Des recommandations pour créer des environnements de sommeil sécuritaires pour les nourrissons et les enfantsComité de la pédiatrie communautaire, Société
canadienne de pédiatrie
Paediatrics & Child Health 2004; 9(9): 667-672
No de référence : CP04-02
Réapprouvé en février 2011
Aussi disponible : Dormir
en toute securité et
La
prévention de la tête plate chez les bébés qui dorment sur le dos
Index des documents du
comité de la
pédiatrie communautaire
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Contenu
Les facteurs qui influent sur
l’organisation du sommeil des nourrissons et des enfants sont une
association de valeurs parentales, de facteurs socioéconomiques et de
diversité culturelle. Les médecins devraient offrir des conseils sur les
risques relatifs de mort inattendue d’un nourrisson qui dort seul ou
avec ses parents, compte tenu des attentes et des objectifs des parents et
d’un environnement de sommeil physique et affectif sécuritaire pour
l’enfant.
Le partage du lit n’est pas rare
dans notre société et demeure le mode de sommeil habituel dans la
plupart des cultures non industrialisées (1,2). Dans les sociétés
traditionnelles, les bébés restent près de leur mère. Les mères de
cultures non occidentales qui, traditionnellement, dorment avec leurs
enfants, affirment qu’elles le font pour les surveiller, les garder en sécurité,
faciliter l’allaitement et demeurer simplement près d’eux. En Amérique
du Nord, on a toujours eu l’habitude de faire dormir les enfants dans
leur propre lit, ce qui, pense-t-on, joue un rôle important dans la
capacité de l’enfant à apprendre à se séparer du parent et à se
percevoir comme un individu indépendant.
Ces dernières années, après des
avertissements de sécurité de la Consumer Product Safety Commission (CPSC)
des États-Unis (3-5), des mises en garde ont été émises contre le fait
de placer un bébé dans le lit d’un adulte. Ces mises en garde découlent
d’une analyse des certificats de décès par suffocation ou par asphyxie.
Ces issues négatives combinées aux pratiques de partage du lit ont incité
la CPSC, en 1999, à recommander que le seul lieu sécuritaire pour faire
dormir les bébés soit une couchette qui respecte les normes de sécurité.
En mai 2004, le ministère de la santé du Royaume-Uni a également déconseillé
le partage du lit et a plutôt recommandé que les bébés dorment dans
leur propre couchette, dans la chambre de leurs parents, pendant les six
premiers mois de leur vie (6).
Il est donc important que les médecins
repèrent les familles qui continueront à partager leur lit malgré ces mises en garde et qu’ils les
informent des données probantes reliant le partage du lit à une
augmentation du risque de mort inattendue du nourrisson. Ces
renseignements doivent également être transmis aux organisations qui
font la promotion du partage du lit (p. ex., pour l’allaitement), afin
que tous les dispensateurs de soins respectent des directives similaires.
Le présent énoncé vise à analyser la documentation scientifique
disponible sur les divers environnements de sommeil pour les nourrissons
et les enfants et à présenter des recommandations précises à cet effet.
Renseignements
de base
Avant d’analyser l’information
scientifique existante sur l’organisation du sommeil des nourrissons et
des enfants, la terminologie portant sur le sujet mérite d’être
clarifiée.
La mort subite du nourrisson
D’après un énoncé consensuel
publié en 1989 par le National Institute of Health (7), la définition
scientifique de la mort subite du nourrisson (MSN) pour les besoins de la
recherche est :
« La mort subite d’un
nourrisson de moins d’un an qui demeure inexpliquée après une
investigation approfondie du cas, y compris l’exécution d’une
autopsie complète, l’examen de la scène du décès et une analyse des
antécédents cliniques » (traduction de l’anglais) (7).
Bien que cette définition ne
l’indique pas de manière explicite, il est généralement entendu que
la MSN se produit pendant le sommeil.
Le partage du lit et le cododo
Le partage du lit désigne une
organisation du sommeil selon laquelle le bébé partage la même surface
de sommeil qu’une autre personne. Le cododo désigne une organisation du
sommeil selon laquelle le nourrisson se trouve à peu de distance de sa mère
mais non sur la même surface de sommeil. Le fait de dormir dans la même
pièce (le partage de la chambre), mais non dans le même lit, définit le
cododo.
La MSN par rapport à l’asphyxie
Avec la prise en compte des
facteurs de risque de décès subits et inattendus reliés à
l’environnement de sommeil, de nombreux coroners et médecins légistes
ont eu tendance à poser un diagnostic de suffocation ou d’asphyxie par
compression si le nourrisson partageait un lit avec quelqu’un d’autre
(même sans donnée probante confirmant la compression) (8,9). D’autres
classent les décès attribuables au partage du lit parmi les décès «
de cause inconnue », évitant ainsi de les attribuer à la MSN. Il
convient de souligner que, dans la plupart des cas, les conclusions des
autopsies ne permettent pas de distinguer les cas de MSN de ceux
d’asphyxie démontrée (10). Une grande partie de la controverse
entourant l’innocuité du partage du lit et le risque de mort subite découle
de ces faits. De plus, cette modification de l’étiquetage diagnostique
complique la comparaison des données sur les décès de nourrissons des
années 1980 et du début des années 1990 avec celles de ces dernières
années.
Les
enjeux pour choisir un environnement de sommeil
Les nourrissons
Le partage du lit diffère du
sommeil en solitaire, surtout pour les jeunes nourrissons, en raison des
stimulus auditifs, visuels, tactiles, thermiques et olfactifs complexes résultant
de l’étroite proximité avec le parent. D’après la théorie du déficit
d’éveil, le partage du lit de la mère et du nourrisson favorise l’éveil
du nourrisson, ce qui protégerait les nourrissons vulnérables à la MSN
(11,12). Les nourrissons qui partagent leur lit dorment moins profondément
que ceux qui sont seuls (13). La réactivité de la mère aux éveils du
nourrisson pendant le partage du lit pourrait également être protectrice
(14,15). Ces hypothèses doivent être étudiées de manière plus
approfondie.
Les nourrissons allaités qui
partagent un lit avec leur mère sont allaités plus souvent et plus
longtemps que ceux qui dorment seuls (16). La Ligue La Leche International
encourage les mères à se détendre et à allaiter au lit, même si elles
s’endorment avec leur bébé, ce qui peut facilement se produire (17).
Lorsque le partage du lit et l’allaitement sont simultanés, la mère et
le nourrisson peuvent en tirer certains bénéfices : la mère profite
d’une relation étroite avec son poupon pendant la nuit, ce qui pourrait
l’inciter à poursuivre l’allaitement (18,19), et le sevrage d’un
enfant qui partage le lit de sa mère ne diffère pas tellement de celui
d’un enfant qui dort seul (16).
Des études récentes ont cherché
à évaluer la prévalence de nourrissons qui dorment dans le lit d’un
adulte. Bien qu’aucune donnée canadienne ne soit disponible à ce sujet,
les résultats d’une enquête menée par la National Infant Sleep
Position Study (NISP) (20) ont démontré que le partage du lit augmente
aux États-Unis et que la proportion de nourrissons qui partagent le lit
d’un adulte a doublé entre 1993 et 2000 (5,5 % à 12,8 %). La prévalence
de partage du lit chez les enfants afro-américains était cinq fois plus
élevée que celle des enfants blancs. Cette relation a été soulignée
dans d’autres enquêtes (21-24), qui confirment également la plus
grande fréquence du partage du lit dans les familles asiatiques et
hispaniques et dans les familles au faible statut socioéconomique. De
plus, d’après une petite étude non contrôlée menée dans la région
de St. Louis (au Missouri, aux États-Unis) (25), le choix des mères
afro-américaines de partager leur lit avec leur nourrisson proviendrait
peut-être de l’absence d’accès à une couchette sécuritaire.
Les enfants plus âgés
Dans les cultures occidentales,
chez les enfants qui ne sont plus des nourrissons, le partage du lit avec
les parents est parfois perçu comme une conséquence des éveils
nocturnes. D’après Ferber (26), les mouvements et les éveils d’une
personne pendant la nuit stimule celles qui dorment avec elles à avoir
plus de périodes d’éveil et de changements d’états de sommeil et,
par conséquent, ni le parent, ni l’enfant ne dort aussi bien. Cependant,
on ne sait pas si les parents prennent les enfants ayant des troubles de
sommeil dans leur lit ou si le fait de prendre les enfants dans leur lit
cause les troubles de sommeil. Dans les cultures qui acceptent le partage
du lit (p. ex., les cultures afro-américaines), les parents sont moins
susceptibles de décrire des troubles du sommeil que dans celles où le
partage du lit est moins accepté (27).
On ne sait pas si le fait de
dormir seul rapidement est une étape essentielle au processus de
maturation global. D’après Sears (28), le partage du lit ne favorise
pas la dépendance. Il affirme que les enfants atteignent la phase d’indépendance
par rapport à leurs parents lorsqu’ils sont prêts. Le parent est
responsable de fournir à l’enfant un environnement sécuritaire qui lui
permet de développer naturellement son indépendance.
Une étude longitudinale (29) sur
les familles qui optent pour le partage du lit a permis de suivre des
enfants de la naissance à 18 ans. Des mesures d’issues à six ans
n’ont démontré aucun trouble de sommeil, aucune pathologie sexuelle et
aucune autre conséquence négative du partage du lit pendant la première
enfance. Cette tendance se maintenait jusqu’à ce que les enfants
atteignent l’âge de 18 ans. Malgré ces résultats, un
commentaire sur cette étude précisait que la pratique généralisée du
partage du lit à travers les cultures et les siècles ne justifie pas sa
sanction par le corps médical (30).
Les
données fondées sur des faits probants sur les risques du partage du lit
Aucun essai aléatoire et contrôlé
n’évalue l’organisation du sommeil et le risque de mort subite et
inattendue. Quelques études cas-témoins bien conçues et quelques séries
de cas ont toutefois été menées. Les études cas-témoins sont
capitales, car ces vastes études démographiques, même si elles ont lieu
dans divers pays, parviennent à des conclusions très similaires quant
aux environnements de sommeil sécuritaires.
Des études cas-témoins
La première étude cas-témoins
fut la New Zealand Cot Death Study (31-34). Il s’agissait d’une vaste
étude cas-témoins multicentrique menée sur une période de trois ans,
entre 1987 et 1990. Elle portait sur 393 nourrissons victimes de MSN et
sur 1 592 témoins appariés vivants. L’étude Confidential Enquiry into
Stillbirths and Deaths in Infancy (CESDI) (35), tenue au Royaume-Uni, était
une grande étude démographique cas-témoins menée pendant plus de trois
ans, entre 1993 et 1996. Elle traitait de 325 nourrissons victimes de MSN
et de 1 300 témoins appariés vivants. Quant à la Chicago Infant
Mortality Study (24), elle a eu lieu entre novembre 1993 et avril 1996.
Elle incluait les 260 nourrissons victimes de la MSN
à Chicago pendant cette période et 260 témoins appariés vivants. L’étude
la plus récente a été effectuée dans la République d’Irlande entre
janvier 1994 et décembre 1998 (36). Au total, 203 victimes de MSN et 622
nourrissons témoins ont été étudiés.
Dans une récente publication, la
European Concerted Action on SIDS a rendu compte des résultats de données
accumulées dans 20 régions d’Europe, pour un total de 745 cas de MSN et de 2 411 sujets
témoins vivants recrutés entre 1992 et 1996 (37). Cette étude est
particulièrement pertinente puisqu’elle regroupe les données de
nombreux centres d’Europe, y compris six centres d’Europe de l’Est,
qui respectaient tous le même protocole.
Dans toutes ces études, les données
reliées aux environnements de sommeil ont été obtenues par suite de
visites à domicile, d’un questionnaire détaillé et d’un examen
attentif des circonstances du décès. Ces études ont confirmé que le
sommeil en pronation et l’exposition aux produits du tabac pendant et
après la grossesse sont de très importants facteurs de risque de MSN.
Elles mettent également en lumière plusieurs environnements de sommeil
non sécuritaires : surfaces molles, usage d’un oreiller, partage du lit
avec quelqu’un d’autre que le ou les parents, partage d’un divan et
partage du lit associé à la consommation récente d’alcool par un
parent ou à l’extrême fatigue d’un parent. De plus, les résultats
de ces études ont confirmé qu’une modification récente à
l’organisation du sommeil du nourrisson, telle que le sommeil en
pronation ou le partage du lit pour la première fois, s’associe au
risque le plus élevé de mort subite.
Des séries de cas
Les études de séries de cas sont
moins solides parce que ces cas ne sont pas comparés à une population témoin.
Nakamura et coll. (5), en 1999, et Scheers et coll. (38), en 2003, ont
fait état de résultats similaires. Tous deux ont dérivé leurs données
des bases de données de la CPSC. L’étude de Nakamura et coll. était
constituée d’un examen rétrospectif et d’une analyse des données
colligées au décès d’enfants de moins de deux ans dans un lit
d’adulte standard, un lit de repos ou un lit d’eau. La plupart de ces
décès (393 sur 515) étaient attribués à une suffocation ou à une
strangulation causée par l’emprisonnement de la tête de l’enfant
dans diverses structures du lit. L’étude de Scheers et coll. (38) était
également rétrospective. Les auteurs ont examiné tous les décès
accidentels par suffocation chez les nourrissons de 11 mois ou moins déclarés
à la CPSC entre 1980 et 1983 et entre 1995 et 1998.
Contrairement aux données précises
obtenues dans les études cas-témoins (c’est-à-dire par des visites à
domicile et un questionnaire détaillé), l’information reliée aux
environnements de sommeil des deux séries de cas se limitait au court
sommaire narratif figurant sur les certificats de décès. Dans les cas où
on avait la perception d’une structure de lit défaillante (p. ex.,
couchette, garde-corps de lits d’adulte), l’information provenait
d’un rapport soumis à la CPSC. Bien que le nombre de décès déclarés
soit plus élevé dans les lits d’adulte que dans les couchettes, dans
la plupart des cas, on ne sait pas si le nourrisson décédé dans un lit
d’adulte partageait le lit avec quelqu’un d’autre. Scheers et coll.
(38) ont présenté un calcul du risque de partage du lit d’après le
recours à des témoins historiques tirés d’une enquête annuelle de
domiciles choisis au hasard où habitait un nourrisson (National Infant
Sleep Position Study du National Institute of Child Health Development
[39,40]). Comme nous ne savons pas si tous les nourrissons trouvés morts
dans un lit d’adulte partageaient vraiment le lit avec quelqu’un
d’autre, et comme les sujets témoins font partie d’un groupe témoin
historique, dans cette étude, le risque de mort subite et inattendue découlant
du partage du lit ne peut être calculé avec précision.
Des données canadiennes
Il n’existe aucune étude cas-témoins
ou série de cas pour décrire les données canadiennes disponibles.
Toutefois, les résultats préliminaires d’une récente série de cas
(41), incluant toutes les morts subites et inattendues de nourrissons au
Québec entre 1991 et 2000, révèlent que 18 % des 443 cas de mort subite
(81 nourrissons) se trouvaient dans un environnement de sommeil non sécuritaire
confirmé. Les circonstances du décès et les détails de
l’environnement de sommeil étaient disponibles pour tous les cas.
L’organisation du sommeil non sécuritaire la plus courante était une
position en pronation dont le nourrisson n’avait pas l’habitude. Ce phénomène
était suivi, par ordre d’occurrence, de la présence d’oreillers sur
le lit et du partage du divan avec le nourrisson. Dans 93 % des cas
d’environnement de sommeil non sécuritaire, on avait installé le
nourrisson dans une nouvelle organisation de sommeil la nuit du décès.
Cinquante-sept nourrissons partageaient un lit avec un parent et, de ce nombre, 14 étaient
des cas de partage du lit dans un environnement non sécuritaire confirmé.
Il était impossible de calculer le risque pour la population québécoise
puisque l’étude ne comportait aucun groupe témoin. Toutefois, cette étude
canadienne soulignait que des organisations de sommeil non sécuritaires,
tant dans une couchette que dans un lit d’adulte, s’observent au sein
de cette population dans des proportions très similaires à celles observées
dans les études cas-témoins indiquées plus haut.
Le sommaire des données probantes
Selon les résultats des études
cas-témoins disponibles, il est possible de tirer les conclusions
suivantes, fondées sur des faits probants (constatation II-2, catégorie
B [tableau 1]).
-
Dormir sur le dos s’associe au risque le plus faible de MSN
(42,43).
-
Le partage de la chambre réduit le risque de MSN (24,35,37).
-
Le risque de MSN augmente lorsque le nourrisson partage le lit avec
sa mère fumeuse (32,35,37).
-
Le partage du lit avec un adulte extrêmement fatigué ou intoxiqué
par l’alcool ou les médicaments (légaux ou illégaux) qui nuit à son
éveil peut être dangereux pour le nourrisson (31,35,44,45).
-
L’utilisation d’un matelas mou, d’oreillers et de couvertures
qui peuvent couvrir la tête accroît le risque de décès dans tous les
environnements de sommeil (24,36).
-
Le fait de dormir avec un nourrisson sur un divan s’associe à un
risque particulièrement élevé de mort subite et inattendue pendant la
première enfance (24,35).
-
Un nourrisson est plus vulnérable à une mort subite et inattendue
s’il partage son lit avec d’autres personnes que ses parents ou que la
personne qui s’occupe habituellement de lui (24).
Des
recommandations pour créer un environnement de sommeil sécuritaire
La compréhension de la dynamique
familiale et des raisons qui poussent la famille à choisir un
environnement de sommeil donné, de même que la sensibilisation aux
pratiques dangereuses de partage du lit, sont des éléments importants à
souligner au moment d’orienter les parents dans l’organisation du
sommeil. Aucun environnement de sommeil n’est tout à fait dénué de
risque, mais il reste beaucoup à faire pour renseigner les parents afin
qu’ils offrent des environnements de sommeil plus sécuritaires à leur
nourrisson. Les conseils donnés doivent découler des données fondées
sur des faits probants disponibles. D’après ces données, le nourrisson
qui dort dans sa propre couchette est beaucoup plus en sécurité que
lorsqu’il partage un lit.
D’après les données
scientifiques disponibles, la Société canadienne de pédiatrie
recommande que, pendant la première année de vie, le lieu de sommeil le
plus sécuritaire pour le nourrisson soit sa propre couchette, installée
dans la chambre de ses parents pendant les six premiers mois. Toutefois,
la Société canadienne de pédiatrie convient que certains parents
choisiront malgré tout de partager leur lit avec leur enfant. Compte tenu
de ces mises en garde, les recommandations suivantes sont proposées, même
si aucune étude aléatoire ne peut être exécutée pour en mesurer les répercussions
potentielles sur la réduction de l’incidence de décès subits et
inattendus de nourrissons.
-
Les nourrissons devraient dormir sur le dos, dans une couchette
respectant les normes de sécurité du gouvernement canadien (46). C’est
l’organisation du sommeil recommandée pendant la première année de
vie, dans toutes les situations.
-
L’environnement de sommeil du nourrisson ne devrait pas
comprendre de courtepointe, de douillette, de contour coussiné,
d’oreiller ou d’objet ressemblant à un oreiller. Il faudrait
envisager de vêtir le nourrisson d’une combinaison de nuit pour éliminer
le besoin de couvertures, à part un drap léger.
-
Les parents devraient également être informés que le partage de
la chambre protège de la MSN et que ce type d’organisation du sommeil
est plus sécuritaire que le partage du lit. Ce peut être particulièrement
attrayant pour les mères qui allaitent et qui veulent garder leur bébé
près d’elles sans partager la même surface de lit.
-
Des conseils efficaces pour prévenir le tabagisme de la mère
devrait commencer au début de la grossesse et, idéalement, bien avant.
-
Les mères qui fument pendant leur grossesse devraient être informées
que leur nourrisson sera plus vulnérable à la MSN. L’exposition
passive à la fumée secondaire s’associe également à une augmentation
du risque de MSN.
-
En cas d’exposition au tabagisme, avant ou après la naissance,
le risque de MSN augmente avec le partage du lit.
-
Dans les hôpitaux, les mères ne devraient pas être autorisées
à dormir dans le même lit que leur nourrisson en raison des effets de la
faiblesse ou de la fatigue postpartum, de l’analgésie ou de la
postanesthésie. Cette politique permettra également d’éduquer les
parents quant aux pratiques de sommeil sécuritaires. Cependant, en aucun
cas ces directives ne devraient compromettre l’interaction entre la mère
et son nourrisson, nécessaire pour l’amorçage d’un allaitement réussi.
-
Les parents ne devraient pas installer leur nourrisson sur un lit
d’eau, un matelas soufflé, un oreiller, des tissus mous ou de la
literie défaite, même s’il s’agit d’un lit temporaire (pendant des
déplacements, par exemple). Les sièges d’auto et les porte-bébés ne
devraient pas remplacer la couchette, en raison du risque d’obstruction
des voies respiratoires supérieures par les sangles du harnais.
-
Dormir avec un nourrisson ou laisser le nourrisson dormir seul sur
un divan, un fauteuil inclinable ou une chaise coussinée est une pratique
dangereuse qui fait courir au nourrisson un risque important d’asphyxie
ou de suffocation. Les lits improvisés sont également dangereux.
Conclusions
Les médecins devraient faire le
meilleur usage possible des possibilités d’offrir des conseils
constructifs mais équilibrés d’un point de vue médical et fondés sur
des faits probants au sujet de l’organisation du sommeil dans le cadre
de leurs conseils d’ordre préventif pendant les soins du bébé bien
portant. Selon toute probabilité, la pratique recommandée de sommeil indépendant
continuera de représenter l’organisation du sommeil favorisée pour les
nourrissons du Canada, mais une proportion importante des familles
continuera de préférer dormir ensemble. Le risque de suffocation et de
coincement dans des lits d’adulte ou des couchettes non sécuritaires
devra être abordé pour réussir à réduire le taux de cet événement
indésirable dévastateur.
TABLEAU 1
Nouvelles catégories de
recommandations du Groupe d’étude canadien sur les
soins de santé préventifs pour des mesures préventives cliniques précises |
|
| Constatation |
Description |
|
| I |
Données probantes obtenues dans le cadre
d’au moins un essai
convenablement randomisé.
|
| II-1 |
Données probantes obtenues dans le cadre
d’essais contrôlés non
randomisés bien conçus.
|
| II-2
|
Données probantes obtenues dans le cadre
d’analyses de cohortes ou
cas-témoins bien conçues, provenant préférablement de plus d’un
centre
ou d’un groupe de recherche.
|
| II-3
|
Données probantes obtenues par suite de
comparaisons entre des moments
et des lieux,
avec ou sans intervention. Des résultats remarquables
d’expériences non contrôlées peuvent également être inclus dans cette
catégorie.
|
| III
|
Opinions exprimées par des sommités
respectées, d’après leur expérience
clinique, des études descriptives ou les rapports de comités de
spécialistes.
|
| Catégorie |
|
|
| A |
On dispose de données suffisantes pour appuyer
la mesure préventive
clinique.
|
| B |
On dispose de données acceptables
pour appuyer la mesure préventive
clinique.
|
| C |
Les données sont contradictoires et ne permettent
pas d’appuyer ou de
rejeter la mesure préventive clinique, mais d’autres facteurs peuvent
influer sur la prise de décision.
|
| D |
On dispose de données acceptables pour rejeter
la mesure préventive
clinique.
|
| E |
On dispose de données suffisantes pour rejeter la
mesure préventive clinique.
|
| I |
On dispose de données dont la quantité ou la
qualité est insuffisante pour
faire une recommandation, mais d’autres facteurs
peuvent influer sur la
prise de décision.
|
|
| Le groupe de travail admet
que,
dans de nombreux cas, des facteurs propres au patient doivent être
envisagés et abordés, tels que la valeur qu’accorde le patient à la
mesure préventive clinique, ses issues positives ou négatives éventuelles
et le contexte ou la situation personnelle du patient (médical et autre).
Dans certains cas où les données probantes sont complexes,
contradictoires ou insuffisantes, une discussion plus approfondie peut
s’imposer. Données tirées de la référence 47
|
Remerciements : Le comité de la pédiatrie
communautaire remercie ses collègues du comité de prévention des
blessures pour leur aide et leurs suggestions pendant l’élaboration du
présent énoncé.
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Comité de la pédiatrie communautaire
2003-2004
Membres : Docteurs Cecilia Baxter,
Edmonton (Alberta) (1998-2004); Fabian P Gorodzinsky, London (Ontario)
(1996-2002); Moshe Ipp, Toronto (Ontario) (2001-2003); William James,
Ottawa (Ontario) (2002-2004); Denis Leduc (président, 1998-2004), Montréal
(Québec); Cheryl Mutch, Burnaby (Colombie-Britannique); Michelle Ponti (présidente),
London (Ontario); Linda Spigelblatt (représentante du conseil,
2001-2003), Montréal (Québec); Sandra Woods, Val-d’Or (Québec)
(1998-2004); David Wong (représentant du conseil), Summerside (Île-du-Prince-Édouard)
Représentant : Docteur Somesh Barghava,
Ottawa (Ontario) (section de la pédiatrie générale), Société
canadienne de pédiatrie, 2001-2003)
Auteurs principaux : Docteurs Denis Leduc,
Montréal (Québec); Aurore Côté, Montréal (Québec); Sandra Woods,
Val-d’Or (Québec)
Affiché en novembre 2004
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