Le
traitement dune méningite bactérienne présumée chez les enfants
canadiens de six semaines et plus
Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
No de référence : ID 07-03
Sommaire publié dans Paediatr Child Health
2008;13(4):310
Index des documents de principes du comité des maladies infectieuses et d’immunisation
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L’épidémiologie et la susceptibilité actuelles des organismes pathogènes
La prise en charge de la méningite à S pneumoniae résistante
La bithérapie à la vancomycine et aux céphalosporines de troisième génération
Recommandations pour un diagnostic en laboratoire et une prise en charge
Le
présent document de principes passe en revue l’évolution récente de
l’épidémiologie et expose des recommandations sur le traitement de la
méningite bactérienne présumée chez les enfants canadiens de six
semaines et plus. Il remplace le document de principes publié par la SCP
en 2001 sur le même sujet (1). Les recommandations précédentes de
monothérapie antibiotique pour le traitement empirique de la méningite
bactérienne présumée chez les enfants ont changé (2,3). Une
association de vancomycine et de céphalosporines de troisième génération
est le traitement empirique actuellement recommandé contre la méningite
bactérienne chez les nourrissons de six semaines et plus. Cette
association est efficace contre les trois principaux pathogènes
responsables de la méningite au sein de ce groupe d’âge : l’Haemophilus
influenzae de type b (Hib), le Streptococcus pneumoniae et le Neisseria
meningitidis. Cependant, l’épidémiologie de la méningite bactérienne
continue de changer au Canada et aux États-Unis. C’est pourquoi les pédiatres
devraient déclarer les cas de méningite bactérienne aux autorités de
santé publique afin de contribuer à la surveillance continue et à la
prise en charge des contacts au sein de la collectivité. La qualité des
preuves utilisée dans le présent document de principes provient du
Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs,
traduite par CMAJ.
L’ÉPIDÉMIOLOGIE
ET LA SUSCEPTIBILITÉ ACTUELLES DES ORGANISMES PATHOGÈNES
Les
cas de méningite causés par le Hib ont diminué de façon régulière au
Canada et aux États-Unis depuis 1988, lorsque les vaccins conjugués
contre le Hib ont été adoptés pour les enfants de 18 mois et plus (4).
Le nombre de cas a encore diminué après l’approbation des vaccins pour
les nourrissons, en 1991-1992 (4). En 1985, avant l’existence du vaccin,
485 cas de Hib invasifs ont été déclarés au Canada, tandis que deux à
cinq cas seulement l’ont été chaque année entre 2001 et 2006 dans les
12 centres pédiatriques canadiens de soins tertiaires qui participent au
réseau de surveillance du Programme canadien de surveillance active de
l’immunisation (IMPACT) (5-7). Ainsi, depuis 2000, la méningite bactérienne
au Canada est surtout attribuable au S pneumoniae et au N
meningitidis, quelques cas étant imputables au Hib chez les enfants
de un mois et plus.
D’après
les lignes directrices du National Committee for Clinical Laboratory
Standards des États-Unis, les souches de S pneumoniae qui ont
une concentration minimale inhibitrice (CMI) à la pénicilline de 0,06
μg/ml ou moins sont considérées comme susceptibles; les souches
dont la CMI est de 0,1 μg/ml à 1 μg/ml sont considérées comme
présentant une résistance moyenne, celles dont la CMI est de 2 μg/ml
ou plus, comme résistantes (8). Les souches de S pneumoniae dont
la résistance est moyenne à élevée et les souches résistantes sont
considérées comme ayant une « susceptibilité réduite » à
la pénicilline (8). Les taux de résistance du S pneumoniae à la
pénicilline et à d’autres anitibiotiques ont augmenté aux États-Unis
et au Canada entre 1990 et 2003. Aux États-Unis, jusqu’à 40 % des
isolats de pneumocoque de foyers corporels stériles sont désormais pénicillinorésistants
dans certaines régions géographiques, et jusqu’à la moitié des
isolats résistants sont très résistants (9). Au Canada, les 12 centres
pédiatriques d’IMPACT surveillent la pénicillinorésistance des
souches de S pneumoniae isolées
de foyers stériles depuis 1991. Le taux de pénicillinorésistance de ces
souches a graduellement augmenté : 2,5 % en 1991, 4 % en 1992-1993,
7 % en 1994-1996, 11,6 % en 1997 et 13 % en 1998. Au cours de la période
déclarée la plus récente (1998-2003), le taux de non-susceptibilité à
la pénicilline est stable, à 16 %. Le taux de résistance à la céfotaxime-ceftriaxone
était de 5 % et limité aux isolats pénicillinorésistants (10). Les sérotypes
contenus dans le vaccin conjugué contre le pneumocoque (VCP7) représentaient
89 % des isolats pénicillinorésistants.
Le
clinicien doit tenir compte de la CMI d’un organisme à la pénicilline
et aux céphalosporines de troisième génération et d’autres données
comme la pénétration tissulaire pour orienter le traitement. Par exemple,
les souches de S pneumoniae à résistance moyenne peuvent être
traitées à l’aide de bêta-lactamines si l’infection se situe dans
un foyer où l’antibiotique peut pénétrer et atteindre des
concentrations bien supérieures à la CMI (11). Il ne faut pas traiter la
méningite imputable à un S pneumoniae de résistance moyenne à
élevée à la pénicilline et aux céphalosporines de troisième génération
à l’aide de ces agents, parce qu’il peut s’avérer impossible
d’atteindre des concentrations bactéricides dans le liquide céphalorachidien
(LCR) (11).
LA
PRISE EN CHARGE DE LA MÉNINGITE À S PNEUMONIAE RÉSISTANTE
On a
publié des rapports de cas d’échecs de traitement au moyen de céphalosporines
de troisième génération (p. ex., céfotaxime ou ceftriaxone) à des
doses pertinentes pour traiter la méningite attribuable à un S
pneumoniae résistant aux céphalosporines (12,13). L’échec du
traitement se manifestait par une stérilisation tardive du LCR, par la
persistance de la fièvre, de l’irritabilité et de la léthargie ou par
l’apparition de complications comme des convulsions et des déficits
neurologiques. Ces patients ont fini par répondre au traitement après
l’ajout de vancomycine ou l’adoption d’un nouveau traitement composé
de vancomycine et d’un autre antibiotique (p. ex., rifampine ou
chloramphénicol). On a rendu compte de traitements réussis de la méningite
bactérienne imputable à des bactéries de résistance moyenne à la céphalosporine
chez des enfants, au moyen de 200 mg/kg/jour à 225 mg/kg/jour de céfotaxime,
(14) et chez des adultes à des doses encore plus élevées (15), mais
d’après les données chez les enfants, même de fortes doses de céfotaxime
ne suffisent pas nécessairement pour parvenir à une activité bactéricide
dans le LCR contre les pneumocoques de résistance moyenne à élevée aux
céphalosporines (16). Ainsi, pour l’instant, on ne peut recommander une
monothérapie aux céphalosporines de troisième génération comme
traitement empirique du pneumocoque résistant à la pénicilline ou aux céphalosporines.
Le
traitement empirique de la méningite devrait dépendre de ce que l’on
sait des profils de résistance locaux. On a déjà utilisé la monothérapie
au chloramphénicol (17) en cas de pneumocoque résistant à la pénicilline
ou aux céphalosporines, mais ce traitement s’associe à des échecs et
n’est plus recommandé (18,19). Les souches de pneumocoque résistantes
à la pénicilline et aux céphalosporines demeurent toutefois
susceptibles à la vancomycine (20). La rifampine est également très
efficace contre la plupart des cas de pneumocoque pénicillinorésistant,
mais elle ne convient pas comme monothérapie en raison de l’apparition
rapide d’une résistance lorsqu’elle est utilisée seule (21).
LA
BITHÉRAPIE À LA VANCOMYCINE ET AUX CÉPHALOSPORINES DE TROISIÈME GÉNÉRATION
À
l’heure actuelle, la bithérapie au moyen de fortes doses de vancomycine
(60 mg/kg/jour) et d’une céphalosporine de troisième génération (céfotaxime
ou ceftriaxone) ou de rifampine est proposée comme traitement empirique
optimal en cas de méningite pneumococcique présumée, en attendant de
connaître les susceptibilités aux antibiotiques (2, 20). Dans un modèle
expérimental de méningite, l’association de vancomycine et de
ceftriaxone était synergique, tandis que l’association de vancomycine
et de rifampine, ou de ceftriaxone et de rifampine, ne l’était pas pour
traiter le pneumocoque résistant à la pénicilline et aux céphalosporines
(22, 23). De plus, l’association de vancomycine et de ceftriaxone ou de
rifampine et de ceftriaxone accroissait considérablement l’activité
bactéricide du LCR par rapport à la ceftriaxone seule contre les souches
résistantes chez ces enfants (24). Ainsi, même s’il n’y a pas de
synergie évidente entre les divers antibiotiques in vitro (22,
23), les associations d’antibiotiques semblent accroître les effets
bactéricides in vivo (24). Les experts recommandent une dose
empirique de 300 mg/kg/ jour de céfotaxime (d’après l’expérience
auprès d’enfants qui ne répondaient pas à un traitement de 200 mg/kg/
jour de céfotaxime) (2). La dose de ceftriaxone recommandée est de 100
mg/kg/jour. Le premier jour, une autre dose de 100 mg/kg est
recommandée au bout de 12 heures pour assurer des concentrations dans le
LCR de six à dix fois supérieures à la CMI du pneumocoque résistant
aux céphalosporines au cours des 24 premières heures (2).
LES
DONNÉES PROBANTES SUR LE RÔLE DE LA DEXAMÉTHASONE
La
déxaméthasone réduit la réponse inflammatoire et est recommandée au
Canada (25) et aux États-Unis (9, 26) à titre de traitement d’appoint
pour réduire les complications de la méningite imputables au Hib et au S
pneumoniae. Même si la déxaméthasone réduit la pénétration des
antibiotiques dans le LCR, notamment la vancomycine et la ceftriaxone, son
utilisation ne s’associait pas à un retard de stérilisation des
cultures de LCR (23). Ces essais à double insu contrôlés contre placebo
du traitement de la déxaméthasone contre la méningite ont eu lieu avant
la survenue du pneumocoque résistant à la pénicilline et aux céphalosporines
(27,28). Dans le cadre d’une enquête menée au Canada auprès de spécialistes
de l’infectiologie pédiatrique et de microbiologistes en 1999, environ
la moitié des répondants ont recommandé l’utilisation de la déxaméthasone
contre la méningite à Hib, et seul le tiers des répondants le
recommandaient contre la méningite à pneumocoque. Ceux qui ne
recommandaient la déxaméthasone contre aucun de ces deux pathogènes
s’appuyaient principalement sur le principe théorique de diminution de
la pénétration des antibiotiques dans le LCR (29).
Une récente analyse publiée par la Bilbiothèque Cochrane (30) a jeté
une lumière plus rassurante sur la controverse. Dans cette analyse, on
incluait les essais aléatoires et contrôlés publiés et non publiés
admissibles sur les corticoïdes comme traitement d’appoint de la méningite
bactérienne aiguë à tout âge après six semaines de vie. Dix-huit études
portant sur 2 750 personnes respectaient les critères
d’inclusion. Dans l’ensemble, les corticoïdes d’appoint
s’associaient à un taux moins élevé de létalité (risque relatif
[RR] 0,83, 95 % intervalle de confiance [IC] 0,71 à 0,99), de déficience
auditive sévère (RR 0,65, 95 % IC 0,47 à 0,91) et de séquelles
neurologiques à long terme (RR 0,67, 95 % IC 0,45 à 1,00). Chez les
enfants, les corticoïdes réduisaient la déficience auditive sévère
(RR 0,61, 95 % IC 0,44 à 0,86). L’analyse de sous-groupes de cas
d’adultes et d’enfants a révélé que les corticoïdes réduisaient
la mortalité chez les patients atteints d’une méningite attribuable
au S pneumoniae (RR 0,59, 95 % IC 0,45 à 0,77), de même
qu’une déficience auditive sévère chez les enfants atteints d’une
méningite attribuable au H influenzae (RR 0,37, 95 % IC 0,20 à
0,68). L’analyse de sous-groupe pour les patients atteints de méningite
à méningocoque a révélé une tendance favorable, mais non
significative, quant au taux de létalité (RR 0,71, 95 % IC 0,31 à
1,62). Les sous-analyses sur l’effet des corticoïdes sur la mortalité
dans les pays à revenu élevé et à faible revenu ont révélé des RR
de 0,83 (95 % IC 0,52 à 1,05) et de 0,87 (95 % IC 0,72 à 1,05),
respectivement. Les corticoïdes avaient un effet protecteur contre les
séquelles neurologiques à court terme chez les patients atteints de méningite
bactérienne dans les pays à revenu élevé (RR 0,56, 95 % IC 0,3 à
0,84). Chez les enfants de pays à revenu élevé atteints d’une méningite
bactérienne qui étaient hospitalisés, les corticoïdes avaient un
effet protecteur sur les déficiences auditives sévères (RR 0,61, 95 %
IC 0,41 à 0,90) et s’associaient à des estimations ponctuelles
favorables en cas de déficience auditive sévère associée à une méningite
non reliée au H influenzae (RR 0,51, 95 % IC 0,23 à 1,13) et
en cas de séquelles neurologiques à court terme (RR 0,72, 95 % IC 0,39
à 1,33). Dans l’ensemble, les corticoïdes ne provoquaient pas
d’augmentation significative des réactions indésirables. Les auteurs
ont conclu que les corticoïdes réduisent considérablement les taux de
mortalité, de déficience auditive sévère et de séquelles
neurologiques. Ces données appuient l’utilisation de corticoïdes
d’appoint chez les enfants de pays à revenu élevé comme le Canada.
Lorsque la dexaméthasone est utilisée, la dose globale devrait être de
0,6 mg/kg/jour répartie en quatre doses, ou de 0,8 mg/kg/jour répartie
en deux doses, pendant deux à quatre jours (31). Il faudrait
administrer la première dose de dexaméthasone avant la première dose
d’antibiotiques ou dans l’heure suivant cette dose pour en tirer les
bienfaits maximaux. La prise en charge d’appoint à l’aide de dexaméthasone
n’a pas fait l’objet d’études pendant la période néonatale et
n’est donc pas recommandée.
LA
PRISE EN CHARGE D’AUTRES PATHOGÈNES DE LA MÉNINGITE
Des
cas de N meningitidis à la susceptibilité réduite à la pénicilline
ont été déclarés en Saskatchewan, mais on n’en connaît pas la
signification clinique (32). Ces souches demeurent susceptibles aux céphalosporines
de troisième génération et à la rifampine (32). La méningite
imputable à ces souches de méningocoque peut tout de même être traitée
à l’aide de fortes doses de pénicilline (33).
Les
céphalosporines de troisième génération sont toujours efficaces contre
le Hib et peuvent être utilisées dans le traitement empirique des méningites
à Hib présumées (25). La monothérapie à l’ampicilline n’est pas
recommandée dans le traitement empirique de la méningite à Hib parce
que de 10 % à 40 % des souches de Hib produisent de la bêta-lactamase et
sont donc résistants à l’ampicilline (34).
RECOMMANDATIONS
POUR UN DIAGNOSTIC EN LABORATOIRE ET UNE PRISE EN CHARGE
Pendant
le bilan d’un cas de méningite bactérienne présumée, il faut procéder
à une analyse sanguine et à une ponction lombaire afin de prélever du
LCR et d’obtenir une coloration de Gram et une culture en vue de déterminer
la cause de l’infection. La coloration de Gram, si elle est déchiffrée
par un lecteur d’expérience, peut contribuer à déterminer les espèces
de bactéries en cause. Cependant, le traitement ne doit pas se fonder
uniquement sur les résultats de la coloration de Gram. Une utilisation préalable
d’antibiotiques oraux peut réduire l’efficacité de la coloration de
Gram et de la culture tirées du LCR pour découvrir l’agent bactérien
étiologique (35,36). Les résumés du tableau 1 proposent les
antibiotiques empiriques et les doses convenables. Lorsque l’organisme
responsable est dépisté dans le sang ou le LCR et que l’on connaît
les susceptibilités aux antibiotiques, on peut sélectionner
l’antibiothérapie la plus pertinente pour effectuer la série complète
de traitement (tableau 2). Si l’organisme responsable n’est pas isolé
par culture, on peut recourir à l’antibiothérapie empirique sélectionnée
pour effectuer la série complète de traitement.
TABLEAU 1 : Les antibiotiques empiriques recommandés contre une méningite bactérienne présumée*
|
60 mg/kg/jour de
vancomycine par voie intraveineuse, répartis aux six heures |
| et |
|
300 mg/kg/jour de céfotaxime
par voie intraveineuse répartis aux 8 heures (dose quotidienne de 8 g à 10 gm chez les adultes) |
|
ou |
|
100 mg/kg de
ceftriaxone par voie intraveineuse au diagnostic; suivis de 100 mg/kg au bout de 12 heures et de 24 heures, puis de 100 mg/kg toutes les 24 heures (dose quotidienne de 4 g chez les adultes) |
|
*Chez les patients qui ne peuvent pas prendre de vancomycine ou de céphalosporine de troisième génération en raison de contre-indications (p. ex., des allergies), il faut demander l’avis d’un expert en infectiologie. Chez tous les patients, le traitement devrait se poursuivre jusqu’à l’obtention des résultats de susceptibilité. Si les premières cultures indiquent la présence d’un organisme Gram négatif, on peut mettre un terme au traitement à la vancomycine et ajouter un aminoglycoside. Si on présume la présence de Listeria monocytogenes en raison de l’âge (moins de trois mois) ou d’une flambée, il faut ajouter de l’ampicilline par voie intraveineuse. |
Il peut être indiqué de
reprendre la ponction lombaire pour déterminer l’efficacité du traitement
(p. ex., stérilisation du LCR) dans les 24 heures à 36 heures suivant le début
de l’antibiothérapie empirique pour les patients suivants : les patients
dont l’état clinique ne s’améliore pas pendant cette période, les
patients immunocompromis pour qui il est impossible de garantir le succès de
l’antibiothérapie contre la méningite bactérienne, les patients atteints
d’une méningite causée par un pneumocoque résistant à la pénicilline ou
aux céphalosporines, dans les cas où l’éradication des bactéries du LCR
risque d’être retardée, et les
patients atteints d’une méningite attribuable à des entébacilles Gram négatif
(2,9). L’état des patients à qui on administre de la déxaméthasone
peut sembler s’améliorer, même si la stérilisation du LCR est retardée.
Chez les patients dont les cultures du LCR sont positives dans le deuxième échantillon
de LCR, il peut falloir ajouter ou modifier l’antibiothérapie pour que le
traitement soit efficace. Par conséquent, il est fortement recommandé de
consulter un spécialiste de l’infectiologie.
TABLEAU 2 : Les antibiotiques susceptibles dêtre utilisés pour terminer le traitement dune méningite bactérienne une fois le test de susceptibilité aux antibiotiques disponible
|
Agent étiologique et susceptibilité antibiotique |
Antibiotiques pouvant être utilisés pour compléter le traitement |
Durée totale du traitement recommandée en cas de méningite sans complication* |
|
Streptococcus pneumoniae |
||
|
Entièrement
susceptible à la pénicilline ou aux céphalosporines de troisième
génération |
De
250 000 U/kg/jour à 400 000 U/kg/jour de pénicilline G répartis
en quatre à six doses ou céfotaxime (doses indiquées au tableau 1)† ou ceftriaxone (doses indiquées au tableau 1)† |
10 jours |
|
Résistance
moyenne (0,12 µg/ml à 1,0 µg/ml),
résistance (1,0 µg/ml à 2,0 µg/ml)
ou résistance élevée (plus de 2,0 µg/ml)
à la pénicilline ou aux céphalosporines de troisième génération |
60
mg/kg/jour de vancomycine par voie intraveineuse répartis aux six
heures |
10 à 14 jours |
| Neisseria meningitidis | ||
|
|
De 250 000 U/kg/jour
à 400 000 U/kg/jour de pénicilline G répartis en quatre à
six doses |
5 à 7 jours |
|
Haemophilus influenzae de type b |
||
|
Négatif à la bêta-lactamase |
De 300
mg/kg/jour à 400 mg/kg/jour d’ampicilline divisés en
quatre doses |
10 jours |
|
Positif à la bêta-lactamase |
Céfotaxime
(doses indiquées au tableau 1)†
|
10 jours |
|
Streptocoque de groupe B |
||
|
|
400 000 U/kg/jour de pénicilline G répartis en quatre doses |
14 à 21 jours |
|
|
ou 300 mg/kg/jour à 400 mg/kg/jour d’ampicilline répartis en quatre doses |
14 à 21 jours |
|
et 7,5
mg/kg/jour de gentamicine répartis en trois doses |
7 premiers jours | |
|
Organisme entérique Gram négatif (peut provoquer une méningite bactérienne chez les nourrissons jusqu’à l’âge de trois mois) |
||
|
200
mg/kg/jour à 300 mg/kg/jour de céfotaxime répartis en trois
à quatre doses ou ceftriaxone (doses indiquées au tableau 1)† et 7,5 mg/kg/jour de gentamicine répartis en trois doses |
Pendant 21 jours après la stérilisation du LCR | |
|
La culture est négative mais on présume ou on ne peut écarter une étiologie bactérienne |
200
mg/kg/jour de céfotaxime répartis
en trois ou quatre doses ou ceftriaxone (doses indiquées au tableau 1)† avec ou sans 60 mg/kg/jour de vancomycine (selon le taux de présomption clinique) par voie intraveineuse, répartis en quatre doses (afin d’obtenir un taux de vancomycine sérique de pointe de 30 mg/L à 40 mg/L et un creux de 5 mg/L à 10 mg/L) |
7 à 10 jours |
|
*Durées minimales en cas de méningite sans complication † Demander l’avis d’un spécialiste de l’infectiologie pédiatrique quant à la nécessité d’un autre antibiotique en cas de contre-indications au traitement à la céfotaxime ou à la ceftriaxone. CMI Concentration minimale inhibitrice |
||
COMITÉ
DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION
Membres : Docteurs
Robert Bortolussi (président), IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse);
Dorothy L Moore, L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec);
Joan Louise Robinson, Edmonton (Alberta); Élisabeth Rousseau-Harsany, CHU
Sainte-Justine, Montréal (Québec) (représentante du conseil); Lindy Michelle
Samson, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa
(Ontario)
Conseillère : Docteur Noni E MacDonald, IWK Health Centre,
Halifax (Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs Upton Dilworth Allen, The Hospital for Sick
Children, Toronto (Ontario) (Canadian Pediatric AIDS Research Group); Scott Alan
Halperin, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse) (Programme canadien de
surveillance active de l’immunisation); Charles PS Hui, Centre hospitalier
pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario) (Santé Canada, Comité
consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages); Larry
Pickering,, Elk Grove (Illinois) États-Unis (American Academy of Pediatrics, rédacteur
en chef du Red Book et membre d’office du comité des maladies infectieuses);
Marina Ines Salvadori, Children’s Hospital of Western Ontario, Ottawa
(Ontario) (représentante de la SCP auprès du Comité consultatif national de
l’immunisation)
Auteur principal : Docteur Robert
Bortolussi, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Mise à jour : avril 2008
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |