Une
intervention précoce pour l’enfant autiste
Comité de la pédiatrie psychosociale, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Paediatr Child Health 2004;9(4):273-7
No de référence : PP 2004-02
Réapprouvé en janvier 2009
Index des documents de principes du Comité de la pédiatrie psychosociale
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| Contenu
L’autisme
est un trouble neurocomportemental caractérisé par une anomalie des
interactions sociales réciproques, une communication différée et
chaotique et des structures de comportement restreintes, répétitives et
stéréotypées qui se profilent chez les jeunes enfants. Il a des répercussions
marquées sur la vie des enfants et de leur famille. Les manifestations de
ce trouble varient entre les enfants et chez un même enfant au fil du
temps. La compréhension actuelle de ce trouble en est une de spectre
autistique aux atteintes de légères à graves. D’après une analyse
prudente des données existantes, la prévalence des troubles du spectre
autistique est de 27,5 cas pour 10 000 habitants, ce qui inclut une prévalence
d’autisme de 10 cas pour 10 000 habitants, de trouble envahissant du développement
non spécifié (TED NS) de 15 cas pour 10 000 habitants et de syndrome
d’Asperger de 2,5 cas pour 10 000 habitants (1). Ces chiffres sont plus
élevés que ceux d’il y a 30 ans. Les données épidémiologiques
actuelles ne suffisent pas pour déterminer si d’autres facteurs que
l’élargissement de la définition et une meilleure sensibilisation
publique des troubles autistiques sont responsables de cette augmentation
(1). Les études analysées dans le présent énoncé portent surtout sur
des enfants autistes, mais quatre études (2-5) traitent d’enfants
autistes ou atteints de TED NS. L’autisme ou le trouble du spectre
autistique est un trouble du développement cérébral anormal, dont le
fondement est en grande partie génétique (6). Les données probantes
n’indiquent aucun lien causal avec le vaccin contre la rougeole, la rubéole
et les oreillons (7). Le
traitement de l’autisme est devenu un enjeu important en politique
publique, puisque les parents réclament le financement de programmes
globaux de traitement et contestent les décisions gouvernementales devant
les tribunaux. Les organismes subventionnaires et les décideurs devraient
procéder à une évaluation critique de la documentation scientifique sur
l’éducation intensive précoce et les programmes de thérapie
comportementale des enfants autistes afin de prendre des décisions éclairées
quant à la prestation des services. Le
présent énoncé vise à décrire brièvement les principales
interventions (programmes) éducatives conçues pour susciter une amélioration
globale de l’autisme et à examiner l’état des données probantes au
sujet de leur efficacité. Les techniques comportementales dont
l’objectif est limité à modifier des plages précises du
fonctionnement de l’enfant autiste ne seront pas analysées. En effet,
il existe d’abondantes données probantes en psychologie selon
lesquelles ces traitements focalisés peuvent atténuer certains
comportements, tels que la fuite dans des comportements d’automutilation,
et améliorer certaines compétences précises, comme le contact oculaire,
le jeu symbolique ou l’interaction avec les pairs (8). Par contre, les
programmes d’éducation intensive sont conçus pour susciter des progrès
globaux et améliorer, à long terme, l’issue de l’enfant autiste. Les
programmes globaux d’intervention précoce sont intensifs et coûteux,
et la plupart exigent une importante participation des parents. Des
recherches ont été effectuées dans les bases de données MEDLINE et
PsychINFO entre 1995 et septembre 2003 afin de colliger des recherches en
anglais menées sur l’homme au moyen des vedettes-matières médicales
autistic disorder, early intervention, education, behaviour therapy,
Lovaas method, TEACCH (Treatment and Education of Autistic and
Communication Handicapped Children) et applied behaviour analysis (trouble
autistique, intervention précoce, éducation, thérapie comportementale,
méthode Lovaas, TEACCH et analyse appliquée du comportement). Le
sens du terme intervention comportementale intensive précoce est quelque
peu variable, mais il décrit généralement la méthode Lovaas du
traitement de l’autisme. La méthode Lovaas se fonde sur l’analyse
appliquée du comportement. La prémisse de la méthode Lovaas, c’est
qu’une intervention comportementale peut permettre de bâtir des
comportements positifs, comme le langage, et supprimer des comportements
non désirés, comme l’automutilation ou l’agressivité, chez les
jeunes enfants autistes. Lovaas prétend que plus l’enfant est jeune,
plus la possibilité d’apprentissage généralisé s’avère.
L’apprentissage est porté au maximum par un traitement intense prodigué
par les éducateurs de l’enfant pendant la plupart des heures d’éveil,
au cours d’une période de deux ou trois ans. La méthode Lovaas est un
modèle comportemental par conditionnement opérant selon lequel le
comportement souhaité fait l’objet d’un renforcement positif tandis
que le comportement non désiré est ignoré ou puni. La principale
technique utilisée est l’apprentissage par essais distincts, qui
consiste à présenter un stimulus, puis à observer la réponse de
l’enfant et à donner une conséquence. L’étude de Lovaas (9) portait
sur 19 enfants autistes de moins de 46 mois qui avaient suivi, pendant
deux à trois ans, un programme universitaire de 40 heures de traitement
par semaine, administré par des thérapeutes et par la famille. Le groupe
expérimental était comparé à un groupe témoin qui recevait un
traitement personnalisé de 10 heures ou moins et à un second groupe témoin
qui ne recevait aucun traitement par le biais du programme
d’intervention. À la fin de l’étude, le groupe expérimental présentait
un gain de QI moyen de 30 points de plus que les groupes témoins. De
plus, 47 % des enfants du groupe d’intervention comportementale
intensive précoce étaient intégrés dans une école ordinaire,
comparativement à aucun des enfants des deux groupes témoins. Ces gains
se sont maintenus tout au long de la période de suivi de sept ans (10). Cette
étude comporte plusieurs lacunes. La répartition des groupes n’était
pas aléatoire, mais dépendait plutôt de la disponibilité du thérapeute.
On se demande donc si les groupes expérimental et témoins étaient
vraiment équivalents. L’étude ne comparait pas deux traitements différents,
mais des intensités différentes d’un même traitement, et
l’application du traitement était mal documentée. Les enfants ont subi
divers examens d’évaluation plutôt qu’un protocole d’évaluation
uniforme. De plus, les critères de sélection du QI étaient peut-être
trop restrictifs, ce qui a provoqué la formation d’un groupe au
pronostic inhabituellement favorable. Enfin, les mesures de suivi se
limitaient au QI et à l’admission dans une classe ordinaire, ce qui a
peut-être oblitéré des déficits résiduels. Par conséquent, l’étude
de Lovaas ne répond pas aux critères d’un traitement validé par des
données concrètes. Les résultats doivent être interprétés avec précaution.
D’autres
chercheurs ont étudié des enfants traités par le modèle Lovaas et ont
fait état d’issues positives (pour obtenir une analyse approfondie,
consulter Rogers [8]). Dans l’ensemble, ces études révèlent que les
enfants qui recevaient un traitement intensif d’au moins 15 à 20 heures
par semaine pendant un à deux ans présentaient des gains fonctionnels
plus importants que les sujets témoins qui n’avaient pas bénéficié
d’un traitement supplémentaire. Dans l’étude de Birnbrauer et Leach
(2), les enfants traités affichaient des indices de QI non verbal et de
langage beaucoup plus élevés que les autres après un traitement de deux
ans. Les lacunes de cette étude incluaient une attribution non aléatoire
des groupes, le caractère non rigoureux du diagnostic ou de la
description du processus diagnostique et l’absence de documentation sur
la fidélité au traitement. Dans une étude rétrospective cas-témoins,
Sheinkopf et Siegel (3) ont démontré que les enfants du groupe traité
affichaient un QI moyen de 25 points de plus que le groupe témoin et que
la gravité de leurs symptômes était plus faible. Aucune documentation
sur les critères diagnostiques ou l’intégrité du traitement n’était
fournie. La différence de QI observée entre les groupes dépendait
largement de mesures d’aptitudes non verbales, que certains prétendent
inopportunes puisqu’elles représentent une habileté relative pour bien
des enfants autistes. L’étude d’Anderson et de ses collaborateurs
(11) faisait appel à une conception d’examen avant-après et n’était
pas dotée de groupe de comparaison. Les résultats ont révélé une
augmentation significative des aptitudes du langage, de la sociabilité
fonctionnelle et de la capacité d’autonomie. Les taux de développement
pendant le traitement étaient supérieurs à ceux d’avant le traitement,
mais aucun test statistiquement significatif n’a été déclaré. De
plus, le taux prévu de changement développemental n’a pas été étudié.
Tous les enfants de ces trois études ont continué de s’inscrire dans
le spectre de l’autisme. L’étude
de la méthode Lovaas la plus solide d’un point de vue méthodologique
jusqu’à présent est l’essai de Smith et de ses collaborateurs (4)
portant sur 28 jeunes enfants (âge moyen de trois ans) autistes ou
atteints de TED NS. Cette étude était de conception véritablement expérimentale,
les enfants étant répartis de manière aléatoire entre un traitement
intensif ou des groupes de parents formateurs et fonctionnant mieux que
dans l’étude originale de Lovaas. Les enfants du groupe traité
recevaient 30 heures d’apprentissage par essais distincts par semaine
pendant une période approximative d’un an, puis bénéficiaient d’un
enseignement plus naturaliste en classe pendant un à deux ans. Moins
d’exigences étaient imposées aux parents que dans l’étude originale
de Lovaas. Les enfants du groupe de parents formateurs recevaient le
traitement de Lovaas de la part des parents formés, cinq heures par
semaine, sans compter 10 à 15 heures d’enseignement dans des classes
d’enseignement spécialisées. Au moment du suivi, à sept ou huit ans,
le groupe de traitement intensif surclassait le groupe de parents
formateurs. Leur gain de QI moyen était de 16 points par rapport à 0
dans le groupe de parents formateurs. De plus, le groupe traité obtenait
des résultats relativement meilleurs en matière d’aptitudes
oculospatiales, de langage et d’apprentissage scolaire, mais non en matière
d’apprentissage fonctionnel ou de troubles du comportement. L’intégration
scolaire du groupe traité était moins restrictive. Les enfants atteints
de TED NS présentaient des issues au moins aussi positives que les
enfants autistes. Les gains de QI du groupe traité et la proportion
d’enfants intégrés à des classes régulières sans services spécialisés
correspondent à environ la moitié de ceux déclarés dans l’étude de
Lovaas. L’étude souffre d’un échantillonnage de faible effectif, de
l’absence d’instrument diagnostique normalisé et du manque d’évaluation
diagnostique de suivi. L’âge
optimal pour participer à un programme de traitement intensif précoce
n’est pas clair. La plupart des études publiées qui démontrent
l’efficacité du traitement portent sur des enfants de moins de 48 mois
(3,4,6,9,11). Une étude (12) comparait l’issue d’enfants qui avaient
entrepris le programme global de traitement à moins de 60 mois à celle
d’un groupe qui l’avait entrepris après 60 mois. Les chercheurs ont découvert
que 67 % du groupe de traitement précoce par rapport à seulement 11 % du
groupe de traitement tardif pouvaient demeurer à la maison avec leurs
parents et fréquenter l’école publique. Cependant, aucune donnée préalable
au traitement ne permettait de garantir l’équivalence développementale
des groupes en début d’étude. Une autre étude (13) indiquait qu’un
âge plus jeune (moyenne de 46 mois) au début du traitement était prédictif
de l’intégration dans une classe ordinaire après le congé, tandis
qu’un âge plus élevé au début du traitement (moyenne de 54 mois) était
prédictif du placement dans une classe spécialisée. La question de l’âge
optimal pour participer à un programme global de traitement mérite un
examen plus approfondi. Dans
la plupart des programmes globaux de l’autisme, les parents participent
au traitement. On ne connaît pourtant pas l’efficacité du traitement
assisté par les parents. Une analyse récente (14) contient deux études
solides d’un point de vue méthodologique sur le sujet. L’une
d’elles est celle de Smith et de ses collaborateurs (4), dans le cadre
de laquelle un groupe de traitement intensif recevant le traitement de
Lovaas 30 heures par semaine était comparé à un groupe de parents
formateurs qui administraient le traitement de Lovaas aux enfants cinq
heures par semaine, sans compter 10 à 15 heures d’enseignement dans des
classes spécialisées. Tel qu’on l’a souligné, le groupe de
traitement intensif surclassait le groupe de parents formateurs pour ce
qui est des mesures d’intelligence, d’aptitudes oculospatiales, de
langage et de résultats scolaires. Les seuls résultats favorisant le
groupe de parents formateurs étaient la perception parentale selon
laquelle les enfants travaillaient moins et ressentaient moins de stress
et le fait que les parents comprenaient mieux l’autisme. Une autre étude
(5) comparait un groupe de parents possédant une formation en analyse
comportementale, de l’empathie et une formation sur les comportements
problématiques à la fréquentation d’un service de garde communautaire
20 heures par semaine. Le groupe participant au service de garde
communautaire était soutenu par un éducateur en service de garde, et ce
service recevait de l’aide pour les enfants ayant des besoins spéciaux.
Les résultats démontraient des améliorations à court terme du langage
dans le groupe de parents et une augmentation des connaissances des
parents au sujet de l’autisme. Ces deux études portent sur des échantillons
à faible effectif et ne sont pas directement comparables en raison de
mesures d’intervention et d’issues différentes. Des essais aléatoires
et contrôlés à grande échelle comparant les traitements assistés par
les parents et par des thérapeutes s’imposent. Les issues à court et
à long terme devraient être utilisées, et les répercussions affectives
et économiques de l’administration du traitement par les parents méritent
également d’être examinées. Une
variante à l’apprentissage par essais distincts de Lovaas est l’«
enseignement normalisé ». L’apprentissage par essais distincts exige
des séances structurées au cours desquelles l’enfant et l’enseignant
sont assis et dont le rythme est établi par l’enseignant. Les stimulus
qui précèdent une possibilité de réponse sont choisis par
l’enseignant et présentés de manière répétitive jusqu’à
l’obtention répétée de la réponse souhaitée. Par contre,
l’enseignement normalisé est formé de séances peu structurées qui se
produisent pendant les jeux de l’enfant et dont le rythme est établi
par l’enfant. L’enfant choisit les stimulus qui précèdent une
occasion de réponse. Par conséquent, les stimulus varient d’une séance
à l’autre. Delprato (15) a analysé huit études de cas unique et deux
études comparatives de groupes mettant en corrélation l’apprentissage
par essais distincts et l’enseignement normalisé auprès d’enfants
autistes présentant des troubles du langage. D’après les résultats,
dans les huit études comportant des réponses à des critères de langage,
l’enseignement normalisé était plus efficace que l’apprentissage par
essais distincts. On postule que l’apprentissage par essais distincts
serait plus efficace pour l’acquisition du langage, tandis que
l’enseignement normalisé conviendrait mieux pour généraliser ces
aptitudes ou favoriser une utilisation fonctionnelle du langage (15). Il
existe d’autres modèles de traitement intensif de l’autisme, dont le
programme LEAP (Learning Experiences…An Alternative Program for
Preschoolers and Parents), le programme de thérapie par le jeu et le
programme TEACCH. Ces programmes sont décrits brièvement, mais ils ne
peuvent être analysés en raison de la rareté des essais contrôlés. Le
point focal sous-jacent du programme LEAP est le développement social de
l’enfant. Il s’agit d’un programme en milieu scolaire qui est offert
trois heures par jour, toute l’année. Des exercices adaptés au développement
et des techniques d’analyse appliquée du comportement sont utilisées,
et des pairs au développement type permettent de modeler et
d’encourager des comportements pertinents. Le
programme de thérapie par le jeu est axé sur un enseignement normalisé.
Les parents et les thérapeutes suivent les jeux et les intérêts de
l’enfant tout en créant des situations qui favorisent leurs objectifs
de développement. Ce programme est administré à domicile, et
l’intervention est généralement constituée d’au moins huit séances
de 20 à 30 minutes par jour. L’objectif
à long terme du programme TEACCH consiste à favoriser un fonctionnement
optimal de l’enfant autiste en société lorsqu’il aura atteint l’âge
adulte. Contrairement aux autres programmes, il offre un continuum de
services aux autistes, aux familles et aux dispensateurs de services, tout
au long de la vie. Le programme TEACCH fait appel à l’analyse appliquée
du comportement et se fonde sur une démarche d’enseignement structurée
dans le cadre de laquelle les environnements sont organisés au moyen
d’information visuelle claire et concrète. Les parents sont des cothérapeutes,
et le programme à domicile en est une pierre angulaire. Ces programmes
globaux pour les enfants autistes, de même que d’autres programmes
similaires, sont analysés en profondeur dans d’autres documents (8,16). Dans
tous ces programmes, la durée d’intervention recommandée oscille entre
15 heures et 40 heures par semaine, et le programme est personnalisé. Ces
programmes de traitement sont dans une phase préliminaire
d’investigation. Aucune des études n’est comparée à un groupe témoin,
à l’exception d’une étude du programme TEACCH (17) dans le cadre de
laquelle les enfants recevaient un enseignement structuré à domicile
comparativement à des pairs appariés bénéficiant d’un apprentissage
par essais distincts dans le cadre d’un programme de traitement
quotidien régulier. Cette étude révélait que les enfants participant
au programme à domicile TEACCH obtenaient de meilleures issues à tous égards.
L’étude était toutefois viciée par la répartition non aléatoire des
groupes et par le fait que les examinateurs étaient au courant de cette répartition.
Aucun de ces modèles de traitement n’a été comparé l’un à
l’autre. L’autisme
est un trouble neurocomportemental permanent qui exige une démarche thérapeutique
spécialisée. La qualité des études sur les programmes de traitement éducatif
pour les enfants autistes est sous-optimale. Cependant, les études révèlent
une tendance vers une issue positive après une intervention. Aucune donnée
probante ne permet d’établir qu’un seul programme de traitement de
l’autisme constitue la règle d’or. Étant
donné la nature complexe de l’enfant autiste et l’importance de définir
les meilleures interventions possibles, des études bien conçues et
appliquées sont essentielles dans ce domaine. Des recherches s’imposent
pour mieux clarifier les éléments efficaces et courants des programmes
de traitement. Les études doivent porter sur des enfants qui représentent
le spectre entier de l’autisme. L’âge optimal et la fourchette de QI
des enfants, l’intensité optimale, la durée du traitement, la
participation parentale et la magnitude de l’efficacité de ces
programmes doivent être déterminés. Il faut parvenir à un consensus
quant aux mesures d’issues qui reflètent le changement fonctionnel avec
le plus de précision. Il est nécessaire de procéder à une comparaison
directe entre ces divers programmes de traitement intensif. Il faut également
établir si les gains seront prolongés ou s’il existe des démarches
efficaces multiples ou complémentaires aux interventions en cas
d’autisme. Bien
que les données probantes sur l’efficacité des programmes de
traitement éducatif de l’autisme soient rares, les études jusqu’à
présent procurent quelques principes directeurs susceptibles d’être
utiles dans la planification du traitement. Compte tenu de l’information
disponible, il semble raisonnable d’établir une période minimale de 15
heures d’enseignement structuré et individualisé par semaine. La
famille devrait participer à la prestation des services, et le programme
devrait être constamment réévalué et rajusté pour répondre aux
besoins de l’enfant (16,18). Les
médecins, les éducateurs et les familles devraient travailler de concert
à la planification d’un traitement rationnel et individualisé afin de
permettre à l’enfant autiste de réaliser son plein potentiel. Les
ressources doivent être suffisantes et accessibles afin de bien tenir
compte des enjeux complexes reliés à ce trouble. Enfin,
les programmes subventionnés pour les enfants autistes devraient inclure
une branche de recherche afin de répondre aux questions qui subsistent au
sujet des programmes d’intervention intensive précoce.
Comité de la pédiatrie psychosociale (2003-2004) Membres
: Docteurs
Kim Burrows, Kelowna (Colombie-Britannique); Anthony Ford-Jones, The
Burlington Professional Centre, Burlington (Ontario); Gilles Fortin, Hôpital
Sainte-Justine, Montréal (Québec); Sally Longstaffe (présidente),
Children's Hospital, Winnipeg (Manitoba); Theodore Prince, Calgary
(Alberta); Sarah Shea (représentante du conseil), IWK Health Centre,
Halifax (Nouvelle-Écosse) Affiché en avril 2004 |
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |