Pour obtenir de l’information au sujet de la grippe H1N1 2009, consultez la Foire aux questions au sujet de la grippe pandémique H1N1 2009 : La maladie et les médicaments antiviraux
Le recours aux antiviraux contre l’influenza :
Les lignes directrices recommandées aux praticiens
Une déclaration conjointe avec l’Association
pour la microbiologie
médicale et l’infectiologie Canada
Comité des maladies
infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie
(SCP)
Sommaire publié dans
Paediatr Child Health
2006;11:523-526
No de référence : ID06-04
Révision en cours en janvier 2010
Index des documents de
principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation
|
| La Société canadienne de pédiatrie
autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de
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Contenu
RÉSUMÉ
Chaque
année, le virus de l’influenza A et, parfois, des souches d’influenza B,
représentent un fardeau considérable de maladie. L’importance de
l’immunisation contre l’influenza n’est plus à démontrer, mais il est
judicieux d’élaborer des lignes directrices contemporaines sur l’usage des
antiviraux dans la chimioprophylaxie et le traitement de l’influenza, visant
à traiter l’influenza entre les pandémies. Le présent article constitue une
version abrégée d’un document de principes complet soulignant les
recommandations découlant de travaux conjoints de la Société canadienne de pédiatrie
(SCP) et de l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie
(AMMI) Canada. Les lignes directrices reflètent l’état actuel des
connaissances à l’égard du recours aux antiviraux contre l’influenza et
seront modifiées à mesure que de nouvelles données de recherche seront
disponibles. Il est possible d’obtenir de l’information supplémentaire au
sujet des stratégies pour prévenir l’influenza entre les pandémies dans la
déclaration annuelle du Comité consultatif national de l’immunisation.
RECOMMANDATIONS
Pour ce
qui est du rôle des antiviraux dans le traitement ou la prévention de
l’infection à l’influenza, la SCP et l’AMMI recommandent ce qui suit :
- Les médicaments pour
prévenir et traiter l’influenza
- L’amantadine est
approuvée et recommandée pour prévenir
(catégorie de recommandation IB) et traiter
(catégorie de recommandation IB) l’infection par le
virus de l’influenza A chez les personnes d’un an et
plus, mais seulement si la souche en circulation est
susceptible à l’amantadine.
- Le zanamivir est
approuvé et recommandé pour traiter
l’infection par le virus de l’influenza A et B chez les
personnes de plus de sept ans (catégorie de
recommandation IA). On peut l’utiliser dans une
indication non autorisée pour prévenir l’infection par
le virus de l’influenza A et B chez les personnes de
cinq ans ou plus (catégorie de recommandation IA).
- L’oseltamivir est
approuvé pour prévenir l’infection par
les virus de l’influenza A et B chez les personnes
de 13 ans ou plus (catégorie de recommandation IA).
Ce médicament est également approuvé pour
prévenir l’infection par les virus de l’influenza A et
B chez les enfants de un an ou plus (catégorie de
recommandation IA). Il peut être utilisé dans une
indication non autorisée pour prévenir l’infection
par le virus de l’influenza A et B chez les personnes de un an et plus
(catégorie de recommandation IA).
D’après les données probantes actuelles, il ne faut
pas l’utiliser chez les nourrissons de moins d’un an
(catégorie de recommandation IIID).
- Puisque aucun
antiviral n’est approuvé pour les nourrissons
de un an ou moins, la SCP et AMMI Canada
favorisent énergiquement les recherches à ce sujet.
- La prévention de
l’influenza
Les
antiviraux sont recommandés pour remplacer l’immunisation
afin de prévenir l’influenza dans les situations
énumérées ci-dessous. Ces stratégies doivent s’accompagner
d’une sensibilisation et de l’information pertinente afin de
garantir un accès rapide aux antiviraux.
- Lorsqu’on ne
possède pas de vaccin efficace contre
une ou plusieurs souches d’influenza qui circulent
dans la collectivité et que l’exposition et le risque de
la maladie sont considérés comme persistants tout au
long de la flambée, on peut administrer de
l’amantadine, du zanamivir ou de l’oseltamivir jusqu’à
ce qu’un vaccin devienne disponible ou que la
flambée s’apaise (une « prophylaxie saisonnière »)
(catégorie de recommandation IB). D’après les
données actuelles, l’effet de ces trois médicaments
n’est pas uniforme dans tous les groupes d’âge, dans le
cadre d’une prophylaxie saisonnière.
Puisque aucun essai comparatif n’a été effectué pour
soutenir le choix d’un agent donné, le choix du
médicament à administrer dépend d’autres facteurs,
tels que la susceptibilité au virus (p. ex., le virus
H5N1 de l’influenza A est susceptible aux inhibiteurs
de la neuraminidase mais non aux inhibiteurs M2), la
commodité des doses (zanamivir = oseltamivir >>
amanta
dine), la tolérance (zanamivir > oseltamivir
>> amantadine) et le coût (amantadine << zanamivir
= oseltamivir). Le zanamivir n’est pas facile à
administrer chez les jeunes enfants ou les adultes
incapables de faire fonctionner le dispositif
d’inhalation.
On peut poursuivre la prophylaxie jusqu’à la
disparition de la flambée (en général, de six à huit
semaines). On peut également y mettre un terme si
un vaccin devient disponible ou si on pense que la
personne a contracté une influenza bénigne atténuée
par la chimioprophylaxie, ou que des tests de
laboratoire révèlent une infection par une influenza
subclinique au moyen
d’une culture, d’un test d’antigène rapide ou d’une réaction
en chaîne de la
polymérase des sécrétions respiratoires.
- Lorsque le vaccin
est contre-indiqué, la
chimioprophylaxie saisonnière, exposée dans la
partie IIA, peut être envisagée (catégorie de
recommandation IIIC). Par exemple, lorsqu’une
personne très vulnérable présente une
hypersensibilité immédiate à la protéine de l’œuf,
dont on peut trouver des traces dans les vaccins
préparés dans des œufs d’embryons de poulet, ou à
d’autres substances présentes dans la formulation du
vaccin, une chimioprophylaxie est recommandée. Le
choix du médicament devra au moins tenir compte
des facteurs énumérés dans la section IIA. La durée
de la prophylaxie peut correspondre à celle qui est
décrite dans la section IIA.
- Lorsqu’il faut
obtenir un effet protecteur immédiat, la
chimioprophylaxie est efficace et bien tolérée. Elle
peut s’imposer dans les situations suivantes :
- une flambée
diagnostiquée dans un milieu institutionnel
fermé,
- une flambée
diagnostiquée en milieu familial ou
- des maladies
dans la collectivité causées par
l’influenza pendant l’administration même du
vaccin.
Une flambée est
diagnostiquée dans un milieu institutionnel
fermé : On peut entreprendre une prophylaxie en milieu
institutionnel fermé après un diagnostic de flambée (catégorie
de recommandation IIB). On peut diagnostiquer une
flambée si au moins deux résidants contractent une maladie
d’allure grippale à moins de 72 heures d’écart et qu’un examen
de laboratoire confirme la transmission de l’influenza.
L’amantadine, le zanamivir et l’oseltamivir ont tous été
utilisés pour contrôler des flambées dans des centre
d’hébergement et de soins de longue durée. Le zanamivir et
l’oseltamivir peuvent être préférables à l’amantadine (catégorie
de recommandation IB).
En
général, on administre une chimioprophylaxie pendant
au moins dix jours en milieu institutionnel, pour contrôler
une flambée. On peut mettre un terme à la
prophylaxie si au moins huit jours se sont écoulés depuis
l’apparition du dernier cas d’influenza dans l’unité. Si de
nouveaux cas continuent de se déclarer, il faudra accessoirement
poursuivre la prophylaxie de manière qu’elle devienne
une prophylaxie saisonnière.
En
milieu familial : Lorsqu’un cas d’influenza se déclare en
milieu familial, il faut envisager une chimioprophylaxie
postexposition chez les membres non atteints, afin de
limiter la propagation de la maladie au sein de la famille
(catégorie de recommandation IA).
Les
membres de la famille non atteints devraient entreprendre
une chimioprophylaxie dans les plus brefs délais
après le dépistage d’une maladie qui ressemble à l’influenza
chez le cas de référence. L’amantadine, le zanamivir et
l’oseltamivir sont tous recommandés en prophylaxie postexposition
lorsque le virus y est susceptible. En général, la prophylaxie
dure de sept à dix jours.
Le
cas de référence peut être traité au moyen de la cure
de cinq jours recommandée au zanamivir ou à l’oseltamivir,
mais pas à l’amantadine. Le traitement du cas de référence à
l’amantadine provoque un échec de la prophylaxie à
l’amantadine chez les autres membres de la famille en raison
de la rapide apparition de mutants résistants à l’amantadine
chez le cas de référence. Si l’amantadine est la seule solution
disponible pour traiter le cas de référence dans la
maisonnée, il ne faut pas l’utiliser en prophylaxie auprès des
autres membres de la famille.
Lorsque
l’influenza provoque la maladie dans la collectivité
pendant même l’administration du vaccin : La chimioprophylaxie
peut protéger les individus jusqu’à l’apparition d’une
immunité induite par le vaccin (catégorie de recommandation
IIIB). Il faut la poursuivre pendant deux semaines après
la vaccination (une à deux doses). Lorsque le vaccin est coadministré
et vise à protéger l’individu contre une souche en
circulation provoquant des maladies au sein de la collectivité,
la chimioprophylaxie doit se poursuivre jusqu’à l’apparition
probable d’une immunité induite par le vaccin. Il peut falloir
de sept à dix jours pour que cette immunité se développe si les
souches virales du vaccin sont des variantes dérivées de
souches responsables de la maladie au cours des années précédentes,
de manière qu’il existe une certaine immunité
hétérologue qui peut être stimulée par le vaccin courant.
Lorsque
le vaccin contient un virus provenant d’une
mutation antigénique (p. ex., une souche pandémique), il
faudra peut-être au moins deux autres doses du vaccin pour
parvenir à l’immunité induite par le vaccin. Il faudra poursuivre
la chimioprophylaxie jusqu’à l’obtention d’une immunité
probable, démontrée par des essais cliniques. Cette
période correspondra probablement à deux ou trois semaines.
- Lorsque des personnes
très vulnérables sont vaccinées mais
que la ou les souches vaccinales ne correspondent
pas vraiment à l’un des antigènes hémagglutinines ou
neuraminidases de la souche en circulation, ou à ces
deux antigènes, une chimioprophylaxie saisonnière est
recommandée (catégorie de recommandation IIIB). La
prophylaxie est administrée pendant la période
indiquée à la section IIA.
- Lorsque les
personnes sont peu susceptibles de
répondre au vaccin en raison d’une
immunosuppression causée par des médicaments ou
par une maladie, une chimioprophylaxie saisonnière est recommandée (catégorie
de recommandation IIIB).
La prophylaxie est administrée pendant la période
indiquée à la section IIA.
- Le
traitement de l’influenza
En
général, une chimiothérapie antivirale est recommandée
pour les personnes atteintes d’une maladie grave et pour
celles qui risquent le plus de contracter des complications
de l’influenza ou de mourir prématurément à cause de la
maladie. Le traitement dure cinq jours (un traitement plus
long peut être indiqué chez les patients gravement immunosupprimés
qui demeurent symptomatiques et positifs au
virus).
- Lorsqu’on
administre des antiviraux pour traiter
l’infection au virus de l’influenza A ou B, il est
recommandé de ne pas prescrire de l’amantadine en
raison de la forte probabilité d’émergence d’une
résistance (catégorie de recommandation IA)
associée à une possibilité d’échec du traitement
(catégorie de recommandation IB) et de la
propagation à d’autres personnes recevant une
prophylaxie à l’amantadine (catégorie de
recommandation IA).
Puisque aucune
étude ne compare directement
l’efficacité relative et l’innocuité du zanamivir et de
l’oseltamivir, le choix de l’un de ces médicaments
doit se fonder sur des considérations comme la
capacité d’inhaler le zanamivir par la bouche ou d’en
tolérer l’effet irritant peu commun sur l’arbre
trachéobronchique, responsable d’un bronchospasme.
- Lorsque du
zanamivir ou de l’oseltamivir sont
administrés pour traiter l’influenza, il faut
entreprendre le traitement le plus tôt possible après
l’apparition des symptômes (catégorie de
recommandation IA) sans dépasser un délai de
48 heures (voir le point C ci-dessous).
- Lorsque le patient
est symptomatique depuis plus de
48 heures, il est recommandé de ne pas prescrire
d’antiviraux, à moins d’une immunosuppression et de
la présence d’une infection respiratoire évolutive
(catégorie de recommandation IIIC).
- Chez
le patient gravement malade, une thérapie associative
composée d’amantadine et d’un inhibiteur
de la neuraminidase peut être envisagé (catégorie de recommandation
IIIC).
-
Dans
le traitement des femmes enceintes atteintes
d’influenza,
il faut souligner qu’aucun des
médicaments
énumérés plus haut n’est recommandé,
car
on n’en a pas évalué l’efficacité ou l’innocuité
chez
les femmes enceintes et que leur utilisation n’est
pas
approuvée auprès d’elles (catégorie de
recommandation
IIIC). Cependant, la
biodisponibilité
du zanamivir est minime après son
administration
orale. C’est pourquoi le zanamivir en
inhalation
administré aux femmes enceintes est peu
susceptible
de s’associer à une exposition fœtale
marquée.
Par conséquent, du point de vue de
l’innocuité,
c’est peut-être le médicament de choix à
leur
administrer (catégorie de recommandation IIIC).
|
ANNEXE
Qualité
des preuves et catégories de recommandations*
|
|
| Qualité
des
preuves |
Description |
|
| I |
Données
obtenues dans le cadre d’au moins un essai comparatif bien conçu
randomisé
|
| II-1 |
Données
obtenues dans le cadre d’essais comparatifs bien conçus, sans
randomisation |
| II-2 |
Données
obtenues dans le cadre d’études de cohortes ou d’études
analytiques cas-témoins, réalisées
de préférence dans plus d’un centre ou par plus d’un groupe de
recherche
|
| II-3 |
Données
comparatives de différents lieux et époques avec ou sans intervention;
résultats spectaculaires d’études
non comparatives
|
| III |
Opinions
exprimées par des sommités dans le domaine et reposant sur l’expérience
clinique; études descriptives
ou rapports de comités d’experts
|
|
| Catégories
de
recommandations
|
Description |
|
| A |
Il
y a des preuves suffisantes pour recommander la mesure clinique préventive.
|
| B |
II
y a des preuves acceptables pour recommander la mesure clinique préventive.
|
| C |
Les
preuves sont insuffisantes pour qu’on puisse recommander l’inclusion
ou l’exclusion d’une mesure
clinique préventive, mais d’autres facteurs peuvent influer sur la
prise de décision.
|
| D |
Il
y a des preuves acceptables pour recommander d’exclure une mesure
clinique préventive.
|
| E |
Il
y a des preuves suffisantes pour recommander d’exclure une mesure
clinique préventive.
|
| F |
Les
preuves sont insuffisantes pour faire une recommandation, mais
d’autres facteurs peuvent influer
sur la prise de décision
|
|
|
*Données
tirées de la référence 12
|
RÉFÉRENCES
SÉLECTIONNÉES
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the Association of Medical Microbiology and Infectious Disease
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Pour
obtenir plus de renseignements, consultez les lignes directrices complètes sur
l’influenza, en anglais, dans
The
Canadian Journal of Infectious Diseases & Medical Microbiology [Can
J Infect Dis Med Microbiol Vol 17 No 5 September/October 2006] ou,
par voie électronique, à <http://www.pulsus.com/Infdis/17_05/Pdf/Allen.pdf>.
COMITÉ
DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION
Membres : Docteurs
Simon Richard Dobson, BC Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique);
Joanne Embree (présidente), université
du Manitoba, Winnipeg (Manitoba); Joanne Langley, IWK Health Centre, Halifax
(Nouvelle-Écosse); Dorothy Moore, L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal
(Québec); Gary Pekeles (représentant du conseil), L’Hôpital de Montréal
pour enfants, Montréal (Québec); Élisabeth Rousseau-Harsany (représentante
du conseil), CHU Sainte-Justine, Montréal (Québec); Lindy Samson, Centre
hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario)
Conseillère : Docteur
Noni MacDonald, département de pédiatrie, IWK Health Centre, Halifax
(Nouvelle-Écosse)
Représentants
: Docteurs
Upton Allen, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario) (Canadian
Pediatric AIDS Research Group); Scott
Halperin, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse) (IMPACT); Monica Naus,
BC Centre for Disease Control, Vancouver (Colombie-Britannique) (Santé Canada,
Comité consultatif national de l’immunisation); Larry Pickering, Centers for
Disease Control and Prevention, Atlanta (Géorgie) ÉU (American Academy of
Pediatrics, comité des maladies infectieuses)
Auteurs principaux : Docteurs
Upton D Allen, université de Toronto, Toronto (Ontario); Fred Y Aoki, université
du Manitoba, Winnipeg
(Manitoba); H Grant Stiver, université de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique)
ASSOCIATION
POUR LA MICROBIOLOGIE MÉDICALE ET L’INFECTIOLOGIE CANADA
Docteurs Gerald Evans (président), David Haldane, Elizabeth Lee Ford-Jones,
Michel Laverdière, Lindsay Nicolle, Corinna Quan, Kathryn Suh
Affiché en
novembre 2006
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| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.
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