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Canadian Paediatric Society

Document de principes

Le transport des nourrissons et des enfants dans les véhicules automobiles

Affichage : le 1 avril 2008


The Canadian Paediatric Society gives permission to print single copies of this document from our website. For permission to reprint or reproduce multiple copies, please see our copyright policy.

Auteur(s) principal(aux)

C van Schaik; Société canadienne de pédiatrie, Comité de prévention des blessures

Paediatr Child Health 2008;13(4):321-7

Les collisions de la route demeurent la principale cause de décès d’enfants canadiens [1][2]. Au Canada, en 2006, les enfants et les adolescents (de zéro à 19 ans) ont subi 16 % des décès et 19 % des blessures causés par une collision de la route [3]. Même si les dix provinces et les trois territoires sont dotés de lois qui exigent l’utilisation de sièges d’auto pour enfant, de nombreuses blessures et de nombreux décès sont directement attribuables à la non-utilisation ou à la mauvaise utilisation des dispositifs de retenue pour enfants [4]-[10]. La Société canadienne de pédiatrie (SCP) est d’avis qu’il est possible d’éviter bon nombre de ces incidents regrettables par une augmentation de l’éducation publique et de la défense d’intérêts de la part des cliniciens. Les parents et les éducateurs doivent comprendre les lois de leur province ou de leur territoire et savoir comment bien installer et bien utiliser les dispositifs de retenue pour enfants. Pour éduquer le public, on peut commencer par s’assurer que les pédiatres et les médecins de famille connaissent les recommandations à jour au sujet du transport des enfants dans les véhicules automobiles. La nécessité d’un document de principes à ce sujet est corroborée par les récents travaux de Rothenstein et coll. [11], selon lesquelles les pédiatres généraux ne savent pas très bien comment utiliser les dispositifs de retenue pour enfants dans les véhicules automobiles. En 2004, Transports Canada a procédé à une analyse conjoncturelle des projets d’éducation visant à mieux faire comprendre aux médecins la sécurité des passagers enfants et ont découvert que les pédiatres connaissent mal les sièges pertinents destinés aux enfants dans les véhicules automobiles. Le présent document de principes expose les recommandations à jour selon les lois provinciales et les publications révisées par des pairs disponibles au moment de la publication. Ces recommandations font pendant au document de principes de l’American Academy of Pediatrics (AAP) intitulé Selecting and using the most appropriate car safety seats for growing children: Guidelines for counseling parents [1], mais leur contenu est adapté au Canada. Le document de principes fournit également aux cliniciens des connaissances essentielles pour discuter des déplacements sécuritaires avec les parents et suggère des occasions pour que les cliniciens prônent l’amélioration des lois sur la sécurité des enfants en voiture au Canada.

Bien utilisés, les sièges d’auto réduisent de 71 % le risque de blessure fatale et de 67 % celui de blessure grave [12]. L’utilisation d’un siège d’appoint plutôt que de la seule ceinture de sécurité réduit de 59 % le risque de blessures [13]. D’après l’Enquête nationale sur les systèmes de retenue d’enfants 2006 [14], les neuf à 14 ans sont ceux qui utilisent le plus le dispositif de retenue pour enfant au Canada (98,9 % utilisent la ceinture de sécurité), 63 % des nourrissons en voiture étant installés dans un siège d’auto pour bébé et seulement 28 % des enfants de quatre à huit ans utilisant correctement un siège d’auto orienté vers l’avant ou un siège d’appoint. Plus de 53 % des parents canadiens pensent à tort que leur enfant est prêt à utiliser exclusivement la ceinture de sécurité à l’âge de six ans [15]. L’abandon du siège d’auto ou du siège d’appoint pertinent représente un danger considérable quant au transport sécuritaire des nouveau-nés, des nourrissons et des enfants [16][17]. Le taux considérable de mauvaise utilisation des sièges d’auto s’ajoute au problème du choix du siège. Au Canada, le taux de mauvaise utilisation oscille entre 44 % et 81 % pour ce qui est des sièges d’auto et entre 30 % et 50 % pour ce qui est des sièges d’appoint [6][9][15][18][19]. Selon le Code de la route des provinces et des territoires, les personnes qui n’utilisent pas de siège d’auto pour leur enfant ou qui les utilisent mal peuvent recevoir des points d’inaptitude ou des contraventions [15].

Fréquentes erreurs d’utilisation ou mauvaises utilisations des sièges d’auto pour bébé ou pour enfant

L’utilisation du mauvais siège selon le poids ou la taille de l’enfant, notamment en raison du passage prématuré à l’étape suivante, est la forme la plus prévalente de mauvaise utilisation. Ainsi, les erreurs suivantes sont les plus courantes :

Les trois principales erreurs [20]

  • Le siège est mal fixé au véhicule (il bouge de plus de 2,5 cm [1 pouce] dans quelque direction que ce soit).
  • La sangle n’est pas assez serrée (plus d’un doigt entre la sangle et l’enfant).
  • L'attache des sangles n’est pas placée au niveau des aisselles.

D’autres erreurs courantes [9][20][21]

  • Ne pas fixer la sangle d’ancrage des sièges orientés vers l’avant.
  • Installer un siège pour bébé orienté vers l’arrière devant un coussin gonflable.
  • Installer le siège pour bébé dans un mauvais angle (il devrait être à un angle de 45 degrés pour soutenir le tête et le cou).
  • Ne pas utiliser une attache de sûreté sur la ceinture de sécurité du véhicule au besoin, conformément au guide de l’usager du véhicule.
  • Glisser la ceinture de sécurité dans le mauvais passage du dispositif de retenue pour bébé ou pour enfant.
  • Faire passer les sangles par les mauvaises fentes du dispositif de retenue pour bébé ou pour enfant.
  • Utiliser un siège qui a fait l’objet d’un rappel ou qui n’est pas sécuritaire (il a plus de dix ans, a dépassé la date d’expiration du fabricant ou était installé dans un véhicule lors d’une collision).
  • Ne pas attacher l’enfant.

Le choix du siège

Transports Canada décrit quatre phases de dispositifs de retenue pour enfant afin d’aider les familles à choisir le bon mode de retenue [18][19][22]. Divers types de sièges peuvent être utilisés à chaque étape (figure 1). Un sommaire des dispositifs de retenue pour enfant offerts au Canada, ainsi que les spécifications relatives au poids et à la taille, figure à l’adresse <http://www.safekidscanada.ca/fr-gateway.aspx>.

 

Figure 1) Choix pertinent du dispositif de retenue selon les phases

Phase 1 : Les sièges d’auto orientés vers l’arrière

Il faut utiliser les sièges d’auto orientés vers l’arrière jusqu’à ce que l’enfant pèse au moins 10 kg (22 livres), ait au moins un an et sache marcher [2][23] (communication personnelle, Transports Canada). Pour ce faire, on peut utiliser un siège orienté vers l’arrière ou un siège convertible qui peut être orienté vers l’arrière pour les nourrissons et vers l’avant pour les enfants plus âgés. Lorsque le nourrisson a dépassé les limites de taille ou de poids du siège réservé aux nourrissons, les parents doivent choisir un siège pour bébé ou enfant qui peut être orienté vers l’arrière pour les enfants plus lourds et plus grands. Les nourrissons qui pèsent moins de 10 kg à un an doivent demeurer dans leur siège orienté vers l’arrière. Il est possible d’utiliser les dispositifs de retenue pour bébé ou pour enfant orientés vers l’arrière si l’enfant pèse plus de 10 kg et a plus d’un an lorsque les directives du fabricant relativement au poids et à la taille le permettent. Il faut encourager les parents à continuer d’utiliser les sièges orientés vers l’arrière tant que les limites de poids et de taille le permettent. Il faut fixer les sièges orientés vers l’arrière au véhicule à l’aide de la ceinture de sécurité du véhicule ou du système d’ancrage universel (SAU), désigné système LATCH dans les publications américaines.

 

Figure 2) A Siège pour bébé avec base B Siège 3 en 1 (siège d’auto pour bébé, siège pour enfant et siège d’appoint) C Siège 3 en 1 D Siège 2 en 1 (siège pour enfant et siège d’appoint) E Siège d’appoint sans dossier F Siège d’appoint à haut dossier G Siège 2 en 1 transformé en siège d’appoint retenu avec la ceinture de sécurité. Traduit de la référence [35]

Phase 2 : Les sièges d’auto orientés vers l’avant

(Figure 2)

Il est possible d’utiliser les sièges pour bébé ou pour enfant orientés vers l’avant, les sièges d’auto et d’appoint pour enfant et les sièges d’appoint pour bébé et pour enfant de 10 kg à 22 kg (de 22 à 48 livres) pouvant atteindre 122 cm (48 pouces), selon les spécifications du fabricant. Cependant, depuis le 1er mai 2007, un arrêté d’urgence du ministre des Transports permet aux fabricants et aux importateurs d’offrir au Canada des dispositifs de retenue pour enfants qui intègrent une sangle interne et une sangle d’ancrage pour les enfants qui pèsent jusqu’à 30 kg (65 livres) et, par conséquent, qui ont une capacité accrue (l’utilisation des dispositifs de retenue pour enfants est de compétence provinciale ou territoriale). Ainsi, la définition d’enfant en matière de dispositifs de retenue a changé et désigne désormais une personne dont le poids n’est pas inférieur à 9 kg (20 livres) et ne dépasse pas 30 kg (65 livres). Il faut fixer les sièges orientés vers l’avant au véhicule à l’aide d’une sangle d’ancrage et de la ceinture de sécurité du véhicule ou du SAU, désigné système LATCH dans les publications américaines.

Phase 3 : Les sièges d’appoint

Il faut utiliser les sièges d’appoint pour les enfants qui ont dépassé la limite de taille et de poids de leur siège orienté vers l’avant et qui pèsent au moins 18 kg (40 livres). Il faut utiliser ce type de siège jusqu’à ce que l’enfant pèse au moins 36 kg (80 livres). Certains modèles sont adaptés aux enfants jusqu’à 45 kg (100 livres). Il faut toujours vérifier l’étiquette pour connaître la taille et le poids minimaux et maximaux acceptables, car ils varient selon le modèle de siège.

Phase 4 : Les ceintures de sécurité

La ceinture de sécurité (sous-abdominale et diagonale) peut être utilisée pour les enfants de plus de 36 kg (80 livres) qui ont au moins huit ans et pour qui le dispositif de retenue pour adulte du véhicule est bien ajusté (il faut consulter les directives relatives à la position assise dans la partie du guide de l’utilisateur relative à l’installation de l’enfant sur le siège). Les ceintures de sécurité classiques sont conçues pour les personnes de plus de 145 cm (4 pieds 9 pouces). Cependant, les enfants de cette taille ou plus grands ne sont pas tous prêts à utiliser une ceinture de sécurité pour adulte, mais ils peuvent l’être s’ils s’y ajustent bien. Ainsi, les parents ont besoin d’évaluer la manière dont la ceinture de sécurité s’ajuste à l’enfant avant de décider d’abandonner le siège d’appoint. Dans certaines provinces, les lois sur les sièges d’appoint précisent une taille, un poids et un âge minimaux en positions debout et assise avant que l’utilisation de la ceinture de sécurité soit autorisée.

Puisque la courbe de croissance et que les proportions de poids et de taille varient considérablement d’un enfant à l’autre, l’âge ne constitue qu’une ligne directrice. Les mesures physiques indiquent de manière beaucoup plus représentative les sièges dont l’enfant a véritablement besoin. Il faut également tenir compte de ses capacités de développement.

Les prématurés et les petits nourrissons doivent être installés dans un dispositif de retenue qui ne comporte pas de borde-tête, de coussin abdominal ou d’appuis-bras, car ces objets risquent de blesser le cou ou le visage de l’enfant en cas de collision [13][18]. Ces directives s’appliquent également aux autres nourrissons, mais on le souligne pour accentuer l’importance de la dimension du siège. Il faut s’assurer que le siège peut accueillir un nourrisson de 2,27 kg (5 livres) ou moins. Pour obtenir de l’information adaptée aux prématurés ou aux nourrissons de petit poids à la naissance, consultez le document de principes de l’AAP intitulé Safe transportation of premature and low birth weight infants [17] et les lignes directrices de Transports Canada intitulées Le transport des bébés et d’enfants qui ont des besoins spéciaux dans des véhicules particuliers : Guide de pratiques exemplaires pour les professionnels de la santé [24].

Les sièges d’auto intégrés orientés vers l’avant font partie de l’équipement en option dans certains véhicules pour les enfants qui pèsent au moins 9 kg (20 livres). C’est une possibilité que les parents peuvent envisager à l’achat d’un nouveau véhicule. Ces dispositifs doivent également respecter les normes de Transports Canada. De plus, certains sièges intégrés se transforment en siège d’appoint pour les enfants plus âgés [9].

Les types de sièges d'appoint [15]

(Figure 2)

Les sièges d’appoint à haut dossier maintenus par la ceinture de sécurité

Ce type de siège d’appoint assure un soutien pour la tête et le cou des enfants assis dans un véhicule sans appui-tête et doit être utilisé avec une ceinture de sécurité à sangles sous-abdominale et diagonale.

Les sièges 3 en 1 (siège pour bébé, pour enfant et siège d’appoint) et les sièges 2 en 1 (sièges pour enfant convertibles en siège d’appoint)

Une fois la sangle retirée, ces sièges d’auto orientés vers l’arrière ou vers l’avant, munis de sangles en cinq points, se transforment en sièges d’appoint utilisables avec la ceinture de sécurité du véhicule. Certains fabricants recommandent l’utilisation constante de la sangle d’ancrage après la conversion du dispositif de retenue en siège d’appoint. Ces sièges sont d’abord utilisés orientés vers l’arrière ou vers l’avant avec une sangle interne et une sangle d’ancrage lorsqu’ils sont orientés vers l’avant, puis sous forme de siège d’appoint sans les sangles ventrales et la sangle d’ancrage, si c’est possible.

Le siège d’appoint à dossier bas ou sans dossier maintenus par la ceinture de sécurité

Ce type de siège d’appoint est conçu pour les véhicules dotés d’un appui-tête ajustable à l’endroit où l’enfant est assis. L’endroit choisi doit être doté d’une ceinture sous-abdominale et diagonale et d’un appui-tête ajustable.

Les sièges d’appoint avec ceinture abdominale

Ce type de siège d’appoint, conçu pour être utilisé avec une ceinture de sécurité abdominale seulement, n’est plus offert au Canada.

La défense des lois sur les sièges d'appoint

La SCP appuie les lois sur les sièges d’appoint. Les lois sur les sièges d’appoint sont essentielles pour ne plus oublier les enfants trop grands pour le siège pour enfant et le siège d’appoint mais trop petits pour la ceinture de sécurité du véhicule. Entre 1997 et 2001, le taux de décès causés par des collisions de la route a chuté de 52 % chez les enfants de moins de cinq ans et de 25 % chez ceux de 10 à 14 ans, mais n’a pas changé chez ceux de cinq à neuf ans, c’est-à-dire les enfants du groupe d’âge qui utilise les sièges d’appoint [15]. De plus, une récente étude de deux ans menée par le Programme canadien de surveillance pédiatrique [25] sur le syndrome de la ceinture de sécurité (un terme médical désignant l’ensemble des lésions des organes internes et de la colonne vertébrale d’un enfant, imputables à une ceinture de sécurité mal ajustée), a établi que 12 des 28 cas confirmés touchaient des enfants de moins de huit ans, dont seulement un retenu par un siège d’appoint ne portant qu’une ceinture sous-abdominale. Près du tiers (30 %) des enfants attachés au moyen d’une ceinture de sécurité ou d’un dispositif de retenue en trois points au moment de la collision ont souffert du syndrome de la ceinture de sécurité, avec fractures vertébrales et lésions médullaires permanentes dans 43 % et 25 % des cas, respectivement. La province de Québec a été la première à adopter une loi sur les sièges d’appoint, en juin 2002. L’Ontario, la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick ont récemment emboîté le pas. La nouvelle loi sur les sièges d’appoint de l’Ontario est entrée en vigueur le 1er septembre 2005, celle de la Nouvelle-Écosse, le 1er janvier 2007 et celle de l’Île-du-Prince-Édouard, le 1er janvier 2008, tandis que la loi de la Colombie-Britannique entrera en vigueur le 1er juillet 2008, comme à Terre-Neuve-et-Labrador, et que celle du Nouveau-Brunswick entrera en vigueur le 1er mai 2008. Les autres provinces et territoires du Canada ne possèdent pas de loi sur les sièges d’appoint ou leur loi est en instance. Les cliniciens peuvent prôner que chaque territoire de compétence mette à jour les Codes de la route provinciaux et territoriaux pour rendre les sièges d’appoint obligatoires [15].

L’exemption de la taxe de vente sur les dispositifs de retenue pour enfant

La SCP préconise l’exemption de la taxe de vente pour les dispositifs de sécurité démontrés pour les enfants et les adolescents, y compris les sièges d’auto et les sièges d’appoint. La province de l’Ontario a récemment exonéré les sièges d’appoint de la taxe de vente, rendant ainsi tous les dispositifs de retenue pour enfants exempts de taxe. Les cliniciens peuvent prôner d’exempter les sièges d’auto et les sièges d’appoint de toutes les taxes de vente fédérale et provinciale ou territoriale.

Les produits et dispositifs ajoutés

Plusieurs produits et dispositifs sont commercialisés comme produits de sécurité qui prétendent corriger le problème de ceintures de sécurité mal ajustées. Ces produits ne sont toutefois pas réglementés par les Normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada établies par Transports Canada et ne devraient donc pas être utilisés. Leur conception peut accroître le risque de syndrome de la ceinture de sécurité en soulevant la ceinture plus haut que le milieu du ventre et, par conséquent, en augmentant le risque de graves lésions abdominales [1]. Ces produits ne sont pas approuvés par la SCP ou Transports Canada. Seul le siège d’appoint peut être utilisé pour garantir le bon ajustement de la ceinture de sécurité.

Les enfants ayant des besoins particuliers doivent également profiter de dispositifs de retenue pertinents pour leurs déplacements. Pour obtenir de l’information précise, consultez les documents de principes de l’AAP intitulés Transporting children with special health care needs [26] et Safe transportation of children with special needs: A guide for families [27], de même que les lignes directrices de Transports Canada intitulées Le transport des bébés et d’enfants qui ont des besoins spéciaux dans des véhicules particuliers : Guide de pratiques exemplaires pour les professionnels de la santé [24].

La position de l’enfant dans la voiture

  • La banquette arrière du véhicule est l’endroit le plus sécuritaire pour les passagers, notamment les passagers enfants [1][2][15][18]. On estime que l’installation sur la banquette arrière réduit de 36 % le risque de décès des enfants impliqués dans une collision mortelle, qu’ils aient ou non utilisé un dispositif de retenue [28]. Les enfants installés sur la banquette arrière d’un véhicule risquent 1,7 fois moins de subir une lésion fatale ou grave que les passagers assis sur la banquette avant [29]. De plus, le milieu de la banquette arrière est la position la plus sécuritaire pour un seul passager [2], car il est le plus loin possible des impacts latéraux et des coussins gonflables latéraux.
  • Les coussins gonflables du passager avant peuvent tuer ou blesser gravement les enfants installés sur le siège passager avant d’un véhicule. Les enfants devraient s’asseoir sur la banquette arrière jusqu’à l’âge de 13 ans.

Il existe une exception importante à cette recommandation en vue de protéger les enfants. En effet, la règle contraire s’applique dans les camionnettes à cabine allongée compacte. Dans ce type de véhicule, l’enfant assis sur la banquette avant est plus en sécurité que celui assis sur la banquette arrière (risque de blessure de 2,8 % et de 13 %, respectivement). C’est la seule exception au principe selon lequel le milieu de la banquette arrière est la position qui protège le mieux les enfants, sous réserve que les sièges pour bébé orientés vers l’arrière ne doivent jamais être installés devant un coussin gonflable [21].

L’installation du siège

  • Les parents doivent toujours lire attentivement le guide de l’utilisateur du véhicule et les directives relatives au dispositif de retenue avant d’installer ce dispositif. Une fois le dispositif de retenue installé dans le véhicule, il faut le vérifier régulièrement afin de s’assurer qu’il est installé de façon sécuritaire et qu’il est bien ajusté. De telles dispositions peuvent réduire les risques de sécurité potentiels reliés au dispositif de retenue, à la banquette du véhicule et à la ceinture de sécurité [1][2][30][31].
  • Il ne faut jamais placer les sièges d’auto orientés vers l’arrière sur le siège passager avant si le véhicule est doté d’un coussin gonflable pour le passager avant [1][16][17]. L’impact du coussin gonflable sur l’arrière de ce siège pour bébé peut tuer ou blesser gravement cet occupant.
  • Transports Canada a mis au point le SAU des dispositifs de sécurité dans les véhicules, qui a été amélioré et accepté par l’Organisation internationale de normalisation. Ce nouveau système, installé dans tous les modèles de véhicule fabriqués après le 1er septembre 2002, peut simplifier l’installation des dispositifs de retenue dans certains modèles de véhicule et éviter le recours à la ceinture de sécurité. Le SAU des dispositifs de retenue est fixé à des ancrages dans ce type de véhicule. Les parents doivent savoir que s’ils l’utilisent bien, le SAU est tout aussi efficace que la ceinture de sécurité pour attacher le siège d’auto au véhicule. Ils doivent donc choisir la méthode qui convient le mieux à leur véhicule et qui, pour eux, est la plus facile à utiliser.
  • Il faut bien ajuster tous les dispositifs de retenue orientés vers l’arrière ou vers l’avant, de manière qu’ils ne bougent pas de plus de 2,5 cm (1 pouce) dans toutes les directions lorsqu’on tire sur le point d’ancrage ou d’installation. (Remarque : il y a un certain jeu à l’arrière des sièges orientés vers l’arrière, c’est-à-dire la partie la plus éloignée du point d’ancrage. Ils sont conçus de cette façon, ce qui n’est donc pas indicateur d’une mauvaise installation.)
  • Il faut placer le dispositif de retenue orienté vers l’arrière à un angle d’environ 45 degrés afin de prévenir l’éjection en cas de collision et d’éviter que la tête et le cou soient placés de manière à obstruer les voies aériennes [1][10][20]. Il peut être difficile d’obtenir l’angle voulu dans certains véhicules en raison de l’inclinaison de la banquette. Si le dispositif de retenue orienté vers l’arrière n’est pas doté d’un mécanisme d’ajustement angulaire, on peut placer une serviette solidement enroulée ou une « frite de piscine » sous le dispositif de retenue pour obtenir cet angle [1][17][19][32]. Même après avoir placé le dispositif de cette façon, il faut vérifier s’il est bien ajusté.
  • Il faut utiliser une sangle d’ancrage pour installer un siège d’auto orienté vers l’avant. Cette sangle est fixée à un point d’ancrage dans le véhicule (il faut consulter le guide de l’utilisateur du véhicule) et contribue à limiter le mouvement de la tête vers l’avant en cas d’arrêt soudain ou de collision.
  • Plusieurs véhicules neufs possèdent des coussins gonflables latéraux à l’arrière. On ne sait pas grand-chose sur leur efficacité pour les enfants, mais Transports Canada a repéré un risque de graves blessures dans le cadre de tests avec des mannequins de trois et six ans placés ailleurs qu’à l’endroit recommandé [33]. Ainsi, la méthode la plus sécuritaire consiste encore à placer l’enfant au milieu de la banquette arrière, pour qu’il soit le plus éloigné possible des coussins latéraux, jusqu’à ce qu’on en sache plus sur l’utilité et le profil de sécurité de ces coussins.

L’installation de l’enfant sur le siège

  • Dans le cas des dispositifs de retenue orientés vers l’arrière, il faut glisser les sangles dans les fentes situées au niveau ou au-dessous des épaules du nourrisson et bien les serrer, de manière à ne pas pouvoir passer plus d’un doigt entre la clavicule et la sangle. Il faut placer l’attache des sangles au niveau des aisselles du nourrisson [1][18].
  • Il faut toujours attacher les sangles lorsque le nourrisson est assis dans le dispositif de retenue, même pour déplacer l’enfant de la voiture à un autre lieu ou lorsque le siège est utilisé à l’extérieur du véhicule.
  • Il ne faut pas installer un nourrisson pour qu’il dorme dans le dispositif de retenue à l’extérieur du véhicule. Il faut coucher le bébé sur le dos dans une couchette, conformément aux règlements canadiens exposés dans la Loi sur les produits dangereux [18][19]. Les parents ne doivent pas déposer le siège d’auto pour bébé sur une surface élevée (comme un comptoir ou une table) parce que le siège risque de tomber et de provoquer de graves blessures à l’enfant. Il faut toujours déposer le siège d’auto sur le sol, afin d’éviter le risque de blessures causées par une chute.
  • Dans le cas des dispositifs de retenue orientés vers l’avant, il faut glisser les sangles dans les fentes du siège au niveau ou au-dessus des épaules de l’enfant et bien les serrer, de manière à ne pas pouvoir passer plus d’un doigt entre la clavicule (ou la poitrine si les sangles sont glissées dans les fentes supérieures) et la sangle. Il faut placer l’attache au niveau des aisselles de l’enfant [1][18].
  • Dans le cas des sièges d’appoint, il faut placer la ceinture diagonale de manière qu’elle ne passe pas sur le cou de l’enfant, mais plutôt sur le milieu de sa clavicule et de sa cage thoracique, et que la ceinture sous-abdominale passe sur le bassin de l’enfant, sous son ventre [15][18]. De plus, l’enfant doit être en mesure de plier les genoux confortablement au bout du siège du véhicule, tout en demeurant assis bien droit [15][21]. Grâce à la position ainsi obtenue, l’enfant ne glissera pas vers le bout du siège pour être à l’aise, ce qui ferait remonter la ceinture sous-abdominale sur le ventre [2][34].
  • Dans le cas des enfants plus âgés, la ceinture diagonale du véhicule doit passer au milieu de la clavicule et de la cage thoracique de l’enfant, et la ceinture sous-abdominale doit passer sur le bas des hanches. L’enfant ne doit pas glisser vers le bout du siège, et ses genoux doivent plier naturellement au bout du siège du véhicule. Si l’enfant doit glisser vers le bout du siège pour être assis dans cette position, il a encore besoin d’un siège d’appoint [1][10][18]. Il ne faut jamais placer la ceinture diagonale derrière le dos de l’enfant.
  • Il ne faut jamais laisser un enfant dans un dispositif de retenue sans surveillance, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du véhicule.

Sommaire

Nous avons la chance de compter sur des produits fabriqués afin d’améliorer la sécurité des déplacements des enfants du pays et du reste du monde. Cependant, les dispositifs offerts ne suffisent pas s’ils sont mal utilisés ou s’ils ne sont pas utilisés du tout. Les parents se fient aux dispensateurs de soins, notamment les pédiatres et les médecins de famille, pour obtenir de l’information exacte sur les déplacements sécuritaires de leur enfant. Les recommandations énumérées reflètent les connaissances les plus à jour puisées dans les publications et les lois pour le transport convenable des nourrissons et des enfants dans les véhicules automobiles, mais nous sommes conscients que de nouveaux produits sont constamment mis au point pour rendre les déplacements encore plus sécuritaires. Cependant, il faut utiliser les nouveaux dispositifs seulement s’ils respectent les normes de Transports Canada. Les médecins peuvent utiliser les diverses publications offertes par Transports Canada, SécuriJeunes Canada et l’AAP pour conseiller leurs patients. Ils doivent également se souvenir que les conseils sur la sécurité routière commencent à l’hôpital et se poursuivent à tous les âges et à toutes les phases, tout au long de la croissance et du développement de l’enfant. La figure 1 du présent document de principes permet la sélection rapide du dispositif de retenue le mieux adapté. Il faut inciter les parents à bien installer le dispositif de retenue de leur enfant et à apprendre à bien l’utiliser. Ainsi, ils auront besoin d’assister aux cliniques gratuites sur les sièges d’auto offertes dans leur collectivité par des techniciens agréés seulement pour régler des problèmes impossibles à résoudre au moyen des directives énoncées dans le guide de l’utilisateur du véhicule. Il faut également inciter les gouvernements provinciaux et territoriaux à adopter des lois qui favorisent la bonne utilisation des dispositifs de retenue pour enfant, y compris l’adoption et l’harmonisation des lois sur les sièges d’auto et les sièges d’appoint pour enfant partout au Canada, afin de prévenir les blessures et de réduire le risque d’incapacités et de décès des enfants passagers.

Resssources

Remerciements

Transports Canada et le comité d’étude du fœtus et du nouveau-né de la Société canadienne de pédiatrie ont révisé le présent document de principes.


COMITÉ DE PRÉVENTION DES BLESSURES

Membres : Lynne Warda MD (présidente); Anthony Ford-Jones MD (représentant du conseil); John Philpott MD; Ann Hawkins MD; Jeffrey Scott MD; Richard Stanwick MD (2001-2007); Charmaine van Schaik MD
Représentantes : Laurel Chauvin-Kimoff MD, Société canadienne de pédiatrie, section de la médecine d’urgence; Pamela Fuselli, SécuriJeunes Canada; Allyson Hewitt, SécuriJeunes Canada (2005-2007); Gail Salminen, Santé Canada; Anne-Marie Ugnat, Agence de la santé publique du Canada
Auteure principale : Charmaine van Schaik MD 


Références

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Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Mise à jour : le 20 avril 2016