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Canadian Paediatric Society

Bâtissons « Un Canada fou de ses enfants »

Affiché le le 27 juillet 2015 par la Société canadienne de pédiatrie | Permalink

Catégorie(s) : Défense d’intérêtsÉducation publique

Le 26 juin, dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de la SCP, la docteure Robin Williams a confié ses objectifs et priorités à l’aube de son mandat d’un an à la présidence de la SCP. Le texte suivant est extrait de son allocution.

Vous êtes nombreux à avoir fait du bénévolat auprès de la SCP, sur le coin de votre bureau et en marge de votre vie afin d’améliorer la qualité des soins aux enfants par le biais de l’enseignement et de la formation, de la rédaction de documents d’orientation et de points de pratique et par du travail au sein de comités et de sections. Je tiens à vous en remercier.

Toutefois, les possibilités que la SCP nous offre nous permettent ÉGALEMENT de participer à quelque chose qui nous dépasse, d’être un moteur de changement. Aujourd’hui, les problèmes qui touchent les enfants canadiens ne peuvent pas être résolus une personne ou un enfant à la fois. Les politiques, les programmes et la répartition des ressources contribuent à la prévention des maladies, à la promotion de la santé et à l’amélioration des déterminants de la santé. Il est impossible d’éradiquer la pauvreté des enfants et les logements insalubres ou d’octroyer un salaire de subsistance dans son bureau. Face à de tels problèmes, notre voix collective prend toute son importance.

Cinq priorités me semblent incontournables tandis que nous continuons d’aller de l’avant :

  1. La promotion de la santé mentale, particulièrement celle des nourrissons : La santé mentale et le bien-être des enfants et des adolescents trouvent leur origine dans la période anténatale. À chaque rendez-vous, nous sommes témoins du développement de l’enfant et de la famille. C’est en plein dans notre champ de compétence, c’est notre pain et notre beurre, puisque nous faisons la promotion du bien-être des mères et des pères et du caractère fonctionnel des familles. Nous pouvons promouvoir et soutenir l’allaitement et un attachement solide, un rôle parental positif, les activités favorisant l’alphabétisation et le langage et l’apprentissage par le jeu, le tout dans des environnements sécuritaires. Nous servir de nos multiples contacts avec les nourrissons, les jeunes enfants et les familles pour renforcer les environnements en début de vie, nous laisser guider par le Relevé postnatal Rourke mis au point par des médecins, insister sur le bilan de santé à 18 mois et orienter les familles vers des ressources communautaires, ce sont tous des éléments qui font partie de notre rôle.
     
  2. La mise en œuvre des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation : Il nous incombe de surveiller les répercussions du rapport de la Commission. Ses témoignages profondément émouvants, qui décortiquent l’histoire des pensionnats autochtones, et ses recommandations incitent à la réflexion. Je ne peux pas m’imaginer que quelqu’un cogne à ma porte et prenne mes trois fils pour les envoyer dans un pensionnat dirigé par des étrangers, dans une langue inconnue, une culture inconnue et un milieu violent.

    Grâce à nos compétences en développement de la petite enfance, nous savons que le traumatisme des pensionnats autochtones peut modifier l’ADN et son expression et s’accompagner de graves problèmes cognitifs et comportementaux. Nous sommes particulièrement conscients des terribles conséquences sur les enfants et les générations subséquentes. Nous savons que des environnements nocifs peuvent éveiller ou endormir des gènes et influer sur les choix de vie, les expériences à risque et la capacité de préparer et de planifier.

    Nous avons donc la voix unique de la pédiatrie à faire participer à la conversation canadienne et à faire entendre pour limiter les conséquences de cette tragédie dans les communautés et chez tous les enfants à risque. Nous travaillerons avec le comité de la santé des Premières nations, des Inuits et des Métis et nous nous associerons à d’autres groupes pour analyser les recommandations de la CVR et établir les secteurs où nous pouvons agir. Au-delà de notre mobilisation continue pour la mise en œuvre pleine et entière du principe de Jordan, il y a beaucoup à faire pour contribuer à l’exécution des 94 recommandations.
     
  3. La nomination d’un représentant fédéral des enfants : Certains parlent d’un commissaire fédéral à l’enfance et à l’adolescence. Nous en avons déjà parlé, mais comme Jen Arnold nous l’a répété dans son allocution Penser grand, il ne faut jamais abandonner! Ce que je constate, c’est la nécessité d’un poste fédéral de leadership établi au nom des enfants, de quelqu’un qui peut scruter les tendances et nous dire comment s’en sortent ou ne s’en sortent pas les enfants et comment ils devraient s’en sortir. C’est quelqu’un qui peut surveiller et protéger les ressources destinées aux enfants, ainsi que les programmes éprouvés (comme les programmes de vaccination sécuritaires et efficaces déjà en place et l’obtention des fonds nécessaires pour les thérapies cognitivo-comportementales, toujours non financées, mais dont les effets sont démontrés). Nous avons besoin de quelqu’un d’apolitique qui peut nous rassembler pour tenir des conversations et des débats sains sur les justes ressources et les programmes novateurs pour les jeunes (sur ce qui constitue leur juste part malgré la concurrence des personnes âgées ayant droit de vote pour obtenir des ressources). Je veux quelqu’un qui SE PRÉOCCUPE de tous les enfants canadiens, afin que le Canada soit vraiment fou de ses enfants.
     
  4. L’accent sur nos projets prioritaires : Nous défendons plusieurs initiatives en matière de promotion de la santé qui ont besoin d’efforts soutenus : une vie saine et active et le jeu extérieur ainsi que la promotion d’une croissance et d’un développement en santé dans un monde numérique, notre projet Choisir avec soin pour les enfants. De toute façon, nous devons entretenir nos partenariats avec les divers intervenants et exercer notre influence à l’égard de projets comme la stratégie nationale de garde à l’enfance. N’oubliez pas que tous les partis politiques sont en mode « écoute ». Exprimez-vous au nom des enfants : votre parole a un poids, et ce poids est probablement plus lourd que vous le pensez. On ne sait jamais ce qui sera retenu.
     
  5. L’accent sur la SCP comme organisme phare : Enfin, nous devons continuer à « attiser la flamme de notre foyer ». Nous œuvrons ensemble à bâtir un organisme viable, qui vous est sensible, est sensible à vos besoins et enrichit votre vie professionnelle par des directives et des points de pratique pertinents et opportuns et par le populaire journal Paediatrics & Child Health. Nous fonctionnons sans directrice des affaires médicale depuis le décès de notre bien-aimée docteure Danielle Grenier en septembre dernier, mais maintenant, comme elle l’aurait souhaité, nous sommes prêts à accueillir son successeur. J’anticipe avec plaisir de travailler en étroite collaboration avec la docteure Charlotte Moore Hepburn au cours des prochains mois, alors qu’elle assumera ses nouvelles fonctions à la SCP.

 


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Mise à jour : le 29 juillet 2015