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Canadian Paediatric Society

Point de pratique

Mise à jour sur le succès du vaccin conjugué contre le pneumocoque

Affichage : le 1 avril 2011


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Auteur(s) principal(aux)

JD Kellner; Société canadienne de pédiatrie, Comité des maladies infectieuses et d’immunisation

Paediatr Child Health 2011;16(4):237-40

Résumé

Quelques années après l’adoption du vaccin conjugué heptavalent contre le pneumocoque (PCV7) au Canada et ailleurs, la vaccination systématique des nourrissons a suscité la quasi-éradication des pneumococcies invasives causées par les souches des sérotypes vaccinaux, tant chez les enfants que chez les adultes. On a également observé une diminution importante des maladies liées au pneumocoque, y compris la pneumonie lobaire et l’otite moyenne. Ces diminutions ont été contrebalancées, dans une certaine mesure, par l’augmentation des maladies à sérotypes non vaccinaux. Le sérotype 19A, qui est souvent hautement résistant aux antibiotiques, prédomine désormais. Dans la plupart des populations, cependant, la magnitude d’une maladie de remplacement est beaucoup plus faible que celle de la diminution des pneumococcies invasives attribuables au vaccin PCV7. De plus en plus de données probantes indiquent que trois doses du vaccin PCV7 assurent une protection presque identique à celle conférée par quatre doses. Les nouveaux vaccins conjugués 10-valent et 13-valent contre le pneumocoque ont récemment été approuvés au Canada. Ces vaccins accroissent la couverture des sérotypes pneumococciques, y compris le sérotype 19A (présent dans le vaccin 13-valent). De nombreuses provinces et de nombreux territoires ont intégré le vaccin 13-valent à leur programme de vaccination.

Mots-clés : Conjugate vaccine; Infant; Meningitis; Pneumococcal disease; Streptococcus pneumoniae; Vaccination

Le vaccin conjugué heptavalent contre le pneumocoque (PCV7 [Prevnar, Pfizer Canada Inc, Canada]) a été adopté au Canada en 2001. Les programmes de vaccination systématique des nourrissons ont été entrepris en 2002, mais il a fallu attendre 2006 pour que la totalité des provinces et territoires adoptent les programmes systématiques. Maintenant, quelques années après l’introduction du vaccin PCV7 au Canada et aux États-Unis (ÉU) (ainsi que dans bien d’autres pays), l’utilisation systématique de ce vaccin chez les nourrissons et les enfants à haut risque a suscité la quasi-­éradication des pneumococcies invasives (PI) causées par les souches des sérotypes vaccinaux, tant chez les enfants que chez les adultes. La récente approbation des nouveaux vaccins conjugués 10-valent et 13-valent contre le pneumocoque (PCV10 et PCV13), qui contiennent trois et six sérotypes supplémentaires à ceux contenus dans le vaccin PCV7, respectivement, devrait prévenir encore plus d’infections causées par le pneumocoque. Le présent point de pratique vise à informer les pédiatres et les médecins de première ligne des nouveaux vaccins contre le pneumo­coque et de leurs répercussions potentielles sur la diminution de la morbidité et de la mortalité causées par les PI.

La réduction des pneumococcies invasives à sérotypes vaccinaux

L’étude de surveillance CASPER sur la recherche épidémiologique sur le Streptococcus pneumoniae dans la région de Calgary 1 a démontré une réduction de 94 % de l’incidence des PI à sérotypes vaccinaux et de 79 % de l’ensemble des PI chez les enfants de moins de deux ans en 2007, par rapport à la période de 1998 à 2001, avant l’introduction du vaccin PCV7 en Alberta. Au cours de ces mêmes années, on a constaté une diminution de 92 % des PI à sérotypes vaccinaux chez les adultes de 65 à 84 ans et une réduction presque significative de 29 % de l’ensemble des PI. Le recul observé chez les jeunes enfants était lié à l’adoption rapide et généralisée du vaccin PCV7 systématique à quatre doses, tandis que celui constaté chez les adultes semble être imputable à l’effet collectif de l’immunisation des nourrissons, qui réduit la colonisation nasopharyngée, et par conséquent, la transmission aux enfants plus âgés et aux adultes ainsi que la maladie subséquente 2. Il existe également des rapports 3-7 sur la dégression des PI à sérotypes vaccinaux chez les enfants et les adultes de la Colombie-Britannique, du Québec et du nord du Canada.

Le vaccin PCV7 a été introduit aux ÉU en 2000. L’étude ABC sur la surveillance fondamentale des bactéries actives 8 auprès de plus de 40 millions d’Américains a démontré une diminution de 100 % des cas de PI à sérotypes du vaccin PCV7 et de 76 % de l’ensemble des cas de PI chez les enfants de moins de cinq ans en 2007 par rapport à 1998-1999, avant l’adoption du vaccin PCV7 aux ÉU (figure 1). En outre, comme le démontre la figure 1, en 2007, on constatait un recul de 45 % de tous les cas de PI et de 94 % des cas de PI à sérotypes du vaccin PCV7 tous âges confondus. Dans l’ensemble, depuis l’adoption du vaccin PCV7 aux ÉU en 2000, on estime que sept ans plus tard, on avait évité 211 000 cas de PI et 13 000 décès 8.

La réduction des cas de méningite

Même si la méningite ne représente que 7 % de l’ensemble de cas de PI 1, elle s’associe à une morbidité et une mortalité importantes. Aux ÉU 8, entre 2005 et 2007 par rapport à 1998-1999 chez les enfants de moins de cinq ans, la méningite à sérotypes du vaccin PCV7 et tous les cas de méningite à pneumocoque ont diminué de 97 % (passant de 3,8 à 0,1 cas pour 100 000 habitants par année) et de 64 % (passant de 4,7 à 1,7 cas pour 100 000 habitants par année), respectivement (P<0,001 dans les deux cas). Cependant, chez les enfants de moins de cinq ans, on a constaté une augmentation de 78 % des cas de méningite à sérotypes exclus du vaccin PCV7 tous âges confondus, lesquels sont passés de 0,9 à 1,6 cas pour 100 000 habitants par année.

La réduction des hospitalisations attribuables à la pneumonie

L’association entre l’adoption du vaccin PCV7 et les hospitalisations attribuables à la pneumonie (dont le pneumocoque est une cause importante) a fait l’objet d’une évaluation au Canada et aux ÉU. Au Québec, chez les enfants de moins de cinq ans, pendant les 15 mois suivant le début de l’immunisation universelle par le vaccin PCV7 chez les nourrissons, on a constaté une diminution de 7 % des hospitalisations causées par la pneumonie lobaire et de 13 % des hospitalisations imputables à la pneumonie toutes causes confondues 3. Aux ÉU, l’évaluation d’un sondage national 9 sur les hospitalisations a démontré que pendant les quatre années suivant l’adoption du vaccin PCV7, chez les enfants de moins de deux ans, on constatait une diminution de 65 % des hospitalisations attribuables à la pneumonie à pneumocoque et de 39 % des hospitalisations imputables à la pneumonie toutes causes confondues. De plus, chez les adultes de 65 ans et plus, on a remarqué une réduction de 20 % des hospitalisations causées par la pneumonie à pneumocoque et de 15 % des hospitalisations attribuables à la pneumonie toutes causes confondues. Des observations comme celles-là, tirées de bases de données de services de santé, ne prouvent pas la présence d’une relation de cause à effet découlant de l’adoption du vaccin PCV7, mais il est biologiquement probable qu’un tel effet existe et qu’il soit important. En effet, il n’y a pas d’autre explication, et le changement est constaté dans deux pays.

La réduction des cas d'otites moyennes et des paracentèses accompagnées de drains transtypaniques

Tout comme dans le cas des pneumonies, l’association entre l’adoption du vaccin PCV7 et l’incidence d’otites moyennes (dont le pneumocoque est la principale cause) a fait l’objet d’une évaluation au moyen de données administratives. Aux ÉU, l’évaluation de cohortes d’enfants nés après l’adoption du vaccin PCV7 a démontré une réduction de 17 % et de 28 % des otites moyennes fréquentes et de 16 % et 23 % des paracentèses accompagnées de drains transtympaniques chez les enfants de deux ans et moins du Tennessee et de New York, respectivement 10.

Le remplacement par des PI à sérotypes non vaccinaux

Le vaccin PCV7 réduit les pneumococcies en induisant une réponse immunitaire protectrice. De plus, il inhibe la colonisation asymptomatique par les souches de pneumocoque contenues dans les sérotypes vaccinaux 2. Puisqu’il existe 91 sérotypes connus du pneumocoque, on prévoyait qu’avec l’utilisation du vaccin PCV7, le nasopharynx des enfants (qui constitue le principal réservoir du pneumocoque) serait quelque peu colonisé par des souches de sérotypes non vaccinaux qui seraient responsables de maladies 11. À vrai dire, le recul marqué des infections à sérotypes du vaccin PCV7 a été contrebalancé, dans une certaine mesure, par une augmentation des infections attribuables à un nombre limité de sérotypes non vaccinaux, notamment le sérotype 19A, qui est souvent multirésistant aux antibiotiques 81213.

L’étude du Programme canadien de surveillance active de l’immunisation (IMPACT) 14 sur les PI, menée dans 12 centres de soins tertiaires pédiatriques du Canada, a révélé que la proportion de PI causées par des sérotypes non vaccinaux a augmenté depuis 2000, tant sur le plan relatif (car les PI des sérotypes vaccinaux ont diminué) qu’absolu (car le nombre réel de cas a augmenté). De 2000 à 2007, chez les enfants de moins de cinq ans, la proportion de PI causées par des sérotypes non vaccinaux est passée de 17 % à 82 %, et le nombre de cas a presque doublé. Les principaux sérotypes de remplacement étaient le sérotype 19A (21 % de tous les cas en 2007), de même que les sérotypes 3, 5, 6A, 7F et 22F. En 2007, 17 % de tous les isolats et 63 % des isolats du sérotype 19A, respectivement, avaient une susceptibilité réduite à la pénicilline. Il est à souligner que tous ces sérotypes, sauf le sérotype 22F, sont inclus dans au moins l’un des deux nouveaux vaccins conjugués à la valence accrue, tel qu’on l’expose plus loin dans le présent article. Selon des données plus récentes d’IMPACT, le sérotype 19A était responsable de 44 % de tous les cas de PI chez les enfants de moins de cinq ans en 2008-2009 15.

La surveillance provinciale effectuée au Québec indique qu’en 2009, 96 % de tous les cas de PI chez les enfants de moins de cinq ans étaient causés par des sérotypes non vaccinaux. De ce nombre, 42 % étaient attribuables au sérotype 19A, et 51 % des souches du sérotype 19A avaient une susceptibilité réduite à la pénicilline 6.

Aux ÉU, l’étude ABC a révélé qu’en 2007, par rapport à 1998-1999, la proportion de tous les cas de PI causées par des sérotypes non vaccinaux chez les enfants de moins de cinq ans était passée de 17 % à 98 %. Pour ce qui est des cas attribuables au sérotype 19A, cette proportion était passée de 3 % à 47 % 8. Pendant la même période, tous âges confondus, la proportion de tous les cas de PI causées par des sérotypes non vaccinaux, et par le sérotype 19A en particulier, est passée de 36 % à 93 % et de 3 % à 20 %, respectivement.

Il est important de réitérer que, dans la plupart des populations, l’augmentation absolue de l’incidence de PI à sérotypes non vaccinaux est beaucoup plus faible que la réduction de l’incidence de PI à sérotypes vaccinaux, et que les changements se sont stabilisés sur une période de quelques années 18. Cependant, il est à souligner qu’au Québec, le nombre de cas de PI non vaccinaux chez les enfants de tout âge a continué d’augmenter chaque année depuis 2006 6.

On ne sait pas si l’émergence du sérotype 19A est seulement liée à l’adoption du vaccin PCV7 ou si elle représente une modification périodique à long terme des sérotypes prédominants. Il a été observé que la fréquence de sérotypes pneumococciques courants connaît une fluctuation cyclique répartie sur un certain nombre d’années, et même de décennies, dans divers groupes d’âge et diverses régions géographiques 16. Pour ce qui est du sérotype 19A, notamment, on a décrit une augmentation du nombre d’infections en Corée du Sud et en Israël, avant que le vaccin PCV7 y soit introduit 1718.

Les tendances liées à l'empyème complexe

Des études effectuées au Canada, en Écosse et en Israël 19-21 ont décrit une augmentation de l’empyème chez les enfants (avec ou sans information microbiologique) avant ou peu après l’adoption du vaccin PCV7. D’autres études menées aux ÉU ont décrit des augmentations de l’empyème négatif à la culture ou de l’empyème pneumococcique (surtout causé par des sérotypes non vaccinaux) depuis l’adoption du vaccin PCV7 2223. On ne connaît pas exactement les effets du vaccin PCV7 sur ces tendances. De toute évidence, les augmentations observées avant l’adoption du vaccin PCV7 ne sont pas liées. On ne sait pas encore si les augmentations qui se sont poursuivies ou ont fait leur apparition après l’adoption du vaccin PCV7 sont causées par le remplacement ou par des tendances cycliques à plus long terme (tel qu’il est expliqué plus haut).

La diminution des doses du vaccin PCV7

Les principaux essais cliniques sur le vaccin PCV7 ont tous été menés au moyen d’un calendrier à quatre doses, soit une série de trois doses pendant la première enfance suivie d’une quatrième dose, la dose de rappel, après l’âge d’un an. Le coût élevé du vaccin PCV7 par rapport aux autres, la pénurie de vaccins aux ÉU et les études d’immunogénicité comparant deux ou trois doses pendant la première enfance ont donné lieu à des évaluations selon lesquelles trois doses (deux pendant la première enfance, suivie d’une troisième, la dose de rappel, pendant la deuxième année de vie) seraient tout aussi efficaces que quatre 24-26.

Il y avait pénurie de vaccins PCV7 aux ÉU entre 2001 et 2004. Un calendrier modifié du vaccin PCV7 a alors été souvent administré, et de nombreux enfants ont reçu de une à quatre doses. Une étude cas-témoin 24 comparant l’efficacité de divers calendriers a démontré que tous les calendriers d’au moins deux doses du vaccin PCV7 avaient des taux d’efficacité similaires de 95 % ou plus pendant au moins six mois après la vaccination. Il y avait trop peu de cas pour comparer chaque calendrier avec précision.

Plusieurs études 2426 ont révélé que deux doses du vaccin PCV7, plutôt que trois, administrées pendant les six premiers mois de vie, produisent des taux d’anticorps similaires après la série de vaccins. Toutefois, qu’on administre deux ou trois doses au nourrisson, il faut ajouter une dose de rappel à 12 mois ou plus tard pour assurer la meilleure réaction immunitaire.

Au Canada, le Québec a adopté un calendrier à trois doses du vaccin PCV7 (à deux, quatre et 12 mois) au lancement du programme universel du vaccin PCV7. Les enfants très vulnérables en recevaient quatre doses. En Colombie-Britannique, le programme initial à quatre doses a été remplacé par le même programme à trois doses qu’au Québec, les quatre doses étant également administrées aux enfants très vulnérables. Les données du Québec et d’autres pays qui ont adopté ce programme révèlent que l’efficacité des programmes à trois doses est similaire à celle des programmes à quatre doses adoptés ailleurs 62728. À l’instar des résultats aux ÉU, une étude cas-témoin 25 menée au Québec indique que l’efficacité du vaccin PCV7 contre les PI à sérotypes vaccinaux s’élevait à 98 % chez les enfants qui avaient reçu au moins deux doses du vaccin.

Il est important de souligner qu’aucunes données n’appuient l’utilisation du programme à trois doses du vaccin PCV7 chez les enfants ayant des maladies sous-jacentes qui accroissent le risque de PI, et que tous les territoires de compétence qui ont évalué le programme à trois doses pour les nourrissons en santé utilisent le programme à quatre doses pour les enfants plus vulnérables aux PI.

Les effets potentiels des nouveaux vaccines PCV10 et PCV13 et les nouvelles recommandations Canadiennes

L’utilisation du nouveau vaccin PCV10 (Synflorix, GlaxoSmithKline Inc, Canada) est approuvée au Canada 29. Ce vaccin contient les mêmes sérotypes que le vaccin PCV7 (4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F et 23F), de même que les sérotypes 1, 5 et 7F. Le vaccin PCV13 (Prevnar 13, Pfizer Canada Inc) est également approuvé au Canada. Il contient les mêmes sérotypes que le vaccin PCV10, de même que les sérotypes 3, 6A et 19A 30.

En 2010, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a publié deux documents de principes 2631 sur les vaccins conjugués contre le pneumocoque, portant sur les deux nouveaux vaccins. D’après l’évolution de l’épidémiologie des PI au Canada et la prédominance actuelle du sérotype 19A en particulier (qui se trouve dans le vaccin PCV13 mais pas dans le vaccin PCV10), les recommandations les plus récentes s’établissent comme suit :

  • Il y a des preuves suffisantes pour recommander le vaccin PCV13 dans le cadre du calendrier de vaccination systématique des nourrissons.
  • Il y a des preuves suffisantes pour recommander un calendrier à trois doses du vaccin PCV7 chez les nourrissons en santé. Cependant, les preuves sont insuffisantes pour recommander un calendrier à trois doses du vaccin PCV10 ou PCV13. Par conséquent, un calendrier de vaccination à quatre doses est recommandé.
  • Il y a des preuves suffisantes pour recommander que tous les nourrissons en santé de 12 à 35 mois reçoivent une dose du vaccin PCV13 et des preuves acceptables pour recommander que les nourrissons très vulnérables aux PI reçoivent également une dose du vaccin à polysaccharide 23-valent contre le pneumocoque après l’âge de deux ans.
  • Il y a des preuves suffisantes pour recommander que les enfants de 36 à 59 mois, les enfants autochtones en santé, les enfants qui fréquentent un milieu de garde de groupe et les enfants très vulnérables aux PI reçoivent une dose du vaccin PCV13 et pour envisager une dose pour tous les autres enfants de ce groupe d’âge.
  • Il y a des preuves acceptables pour proposer que les enfants de cinq ans ou plus très vulnérables aux PI reçoivent une dose du vaccin PCV13.

Même si le CCNI recommande un calendrier à quatre doses du vaccin PCV13, on sait que certaines provinces et certains territoires ont adopté un calendrier à trois doses pour les nourrissons en santé, probablement en réponse aux données sur le vaccin PCV7. On ne possède pas encore de données probantes pour conclure définitivement qu’un calendrier à trois doses du vaccin PCV10 ou PCV13 est tout aussi efficace qu’un calendrier à quatre doses. Pour les nourrissons qui reçoivent trois doses, il est important d’administrer la troisième dose rapidement au cours de la deuxième année de vie, mais pas avant. Il faut consulter les recommandations complètes du CCNI pour obtenir toute l’information au sujet du calendrier (26).

L'introduction du vaccin conjugé conte le pneumocoque dans le monde

Dans le monde, on estime que les pneumococcies sont respon­sables de plus de 800 000 décès chaque année chez les enfants de moins de cinq ans, surtout dans les pays en développement 32. Par le passé, l’adoption de nouveaux vaccins dans des pays à faible revenu se produit de 15 à 20 ans après l’implantation dans les pays à revenu élevé. L’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation 33 appuie l’introduction accélérée des vaccins conjugués contre le pneumocoque dans les pays en développement. Grâce au financement et à l’appui de gouvernements (y compris le Canada), de la Bill & Melinda Gates Foundation et d’autres organismes non gouvernementaux, le financement de 600 millions de doses des vaccins PCV10 et PCV13 a été approuvé pour les pays à faible revenu, de même qu’un financement pour aider deux fabricants de vaccins installés en Inde à mettre au point et à commercialiser des vaccins contre le pneumocoque. Le vaccin a commencé à être introduit en Gambie et au Rwanda en 2009. D’ici 2015, on prévoit l’introduire dans plus de 40 pays 33.

COMITÉ DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION

Membres : Robert Bortolussi MD (président); Jane Finlay, Richmond MD; Jane C McDonald MD; Heather Onyett MD; Joan L Robinson MD; Élisabeth Rousseau-Harsany MD (représentante du conseil)
Conseillers : James Kellner MD; Noni E MacDonald MD; Dorothy L Moore MD
Représentants : Upton D Allen MD, Groupe canadien de recherche sur le sida chez les enfants; Charles PS Hui MD, représentant de la SCP auprès du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages; Nicole Le Saux MD, Programme canadien de surveillance active de l’immunisation; Larry Pickering MD, American Academy of Pediatrics; Marina I Salvadori MD, représentante de la SCP auprès du Comité consultatif national de l’immunisation
Auteur principal : James D Kellner MD


Références

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Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Mise à jour : le 14 juin 2012