La prévention des blessures sur les terrains de jeux

Comité de prévention des blessures, Société canadienne de pédiatrie

Paediatr Child Health 2002;7(4):261-3
No de référence : IP02-01

Révision en cours en février 2009

Aussi disponible : La sécurité des terrains de jeux

Index des documents de principes du comité de prévention des blessures


La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Visitez la liste des documents de principes pour savoir lesquels sont disponibles en format pdf. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, vous devez soumettre une demande détaillée à info@cps.ca.

Contenu 

Il est démontré que les enfants risquent beaucoup de se blesser sur les terrains de jeux (1,2). Chaque année au Canada, on estime que 28 500 enfants sont traités aux départements d’urgence et en milieu hospitalier par suite de blessures subies sur un terrain de jeux. Ces sont les enfants en âge d’aller à l’école primaire qui sont les plus touchés (2-5). Les chutes des structures constituent la forme la plus courante d’accident; elles sont responsables de plus des deux tiers de ce type de blessures (1-7). Les enfants de moins de cinq ans se blessent surtout à la tête et au visage, tandis que les plus vieux se blessent surtout les membres. Le diagnostic le plus fréquent demeure les fractures, suivi des lésions des tissus mous et des lacérations (1,4,5,8).

Les stratégies de prévention

Puisque la majorité des blessures sur les terrains de jeux sont causées par des chutes des structures, les efforts de prévention devraient être orientés vers la réduction du risque de chutes et de l’impact. Cette réduction peut s’accomplir comme suit :

  • modifier les terrains de jeux pour réduire la hauteur de chute maximale à 1,5 m (5 pi) pour les enfants d’âge préscolaire et à 2,3 m (7 pi) pour ceux d’âge scolaire,
  • utiliser des concepts novateurs pour de nouvelles structures moins hautes,
  • utiliser des structures adaptées à l’âge.
  • l’utilisation de barrières protectrices et de garde-corps,
  • l’utilisation de barres verticales plutôt que de barres horizontales (afin de décourager l’escalade),
  • l’utilisation de surfaces pointues ou courbes sur la crête des garde-corps (afin d’en décourager l’usage comme surface de jeu),
  • une supervision active de la part des adultes.
  • un remblayage meuble, comme du gros sable ou des gravillons (des cailloux lisses et ronds de la taille d’un pois),
  • du paillis,
  • des surfaces synthétiques.

La profondeur recommandée pour le remblayage meuble est d’au moins 15 cm (6 po) pour les structures destinées aux enfants d’âge préscolaire, et 30 cm (12 po) pour les structures de pleine hauteur.

Des normes sont recommandées dans les terrains de jeux publics. Elles ont été émises pour la première fois en 1990 (9), et révisées en 1998 (10). Elles visent à améliorer la sûreté des terrains de jeux et à y réduire la fréquence et la gravité des blessures. Au Canada, de nombreux terrains de jeux n’y sont pas conformes, surtout pour ce qui est du type de surface (2,11). Il est pourtant démontré que le respect des normes reliées à la surface (type et profondeur) est efficace pour réduire le risque de blessure (4,7).

Ce que peuvent faire les parents

  • Les vêtements peuvent se coincer dans les structures et étrangler un enfant. Retirez les cordons et cordelettes des vêtements. Pendant l’hiver, préférez le cache-cou au foulard. Utilisez des pinces à mitaines plutôt qu’une cordelette.
  • Les enfants ne devraient pas porter de casque de vélo lorsqu’ils sont sur les structures, en raison du risque de piégeage et d’étranglement.
  • Choisissez un terrain de jeux « adapté » à votre enfant. Les enfants de cinq ans ou moins ne devraient jouer que dans les terrains conçus pour les enfants d’âge préscolaire.
  • Recherchez des surfaces convenables, soit un remblayage profond et meuble (voir les profondeurs recommandées ci-dessus). Les surfaces à conseiller sont le sable, les gravillons (des cailloux lisses et ronds de la taille d’un pois), du paillis et des surfaces synthétiques. L’herbe, la terre, l’asphalte ou le béton ne conviennent ni sous les structures des terrains de jeux ni aux alentours, parce que ces surfaces ne sont pas sûres.
  • Si vous êtes préoccupé par la sûreté de votre terrain de jeux local, prenez contact avec les personnes qui l’exploitent. Des listes de vérification de la sûreté des terrains de jeux ont été créées à l’intention des parents, afin d’évaluer les dangers élémentaires que posent ces terrains. Il est possible d’obtenir ces listes au centre local ou provincial de prévention des accidents ou auprès d’Enfants en sécurité Canada (1 888 SAFE-TIPS, ou 1 888 723-3847).

Ce que peuvent faire les dispensateurs de soins 

Ce que peuvent faire les collectivités 

  • l’inspection par des spécialistes certifiés qui évaluent et documentent les dangers,
  • la priorisation des dangers en vue d’apporter des correctifs ou des modifications,
  • l’entretien des structures, des surfaces et du sol,
  • la déclaration des blessures et un suivi pour corriger les dangers,
  • la planification d’aires de jeux qui respectent les normes.

Les collectivités peuvent désirer envisager des types d’aires de jeu extérieur non traditionnelles pour remplacer les structures. Ces aires de jeu coûtent moins cher à installer, et elles peuvent être conçues de manière à stimuler le développement de l’enfant sans s’assortir du risque de chute que posent les structures. Des exemples de ce type de terrains de jeux sont accessibles à www.evergreen.ca.

Ressources
Prenez contact avec votre centre local ou provincial de prévention des blessures ou avec Enfants en sécurité Canada (1 888 SAFE-TIPS ou 1 888 723-3847) pour obtenir plus de renseignements. Une trousse d’action communautaire accompagnée d’un catalogue de ressources canadiennes, comme des listes de vérification des terrains de jeux, des fiches de renseignements et des vidéos, sont offertes par Enfants en sécurité Canada.

Remerciements : Le présent énoncé s’inspire partiellement de documentation élaborée par Enfants en sécurité Canada (www.securijeunescanada.com).

Références 

  1. Mack MG, Hudson S, Thompson D. A descriptive analysis of children’s playground injuries in the United States 1990-4. Inj Prev 1997;3:100-3.
  2. Pickett W, Carr PA, Mowat DL, Chui A. Playground equipment hazards and associated injuries in Kingston and area. Can J Public Health 1996;87:237-9.
  3. Chalmers DJ, Langley JD. Epidemiology of playground equipment injuries resulting in hospitalization. J Paediatr Child Health 1990;26:329-34.
  4. Mowat DL, Wang F, Pickett W, Brison RJ. A case-control study of risk factors for playground injuries among children in Kingston and area. Inj Prev 1998;4:39-43.
  5. Santé Canada. Pour la sécurité des jeunes Canadiens. Ottawa : Santé Canada, 1997.
  6. Rivers RPA, Boyd RDH, Baderman H. Falls from equipment as a cause of playground injury. Community Health (Bristol) 1978;9:178-9.
  7. Mott A, Rolfe K, James R, et al. Safety of surfaces and equipment for children in playgrounds. Lancet 1997;349:1874-6.
  8. Illingworth C, Brennan P, Jay A, Al-Rawi F, Collick M. 200 injuries caused by playground equipment. BMJ 1975;4:332-4.
  9. Association canadienne de normalisation. Guide sur les aires et équipement de jeu : Une norme nationale du Canada. Toronto : Association canadienne de normalisation, 1990.
  10. Association canadienne de normalisation. Guide sur les aires et équipement de jeu. Toronto : Association canadienne de normalisation, 1998.
  11. Lesage D, Robitaille Y, Dorval D, Beaulne G. Does play equipment conform to the Canadian standard? Can J Pub Health 1995;86:279-83.

Comité de prévention des blessures 

Membres : Docteurs Claire LeBlanc, Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario); John LeBlanc, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Bich Hong Nguyen, Hôpital Sainte-Justine, Montréal (Québec); Richard Stanwick, région sanitaire de la capitale, Victoria (Colombie-Britannique); Lynne Warda (présidente et auteure principale), université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba); David Wong (administrateur responsable), Prince County Hospital, Summerside (Île-du-Prince-Édouard)
Conseiller :
Docteur Milton Tenenbein, université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba)
Représentants :
Monsieur Yves Fortin, Ottawa (Ontario) (Direction de la sécurité des produits, Santé Canada); madame Sonya Corkum, Toronto (Ontario) (Sécurijeunes Canada)
Auteure pincipale :
Docteur Lynne Warda, université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba)

 

Mise à jour : février 2007

 


Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.