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Section de la santé des enfants dans le monde : articles
Phnom Penh, Cambodge
Soumis par Dina Kulik
Pendant mon stage international au Cambodge, je consacrais mes avant-midi à l’Hôpital pédiatrique national (HPN), le principal hôpital pour enfants de la capitale, Phnom Penh. J’y étais exposée à une prestation des soins relativement moderne et à un excellent enseignement donné par des professeurs motivés. Les médecins des hôpitaux du Cambodge ont envie d’expliquer leur mode de prestation des soins et sont désireux d’en savoir plus sur les soins dispensés au Canada. Les Cambodgiens parlent principalement le Khmer, mais les médecins donnent également leurs cours en français, et parfois en anglais. La plupart des professeurs et des résidents étaient toujours prêts à exercer leur anglais quand on leur en donnait l’occasion.
J’ai pu enseigner lors des visites aux patients et des séances d’enseignement. C’était valorisant. À l’instar du Canada, les résidents en pédiatrie et les étudiants en médecine font des rotations dans l’hôpital et participent aux visites aux patients. On m’a demandé d’aider l’éducateur médical et d’enseigner l’examen clinique. J’ai pu vaincre la barrière des langues et le système relativement dominé par les hommes pour offrir des services utiles, tant d’un point de vue clinique que d’enseignement.
À l’HPN, j’ai vu une myriade de maladies et de troubles auxquels je ne suis généralement jamais exposée. J’ai passé la majeure partie de mon temps dans l’aile d’infectiologie, à examiner des patients atteints de dengue et de paludisme. Toutefois, l’aile de la diarrhée et de la déshydratation devenait de plus en plus achalandée avec le passage des semaines, en raison de la transmission de virus gastro-intestinaux.
J’ai découvert que, souvent, les enfants ne sont emmenés à l’hôpital que lorsqu’ils sont gravement malades, parce que les familles ne sont pas en mesure de payer leur traitement. J’ai vu des cas de dengue hémorragique qui avaient progressé en phase terminale avant l’arrivée de l’enfant à l’hôpital. J’ai vu des enfants atteints d’hépatite, de pneumonie, de paludisme, d’effusions pleurales, de perforations intestinales, tous en phase terminale, et des blessures subies dans des accidents de la route. De plus, et ce qui est peut-être le plus malheureux, j’ai vu les conséquences du report des soins même lorsque le patient arrivait à l’hôpital assez rapidement. La famille doit verser l’argent nécessaire pour les explorations et les médicaments, et si elle ne l’a pas, le patient doit attendre de pouvoir payer avant d’être traité. Il n’était pas rare d’entendre des histoires de familles qui s’étaient endettées auprès d’usuriers pour payer les soins de l’un de leurs membres.
J’ai découvert que de nombreuses familles demandaient conseil au pharmacien avant de venir à l’hôpital, parce que c’est moins coûteux. Toutefois, les pharmaciens cambodgiens ne reçoivent pas la formation rigoureuse des pharmaciens canadiens. Il n’était pas rare de voir des cas de surdoses, d’interactions médicamenteuses, de médicaments administrés pour les mauvaises raisons et d’autres erreurs de médication prescrite par les pharmaciens. Cette manière d’aborder les traitements a parfois des conséquences dévastatrices pour les patients.
J’ai également consacré beaucoup de temps à l’aile du VIH-sida. Dans cette aile, plus de dix patients sont traités à la fois et sont hospitalisés pour être soignés. Tous les patients reçoivent un traitement antirétroviral de qualité, de même que des antibiotiques et des antifongiques, au besoin. Par-dessus tout, ils sont bien soignés. L’hôpital est également doté d’un excellent département de soins ambulatoires pour les patients atteints du VIH, et j’ai également passé du temps avec ces médecins. J’ai trouvé révélateur de voir tous les enfants en orphelinat à cause des ravages du VIH-sida dans leur famille.
J’ai fait du bénévolat auprès d’Action to End Exploitation (AEE), un organisme non gouvernemental qui apprend l’anglais aux victimes de la traite de personnes et de l’exploitation sexuelle. Malheureusement, le commerce du sexe prospère toujours au Cambodge. À de nombreuses reprises, j’ai vu des enfants et des femmes se faire solliciter pour des faveurs sexuelles. AEE s’occupe d’enfants dont les parents possèdent un bordel ou y travaillent. J’ai enseigné à une classe d’enfants de sept à 16 ans. Ils étaient merveilleux : amusants, énergiques, intelligents et réfléchis. Lorsque le travail médical était limité à l’HPN, j’enseignais l’éducation sexuelle et l’anglais. Les enfants à qui j’ai enseigné m’ont inspirée. Mon travail auprès d’eux fait partie des volets enrichissants de mon voyage. J’ai eu l’impression de changer quelque chose dans la vie de ces jeunes.
Après avoir enseigné à AEE, je me rendais dans un autre hôpital de Phnom Penh, Calmette. Je voulais avoir une meilleure idée du fonctionnement du système de santé au Cambodge. Bien que Calmette soit un hôpital pour adultes, on y soigne de nombreux enfants, notamment les enfants victimes d’un accident de la route. J’ai vu de multiples cas d’accident vasculaire cérébral, de pneumonie, de maladie intestinale, d’accidents de la route, de tuberculose et d’autres maladies comme le tétanos.
Le Cambodge est un beau pays. Les gens que j’y ai rencontrés étaient chaleureux et invitants. Ils souhaitaient me faire connaître leur culture, me parler de leur famille et de leur vie. Mon travail était informatif et intéressant. Il me sera très utile dans le cadre de mon futur travail en santé internationale et en soins aux patients de la région métropolitaine de Toronto.
Affichage : mars 2009
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