La
prise en charge courante de l’infection au virus de l’herpès simplex chez
les femmes enceintes et leur nouveau-né
Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Résumé publé dans Paediatrics & Child Health
2006;11:366-8
No de référence : ID06-03
Révision en cours en février 2011
Index des documents de principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation
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ÉNONCÉ
DU PROBLÈME
Le virus de l’herpès simplex (VHS) s’associe aux maladies néonatales
depuis plus de six décennies (1). Nos connaissances sur l’épidémiologie, la
pathogenèse et l’évolution naturelle de ces maladies ont considérablement
progressé depuis 20 ans. Une antivirothérapie efficace a également favorisé
d’énormes percées dans la prise en charge des infections néonatales au VHS.
Malgré ces progrès, le VHS demeure une cause importante de morbidité et de
mortalité chez les nouveau-nés. Le présent document de principes traite des
enjeux courants reliés à la prévention, au diagnostic et au traitement de
l’infection périnatale au VHS. Il remplace un document déjà publié sur le
sujet (ID92-03).
LES
VIRUS DE L’HERPÈS SIMPLEX
Les virus de l’herpès simplex de types 1 et 2 font partie de la famille des
herpèsvirus (2). Comme les autres herpèsvirus, le VHS existe en état de
latence en demeurant inactif chez l’hôte. La réactivation du virus
infectieux ne s’associe généralement pas à des signes cliniques de lésions
récurrentes du VHS. Des réactivations silencieuses d’un point de vue
clinique sont plus fréquentes que les lésions récurrentes. Ces réactivations
sont souvent spontanées, sans facteurs déclenchants évidents, mais les récurrences
symptomatiques peuvent être reliées à un stress physique ou affectif, à
l’exposition à la lumière ultraviolette, à un endommagement des tissus et
à l’immunosuppression. Dans le cas du VHS génital, de nombreuses récurrences
ne sont pas vraiment silencieuses, mais ne sont pas dépistées cliniquement ou
ne sont pas diagnostiquées.
L’ÉPIDÉMIOLOGIE
L’incidence d’infection néonatale : D’après
les données du Programme canadien de surveillance pédiatrique, on a relevé 45
cas de VHS néonatal entre 2000 et 2003 (5,9 cas pour 100 000 naissances
vivantes au Canada) et un taux de létalité de 15,5 %. (3). L’incidence
varie selon les régions aux États-Unis, mais on a récemment documenté un
taux de un cas pour 3 200 accouchements (4). Environ 70 % des maladies
néonatales seulement sont imputables au VHS de type 2 et 30 %, au VHS de
type 1 (5).
L’infection maternelle et les facteurs influant sur la transmission au nouveau-né : L’infection génitale au VHS de la mère peut être classée dans les catégories suivantes : (1)
Primo-infection
(la mère est séronégative au VHS de types 1 et 2 à l’apparition de
l’infection).
Premier
épisode qui n’est pas une primo-infection (la mère a une nouvelle
infection à un type du virus, mais des anticorps à l’autre type du
virus)
Récurrente (la mère avait déjà des anticorps au type de virus isolé dans les voies génitales).
L’infection
génitale au VHS est une occurrence courante chez les femmes enceintes (6-12).
Toutefois, la plupart de ces infections sont silencieuses d’un point de vue
clinique pendant la grossesse. Il est rare que la mère soit atteinte d’une
maladie disséminée, mais la mortalité est élevée (13-15). En présence de lésions
du VHS, celles-ci sont généralement localisées (1).
D’ordinaire,
la transmission de l’infection au nouveau-né est reliée à l’excrétion
virale pendant l’accouchement. L’incidence de cette excrétion virale
oscille entre 0, 01 % et 0,39 % pour toutes les femmes enceintes, quels que
soient leurs antécédents d’herpès génital (6, 11). Dans une étude, on
observait des infections récurrentes symptomatiques pendant la grossesse chez
84 % des femmes qui avaient des antécédents de maladie symptomatique
(16). Cependant, l’excrétion virale à l’accouchement ne se produisait que
dans 0,56 % des infections symptomatiques et dans 0,66 % des
infections asymptomatiques. D’autres études ont donné des résultats
similaires (17). La fréquence d’excrétion ne semble pas varier selon le
trimestre de grossesse. D’après les données, la fréquence d’excrétion
est faible, ce qui réduit le risque d’infection néonatale lorsqu’une femme
a des infections récurrentes.
Environ
60 % à 80 % des femmes dont le nourrisson est infecté sont
asymptomatiques pendant la grossesse et l’accouchement et, selon le même
pourcentage, ni elles ni leurs partenaires n’avaient d’antécédents
d’herpès génital (5, 18-19). La catégorie d’infection maternelle à
l’accouchement influe sur la probabilité d’acquisition néonatale du VHS.
Les nourrissons nés d’une mère atteinte d’une véritable primo-infection
à l’accouchement sont les plus prédisposés à contracter le VHS, le taux de
transmission s’établissant à 50 % ou plus (5, 20). Quant aux
nourrissons nés d’une mère atteinte d’une nouvelle infection qui n’était
pas une primo-infection, le taux de transmission est de l’ordre de 30 %.
Le risque le plus faible de transmission néonatale se produit dans les cas
d’infection maternelle récurrente. Chez ces nourrissons, le taux d’atteinte
au VHS néonatal est inférieur à 2 % (1).
Les
femmes atteintes d’une primo-infection excrètent de grandes quantités de
parties reproduction du virus dans les voies génitales (21). Les femmes
atteintes d’une nouvelle infection qui n’était pas une primo-infection excrètent
aussi des titres élevés du virus (1). Bon nombre de cette deuxième catégorie
de femmes est asymptomatique. Ainsi, il est important de se rappeler que les
nouvelles infections se produisent souvent sans les caractéristiques cliniques
classiques qu’on croyait à l’origine associées à l’herpès génital
primaire et récurrent.
L’anticorps
neutralisant transplacentaire pourrait avoir un effet bénéfique sur
l’infection néonatale (22). Si la primo-infection de la mère se produit tard
pendant la gestation, il se peut que de fortes quantités d’anticorps
neutralisants ne soient pas transmises au nouveau-né. Le taux le plus élevé
de transmission provient des mères atteintes d’un herpès génital de novo
dont le bébé naît avant le transfert d’anticorps passifs et y est exposé
à l’accouchement ou dans les quelques premiers jours de vie (19, 20, 23).
La
durée de la rupture des membranes constitue un autre facteur. Des données du début
des années 1970 révèlent qu’une rupture prolongée des membranes (plus de
six heures) accroît le risque d’acquisition du VHS (24). Une césarienne est
recommandée en présence de lésions actives en début de travail (25).
Cependant, les bienfaits de la césarienne ne sont pas déterminés si les
membranes sont rompues depuis plus de six heures. La césarienne réduit le
risque d’infection du nouveau-né, sans toutefois l’éliminer (5, 26). Au
sein d’une vaste étude prospective de cohorte, la césarienne a considérablement
réduit le taux de transmission du VHS de 86 % par rapport à
l’accouchement par voie vaginale chez les femmes chez qui ont avait isolé le
VHS avant l’accouchement (4).
L’effet
d’un traitement suppresseur à l’acyclovir oral se compare favorablement à
la césarienne si les femmes enceintes atteintes d’herpès génital
l’entreprennent à 36 semaines de grossesse (27-31). Ce phénomène a été démontré
pour la première fois chez des femmes à qui on avait diagnostiqué un VHS pour
la première fois pendant leur grossesse (27).
Dans
le cadre d’une méta-analyse d’essais cliniques aléatoires de l’acyclovir
en vue de prévenir la récurrence d’herpès simplex à l’accouchement, la
prophylaxie à l’acyclovir était efficace pour réduire les récurrences de
VHS clinique au moment de l’accouchement (RR 0,25 [95 % IC 0,15 à 0,40]), de
césariennes imputables à l’herpès (RR 0,30 [95 % IC 0,13 à 0,67]), de dépistage
total du VHS à l’accouchement (RR 0,11 [95 % IC 0,04 à 0,31]) et d’excrétion
asymptomatique du VHS à l’accouchement (RR 0,09 [95 % IC 0,02 à 0,39]). Ces
données étayent le recours au traitement à l’acyclovir pour les femmes
atteintes d’herpès génital récurrent pendant la grossesse, afin de réduire
le risque de césarienne imputable à l’herpès et le risque que le VHS soit
présent dans les voies génitales à l’accouchement (32).
Il
est également avancé qu’une prophylaxie à l’acyclovir par voie orale en
fin de grossesse chez les femmes atteintes d’herpès génital récurrent est
plus rentable que la césarienne (33).
Le
recours à l’acyclovir dans les circonstances précédentes a soulevé
plusieurs questions. D’abord, l’utilisation d’acyclovir en fin de
grossesse ne s’associe pas à des réactions indésirables importantes à
court terme pour le fœtus et pour la mère (34-35). Cependant, il faut
accumuler des données supplémentaires avant de pouvoir tirer des conclusions définitives.
Il existe un risque de neutropénie induite par l’acyclovir chez les nouveau-nés
dont la mère a pris de l’acyclovir (36). Ensuite, la prise d’acyclovir peut
simplement faire passer le scénario clinique d’une excrétion symptomatique
à une excrétion asymptomatique (29). Enfin, l’apparition d’une résistance
à l’acyclovir est peu probable étant donné la courte durée de la
prophylaxie à l’acyclovir lorsque le traitement est entrepris à 36 semaines
de grossesse. Cependant, c’est un domaine qui doit faire l’objet d’études
plus approfondies, comme l’illustre un rapport récent faisant état de la présence
d’un mutant résistant à l’acyclovir chez un nouveau-né après seulement
sept jours de traitement à l’acyclovir alors que la mère n’avait pas pris
ce médicament (37).
D’autres
produits que l’acyclovir peuvent être envisagés, dont le famciclovir et le
valacyclovir en raison de leur meilleure biodisponibilité et de leur moins
grande fréquence d’administration.
Enfin,
certains types d’interventions pendant le travail et l’accouchement peuvent
influer sur le risque de transmission du VHS au nouveau-né, comme la rupture précoce
des membranes (entraînant une rupture prolongée des membranes), un monitorage
par électrode sur le cuir chevelu fœtal, des prélèvements sur le cuir
chevelu et l’utilisation des forceps ou d’une ventouse en pression négative
pendant l’accouchement (24, 38-40).
Le
moment de la transmission de l’infection :
Les nouveau-nés peuvent contracter l’infection au VHS in utero ou
pendant la période intrapartum ou postnatale. La principale voie de
transmission est intrapartum, mais l’infection postnatale est également
possible. D’après des données récentes du groupe d’étude antiviral du National
Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), la fréquence
d’infections au VHS de type 1 est d’environ 30 % (5). Cependant,
puisque le VHS de type 1 représente de 5 % à 20 % de toutes les
infections génitales au VHS, certains cas d’infection néonatale au VHS de
type 1 seraient contractés de sources non maternelles, pendant la période
postnatale.
Le
VHS peut être transmis pendant la période postnatale par des membres de la
parenté et du personnel de l’hôpital atteints d’herpès orolabial (38-39,
41-45). De plus, on a déjà documenté la transmission nosocomiale de
l’infection au VHS par des techniques de laboratoire spéciales, comme
l’analyse d’enzyme de restriction (1).
LES CARACTÉRISTIQUES ET LES ISSUES DE L’INFECTION NÉONATALE
Il est essentiel de préparer un système de classification de l’infection néonatale
au VHS pour susciter la présomption clinique de maladie au VHS, donner un
pronostic et élaborer un traitement (46-47). Le système actuel figure au
tableau 1. Il peut y avoir des chevauchements entre les divers syndromes. La
maladie disséminée touche de nombreux organes, notamment le foie et les
poumons. Les nouveau-nés ayant une atteinte localisée du SNC ou une maladie
disséminée n’ont pas nécessairement de lésions cutanées (48). Dans l’étude
antivirale coopérative du NIAID, 39 % des nourrissons atteints d’une maladie
disséminée n’ont jamais eu de lésions cutanées pendant leur maladie, par
rapport à 32 % de ceux souffrant d’une maladie du SNC et à 17 % de ceux
atteints d’une maladie localisée de la peau, des yeux et de la bouche (PYB)
(49). Ainsi, l’infection néonatale au VHS devrait être envisagée chez les
nourrissons présentant un syndrome de septicémie, notamment lorsqu’il
s’accompagne d’un dysfonctionnement hépatique. Il faudrait aussi
l’envisager chez les nouveau-nés fiévreux et irritables ayant des résultats
anormaux du LCR, surtout s’ils font des convulsions.
Dans
la plupart des cas, les symptômes initiaux d’infection au VHS se manifestent
pendant les quatre premières semaines de vie. Cependant, il arrive que la
maladie se déclare pour la première fois entre quatre et six semaines de vie
(50-51). Les nouveau-nés ayant contracté l’infection pendant la période
intra-utérine peuvent manifester des symptômes de maladie au VIH à la
naissance ou peu après la naissance.
Les
nourrissons atteints d’une maladie disséminée ont le pire pronostic global.
Dans certains cas, ils sont nés d’une mère atteinte d’une nouvelle
infection et qui n’avait pas d’anticorps à transférer passivement (52-53).
Pendant la période préantivirale, 85 % des nourrissons atteints de VHS disséminé
et 50 % de ceux atteints d’une maladie du SNC sont décédés (54). La
vidarabine et une faible dose d’acyclovir (30 mg/kg/jour) sont deux médicaments
qui réduisent le taux de mortalité à un an imputable à une maladie disséminée
et à une maladie du SNC (de 54 % et de 14 %, respectivement) (55). Le recours
à une dose plus forte d’acyclovir (60 mg/kg/jour) réduisait encore davantage
le taux de mortalité à un an découlant d’une maladie disséminée et
d’une maladie du SNC (de 29 % et de 14 %, respectivement) (56).
Parmi
les survivants ayant participé à deux études de l’acyclovir par voie parentérale
pour lesquels des données de suivi était disponibles à 12 mois de vie, 25 %
de ceux qui étaient atteints d’une maladie disséminée avaient des séquelles
neurologiques, par rapport à 70 % de ceux atteints d’une maladie du SNC
et à 2 % de ceux atteints d’une maladie de la PYB (49). Parmi les nouveau-nés
atteints d’une maladie de la PYB, des séquelles neurologiques ont été
documentées chez les nourrissons dont la maladie semblait limitée à la PYB.
Malgré des examens normaux au départ, l’atteinte neurologique devenait
apparente entre six mois et un an (5, 47, 54-55). Les nourrissons ayant des lésions
cutanées ont souvent des récurrences. Ils ne meurent généralement pas de ces
récurrences, mais jusqu’à 30 % d’entre eux ont des signes documentés
d’atteinte neurologique (5).
LES
RÉSULTATS DIAGNOSTIQUES DE TESTS DE LABORATOIRE
Il est possible de dépister le VHS par des cultures virales de l’oropharynx,
du nasopharynx, des selles, de la couche leucocytaire, du liquide céphalorachidien
(LCR) et de l’urine, par des réactions en chaîne de la polymérase (PCR) du
LCR et du sang, par la coloration immunofluorescente directe des anticorps des lésions
cutanées et par le dosage immunoenzymatique des antigènes du VHS. L’utilité
de ces modalités varie selon le type d’échantillon testé. Il est important
que le clinicien discute avec le virologiste lorsqu’il présume un cas de VHS
néonatal.
L’isolement
du virus demeure la meilleure méthode diagnostique du VHS néonatale (1-2).
Cependant, en présence de lésions cutanées, des techniques diagnostiques
rapides sont utiles, telles que l’immunofluorescence directe des cellules
infectées par le virus et le dosage immunoenzymatique pour déceler des antigènes
du VHS. La coloration par immunofluorescence directe n’est pas fiable à moins
que l’échantillon provienne d’une lésion cutanée. Les cellules prélevées
sur des échantillons oropharyngés ne conviennent pas aux épreuves
d’immunofluorescence directe (1).
L’isolement
du virus dans des cultures superficielles peuvent représenter une colonisation
si les échantillons ont été prélevés dans les 24 heures suivant la
naissance (1). Si ces cultures sont positives plus de 48 heures après la
naissance, elles représentent probablement une réplication virale active et
non une colonisation. Pour les nourrissons exposés à des lésions génitales
actives, il n’existe pas de données tirées d’études prospectives pour établir
l’utilité de procéder régulièrement à des cultures de surveillance lors
du diagnostic précoce de l’infection néonatale au VHS. Certains spécialistes
favorisent des cultures hebdomadaires pendant les quatre à six premières
semaines de vie pour les orienter quant à la nécessité de traitement à
l’acyclovir (25).
Bien
que les cultures du VHS puissent être positives chez les nourrissons atteints
d’une maladie disséminée, les cultures du LCR sont généralement négatives
chez ceux atteints d’une maladie localisée au SNC. Pour les patients précédents,
la réaction en chaîne de la polymérase (PCR) constitue une épreuve
diagnostique importante, car elle est plus sensible que la culture. Le PCR de
l’ADN du VHS dans le LCR évite les biopsies cérébrales chez les nourrissons
atteints d’un VHS présumé du SNC. Cependant, puisqu’il n’existe pas de
PCR de l’ADN du VHS sur le marché, les résultats de cette épreuve varient
selon les laboratoires. Étant donné cette variabilité, il faut faire preuve
de prudence lorsqu’on se fie aux résultats négatifs de telles épreuves pour
écarter une encéphalite à VHS, surtout si cette décision se fonde sur les résultats
d’une seule ponction lombaire effectuée dans les premières phases de la
maladie.
Il
est difficile de contrôler les résultats faux-positifs du PCR de l’ADN
attribuables à la contamination. Le taux de sensibilité du PCR varie entre 75
% et 100 % (57-58). Dans le cadre d’une étude, on a décelé le VHS par PCR
dans le LCR de 71 % des nourrissons avant d’entreprendre un traitement
antiviral (59). Le PCR était positif chez 24 % des nourrissons atteints d’une
maladie mucocutanée démontrée cliniquement (59). Des données supplémentaires
s’imposent pour connaître l’importance clinique de ces observations.
Les
nourrissons ne présentant aucune manifestation clinique de maladie du SNC
devraient aussi subir une ponction lombaire pour procéder au PCR de l’ADN
dans le LCR parce que certains d’entre eux souffrent peut-être d’une
infection non dépistée du VHS dans le SNC. Il est établi qu’une infection néonatale
au VHS peut survenir malgré des caractéristiques biochimiques et un dénombrement
cellulaire du LCR « normaux », surtout pendant les premières phases
de l’infection. Le PCR de l’ADN dans le LCR devrait être exécuté, même
si les paramètres précédents sont normaux.
L’évaluation
de la virémie du VHS au moyen du PCR de l’ADN est moins bien établie que
celle du PCR de l’ADN dans le LCR (60-62). Une étude a porté sur la charge
virale du VHS dans le sérum et le LCR au moyen d’un essai PCR en temps réel
(60). Les patients atteints d’une maladie disséminée affichaient une charge
virale plus élevée dans le sérum, tandis que ceux atteints d’une infection
du SNC affichaient une charge virale plus élevée dans le LCR. Les charges
virales étaient plus élevées chez les patients qui avaient succombé au VHS,
ce qui laisse supposer que la charge virale du VHS peut être utile dans l’évaluation
du pronostic des maladies néonatales au VHS. Un moins bon pronostic s’associe
aussi à la persistance de l’ADN du VHS dans le LCR pendant le traitement
(60).
Plusieurs
facteurs gênent le recours à la sérologie dans le diagnostic de l’infection
néonatale au VHS. En premier lieu, il est impossible de différencier les
anticorps IgG transplacentaires de l’IgG produit par le nourrisson. En deuxième
lieu, certains enfants très atteints ont une capacité de production
d’anticorps très réduite. En troisième lieu, la fiabilité des essais
d’anticorps à l’IgM du VHS offerts sur le marché laisse à désirer.
Dans
l’ensemble, chacun des tests de laboratoire du VHS comporte d’importantes
limites. Ainsi, les résultats de ces tests devraient être interprétés compte
tenu d’une évaluation attentive du bilan clinique et des résultats des tests
de laboratoire généraux qui peuvent laisser supposer une infection au VHS. Ces
tests sont l’ÉEG, la tomodensitométrie ou l’imagerie par résonance magnétique,
les transaminases hépatiques et la formule sanguine.
LE TRAITEMENT DE L’INFECTION NÉONATALE AU VHS
Parmi les agents évalués pour le traitement de l’infection néonatale au
VHS, l’acyclovir a émergé comme agent de choix (63-64).
Des
données récentes appuient le recours à de fortes doses d’acyclovir (60
mg/kg/jour répartis en trois doses) pour le traitement du VHS néonatal. Selon
les données tirées de l’étude coopérative du NIAID, les taux de mortalité
et de morbidité étaient plus faibles chez les nourrissons traités à l’aide
de plus fortes doses d’acyclovir (56). Ces données soutiennent
l’administration d’un traitement de 21 jours en cas de maladie du SNC et de
maladie disséminée. La biodisponibilité de l’acyclovir par voie orale est
limitée chez les nouveau-nés, ce qui provoque des taux insuffisants du médicament
(65). Par conséquent, un traitement parentéral s’impose.
Le
recours à de plus fortes doses d’acyclovir s’associe à une augmentation de
la fréquence de neutropénie (56). De plus, une hydratation suffisante est nécessaire
pour réduire le risque de néphrotoxicité.
Des
produits topiques (p. ex., la trifluridine) sont recommandés en plus de
l’acyclovir par voie parentérale chez les nouveau-nés atteints d’une
maladie oculaire (66).
En
raison de l’association entre les séquelles tardives et les lésions cutanées
récurrentes du VHS, on s’est interrogé sur l’intérêt d’un traitement
suppresseur prolongé à l’acyclovir par voie orale. L’administration
d’acyclovir par voie orale sous forme de traitement suppresseur peut prévenir
les récurrences de VHS après une maladie de la PYB (67). Cependant, on ne possède
pas de données pour vérifier si la suppression des récurrences cutanées grâce
à l’acyclovir par voie orale s’associe à une réduction de l’incidence
des séquelles neurologiques tardives (66).
Aucune
donnée n’indique l’intérêt de l’immunoglobine intraveineuse dans le
traitement du VHS néonatal (68-69).
Étant
donné le potentiel de séquelles neurologiques importantes chez les survivants
d’une infection néonatale au VHS, les nourrissons atteints devraient être
suivis attentivement. Ils devraient être dotés d’un programme de suivi
structuré comportant des évaluations neurodéveloppementales, ophtalmologiques
et audiologiques.
LA
PRÉVENTION DES INFECTIONS NÉONATALE AU VHS
Les femmes enceintes
Il faut demander à toutes les femmes enceintes si elles ou leur(s) partenaire(s) sexuel(s) ont des antécédents d’infection génitale au VHS. Il faut vérifier les signes et symptômes d’infection génitale au VHS chez toutes les patientes, dans le cadre de leurs évaluations prénatales (B-II-3).
Primo-infection ou premier épisode d’infection : Il est connu que ces femmes sont très susceptibles de transmettre le VHS à leur nouveau-né. Ces femmes pourraient tirer profit du traitement antiviral d’une primo-infection ou d’un premier épisode d’infection et d’un traitement de suppression à l’acyclovir à compter de la 36e semaine de grossesse, à une dose de 400 mg trois fois par jour (B-II-3).
Primo-infection au VHS au cours du troisième trimestre de grossesse : Un accouchement par césarienne devrait être proposé aux femmes qui développent une primo-infection au VHS au cours du troisième trimestre de grossesse (après 28 semaines), notamment lorsque les lésions se manifestent dans les six semaines précédant la date d’accouchement prévue et que la séroconversion maternelle ne s’est pas encore produite (B-II-3). Il est recommandé de consulter des spécialistes de l’infectiologie, surtout si des questions surgissent quant à l’état de séroconversion de la femme.
Infections génitales récurrentes au VHS pendant la grossesse : Les données probantes et les avis consensuels s’accumulent pour proposer un traitement suppresseur à l’acyclovir (400 mg trois fois par jour à compter de 36 semaines de grossesse) aux femmes enceintes qui présentent des infections génitales récurrentes au VHS pendant leur grossesse (B-I).
Pendant le travail, il faut demander à toutes les
femmes si elles ont eu des symptômes récents et bien les examiner pour déceler
des signes éventuels d’infection génitale au VHS (A-II-3).
En présence de lésions causées au VHS dans la zone périnéale, une césarienne est recommandée. Ce type d’accouchement peut réduire le risque d’infection néonatale au VHS s’il est effectué dans les quatre à six heures suivant la rupture des membranes (B-II-3). Cependant, de nombreux spécialistes recommandent une césarienne même si les membranes sont rompues depuis plus de six heures (B-III).
Il faut procéder immédiatement à une césarienne chez une femme à terme dont les membranes sont rompues et qui présente des lésions génitales actives (B-II-3). Cependant, la prise en charge idéale de l’accouchement n’est pas établie si les membranes sont rompues à un âge gestationnel où les poumons fœtaux sont encore très immatures. Dans un tel cas, certains spécialistes recommandent d’administrer de l’acyclovir par voie intraveineuse (15 mg/kg/jour répartis en trois doses, pour un maximum de 1 200 mg/jour) à la mère en cas de retard du travail et de l’accouchement (F-III).
En l’absence de lésions génitales, des antécédents maternels d’infection génitale au VHS ne justifient pas un accouchement par césarienne (D-III).
Dans la mesure du possible, il faut éviter les interventions qui peuvent accroître le risque d’infection chez les femmes atteintes d’une infection génitale active au VHS (D-II-3). Ces interventions sont la rupture précoce des membranes, le monitorage par électrode sur le cuir chevelu fœtal et les prélèvements sur le cuir chevelu.
La démarche de prise en charge du nourrisson asymptomatique exposé au VHS pendant l’accouchement tient compte de l’état de la mère. Souffre-t-elle d’une primo-infection démontrée ou présumée, de lésions récurrentes connues ou son état est-il inconnu? On peut présumer que les femmes de la dernière catégorie souffrent d’une primo-infection.
Les nourrissons nés par voie vaginale
Il faut effectuer des cultures du VHS chez tous les nourrissons asymptomatiques exposés au VHS pendant l’accouchement et ce, 48 heures après la naissance (B-III). De plus, des cultures sont recommandées si la mère a souffert d’une infection au VHS pendant sa grossesse mais qu’elle ne présentait aucune lésion visible à l’accouchement. Il faut obtenir des prélèvements d’urine, de selle ou du rectum, de la bouche, des yeux et du nasopharynx. L’une des possibilités consiste à effectuer des cultures de surveillance hebdomadaires pendant quatre à six semaines afin de déceler toute trace de réplication virale active avant l’apparition de franches manifestations de la maladie (B-III).
Il n’existe pas de consensus ferme quant à la prise en charge antivirale des nourrissons asymptomatiques dont la mère souffre d’une primo-infection démontrée ou présumée. La plupart des spécialistes recommandent l’administration empirique d’acyclovir à la naissance (B-III). D’autres préfèrent attendre les résultats des cultures du VHS ou les symptômes ou les signes d’infection avant d’amorcer le traitement. Quoi qu’il en soit, il faut prélever un échantillon de liquide céphalorachidien (LCR) avant d’amorcer le traitement. La durée de ce traitement peut dépendre en partie des résultats de laboratoire émergents, mais elle devrait être de 14 à 21 jours.
Il faut observer attentivement le nourrisson dont la mère présente des lésions génitales récurrentes afin de déceler toute trace d’infection. Le traitement à l’acyclovir n’est pas recommandé pour le nourrisson asymptomatique (B-III).
Chez tous les nourrissons symptomatiques, il faut évaluer la possibilité d’infection au VHS dans le cadre d’une évaluation complète de septicémie. La réaction en chaîne de la polymérase (PCR) du LCR est recommandée chez tous ces nourrissons.
Chez ces nourrissons symptomatiques, il faut obtenir des prélèvements des lésions cutanées, de la conjonctive, du nasopharynx, de la bouche, des selles ou du rectum, de l’urine, de la couche leucocytaire et du LCR. Il faudrait également envisager une analyse sanguine par PCR (B-III).
Chez ces nourrissons, il faut amorcer un traitement à l’acyclovir si l’infection au VHS est fortement présumée ou si l’un des tests précédents en révèle la présence (B-III). Cet indice de suspicion devrait être maintenu pendant six semaines.
Il faut personnaliser la période d’observation en milieu hospitalier des nourrissons plus vulnérables à une infection au VHS, compte tenu des ressources locales, de la qualité de l’observation à domicile et de la nature du suivi (B-III).
Puisqu’une infection néonatale au VHS peut surgir de quatre à six semaines après l’accouchement, les médecins et les soignants doivent être vigilants, et il faut évaluer convenablement les éruptions et les symptômes (B-III).
Les nourrissons nés par césarienne
Les nourrissons nés par césarienne au moins six heures après la rupture des membranes et dont la mère présentait des lésions herpétiques devraient être mis sous observation attentive et subir les cultures énumérées plus haut. L’antivirothérapie n’est pas amorcée systématiquement chez les nouveau-nés asymptomatiques, mais elle devrait l’être si les résultats des cultures du nourrisson sont positifs au VHS ou si l’infection au VHS est fortement présumée d’après des critères cliniques (B-III).
Les mesures de contrôle de l’infection (tableau 4) (66, 70)
Les femmes atteintes du VHS en travail et pendant la période postpartum
Il faut prendre des précautions de contact (pratique de routine) auprès des femmes qui ont des lésions de VHS pendant le travail, l’accouchement et la période postpartum. Il est essentiel de se laver soigneusement les mains avant et après les soins du nourrisson (B-III). Les mères ayant des lésions aux mains doivent respecter les mesures d’hygiène recommandées et mettre des gants pour manipuler leur nourrisson.
L’allaitement peut être permis si la mère n’a pas de lésions sur les seins et si les lésions actives sont couvertes. Une jaquette propre peut être utilisée pour éviter le contact entre le nourrisson et les lésions ou les sécrétions infectées (B-III).
Les mères atteintes d’herpès labial ou de stomatite doivent porter un masque jetable lorsqu’elles touchent leur nourrisson, jusqu’à ce que les lésions aient croûté ou séché. Il faut éviter les baisers et les câlins au nouveau-né jusqu’à la disparition des lésions (B-III).
Les nouveau-nés atteints d’une infection au VHS et les nouveau-nés exposés
Il faut isoler des contacts les nouveau-nés atteints d’une infection au VHS (en plus des précautions d’usage) pendant la durée de leur maladie (B-III).
Il faut prendre des précautions au contact des nouveau-nés d’une mère ayant des lésions actives du VHS pendant l’hospitalisation, jusqu’à quatre semaines de vie. Cependant, certains spécialistes ne recommandent pas de précautions de contact si le nourrisson est né par césarienne et que les membranes ont été rompues pendant moins de quatre à six heures (B-III).
LES TESTS DIAGNOSTIQUES DE L’INFECTION NÉONATALE AU VHS
La Société canadienne de pédiatrie fait les recommandations suivantes :
Dans l’évaluation de l’infection néonatale au VHS, il faut obtenir des prélèvements des lésions cutanées, de la bouche, du nasopharynx, de la conjonctive, de l’urine, des selles ou de l’anorectum, de la couche leucocytaire et du LCR. Des cultures positives prélevées à l’un de ces foyers plus de 48 heures après l’accouchement sont indicatrices d’une réplication virale plutôt que d’une colonisation après une exposition intrapartum (B-III, tableau 2).
Il ne faut pas se fier aux tests sérologiques parce qu’ils ne contribuent généralement pas à diagnostiquer une infection néonatale aiguë au VHS (E-II-3).
Un PCR pour déceler l’ADN du VHS dans le LCR constitue le mode diagnostique de choix de l’encéphalite au VHS (A-II-3).
Le traitement à l’acyclovir en cas d’infection néonatale au VHS devrait être de 14 jours si la maladie est limitée à la peau, aux yeux et à la bouche, et de 21 jours si la maladie touche le système nerveux central ou est disséminée (B-III).
Le recours à l’acyclovir par voie orale est contre-indiqué dans le traitement de l’infection au VHS chez le nouveau-né (E-III).
On ne connaît pas la prise en charge optimale des récidives post-traitement. La valeur d’un traitement suppresseur ou intermittent prolongé à l’acyclovir pour les nourrissons atteints d’une infection de la peau, des yeux et de la bouche est en cours d’évaluation. Aucune recommandation définitive ne peut être présentée pour l’instant.
En plus de l’acyclovir administré par voie parentérale, les nouveau-nés souffrant d’une atteinte oculaire causée par leur infection au VHS devraient recevoir un agent topique ophtalmique, tel que de la trifluridine (B-III).
Les nourrissons atteints d’une infection au VHS devraient faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation de maladie récurrente et de séquelles neurologiques. Ces lésions sont plus susceptibles de se manifester chez les nourrissons atteints d’une maladie du SNC ou d’une maladie disséminée diagnostiquées. Les lésions cutanées récurrentes sont fréquentes chez les nourrissons atteints d’une infection néonatale au VHS et peuvent s’associer à des séquelles du système nerveux central si elles se produisent pendant les six premiers mois de vie (B-III). Par conséquent, l’examen et le PCR du LCR, associés à un traitement intraveineux à l’acyclovir, s’imposent au moment de la récurrence des lésions cutanées (B-III).
Plusieurs aspects de la prévention, du diagnostic et de la prise en charge de l’infection néonatale au VHS doivent faire l’objet de recherches plus approfondies. Les domaines suivants sont prioritaires :
La prise en charge des femmes atteintes d’un VHS primaire connu ou présumé ayant une rupture prématurée des membranes.
La pharmacocinétique de l’acyclovir chez les nourrissons de très petit poids à la naissance.
L’étendue du problème et la signification du VHS résistant à l’acyclovir chez les nouveau-nés ayant une exposition prolongée à l’acyclovir.
Les répercussions d’un traitement suppresseur prolongé sur a) l’issue neurologique du nourrisson, b) sa réponse immunitaire.
Le rôle des produits plus récents, tels que le famciclovir et le valacyclovir, dans des situations où un traitement par voie oral est souhaitable (un traitement suppresseur prolongé pour les nourrissons et en prophylaxie pour les femmes atteintes du VHS pendant la grossesse).
L’élaboration plus poussée et la normalisation du PCR par des études sur l’utilité de cette épreuve sur divers liquides organiques.
Le futur rôle de la polythérapie antivirale à l’acyclovir et aux anticorps monoclonaux du VHS.
L’élaboration de vaccins contre le VHS.
COMITÉ
DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION (2005-2006)
Membres
: Docteurs
Simon Richard Dobson, BC’s Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique);
Joanne Embree (présidente), université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba);
Joanne Langley, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Dorothy Moore,
L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec); Gary Pekeles (représentant
du conseil), L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec; Élisabeth
Rousseau-Harsany (représentante du conseil), CHU Sainte-Justine, Montréal (Québec);
Lindy Samson, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa
(Ontario)
Conseillère
: Docteur
Noni MacDonald, département de pédiatrie, IWK Health Centre, Halifax
(Nouvelle-Écosse)
Représentants
: Docteurs
Upton Allen, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario) (Canadian
Paediatric AIDS Research Group); Scott Halperin, IWK Health Centre, Halifax
(Nouvelle-Écosse) (IMPACT); Monica Naus, BC Centre for Disease Control,
Vancouver (Colombie-Britannique) (Santé Canada, Comité consultatif national de
l’immunisation); Larry Pickering, Centers for Disease Control and Prevention,
Atlanta (Géorgie) États-Unis (American Academy of Pediatrics, comité des
maladies infectieuses)
Auteur
principal : Docteur
Upton Allen, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario)
TABLEAU
1
STRUCTURE
DE CLASSEMENT DE L’INFECTION NÉONATALE AU VHS
| Type de présentation |
Fréquence relative |
|
Infection
intra-utérine |
Moins de 5 % |
| Infection postnatale | |
|
Maladie disséminée |
25 % |
| Maladie de la peau, des |
35 % |
| yeux et des muqueuses | |
| Maladie localisée du SNC |
40 % |
TABLEAU
2
|
Conception
de la recherche |
Définition |
|
I |
Données obtenues dans le cadre d’au moins un essai
comparatif bien conçu randomisé |
|
II-1 |
Données obtenues dans le cadre d’essais
comparatifs bien conçus, sans randomisation |
|
II-2 |
Données obtenues dans le cadre d’études de
cohortes ou d’études analytiques cas-témoins, réalisées de préférence
dans plus d’un centre ou par plus d’un groupe de recherche |
| II-3 |
Données comparatives de différents lieux et époques
avec ou sans intervention; résultats spectaculaires d’études non
comparatives |
|
III |
Opinions exprimées par des sommités dans le domaine
et reposant sur l’expérience clinique; études descriptives ou rapports
de comités d’experts |
|
Catégories
de recommandations |
Définition |
| A |
Il y a des preuves suffisantes pour en
recommander l’utilisation. |
| B |
Il y a des preuves acceptables pour en
recommander l’utilisation. |
| C |
Les preuves sont insuffisantes pour qu’on
puisse recommander l’inclusion ou l’exclusion d’une intervention,
mais des recommandations peuvent être formulées pour d’autres motifs. |
| D |
On
dispose de preuves acceptables pour en recommander l’exclusion. |
| E |
Il
y a des preuves suffisantes pour en recommander l’exclusion. |
| F |
Les preuves sont insuffisantes pour qu’on
puisse faire une recommandation, mais d’autres facteurs peuvent influer
sur la prise de décision. |
|
L’ÉVALUATION
INITIALE DES NOURRISSONS PRÉSENTANT DIVERS RISQUES D’INFECTION AU VHS |
||||
|
Épreuves
ou traitements demandés |
Nouveau-nés symptomatiques |
Nouveau-nés
asymptomatiques |
||
|
Études
microbiologiques |
Accouchement
par voie vaginale |
Césarienne |
||
|
RM
> 6 heures |
RM
< 6 heures |
|||
|
Lésion cutanée : culture virale et examen direct |
+ |
n.a. |
n.a. |
n.a. |
|
LCR : culture virale et PCR du VHS |
+ |
- |
- |
|
|
Sang : culture virale et PCR |
+ |
+/- |
+/- |
- |
|
Conjonctive : culture virale |
+ |
+ |
+ |
+/- |
|
Nasopharynx : culture virale |
+ |
+ |
+ |
+/- |
|
Rectum : culture virale |
+ |
+ |
+ |
+/- |
|
Urine : culture virale |
+ |
+ |
+ |
+/- |
|
|
|
|
|
|
|
Autres
études |
|
|
|
|
|
Dénombrement cellulaire, glucose, protéines du LCR |
+ |
- |
- |
- |
|
Formule sanguine et leucocytaire |
+ |
+ |
+ |
+/- |
|
Épreuve de fonction hépatique |
+ |
- |
- |
- |
|
Électroencéphalogramme |
+ |
- |
- |
- |
|
Tomodensitométrie ou IRM crânienne |
+ |
- |
- |
- |
|
Radiographie pulmonaire |
+ |
- |
- |
- |
|
Pharmacothérapie |
|
|
|
|
|
|
|
Mère
atteinte de VHS primaire démontré ou présumé OUI* |
|
|
|
Mère
atteinte de VHS récurrent NON |
||||
RM : Rupture des membranes; n.a. : non applicable * Démarche
recommandée par la plupart des spécialistes; ligne de conduite non exclusive
|
Catégories de patients atteints du VHS |
Mesures préventives |
| Femmes atteintes de VHS actif | |
|
Pendant le travail et l’accouchement |
Précautions de contact |
|
Période postpartum |
Précautions de contact Lavage soigneux des mains avant et après le contact avec le nourrisson |
|
Allaitement |
En l’absence de lésions sur les seins et si les lésions situées
ailleurs sont couvertes |
|
Herpès labial ou stomatite |
Port d’un masque jetable pour toucher l’enfant jusqu’à ce que
les lésions soient sèches et croûtées; pas de câlins et de baisers en
présence de lésions actives |
|
Lésions aux mains |
Lavage des mains et port de gants avant de manipuler le bébé |
| Nouveau-nés atteints du VHS |
Précautions de contact Lavage soigneux des mains avant et après le contact avec le nourrisson Isolement des autres nourrissons pendant la durée de la maladie |
|
Nouveau-nés
exposés au VHS |
|
|
Accouchement par voie vaginale |
Précautions de contact pendant la durée de l’hospitalisation,
jusqu’à quatre semaines de vie |
|
Césarienne |
Comme ci-dessus; certains spécialistes ne recommandent pas les précautions
de contact si l’accouchement a eu lieu par césarienne et que les
membranes ont été rompues pendant moins de quatre à six heures |
Recommandations modifiées à partir de la référence 66
Affichage : août 2006
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |