grands prématurés ont toutefois souvent besoin de plus de temps.[11] Lorsqu’ils ont atteint la maturité physiologique, la plupart des nourrissons prématurés restent en observation, afin d’assurer une marge de sécurité avant le congé. Les quatre principales compétences physiologiques s’établissent comme suit :

  • La thermorégulation
  • Le contrôle de la respiration
  • La stabilité respiratoire
  • La capacité à s’alimenter et la prise de poids

La thermoregulation

Même si les nourrissons prématurés ne peuvent pas contrôler leur température corporelle aussi bien que les nourrissons à terme, leur capacité de thermorégulation s’améliore avec la maturation. Souvent, la capacité d’augmenter le métabolisme et de produire de la chaleur est égale à celle d’un nourrisson à terme avant 40 semaines d’APM. Les critères de poids qui justifient le transfert entre l’incubateur et un berceau ouvert varient selon les centres,[12] et il existe peu de données probantes pour orienter la pratique. Une analyse Cochrane menée en 2011 sur quatre études comparant le transfert au berceau de nourrissons stables sur le plan médical à un poids moins élevé (moins de 1 700 g) plutôt que plus élevé (plus de 1 700 g) a conclu que le transfert au berceau à 1 600 g n’avait pas d’effets néfastes sur la stabilité de la température ou la prise de poids, mais ne s’associait pas nécessairement à un congé plus hâtif.[13] Dans ces quatre études, la température ambiante était fixée à au moins 22°C. Comme l’excès de chaleur est un facteur de risque de mort subite du nourrisson (MSN), il faut l’éviter.[14]

Le contrôle de la respiration

L’apnée du prématuré désigne un arrêt respiratoire pendant au moins 20 secondes ou pendant dix à 20 secondes si elle s’accompagne d’une bradycardie (fréquence cardiaque inférieure à 80 battements/min) ou d’une saturation transcutanée en oxygène (SaO2) inférieure à 80 % chez les nourrissons de moins de 37 semaines d’APM.[15] Même si la plupart des nourrissons prématurés n’ont plus d’épisode d’apnée ou de bradycardie après 36 semaines d’APM,[11) la maturation cardiorespiratoire des grands prématurés est plus variable, et l’apnée peut persister jusqu’à 44 semaines d’APM.[16] Lorsqu’ils utilisent de la caféine pour traiter l’apnée du prématuré, de nombreux cliniciens y mettent un terme avant le congé. La demi-vie de la caféine est prolongée chez les nouveau-nés (environ 100 heures), et les nourrissons peuvent être vulnérables à une récurrence d’apnée plusieurs jours après l’arrêt du traitement.

Les pratiques relatives à une période sans apnée « sécuritaire » avant de mettre un terme à la surveillance cardiorespiratoire et d’accorder le congé à domicile varient selon les pouponnières, probablement parce qu’aucune donnée ne permet de définir un intervalle de sécurité précis. Ces variations font partie des raisons qui expliquent les différences quant au moment d’accorder le congé.[17][18] Dans un sondage, 74 % des spécialistes en néonatologie attendaient que les nourrissons demeurent sans apnée pendant cinq à sept jours avant de leur accorder un congé, et 9 % les gardaient en observation pendant au moins dix jours.[19] Darnall et coll.[19] ont tenté de définir une période minimale de sécurité au moyen d’une analyse rétrospective des dossiers et ont remarqué que 5 % des nourrissons prématurés en bonne santé continuaient de faire des apnées, pouvant se manifester jusqu’à huit jours après le dernier épisode vérifié. D’après une étude observationnelle plus récente, 96 % des nourrissons prématurés n’avaient pas présenté de récurrence d’apnée ou de bradycardie sept jours après le dernier épisode.[20] Le taux de récurrence était plus élevé chez les nourrissons nés à moins de 30 semaines d’AG et chez ceux qui avaient présenté leur dernier épisode à plus de 36 semaines d’APM. Chez les nourrissons nés à moins de 26 semaines d’AG, il a fallu 13 jours pour que 95 % ne fassent plus d’apnée. Il est essentiel de s’entendre sur une définition rigoureuse d’apnée et de bradycardie significatives sur le plan clinique, et de prendre note des incidents de manière précise et uniforme.[18]

L’apnée du prématuré n’est pas considérée comme un facteur de risque de MSN,[21] et il n’y pas de données probantes pour appuyer la surveillance systématique à domicile en vue de la prévenir.[22] Les épisodes d’apnée observés pendant la surveillance cardiorespiratoire de nourrissons prématurés dont l’état était autrement stable finissaient par disparaître et n’étaient pas liés à la MSN ou à des événements aigus mettant en jeu le pronostic vital.[23] La surveillance cardiorespiratoire à domicile est rarement indiquée. On l’envisage parfois chez les nourrissons présentant une apnée, une bradycardie ou une hypoxémie particulièrement prolongée et récurrente, après en avoir expliqué les risques et les avantages aux parents.

Les événements cardiorespiratoires associés à l’alimentation sont fréquents chez les nourrissons prématurés, qui coordonnent mal leur succion, leur déglutition et leur respiration. Il faut évaluer la gravité de ces événements (c’est-à-dire bradycardie, changement de couleur, intervention nécessaire) individuellement, et les événements considérés comme graves doivent être résolus avant le congé.

Il faut souligner aux parents les stratégies reconnues pour réduire le risque de MSN[14] et installer les nourrissons prématurés en décubitus dorsal avant le congé. Même les nourrissons ayant une DBP conservent une stabilité cardiorespiratoire dans cette position.[24] Même si les nourrissons prématurés sont peut-être plus vulnérables à l’apnée et à la désaturation en oxygène lorsqu’ils sont placés en position semi-assise dans un siège d’auto pour nourrisson,[25] il n’a pas été démontré que la surveillance de la SaO2 chez les nourrissons prématurés pendant qu’ils sont dans leur siège d’auto est un test de dépistage efficace avant le congé. Cette surveillance n’est donc plus recommandée dans le cadre de la planification systématique du congé au sein de cette population.[26]

La stabilité respiratoire

Certains grands prématurés ont besoin d’un soutien ventilatoire prolongé en raison de la DBP et peuvent dépasser 34 semaines d’APM avant de pouvoir s’en passer. Il est important d’observer ces nourrissons pour s’assurer du maintien de leur stabilité cardiorespiratoire sans soutien ventilatoire.

Environ 25 % des nourrissons prématurés dont le poids de naissance était inférieur à 1 500 g reçoivent de l’oxygène après 36 semaines d’APM.[3] Peu de données probantes orientent les cliniciens quant aux cibles de SaO2 pertinentes pour les nourrissons présentant une dépendance prolongée à l’oxygène. Deux études cliniques comparant des cibles de SaO2 faibles (89 % à 94 %) à des cibles élevées (95 % à 99 %) chez les nourrissons prématurés en croissance[27][28] n’ont révélé aucune différence en matière de croissance ou de développement neurologique. Les chercheurs ont observé une morbidité respiratoire (pneumonie, exacerbations aiguës d’une maladie pulmonaire chronique, réhospitalisation pour des causes pulmonaires et nécessité de prendre des diurétiques, de la méthylxanthine ou de l’oxygène) et une durée d’oxygénothérapie plus prolongée dans les groupes chez qui on visait une SaO2 plus élevée. Les seuls avantages conférés par les cibles de SaO2 plus élevées étaient une réduction non significative de l’évolution vers la RdP[27] et une modeste réduction du traitement ablatif de la rétine en cas de RdP grave.[28] Aucune de ces études n’a abordé les effets de ces valeurs seuils sur les complications associées à une DBP, telles que l’hypertension pulmonaire. Il est important de souligner que la valeur limite de SaO2 de 88 %, utilisée dans la définition physiologique de DBP comme la SaO2 la plus basse à être acceptable chez les nourrissons prématurés, n’est pas considérée comme une directive d’administrer de l’oxygène à ces nourrissons.[29]

La plupart des auteurs proposent une SaO2 cible d’environ 90 % à 95 % chez les nourrissons ayant une DBP.[30]-[33] Cette disposition assure une marge de sécurité dans les situations où l’enfant peut présenter une désaturation en oxygène, telles que pendant le sommeil et l’alimentation. On sèvre et cesse l’oxygénothérapie lorsque les nourrissons maintiennent systématiquement cette SaO2 cible à l’air ambiant. De nombreux centres surveillent la SaO2 à l’air ambiant pendant environ une semaine avant d’accorder le congé à domicile.[33][34]

Certains nourrissons qui ont une dépendance à l’oxygène prolongée peuvent être candidats à une oxygénothérapie à domicile. Lorsqu’on envisage d’administrer de l’oxygène à domicile, il faut tenir compte des besoins de chaque famille et soupeser le fardeau d’une hospitalisation prolongée par rapport aux conséquences de s’occuper d’un nourrisson sous oxygénothérapie à domicile.

La capacité à s’alimenter et la prise de poids

Pour qu’un nourrisson s’alimente par voie orale en toute sécurité, il doit être mature et prêt à coordonner la succion, la déglutition et la respiration pour éviter l’aspiration et une atteinte respiratoire. Les nourrissons prématurés, particulièrement ceux qui ont une DBP, éprouvent souvent de la difficulté à passer du gavage à l’alimentation orale, ce qui peut retarder le congé.[35] Il est démontré que l’introduction hâtive et la progression de l’alimentation orale en fonction de l’observation clinique du nourrisson, de son état et de son comportement plutôt que d’un horaire d’alimentation prédéterminé, favorisent un passage plus rapide à une alimentation orale complète et une hospitalisation moins longue.[36][37]

Les nourrissons ayant des problèmes respiratoires prolongés peuvent éprouver une perturbation de leurs aptitudes oromotrices, en raison d’une stimulation tactile anormale des tissus périoraux et intraoraux découlant de l’installation prolongée des sondes trachéale et nasogastrique ou des canules nasales.[38] Il est postulé que, à la fin de la grossesse et au début de la vie postnatale, il existe une période critique au cours de laquelle la manipulation de la zone faciale peut entraîner une aversion orale et retarder les aptitudes oromotrices et le passage à l’alimentation orale. Le fait d’offrir une succion non alimentaire pendant le gavage réduit considérablement la durée d’hospitalisation et facilite la transition de l’alimentation par sonde à l’alimentation orale.[39]

Bien que le lait maternel procure de nombreux avantages aux nourrissons prématurés, le taux d’allaitement est plus faible chez les prématurés que chez les nourrissons à terme. De nombreux cliniciens tentent d’éviter l’alimentation au biberon pendant l’installation de l’allaitement, mais les preuves sont insuffisantes pour déterminer si la seule alimentation par sonde instaurée pour compléter l’allaitement accroît le succès de l’allaitement chez les nourrissons prématurés.[40] Grâce à un complément de lait administré à la tasse, plus de bébés sont pleinement allaités à leur congé, mais ce même congé s’en voit retardé d’une dizaine de jours.[40]

Les nourrissons prématurés affichent souvent des déficits nutritionnels au congé et peuvent avoir besoin de repas hypercaloriques et de suppléments nutritionnels pour rattraper leur croissance.[41] L’anémie ferriprive constitue un risque, et l’administration de suppléments de fer jusqu’à un an améliore les taux d’hémoglobine et les réserves de fer.[42] La vitamine D est importante pour assurer une minéralisation osseuse suffisante, mais la quantité optimale à administrer pendant la première année n’est pas encore établie. L’American Academy of Pediatrics recommande de garantir un apport quotidien de 400 UI/jour, jusqu’à concurrence de 1 000 UI/jour.[43] Même si les résultats des études sont prometteurs, d’autres essais s’imposent pour appuyer l’enrichissement systématique du lait maternel par des suppléments de multinutriments après le congé.[44][45]

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est probablement d’ordre physiologique chez la plupart des nourrissons prématurés et a peu de conséquences cliniques.[46][47] Les données indiquant une association entre le RGO et l’apnée sont variables, des études appuyant et d’autres réfutant une relation causale.[48] Quelques nourrissons prématurés éprouvent de graves problèmes liés au RGO, y compris l’aspiration et les vomissements récurrents. Un traitement peut s’imposer chez ces nourrissons, même si l’efficacité de la plupart des stratégies antireflux n’a pas fait l’objet d’études approfondies dans le cadre de vastes essais cliniques.

La famille et la maison

Même si les parents assument l’entière responsabilité des soins de leur nourrisson après le congé, bon nombre ne se sentent pas pleinement préparés à ce rôle lorsqu’ils ramènent leur bébé à la maison.[49] En plus de fournir les soins de base, tels que les boires, les bains et la prise de la température, les parents d’un nourrisson prématuré peuvent avoir besoin de lui administrer des médicaments et des suppléments nutritionnels, ainsi que de respecter des besoins médicaux précis. Ils devraient être en mesure de reconnaître les signes et symptômes précoces de maladie et savoir comment y réagir. Ils doivent aussi être prêts au congé sur le plan affectif. Les parents doivent se sentir confiants quant à leurs aptitudes parentales.

La prématurité et l’hospitalisation prolongée constituent des éléments de stress pour la famille et peuvent rendre les nourrissons vulnérables à un risque de négligence, de retard staturopondéral et d’issues néfastes en matière de développement. Ce risque peut être accru par des facteurs démographiques, y compris le faible niveau d’instruction, une situation socioéconomique précaire, le jeune âge de la mère, la barrière de la langue et le logement inadéquat, de même que des soins prénatals insuffisants, la consommation de substances illicites ou d’alcool, la dépression, l’isolement, le manque de soutien familial, l’instabilité de la relation des parents et le peu de visites de la famille pendant le séjour à l’USIN.[50] L’évaluation du milieu physique et psychosocial à la maison représente un volet important du processus de congé. Dès le début du séjour à l’USIN, il est essentiel de faire participer tous les membres de l’équipe soignante – notamment les infirmières et les travailleurs sociaux – au soutien affectif, à l’évaluation des risques et à l’obtention des ressources financières et communautaires nécessaires pour garantir le congé sécuritaire des nouveau-nés à haut risque.

La préparation au congé

La planification du congé commence dès l’admission à l’USIN. Parmi les aspects qui contribuent à atténuer le stress et l’anxiété des parents et qui facilitent la transition à la maison, soulignons la promotion de la participation des parents aux soins de leur nourrisson, la continuité des communications, le renforcement de la compréhension de la famille aux problèmes de santé de leur nourrisson, de même que des conseils préventifs sur le développement et le comportement du nourrisson prématuré. Des plans de soins axés sur la famille, des soins adaptés au développement, des établissements où les parents peuvent demeurer avec leur nourrisson (chambre individuelle ou chambre familiale) et des programmes pour aider les parents à interagir avec leur nourrisson font partie des stratégies qui favorisent les communications et l’interaction entre les parents et le nourrisson, améliorent la satisfaction et la santé mentale à long terme de la famille et réduisent la durée d’hospitalisation.[51]-[56] Si on s’informe des prestations parentales auxquelles les parents ont droit, il est plus facile de planifier le congé du travail pendant le séjour hospitalier du nourrisson. Il est essentiel de fournir une éducation continue aux parents, à la fois au chevet du nourrisson, dans des groupes de parents et au moyen de ressources imprimées et virtuelles. Si le nourrisson est transféré dans un hôpital général avant le congé, la préparation des parents au transfert leur donne confiance.[57]

Lorsque le nourrisson approche la maturité physiologique, l’équipe soignante doit s’entendre avec la famille sur le moment anticipé du congé. Les mères (et les pères) qui ont repris le travail devraient prendre des dispositions en vue d’un congé parental qui commencera de une à deux semaines avant le congé anticipé, afin de pouvoir passer plus de temps avec leur bébé et de permettre aux mères d’amorcer l’allaitement exclusif. Parmi les besoins d’éducation particuliers des parents, soulignons la prévention de la MSN et la position de sommeil en décubitus dorsal, la réanimation cardiorespiratoire, la sécurité des sièges d’auto, la réduction des risques d’infection et les besoins médicaux propres à leur nourrisson. Les parents qui fument peuvent se faire offrir de l’aide pour arrêter de fumer, si ce type de programme existe. Les parents devraient choisir le médecin de première ligne de leur nourrisson avec l’aide de l’équipe de planification du congé.

L’équipe soignante devrait revoir l’évolution du nourrisson pendant l’hospitalisation afin de déterminer s’il reste des problèmes médicaux non résolus et d’élaborer un plan de congé et de suivi. Il faut administrer les vaccins conformément au calendrier provincial ou territorial, à l’âge chronologique prévu. Les nourrissons prématurés dont le poids de naissance est inférieur à 2 000 g et qui sont vaccinés contre l’hépatite B doivent recevoir quatre doses de ce vaccin.[58] Avant le congé, il faut effectuer tous les examens et les tests de dépistage pertinents, y compris le dépistage des maladies métaboliques, l’évaluation de la nécessité d’administrer une prophylaxie du virus respiratoire syncytial (VRS),[59] l’imagerie crânienne, le dépistage de la RdP,[60] le dépistage des troubles de l’audition[61] et la surveillance de la SaO2 dans le siège d’auto.[26]

C’est à l’équipe du congé qu’incombe la coordination du suivi. Cette équipe peut renforcer la transition des soins en discutant avec le médecin de première ligne et en remettant de l’information écrite détaillée sur l’hospitalisation du nourrisson, ses problèmes médicaux et son plan de soins. Il peut être utile que le médecin de première ligne rende visite au nourrisson et à la famille avant le congé. Après le congé, un soutien néonatal et pédiatrique au médecin de première ligne s’impose. Il faut planifier le premier rendez-vous avant le congé. Les rendez-vous de suivi avec d’autres spécialistes médicaux ou chirurgicaux dépendent des besoins du nourrisson. Il existe des recommandations particulières relativement à la prophylaxie du VRS[59] et du dépistage de la RdP[60]. Au Canada, le suivi du développement neurologique des nourrissons prématurés à haut risque est assuré par des programmes de suivi néonatal. Les critères de suivi varient selon chaque programme.[62]

Certains services sont précieux pour la planification du congé, comme les visites d’organismes de services communautaires avant le congé, des chambres d’hôpital où les parents s’occupent eux-mêmes des soins, des groupes d’entraide de parents et la collaboration de parents qui ont l’expérience de l’USIN. Ils procurent un soutien affectif et contribuent à dissiper les sentiments d’isolement et de solitude.[63] La transition entre l’hôpital et la maison peut également être facilitée si les familles sont autorisées à emmener leur bébé à la maison pour une journée en compagnie d’un membre de l’équipe et si une infirmière de la santé publique ou du CLSC assure un suivi au moyen d’appels téléphoniques ou de visites.

Pour planifier le congé du nourrisson prématuré, il faut adopter une approche systématique et multidisciplinaire. Les parents ont un rôle actif à jouer dans la planification du congé et ont besoin d’appui à la fois avant et après le congé. Les dispensateurs de soins sont responsables de s’assurer que la famille acquière ces compétences pendant le continuum de l’USIN à la maison.

Recommandations

Les recommandations suivantes abordent une vaste gamme de soins néonatals et reposent généralement sur des preuves de catégorie 2 ou 3.[64] Elles ont été préparées d’après les meilleures données probantes disponibles et le consensus du groupe, et elles respectent les pratiques fondées sur des données probantes.[65]

  • Dans les pouponnières où l’on soigne les nourrissons prématurés, il faut adopter des stratégies pour éduquer les parents au sujet de leur nourrisson, promouvoir la participation des parents aux soins de leur nourrisson et préparer les parents à la transition du nourrisson à la maison.
  • Il faut considérer que les nourrissons prématurés sont prêts à obtenir leur congé à domicile lorsqu’ils sont dans un état médical stable et qu’ils sont parvenus à la maturité physiologique, y compris les mesures suivantes :
    • Maintien d’une température corporelle normale (environ 37 °C) lorsqu’ils sont tout habillés, dans un berceau ouvert
    • Période sans apnée assez longue (on propose de cinq à sept jours)
    • Maintien d’une SaO2 de plus de 90 % à 95 % à l’air ambient
    • Prise de poids soutenue
    • Alimentation réussie au sein ou au biberon, sans manifestation cardiorespiratoire sérieuse
  • Avant le congé à domicile, les nourrissons prématurés doivent subir une évaluation complète, y compris :
    • le dépistage provincial des maladies métaboliques du nouveau-né;
    • l’évaluation de la nécessité d’administrer une prophylaxie du VRS et son administration, s’il y a lieu;
    • l’imagerie crânienne du nourrisson peu prématuré, si l’âge gestationnel le justifie;
    • le dépistage de la rétinopathie des prématurés (RdP), si l’âge gestationnel ou le poids de naissance le justifie;
    • le dépistage des troubles de l’audition;
    • la vaccination conformément à l’âge chronologique et au calendrier provincial ou territorial;
    • l’examen physique avant le congé, y compris le poids, la taille et la circonférence crânienne.
  • L’équipe du congé doit déterminer si la famille est prête, tant sur le plan psychosocial que de la capacité à administrer des soins, à faire face au congé de son nourrisson, y compris l’évaluation du domicile. La famille devrait recevoir une éducation avant le congé, laquelle inclut de saines habitudes de sommeil et la prévention de la MSN. Il est hautement souhaitable d’obtenir une formation en réanimation cardiorespiratoire du nourrisson. Les parents devraient être en mesure de :
    • s’occuper seuls de leur nourrisson, en toute confiance;
    • administrer les médicaments, les suppléments nutritionnels et les soins médicaux spécialisés;
    • reconnaître les signes et symptômes de maladie et y réagir convenablement, notamment en situation d’urgence;
    • comprendre l’importance des mesures de prévention des infections et d’un milieu sans fumée.
  • L’équipe soignante du nourrisson doit s’assurer de mettre en place un plan de suivi pertinent avant le congé, d’en transmettre tous les aspects aux parents et de vérifier que ceux-ci le comprennent. Le suivi peut inclure :
    • l’obtention du nom du médecin de première ligne, des communications avec lui et la remise d’un résumé écrit ou virtuel de l’accouchement et des soins prodigués;
    • un suivi par un professionnel de la santé compétent dans les 72 heures;
    • des rendez-vous de suivi médical et chirurgical, au besoin, y compris le dépistage de la RdP;
    • un suivi du développement neurologique néonatal, s’il y a lieu;
    • le suivi des résultats du dépistage des troubles de l’audition et des maladies métaboliques du nourrisson;
    • une prophylaxie du VRS, au besoin;
    • des ressources et un soutien communautaires;
    • les conseils d’un néonatologiste ou d’un pédiatre et un soutien au médecin de première ligne, au besoin.

Remerciements

Le comité de la pédiatrie communautaire de la SCP et Le Collège des médecins de famille du Canada ont révisé le présent document de principes.


COMITÉ D’ÉTUDE DU FŒTUS ET DU NOUVEAU-NÉ DE LA SCP

Membres : Ann L Jefferies MD (présidente); Thierry Lacaze MD; Leigh Anne Newhook MD (représentante du conseil); Michael R Narvey MD; Abraham Peliowski MD; S Todd Sorokan MD; Hilary EA Whyte MD (ancienne membre)
Représentants : Debbie A Aylward inf., Association canadienne des infirmières et infirmiers en néonatologie; Andrée Gagnon MD, Le Collège des médecins de famille du Canada; Robert Gagnon MD, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada; Juan Andrés León MD, Agence de la santé publique du Canada; Eugene H Ng MD, section de la médecine néonatale et périnatale de la SCP; Patricia A O’Flaherty MN Med, Canadian Perinatal Programs Coalition; Kristi Watterberg MD, comité d’étude du fœtus et du nouveau-né, American Academy of Pediatrics
Auteure principale : Ann L Jefferies MD


Références

  1. Whyte RK; comité d’étude du fœtus et du nouveau-né, Société canadienne de pédiatrie. Le congé sécuritaire du nourrisson peu prématuré. Paediatr Child Health 2010;15(10):661-6. www.cps.ca/fr/documents/position/conge-securitaire-nourrisson-peu-premature (consulté le 6 novembre 2013)
  2. Lee SK, McMillan DD, Ohlsson A et coll. Variations in practice and outcomes in the Canadian NICU Network: 1996-1997.Pediatrics 2000;106(5):1070-9.
  3. Rapport annuel 2011 du Réseau néonatal canadien. www.canadianneonatalnetwork.org/Portal/LinkClick.aspx?fileticket=rCVwkKlA4pc%3d&tabid=39 (consulté le 6 novembre 2013)
  4. Rawlings JS, Scott JS. Postconceptional age of surviving preterm low-birth-weight infants at hospital discharge. Arch Pediatr Adolesc Med 1996;150(3):260-2.
  5. Hintz SR, Bann CM, Ambalavanan N et coll. Predicting time to hospital discharge for extremely preterm infants. Pediatrics 2010;125(1):e146-54.
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Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Mise à jour : le 30 janvier 2017