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Canadian Paediatric Society

Document de principes

L’utilisation des probiotiques au sein de la population pédiatrique

Affichage : le 3 décembre 2012 | Reconduit :le 28 février 2015


The Canadian Paediatric Society gives permission to print single copies of this document from our website. For permission to reprint or reproduce multiple copies, please see our copyright policy.

Auteur(s) principal(aux)

Valérie Marchand; Société canadienne de pédiatrie, Comité de nutrition et de gastroentérologie

Version abrégée : Paediatr Child Health 17(10):576

Résumé

Plus on en sait sur l’importance du microbiome intestinal pour la santé humaine, plus on s’intéresse aux bienfaits potentiels des probiotiques. Les probiotiques sont des microorganismes vivants qui, lorsqu’on les consomme en quantité suffisante, ont un effet sur la santé de l’hôte en en altérant la microflore. Les probiotiques sont administrés en prophylaxie ou pour le traitement de divers problèmes de santé. Le présent document de principes définit l’évolution et le rôle de la microflore intestinale et s’attarde sur les données probantes étayant l’utilisation de divers probiotiques pour traiter des troubles courants en pédiatrie, tels que la diarrhée, l’atopie, les troubles intestinaux fonctionnels et l’entérocolite nécrosante.

Mots-clés : Bifidobacteria; Diarrhea; Lactobacilli; Microflora; Probiotics; Saccharomyces

Le présent document de principes définit les probiotiques et les prébiotiques, passe en revue le développement et le rôle de la microflore intestinale et analyse les données probantes à l’appui de l’utilisation de divers probiotiques pour traiter des maladies infantiles. Les chercheurs ont procédé à une analyse bibliographique en anglais et en français au moyen de Medline (1966 à 2011), de la base de données Cochrane et de sites Web pertinents. Ils ont utilisé PubMed pour extraire les méta-analyses et les essais aléatoires et contrôlés (EAC) pertinents portant sur l’utilisation des probiotiques en pédiatrie. Ils proposent des conseils aux médecins sur l’utilisation judicieuse de ces produits auprès des patients d’âge pédiatrique.

Les probiotiques (p. ex., les lactobacilles, les bifidobactéries, les Saccharomyces) sont des microorganismes vivants qui, lorsqu’on les consomme en quantité suffisante, peuvent avoir un effet sur la santé de l’hôte. Ils ne sont pas pathogènes chez l’hôte en santé, résistent à la transformation et peuvent survivre dans le tube digestif. Les prébiotiques (p. ex., les fructo-olisaccharides et les galacto-oligosaccharides) sont des composants alimentaires non viables qui peuvent avoir un effet bénéfique sur la santé de l’hôte en modulant la microflore intestinale.

Le développement et la composition de la microflore intestinale

La colonisation de l’intestin du nourrisson s’amorce dès la naissance. Le type d’accouchement, le régime du nourrisson (lait maternel ou préparation lactée) et d’autres facteurs, tels que l’environnement, l’âge gestationnel et la présence d’antibiotiques, influent sur la composition de la microflore intestinale. Puisque les bifidobactéries et les galacto-oligosaccharides sont des composants du lait maternel, la flore des nourrissons allaités contient plus de lactobacilles et de bifidobactéries que celle des nourrissons qui prennent des préparations lactées. Lorsque les aliments solides sont introduits dans l’alimentation, la composition de la microflore intestinale de l’enfant commence à ressembler à celle de l’adulte.

Le rôle de la microflore intestinale

La microflore intestinale est un écosystème complexe qui soutient la structure et la fonction de la muqueuse intestinale. Les bactéries intestinales contribuent à la fonction de barrière de l’intestin en luttant contre les bactéries pathogènes, en accroissant la sécrétion de mucine, en réduisant la perméabilité intestinale et en modulant la fonction immunitaire de l’intestin.[1]-[3] Les bactéries du côlon métabolisent les glucides mal absorbés en acides gras à chaîne courte (AGCC). Ces AGCC représentent le carburant préféré de l’entérocyte, sans compter qu’ils acidifient le contenu du côlon et accroissent l’absorption de l’eau.

L'utilisation des probiotiques

Les probiotiques modifient la microflore de l’intestin en abaissant le pH du côlon par la production d’AGCC, en générant des composants antimicrobiens et des antitoxines et en luttant avec d’autres bactéries pour assimiler les nutriments et les récepteurs d’adhésion. Ils accroissent également la fonction de barrière intestinale et participent à l’immunomodulation. L’activité biologique des probiotiques dépend de leur souche.

La prévention de la diarrhée associée aux antibiotiques

En général, la diarrhée associée aux antibiotiques (DAA) se définit comme la production d’au moins trois selles molles par jour pendant au moins deux jours, qui se manifeste jusqu’à deux semaines après l’amorce des antibiotiques. La DAA s’observe chez environ 30 % des patients.

Une méta-analyse de 2002, qui incluait deux études pédiatriques et sept études sur des adultes, favorisait l’utilisation des probiotiques, selon un rapport de cote de 0,37.[4] Plusieurs EAC auprès de la population pédiatrique faisant appel à diverses souches de probotioques ont également été publiées,[5]-[12](tableau 1) de même que deux méta-analyses portant expressément sur la population pédiatrique, ont révélé une réduction significative de la DAA au moyen de divers probiotiques (RR 0,47 et 0,44). Le Lactobacillus rhamnosus GG (LGG) et le Saccharomyces boulardii présentaient l’efficacité la plus constante. Cependant, le nombre nécessaire pour traiter afin de prévenir un cas de diarrhée était de dix dans une méta-analyse et de sept dans l’autre.[13][14] Dans une autre étude, la consommation de yogourt qui contenait des probiotiques ne prévenait pas la DAA.[15]

Ainsi, bien que les résultats conformes aux protocoles semblent indiquer que des probiotiques comme le S boulardii et le LGG réduisent l’incidence de DAA, l’analyse de l’intention de traiter donne des résultats moins impressionnants, ce qui laisse supposer un problème possible sur le plan de la compliance.

TABLEAU 1
Des essais aléatoires et contrôlés sur l’utilisation des probiotiques pour prévenir la DAA

Étude

Nombre de patients,

Plage d’âge

Probiotiques

Résultats

Tankanow, 1990[12]

38
(5 mois à 6 ans)

L acidophilus

L bulgaricus

RR 0,96 (N.S.)

Arvola, 1999[8]

167 (119)
(2 semaines à 12,8 ans)

LGG
2x1010 UFC deux fois par jour

Probiotiques 5 %
Placebo 16 %
RR 0,32 (N.S.)

Vanderhoof, 1999[7]

202 (188)
(6 mois à 10 ans)

LGG
1 – 2x1010 UFC par jour

Probiotiques 8 %
Placebo 26 %
RR 0,29*

Jirapinyo, 2002[11]

18
(1 mois à 36 mois)

L acidophilus

B infantis

Probiotiques 37 %
Placebo 80 %
RR 0,47 (N.S.)

Kotowska, 2004[5]

269 (246)
(6 mois à 14 ans)

S boulardii
250 mg deux fois par jour

Probiotiques 7,5 %
Placebo 23 %
RR 0,30*

Erdeve, 2004[6]

466

S boulardii

Probiotiques 5,7 %
Placebo 18,9 %
RR 0,30*

Correa 2005[10]

169 (157)
(6 mois à 36 mois)

B lactis
1x107 UFC/g de poudre

S thermophilus
1x106 UFC/g de poudre
(préparation lactée)

Probiotiques 16 %
Placebo 31 %
RR 0,52*

Ruszczynski, 2008[9]

240
(3 mois à 14 ans)

L rhamnosus (souches E/N, Oxy et Pen)

Probiotiques 2,5 %
Placebo 7,5 %
RR 0,33*

N.S. : non significatif, * : p<0,05 UFC unité formant colonie

Le Clostridium difficile

Une étude chez des adultes a démontré une diminution de 50 % du taux de rechutes chez les patients ayant un C difficile récurrent, qui étaient traités au S boulardii conjointement avec des antibiotiques, mais aucun avantage chez ceux qui en souffraient pour la première fois.[16] Une méta-analyse chez des adultes n’a relevé aucunes données probantes pour étayer l’utilisation de probiotiques dans le traitement du C difficile.[17]Pour l’instant, il n’existe pas d’EAC dans la population pédiatrique.

Il n’existe aucunes données probantes pour soutenir l’utilisation de probiotiques en vue de prévenir ou de traiter le C difficile chez les enfants ou les adultes, mais les probiotiques ont peut-être un rôle à jouer pour prévenir les rechutes chez les patients présentant une infection à C difficile récurrente.

Le traitement des diarrhées infectieuses aiguës chez les enfants

Les probiotiques sont utilisés pour traiter la diarrhée virale aiguë chez les enfants. Cinq méta-analyses auprès de populations pédiatriques ont révélé une diminution de la durée des diarrhées, oscillant entre –16,8 heures et –30,0 heures.[18]-[22] Le sous-groupe atteint de diarrhée rotavirale semblait mieux répondre aux probiotiques,[19] et le LGG semblait le plus efficace.[19]-[22] (tableau 2)

Les probiotiques sont utiles pour réduire la durée de la diarrhée virale infectieuse aiguë, mais leur efficacité dépend de la souche et de la dose. Les effets bénéfiques des probiotiques semblent plus évidents lorsque le traitement est amorcé rapidement (dans les 48 heures). Les probiotiques ne sont pas utiles pour traiter les diarrhées bactériennes.

TABLEAU 2
Des méta-analyses : les probiotiques pour le traitement de la diarrhée infectieuses aiguë

Méta-analyse

Essais (patients)

Probiotiques

Résultats

Szajewska, 2001[26]

8 (731)
(incidence)

8 (773)
(durée)

LGG (3)
L reuteri (2)
L acidophilus (2)
S boulardii (1)

Diarrhée >3 jours
RR 0,43*

Durée de la diarrhée
–18,2 h*

Van Niel, 2002[22]

3 (122)
(nombre de selles)

7 (675)
(durée)

LGG (4)
L reuterii (2)
L acidophilus (3)

Nombre de selles le 2e jour
–1,6*

Durée de la diarrhée
–16,8 h*

Huang, 2002[21]

18 (1 917)

LGG (9)
L rhamnosus + L reuteri (2)
L acidophilus + L bulgaricus (1)
L acidophilus + B infantis (1)
L acidophilus (2)
L rhamnosus (1)
L reuteri (2)

Durée de la diarrhée
–19,2 h*

Allen, 2004[19]

15 (1 341)
(diarrhée >3 jours)

12
(durée)
(adultes et enfants)

LGG (2)
L reuteri (2)
Enterococcus LAB SF68 (5)
L acidophilus + L bifidus (2)
S thermophilus + L bulgaricus (1)
L acidophilus (2)
S boulardii (1)

Diarrhée >3 jours
RR 0,66*

Durée de la diarrhée
–30,5 h*

Allen 2010[18]

63 (8 014)
adultes et enfants

Variés

Durée de la diarrhée
–24,8 h*

N.S.: non significatif, * : p<0,05

La prévention de la diarrhée infectieuse

L’efficacité des probiotiques pour prévenir la diarrhée infectieuse est étudiée dans divers lieux (auprès de patients hospitalisés, en milieu de garde et dans la collectivité), au moyen de diverses souches de probiotiques. Le LGG réduisait l’incidence de diarrhée aiguë, notamment chez les nourrissons non allaités[23]-[26] tout comme le S boulardii, le Bifidobacterium bifidum, le Lactobacillus casei, le Bifidobacterium lactis et le Lactobacillus reuteri dans d’autres études individuelles.[27]-[31] Une association de Bifidobacterium breve et de Streptococcus thermophilus réduisait l’incidence de déshydratation.[32] D’autres études n’ont pas démontré de diminution significative de l’incidence de diarrhée aiguë.[33]-[34] (tableau 3)

Certaines souches de probiotiques semblent avoir un effet modeste sur la prévention de la diarrhée aiguë, notamment chez les enfants qui ne sont pas allaités. On peut envisager d’utiliser des probiotiques dans les établissements de soins de longue durée ou chez les patients qui fréquentent un milieu de garde et souffrent d’infections récurrentes.

TABLEAU 3
Des essais aléatoires et contrôlés : les probiotiques pour prévenir la diarrhée infectieuse

Étude

Patients, âge, durée de l’étude

Probiotiques

Résultats

Saavedra, 1994[28]

55

(5 mois à 24 mois)
Soins médicaux chroniques
Durée de 17 mois

B bifidum

S thermophilus
(préparation lactée)

Incidence de diarrhée
Probiotiques 7 %
Placebo 31 %*

Oberhelman, 1999[25]

204

(6 mois à 24 mois)
Région rurale pauvre du Pérou
Durée de 15 mois

LGG

3,7x1010 UFC par jour
6 jours par semaine

Épisodes de diarrhée (tous les patients)
Probiotiques 5,21/enfant/année
Placebo 6,02/enfant/année*

Nourrissons non allaités
Probiotiques 4,69/enfant/année
Placebo 5,86/enfant/année*

Nourrissons allaités
Probiotiques 6,59/enfant/année
Placebo 6,32/enfant/année (N.S.)

Pedone, 2000[29]

928 (779)

(6 mois à 24 mois)
Collectivité

Durée de 4 mois

L casei

Incidence de diarrhée
Lait probiotique 15,9 %
Yogourt 22 %*

Hatakka, 2001[23]

571 (513)

(1 an à 6 ans)
Milieu de garde
Durée de 7 mois

LGG

5 – 10x105 UFC/mL de préparation lactée,
>200 mL par jour

Journées avec des symptômes gastro-intestinaux
Probiotiques 2,9
Placebo 3,0 (N.S.)

Szajewska, 2001[26]

81

(1 mois à 36 mois)
Hôpital (soins aigus)

LGG
6x109 UFC deux fois par jour

Diarrhée d’origine nosocomiale
Probiotiques 6,7 %
Placebo 33,3 %*
RR 0,2
NTT 4

Mastretta, 2002[24]

269 (220)

(1 mois à 18 mois)
Hôpital (soins aigus)

LGG
1x1010 UFC par jour

Rotavirus d’origine nosocomiale (27,7 %)
Probiotiques 25,4 %
Placebo 30,2 % (N.S.)
Allaité 10,6 %
Nourri par préparation lactée 32,4 %*

Chouraqui, 2004[33]

90

(<8 mois)
Établissement de soins en résidence
Durée de 4 mois

B lactis (Bb 12)
1x106 UFC/g de poudre (préparation lactée)

Incidence de diarrhée
Probiotiques 28,3 %
Placebo 38,7 % (N.S.)

Jours de diarrhée
Probiotiques 1,15
Placebo 2,3*

Thibault, 2004[32]

971 (913)

(4 mois à 6 mois)
Collectivité
Durée de 5 mois

B breve (C50)

S thermophilus 065

Incidence de diarrhée
Probiotiques 56,7 %
Placebo 55,9 % (N.S.)

Déshydratation
Probiotiques 2,5 %
Placebo 6,1 %*

Weizman, 2005[30]

201 (194)

(4 mois à 10 mois)
Centre de la petite enfance
Durée de 12 semaines

B lactis (Bb12)

L reuteri
1x107 UFC/g de poudre (préparation lactée)

Épisodes de diarrhée
B lactis 0,13
L reuteri 0,02
Placebo 0,31*

Billoo, 2006[27]

100

(2 mois à 12 ans)
Collectivité
Durée de 2 mois

S boulardii

250 mg deux fois par jour

Épisodes de diarrhée
Probiotiques 0,32
Placebo 0,56*

Binns, 2007[31]

496 (315)

(1 an à 3 ans)
Centre de la petite enfance
Durée de 5 mois

B lactis et prébiotiques
(lait CUPDAY)

RR 0,8*

Chouraqui, 2008[34]

284 (227)

Nouveau-nés
Collectivité
Durée de 4 mois

B longum (BL999)

L rhamnosus (LPR)

L paracasei (ST11)

BL999 + LPR 6 %

BL999 + LPR + ST11 4 %

Placebo 5 % (N.S.)

N.S.: non significatif, * : p< 0,05 UFC unité formant colonie; NTT nombre nécessaire pour traiter

Le syndrome du côlon irritable

L’altération de la microflore intestinale pourrait être en partie responsable de la pathogenèse du syndrome du côlon irritable (SCI). C’est un problème courant chez les enfants, et les possibilités thérapeutiques sont limitées.

Deux méta-analyses auprès d’adultes au moyen de diverses souches de probiotiques ont révélé une modeste amélioration des symptômes.[35][36] Quatre essais publiés ont porté sur la population pédiatrique. Le LGG atténuait la distension abdominale [37] et était plus susceptible de réduire les symptômes qu’un placebo chez les patients ayant un SCI.[38] L’Escherichia coli diminuait les gaz et les ballonnements, et un produit, le VSL#3 (Seaford Pharmaceuticals, Ontario), améliorait les indices de SCI.[39][40] (tableau 4)

Les données sur le SCI et les probiotiques sont préliminaires, mais ces produits semblent contribuer à réduire certains symptômes.

TABLEAU 4
L’utilisation de probiotiques en cas de syndrome du côlon irritable (SCI)

Étude

Patients, durée de l’étude

Probiotiques

Résultats

Bausserman, 2005[37]

64 (50)

Syndrome du côlon irritable
Durée de 6 semaines

LGG

1x1010 UFC deux fois par jour

Diminution de la douleur abdominale

Probiotiques 44 %
Placebo 40 % (N.S.)

Diminution de la distension abdominale

Probiotiques 24 %
Placebo 0 %*

Gawronska, 2007[38]

112 (104)

Syndrome du côlon irritable

Dyspepsie fonctionnelle

Douleur abdominale fonctionnelle
Durée de 4 semaines

LGG

3x109 UFC deux fois par jour

Réussite du traitement (aucune douleur)

Probiotiques 25 %
Placebo 9,6 %*
NTT 7

Martens, 2010[39]

203

Syndrome du côlon irritable
Durée de 43 jours

E coli

1,5-4,5 x 107 UFC

Atténuation des gaz et des ballonnements*

Guandalini, 2010[40]

59

Syndrome du côlon irritable
Durée de 6 semaines, transversale

VSL #3

Amélioration de l’indice de SCI (SGAR) à 6 semaines

Placebo –0,51
Probiotiques –1,7*

N.S. : non significatif, * : p<0,05

UFC unité formant colonie; NTT nombre nécessaire pour traiter

Les coliques infantiles

La microflore intestinale contribuerait peut-être à la pathogenèse des coliques. On a constaté une plus faible numération de lactobacilles dans la flore intestinale des nourrissons à coliques.[41][42] Deux essais ont révélé une réduction significative des pleurs chez les nourrissons qui prenaient du L reuteri.[43][44] (tableau 5)

Les probiotiques pourraient peut-être contribuer au traitement des coliques infantiles, mais les données probantes ne sont pas suffisantes pour recommander de les utiliser ou non dans la prise en charge de ce problème. Un récent point de pratique de la Société canadienne de pédiatrie sur les coliques du nourrisson est parvenu à la même conclusion.

TABLEAU 5
L’utilisation des probiotiques pour soulager les coliques infantiles

Étude

Patients, âge, durée de l’étude

Probiotiques

Résultats

Savino, 2010[44]

50 (46)

(2 semaines à 16 semaines)

Durée de 21 jours

L reuteri

Durée quotidienne des pleurs le 21e jour

Probiotiques 35 min

Placebo 90 min*

Savino, 2007[43]

90 (83)

(21 jours à 3 mois)

Durée de 28 jours

L reuteri

1x108 UFC par jour

Par rapport au siméthicone

Durée quotidienne des pleurs le 28e jour

Probiotiques 51 min

Siméthicone 145 min*

N.S.: non significatif, * : p<0,05

La prévention de l’entérocolite nécrosante

Une atteinte de la perméabilité intestinale et les bactéries intestinales pourraient contribuer à la pathogenèse de l’entérocolite nécrosante (ECN). Une étude récente a révélé qu’une préparation lactée enrichie de bifidobactéries réduisait la perméabilité intestinale des nourrissons prématurés.[45] Des études dont l’issue primaire était la prévention de l’ECN sont énumérées au tableau 6. Dans la première étude publiée, le LGG ne réduisait pas l’incidence d’ECN de manière considérable.[46] Les études subséquentes ont démontré que les nourrissons allaités qui prenaient des suppléments de lactobacilles et de bifidobactéries présentaient une incidence considérablement plus faible d’ECN et de décès que ceux qui étaient allaités, mais ne prenaient pas de suppléments.[47]-[49]La gravité et l’incidence d’ECN étaient plus faibles chez les nourrissons qui recevaient un mélange de Bifidobacterium infantis, de B bifidus et de S thermophilus.[50]

Dans trois méta-analyses récentes, les suppléments de probiotiques entériques réduisaient considérablement l’incidence de grave ECN (RR 0,32 à 0,36) et de mortalité (RR 0,40 à 0,47), sans infection systémique par les bactéries utilisées comme probiotiques.[51]-[53]

Les probiotiques contribuent peut-être à prévenir l’ENC. Il faudrait toutefois faire preuve de prudence envers l’administration de microorganismes vivants à des nouveau-nés prématurés. En plus de la promotion de l’allaitement, on peut envisager les probiotiques pour prévenir l’ECN chez les nourrissons prématurés de plus de 1 000 g qui sont vulnérables à une ECN. On ne possède pas de données sur les nourrissons de moins de 1 000 g.

TABLEAU 6
L’utilisation de probiotiques en cas d’entérocolite nécrosante (ECN)

Étude

Patients, âge/poids, boire

Probiotiques

Résultats

Dani, 2002[46]

585

<33 semaines et <1 500 g

Préparation lactée

LGG

6x109 UFC par jour

ECN
Probiotiques 1,4 %
Placebo 2,7 % (N.S.)

Septicémie
Probiotiques 4,4 %
Placebo 3,8 % (N.S.)

Lin, 2005[47]

367

<1 500 g

Lait maternel

L acidophilus

B infantis

125 mg/kg deux fois par jour

ECN de phase 2 ou 3
Probiotiques 1,1 %
Placebo 5,3 %*

Décès
Probiotiques 3,9 %
Placebo 10,7 %*

Septicémie
Probiotiques 12,2 %
Placebo 19,3 %*

Bin-Nun, 2005[50]

155 (145)

<1 500 g

Préparation lactée

B infantis

B bifidus

S thermophilus

1x109 UFC par jour

ECN
Probiotiques 4 %
Placebo 16,4 %*

Lin, 2008[48]

434

<1 500 g et <34 semaines

Lait maternel

B bifidus

L acidophilus

ECN
Probiotiques 1,8 %
Placebo 9,2 %*

Braga, 2011[49]

258 (231)

<1 500 g

Lait maternel ou boires mixtes

B breve

L casei

ECN
Probiotiques 0 %
Placebo 3,6 %*

N.S.: non significatif, * : p<0,05 UFC unité formant colonie

La diarrhée du voyageur

Aucune étude sur les probiotiques n’aborde la prévention de la diarrhée du voyageur au sein des populations pédiatriques. Une méta-analyse d’essais auprès d’adultes révèle un effet protecteur statistiquement significatif de divers probiotiques (RR 0,85),[54] mais la plupart de ces études avaient des limites significatives. On ne peut tirer aucune conclusion à partir des publications pour l’instant, et d’autres essais s’imposent sur le sujet.

La prévention des infections

Les probiotiques sont peut-être utiles pour prévenir les infections, à la fois en réduisant la perméabilité intestinale et en stimulant le système immunitaire. Dans une étude menée en Finlande, les enfants en milieu de garde qui buvaient du lait enrichi de LGG étaient incommodés pendant moins de journées par des symptômes respiratoires et gastro-intestinaux, mais la seule issue à être statistiquement significative était le nombre de jours d’absence causée par la maladie.[23] Le B lactis et le S thermophilus réduisaient considérablement l’utilisation d’antibiotiques chez les enfants qui fréquentaient un milieu de garde.[55] Selon une étude israélienne, les préparations lactées pour nourrisson enrichies de B lactis et de L reuteri réduisaient le nombre d’épisodes de fièvre et de diarrhée, le nombre de visites chez le médecin, le nombre de journées d’absence du milieu de garde et l’utilisation d’antibiotiques.[30] Enfin, les nourrissons qui avaient besoin d’utiliser des préparations lactées avant l’âge de deux mois dans une collectivité ont reçu du LGG et du B lactis Bb-12. Ils ont présenté une incidence moins élevée d’otite moyenne et d’infections respiratoires récurrentes, et on leur a prescrit moins d’antibiotiques que ceux qui avaient reçu un placebo.[56] (tableau 7)

Les probiotiques pourraient contribuer à réduire les maladies respiratoires, l’utilisation d’antibiotiques et les absences du milieu de garde causées par la maladie chez les enfants. Cependant, d’autres essais s’imposent avant qu’on puisse tirer une conclusion définitive.

TABLEAU 7
L’utilisation des probiotiques pour prévenir les infections

Étude

Patients, Lieu, Durée

Probiotiques

Résultats

Hatakka, 2001[23]

571 (513)

(1 an à 6 ans)

Milieu de garde

Durée de 7 mois

LGG
5 – 10x105 UFC/mL de préparation lactée,
>200 mL par jour

Journées d’absence causées par la maladie
Probiotiques 4,9 jours
Placebo 5,8 jours*

Journées avec des symptômes respiratoires
Probiotiques 21
Placebo 23 (N.S.)

Traitement antibiotique
Probiotiques 119
Placebo 144 (N.S.)

Saavedra, 2004[55]

131 (118

(3 mois à 24 mois)

Milieu de garde

Durée de 210±127 jours

B lactis
S thermophilus

Faible dose (FaD) :
1x106 UFC de chaque/g

Forte dose (FoD) :
1x107 UFC de chaque/g
(préparation lactée)

Journées d’absence causées par la maladie
Probiotiques LD 2,07 FoD 1,86
Placebo 1,89 (N.S.)

Traitements antibiotiques
Probiotiques FaD 2,47 FoD 3,19
Placebo 3,60*

Weizman, 2005[30]

201 (194)

(4 mois à 10 mois)

Centre de la petite enfance

Durée de 12 semaines

B lactis (Bb12)

L reuteri
1x107 UFC/g de poudre
(préparation lactée)

Journées d’absence causées par la maladie
B lactis 0,41 (N.S.)
L reuteri 0,14*
Placebo 0,43

Traitements antibiotiques
B lactis 0,21 (N.S.)
L reuteri 0,06*
Placebo 0,19

Journées avec des symptômes respiratoires
B lactis 0,68 (N.S.)
L reuteri 0,38 (N.S.)
Placebo 0,60

Rautava, 2009[56]

81(72)

(2 mois)

Collectivité

Suivi jusqu’à 12 mois

LGG
B lactis (Bb12)
1x1010 UFC par jour

Otite moyenne aiguë
Probiotiques 22 %
Placebo 50 %*

Traitement antibiotique
Probiotiques 31 %
Placebo 60 %*

Infections récurrentes
Probiotiques 28 %
Placebo 55 %*

N.S.: non significatif, * : p<0,05


La prévention des maladies atopiques et allergiques

Les maladies atopiques sont souvent liées à des allergies alimentaires, qui sont plus susceptibles de se déclarer en présence d’une altération de la perméabilité intestinale. Les probiotiques réduisent la perméabilité intestinale et l’absorption de grosses molécules. Cet effet préviendrait peut-être l’expression d’une constitution atopique en diminuant l’absorption d’allergènes. On observe une numération des lactobacilles et des bifidobactéries plus faible chez les enfants ayant une dermatite atopique que chez les sujets témoins.[57] Dans des études auprès d’enfants atteints d’une dermatite atopique traités à l’aide de lactobacilles, on observait une diminution significative des mesures de perméabilité intestinale, ce qui laisse supposer la possibilité d’atténuer l’atteinte de la fonction de la barrière intestinale chez ces patients, grâce aux probiotiques[2]. De plus, la microflore intestinale interagit avec les tissus lymphoïdes associés à l’intestin. Les probiotiques pourraient influer sur l’équilibre entre les réponses TH1 et TH2 et prévenir l’apparition de maladies allergiques.

Selon deux EAC, la prise de suppléments de LGG avant l’accouchement par des femmes enceintes ayant des antécédents familiaux d’atopie, suivie de la prise de suppléments pendant l’allaitement ou l’alimentation à l’aide de préparations lactées par la suite, réduisait le risque de dermatite atopique chez leur nourrisson.[58]-[60] Cependant, des études subséquentes n’ont pas réitéré de tels effets.[61]-[64]Une récente méta-analyse a conclu que les données étaient insuffisantes pour recommander l’ajout de probiotiques aux repas des nourrissons afin de prévenir une maladie allergique ou une hypersensibilité aux aliments.[65] (tableau 8)

Malgré des résultats initiaux encourageants, des études récentes n’ont pu démontrer l’effet bénéfique des probiotiques. C’est pourquoi d’autres recherches doivent être menées sur le sujet.

Le traitement de la dermatite atopique

Deux études précoces sur les probiotiques se sont révélées prometteuses pour le traitement de la dermatite atopique. Le LGG et le L reuterii ont été utilisés pendant six semaines chez des enfants ayant un eczéma modéré à grave. On n’a obtenu aucune amélioration significative des mesures objectives de la maladie, mais les sujets qui prenaient des probiotiques percevaient une amélioration beaucoup plus importante que ceux qui prenaient un placebo.[66] Le L fermentum réduisait également les indices de dermatite atopique.[67] Cependant, trois méta-analyses subséquentes ont conclu que les réductions de la gravité de l’eczéma obtenues grâce au traitement aux probiotiques étaient modestes et peu susceptibles d’être significatives sur le plan clinique.[68]-[70]

TABLEAU 8
L’utilisation des probiotiques pour prévenir la maladie atopique

Étude

Patients

Probiotiques

Résultats

Kalliomaki, 2001[58]

Kalliomaki, 2003[59]

134 dyades mère-nourrisson (à 2 ans)

107 dyades mère-nourrisson (à 4 ans)

2 semaines à 4 semaines, prénatal

24 semaines, postnatal

LGG

1x1010 deux fois par jour

Dermatite atopique à 2 ans
Probiotiques 23 %
Placebo 46 %*
RR 0,51, NTT 4,5

Dermatite atopique à 4 ans
Probiotiques 26 %
Placebo 46 %*
RR 0,57

Rautava, 2002[60]

62 dyades mère-nourrisson (57)

LGG

2x1010 UFC par jour

Dermatite atopique pendant les 2 premières années
Probiotiques 15 %
Placebo 47 %*
RR 0,32

Kukkonen, 2007[63]

1 223 dyades mère-nourrisson (925)

2 semaines à 4 semaines, prénatal

Mélange de quatre souches de probiotiques et une de prébiotiques

Aucun effet sur les maladies allergiques

Réduction de l’eczéma atopique

RR 0,66

Taylor, 2007[61]

231 nouveau-nés de mère ayant des allergies (178)

6 mois, postnatal

L acidophilus

3x109 UFC par jour

Dermatite atopique à 6 mois
Probiotiques 25,8 %
Placebo 22,7 % (N.S.)

Dermatite atopique à 1 an
Probiotiques 43 %
Placebo 39 % (N.S.)

Abrahamsson, 2007[62]

232 dyades mère-nourrisson dont la mère avait des antécédents d’allergies (188)

4 semaines, prénatal

1 an, postnatal

L reuteri

1x108 UFC par jour

Dermatite atopique
Probiotiques 36 %
Placebo 34 % (N.S.)

Intradermoréaction positive
Probiotiques 14 %
Placebo 31 %*

Kopp, 2008[64]

105 mères enceintes ayant des antécédents de maladie atopique (94)

4 semaines à 6 semaines, prénatal

6 mois, postnatal

LGG

5x109 UFC deux fois par jour

Dermatite atopique à 2 ans
Probiotiques 28 %
Placebo 27,3 % (N.S.)

N.S. : non significatif, * : p<0,05

Le traitement de la colite allergique

Le recours au LGG comme traitement connexe au régime hypoallergène de la mère de nourrrissons allaités ayant des saignements rectaux attribuables à une colite allergique ne réduisait pas la durée de ces saignements de manière significative.[71] D’après une étude récente, la calprotectine fécale (un marqueur de l’inflammation intestinale) diminuait davantage et les saignements rectaux se résorbaient plus rapidement chez les nourrissons traités à l’aide d’une préparation très hydrolisée contenant des probiotiques qu’à l’aide d’une préparation très hydrolisée sans probiotiques.[72]

Il faudra mener d’autres études avant de tirer des conclusions.

Les effet secondaires des probiotiques

Certains probiotiques peuvent causer des infections systémiques ou localisées. On a décrit des septicémies à LGG et à Saccharomyces chez des patients gravement malades ou immunodéprimés, de même que chez certains patients immunocompétents et chez des patients branchés à un cathéter veineux central.[73]-[79] Il n’y a pas eu de rapport d’infection bifidobactérienne systémique, ni d’augmentation de l’incidence de septicémie à lactobacilles en Finlande après l’ajout de lactobacilles aux produits laitiers.[80]

Conclusion

D’après les publications scientifiques, il y a des avantages à utiliser les probiotiques pour traiter certaines maladies comme la DAA et la diarrhée virale infectieuse aiguë ainsi que pour contribuer à prévenir l’ECN. De plus, les probiotiques ont peut-être un effet bénéfique chez les patients ayant des coliques ou un SCI. Il n’est pas encore prouvé que les probiotiques jouent un rôle dans la prévention ou le traitement des maladies atopiques. Il faut faire preuve de prudence au moment d’administrer des probiotiques aux patients ayant une immunodéficience. L’efficacité des probiotiques dépend à la fois de la souche et de la maladie, mais quel que soit le probiotique utilisé, il faut en administrer la bonne quantité. Les médecins doivent mieux connaître les différences entre les préparations de probiotiques, et les organismes gouvernementaux doivent réglementer la viabilité et la composition des produits probiotiques.

Au tableau 9 figurent certains produits probiotiques. Aucune préparation de LGG n’est offerte au Canada pour l’instant. La liste des produits en vente au pays est accessible à l’adresse www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/prodnatur/applications/licen-prod/lnhpd-bdpsnh-fra.php.

TABLEAU 9
Certains produits probiotiques

Nom

Probiotiques

Concentration

Bio K+ à base de lait

L acidophilus
L casei

50 milliards par contenant

Bio K+ capsules

L acidophilus
L casei

50 milliards par capsule

Probaclac enfants

B bifidum, B longum,
L acidophilus, L casei,
L bulgaricus, L rhamnosus
S thermophilus

3 milliards par capsule

Florastor Kids

S boulardi

250 mg par sachet

VSL #3

B breve, B longum, B infantis,
L acidophilus, L plantarum,
L paracasei, L bulgaricus,
S thermophilus

450 milliards par sachet

Lactibiane Kids

(non disponible au Canada)

LGG

4 milliards par sachet

Culturelle Kids

(non disponible au Canada)

LGG

1 milliard par sachet

BioGaia

L reuteri

Gouttes, pailles, pastilles, SRO, comprimés à croquer, bouchon LifeTop

SRO solution de réhydratation orale

Recommandations

Aux médecins

1. Puisque les effets des probiotiques dépendent à la fois des souches et des maladies, les médecins devraient envisager de recommander des probiotiques pour les raisons suivantes :

  • Prévenir la diarrhée associée aux antibiotiques.
  • Réduire la durée de la diarrhée virale infectieuse aiguë.
  • Prévenir l’entérocolite nécrosante chez les prématurés qui y sont vulnérables.
  • Réduire les symptômes de colique.
  • Réduire certains symptômes du syndrome du côlon irritable.

2. D’après les données probantes à jour, on ne peut pas recommander l’utilisation des probiotiques pour traiter ou prévenir les maladies atopiques.

3. Les médecins devraient connaître les faibles risques d’infections envahissantes liées à certaines souches de probiotiques chez les patients immunodéprimés, et plus rarement chez les enfants en santé.

4. Les médecins devraient préconiser la tenue de recherches plus approfondies pour définir les souches et les doses de probiotiques à utiliser à l’égard de problèmes de santé précis.

Au gouvernement

Le gouvernement fédéral devrait exiger que les fabricants de probiotiques et de produits contenant des probiotiques offrent des produits de qualité dont l’étiquette contient des renseignements précis et informatifs.

Remerciements

Le comité d’étude du foetus et du nouveau-né et le comité des maladies infectieuses et d’immunisation de la Société canadienne de pédiatrie ont révisé le présent document de principes.


COMITÉ DE NUTRITION ET DE GASTROENTÉROLOGIE DE LA SCP

Membres : Dana L Boctor MD; Jeffrey N Critch MD (président); Manjula Gowrishankar MD; Daniel Roth MD; Sharon L Unger MD; Robin C Williams MD (représentante du conseil)
Représentants : Jatinder Bhatia MD, American Academy of Pediatrics; Genevieve Courant IP, M. Sc., Comité canadien pour l’allaitement; A George F Davidson MD, Human Milk Banking Association; Tanis Fenton, Les Diététistes du Canada; Jennifer McCrea, Santé Canada; Jae Hong Kim MD (ancien membre); Lynne Underhill M. Sc., Bureau des sciences de la nutrition, Santé Canada
Auteure principale : Valérie Marchand MD (présidente sortante)


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Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.

Mise à jour : le 14 avril 2015