Les
produits antimicrobiens à domicile : Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Paediatrics & Child Health 2006;11(3):177-182
No de référence : ID06-02
Révision en cours en janvier 2010
Aussi disponible : Les
produits antimicrobiens à domicile
Index des documents de principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation
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De plus
en plus, les agents antimicrobiens sont intégrés à une vaste gamme de
produits domestiques (1,2). Les principes reliés à l’usage judicieux des
antibiotiques contre les infections pédiatriques courantes ont été publiés
et révisés (3). Cependant, on n'a pas établi de principes similaires à l’égard
des produits antimicrobiens utilisés à domicile. Le présent document de
principes porte sur les risques et les bienfaits des produits antimicrobiens à
domicile et énonce les mesures d’hygiène domestique en présence de scénarios
courants.
LES
TYPES DE PRODUITS ANTIMICROBIENS À
DOMICILE
Les
produits chimiques antimicrobiens (biocides) incluent les stérilisants, les désinfectants
et les fongicides. En général, les biocides sont des molécules synthétiques
ou semi-synthétiques qui, au-dessus de certaines concentrations et dans des
conditions précises, tuent des cellules vivantes à des intervalles précis.
Les stérilisants détruisent toutes les formes de vie microbienne, les désinfectants
éli-minent les bactéries pathogènes et les agents d’assainissement réduisent
le nombre de contaminants microbiens, tandis que les fongicides détruisent les
champignons qui se trouvent sur les surfaces inanimées et qui sont pathogènes
pour les humains et les animaux
Des
dispositifs mécaniques sont parfois utilisés pour contrôler les
microorganismes dans l’air ambiant, y compris les purificateurs d’air électroniques,
les générateurs ioniques, les filtres mécaniques, les filtres plissés (p.
ex., à haute efficacité contre les matières en suspension), les filtres à
charbon actif, les ozoniseurs, la lumière ultraviolette et les mécanismes
thermiques.
Les
dispositifs imprégnés comprennent une grande variété de produits domestiques,
tels que les vêtements (p. ex., sous-vêtements, vêtements sportifs et jeans),
les jouets, les ustensiles de cuisine et de nombreux produits de plastique.
Parmi les autres produits antimicrobiens, soulignons les nettoyeurs à vitre,
les baguettes chinoises et les produits pour le coucher (p. ex., oreillers,
draps, serviettes et pantoufles) dans certains pays (2).
Les ingrédients
actifs contenus dans les types de produits précédents comprennent tant les
alcools, les peroxydes et les halogénures que les produits chimiques
antimicrobiens, comme le triclosan et les composés d’ammonium quaternaire.
Les
antiseptiques à base d’alcool pour les mains contiennent de l’isopropanol,
de l’éthanol ou du n-propanol, seuls ou en association (4). Les alcools dénaturent
les protéines, qu’on croit être le principal mécanisme de l’action
antimicro-bienne. Les solutions contenant de 60 % à 95 % d’alcool sont les
plus efficaces. L’action antimicrobienne de l’alcool est transitoire, mais
ses effets peuvent être prolongés par l’ajout d’autres produits chimiques,
comme la chlorhexidine ou le triclosan. Les alcools ont un large spectre
d’activité, mais ils sont moins actifs contre les spores bactériennes,
certains virus non enveloppés (non lipophiles) et les ookystes protozoaires.
Les nettoyants pour les mains à base d’alcool sont actifs contre plusieurs
virus non enveloppés (p. ex., rotavirus, adénovirus, rhinovirus, hépatite A
et poliovirus). Cependant, l’alcool n’est peut-être pas efficace contre
l’hépatite A et d’autres virus non lipophiles, selon la concentration
d’alcool et la période au cours de laquelle les virus sont exposés à
l’alcool.
Le
gluconate de chlorhexidine est un bisbiguanide catio-nique (4). On pense que son
mécanisme d’action provient de la perturbation des membranes cytoplasmiques
suivie d’une précipitation des matériaux cellulaires. Le gluconate de
chlorhexidine est actif contre les bactéries gram positives, moins actif contre
les bactéries gram négatives et les champignons et n’a qu’une activité
minimale contre le Mycobacterium tuberculosis. Non sporicide, il est doté
d’une activité in vitro contre les virus enveloppés (p. ex., virus de
l’herpès simplex, VIH, cytomégalovirus, influenza et virus respiratoire
syncytial) mais d’une activité moindre contre les virus non enveloppés (p.
ex., rotavirus, adénovirus et entérovirus). Le gluconate de chlorhexidine se
trouve dans plusieurs préparations pour l’hygiène des mains et détergents
antiseptiques.
Le
triclosan est une substance non ionique, qui a été intégré à des savons et
à d’autres produits de consommation (4). Les concentrations de 0,2 % à 2 %
ont une activité antimicrobienne. Le triclosan pénètre dans les cellules bactériennes
et perturbe la membrane cytoplasmique ainsi que la synthèse de l’ARN, des
acides gras et des protéines. Doté d’un large spectre d’activité
antimicrobienne, il est souvent bactériostatique. L’activité du triclosan
contre les organismes gram positifs est plus élevée que contre les bacilles
gram négatifs. Cet agent possède une activité raisonnable contre les mycobactéries
et les espèces à Candida, mais son acti-vité est limitée contre les
champignons filamenteux. À l’instar de la chlorhexidine, l’activité du
triclosan sur la peau est plus persistante que celle de l’alcool.
Les
composés d’ammonium quaternaire
L’activité
antimicrobienne des composés d’ammonium quaternaire est probablement
attribuable à leur adsorption dans la membrane cytoplasmique, suivie d’un écoulement
de composés cytoplasmiques de faible poids moléculaire (4). Les composés
d’ammonium quaternaire sont surtout bactériostatiques et fongistatiques, mais
à fortes concentrations, ils sont microbicides contre certains organismes. Ils
sont plus actifs contre les bactéries gram positives que contre les bacilles
gram négatifs. Ils sont actifs contre les virus lipophiles, mais moins contre
les mycobactéries et les champignons. Parmi ces composés, les chlorures de
benzal-konium sont les plus utilisés.
Plusieurs
agents antimicrobiens peuvent être utilisés seuls ou en association. Il est
bien établi que certains, comme les produits à base de chlore et d’iode,
sont très utiles dans des situations particulières (p. ex., une solution
d’eau de Javel diluée, ou daquin, est recommandée pour nettoyer les
renversements de liquides corporels) (4). Le chloroxylénol (parachlorométaxylénol
ou PCMX) est utilisé dans les savons antimicrobiens, et comme agent de
conservation dans les cosmétiques et d’autres produits (4).
Les
mouchoirs de papier imprégnés d’un agent antiviral font l’objet de
promotions. Le premier de ces mouchoirs à avoir été mis sur le marché l’a
été par Kleenex (Kimberly-Clark, États-Unis) (5). Le mouchoir a trois épaisseurs,
et celle du milieu s’active à l’humidité. Cette épaisseur renferme de
l’acide citrique et du laurylsulfate de sodium actifs contre les rhinovirus et
plusieurs virus enveloppés, respectivement. Le produit est virocide in vitro
contre les rhinovirus de type 1A et de type 2, l’influenza de type A et de
type B et le virus respiratoire syncytial. Cependant, un virus transféré du
nez à un mouchoir sans passer par l’épaisseur active demeure infectieux. On
n’a pas établi si ce produit peut réduire la transmission des infections
respiratoires à domicile. On postule que de fréquents lavages des mains
seraient plus efficaces (5).
L’EFFICACITÉ
RÉELLE DES PRODUITS ANTIMICROBIENS
L’activité
in vitro de certains produits est décrite ci-dessus. La valeur de certains
agents pour des usages particuliers est bien établie (p ex., eau de Javel et
alcools). Le recours au daquin est recommandé pour nettoyer des renversements
importants de liquides corporels. Des solutions et des gels à base d’alcool
peuvent être utilisés pour se laver les mains s’il est impossible
d’utiliser de l’eau et du savon. Pour ce qui est des autres produits bactériens,
divers degrés d’efficacité ont été démontrés dans des tests de
suspension in vitro (6,7). Pendant une étude (6), les effets d’un détergent
à vaisselle antibactérien sur l’Escherichia coli, le Salmonella enteritidis,
le staphylocoque doré et le Bacillus cereus ont été évalués dans un test de
suspension modifié et sur des éponges usagées contenant ou non des résidus
alimentaires, dans des conditions de laboratoire. Les investigateurs ont également
effectué des tests dans des maisons pour évaluer l’efficacité du détergent
à vaisselle antibactérien. Les résultats ont démontré que le détergent à
vaisselle antibactérien réussissait à diminuer le nombre de pathogènes dans
les tests de suspension en laboratoire, mais non dans les éponges usagées de véritables
situations domestiques. Cette observation indique que pour déterminer
l’efficacité d’un produit antibactérien, il faut évaluer son utilisation
en situation réelle. L’efficacité des agents antibactériens a été évaluée
dans un essai aléatoire et contrôlé très récent (7). Dans le cadre de cet
essai, Larsen et coll. (7) ont étudié deux séries de maisons de Manhattan, et
ont orienté 120 maisons (552 personnes) vers des agents contenant des antibactériens.
Le groupe témoin (118 maisons, 586 personnes) a reçu des agents à
l’emballage identique, mais sans propriétés antibactériennes. L’activité
antibactérienne était définie par la présence de triclosan, de composés
d’ammonium quaternaire, d’hypochlorite ou d’autres agents microbicides
antimicrobiens, reconnaissables dans des concentrations supérieures aux niveaux
de conservation. Aucune différence n’a été constatée dans les épisodes de
maladies infectieuses.
Ainsi, même
si l’activité in vitro de divers produits a été démontrée, leur efficacité
en situation réelle à domicile ne l’est pas et n’est pas étayée par les
données tirées du seul essai aléatoire sur le sujet.
Les mécanismes
de la résistance antimicrobienne et la diminution de la susceptibilité aux
biocides
Les
microorganismes possèdent des mécanismes évolués qui leur permettent d’échapper
à l’action des antimicro-biens. Plusieurs mécanismes de résistance différents
ont été décrits dans les bactéries (8). Ces mécanismes sont l’inhibition
enzymatique, l’imperméabilité de la membrane, les pompes d’efflux, l’altération
du ribosome-cible, l’altération de précurseurs-cibles de la paroi cellulaire,
l’altération des enzymes-cibles, la surproduction d’enzymes-cibles et des
auxotrophes qui contournent les étapes inhibées. Certains de ces mécanismes
s’appliquent théoriquement aux biocides, mais ils sont moins bien étudiés.
Lorsque des changements de susceptibilité aux antibiotiques et aux biocides se
produisent simultanément, les déterminants de la résistance touchent surtout
des gènes qui codent les pompes d’efflux polychimiothérapeutiques. Ces gènes
peuvent être nés dans le plasmide d’espèces gram positives ou codés dans
les chromosomes d’espèces gram négatives (9).
Des
exemples d’utilisation des biocides et de diminution de la susceptibilité
Des
mutants, résistants au triclosan, du E coli, du staphylocoque doré et
d’autres organismes ont été isolés en laboratoire (9-11). Le recours au
triclosan pourrait favoriser la croissance de souches résistantes de
Streptococcus pneumoniae et d’Enterococcus faecalis (2). Ce constat a soulevé
des inquiétudes quant à l’effet de l’usage à domicile de biocides
produisant des résidus sur la microbiologie du domicile et sur l’efficacité
à long terme des biocides. Bien qu’à court terme, une diminution de la
susceptibilité aux biocides soit possible en réaction à leur exposition, il
est peu probable que ce phénomène compromette l’efficacité de ces agents
lorsque des concentrations beaucoup plus élevées sont uti-lisées. Cependant,
les conséquences à long terme de l’usage persistant de biocides et d’une résistance
émergente sont moins évidentes. L’une des préoccupations n’est pas
seulement reliée à l’efficacité des biocides, mais au potentiel d’interrésistance
avec des antibiotiques importants (10).
Des
liens potentiels entre le recours aux biocides et l’antibiorésistance
On
s’inquiète que l’usage des biocides contribue à l’antibiorésistance
(10,12). Des données publiées par Levy (10) démontrent l’apparition de
souches émergentes de E coli résistantes au triclosan et dont la résistance
est faible, moyenne ou forte. Tous les mutants se trouvaient dans un seul gène
(fab1) qui code un enzyme nécessaire à la biosynthèse des acides gras. Ce gène
produit aussi une résistance à d’autres antimicrobiens qui ne sont pas reliés
d’un point de vue structurel, tels que l’isoniazide. L’investigateur a démontré
que les souches mutantes de Mycobacterium smegmatis résistantes au triclosan étaient
également résistantes à l’isoniazide (13). Le M smegmatis a démontré une
interrésistance aux deux médicaments, que les mutants résistants soient sélectionnés
par le triclosan ou par l’isoniazide. Jusqu’à présent, les souches
d’isoniazide résistantes au Mycobacterium tuberculosis ne s’accompagnent
d’aucune interrésistance.
Des données
probantes obtenues en laboratoire laissent supposer que des souches d’E coli
avec des pompes d’efflux efficaces peuvent être sélectionnées par des
agents antibactériens, tels que l’huile de térébenthine (ou huile de pin),
un désinfectant (14). Les mutations qui entraînent la régulation positive des
pompes d’efflux peuvent provoquer une vidange efficace des antibiotiques, de
manière que les médicaments n’aient plus accès aux cellules bactériennes.
Les pompes d’efflux multirésistantes sont souvent non spécifiques, ce qui
permet à la bactérie d’épuiser divers antibio-tiques et produits chimiques
antibactériens (15). Ainsi, en théorie, la régulation positive des pompes
d’efflux par un agent comme l’huile de térébenthine pourrait entraîner
une résistance à plusieurs antibiotiques.
Certains
spécialistes se demandent si l’utilisation généralisée d’antimicrobiens
de surface pourrait expliquer l’apparition d’une nouvelle sorte de
staphylocoque doré méthicillinorésistant (SDMR) dans certaines collectivités
(2-10). Ce type de SDMR affiche une résistance qui se li-mite aux bétalactamines,
contrairement aux souches hospitalières de SDMR qui sont généralement multirésistantes.
On postule que le recours aux antibactériens à domicile pourrait assurer un
avantage sélectif à des organismes moins dominants, comme le SDMR. Des
chercheurs japonais ont réussi à utiliser du chlorure de benzalkonium pour sélectionner
des mutants du SDMR qui possèdent des modèles d’antibiosusceptibilité
semblables à ceux des souches de SDMR acquises dans la collectivité. Ces
souches sont résistantes à la méthicilline et à certaines céphalosporines
et pénicillines (15). Des souches de SDMR résistantes à la chlorhexidine et
au triclosan ont déjà été décrites (16,17). Cependant, la signification
clinique de ce phénomène n’est pas claire, et cette constatation n’est pas
corrélée avec un modèle précis d’antibiorésistance (17). De même, pour
ce qui est d’un autre organisme gram positif, le Streptococcus mutans, une étude
(18) auprès d’enfants d’âge scolaire et d’élèves provenant de familles
au sein desquelles 70 % des membres utilisent régulièrement des préparations
de chlorhexidine par voie orale, aucune trace de résistance à la chlorhexidine
ou à une gamme d’antibiotiques n’a été cons-tatée.
Pour résumer,
il n’existe aucune preuve probante que le recours aux biocides contribue à
l’apparition d’une antibiorésistance en pratique clinique ou dans
l’environnement (9). Cependant, on constate des liens entre l’antibiorésistance
et les biocides provenant d’une mutation génétique cible ou d’un
accroissement de l’expression des pompes d’efflux polychimiothérapeutiques.
Par conséquent, les répercussions potentielles des biocides sur l’antibiorésistance
doivent constamment être examinées.
DES
LIENS ENTRE LES PRODUITS ANTIBACTÉRIENS ET LES ALLERGIES
De
nombreux spécialistes sont d’avis que pour parvenir à une maturation normale,
le système immunitaire doit être stimulé pour acquérir l’équilibre précis
entre un assistant T (Th)-1 et une activité Th-2. Les personnes atteintes
d’allergies et d’eczéma risquent davantage de présenter un déséquilibre
entre Th-1 et Th-2, Th-2 ayant une activité plus intense. Certains spécialistes
craignent une association entre une trop grande hygiène et les allergies
(19-21). On a postulé que s’il existe un lien entre les infections dans la
petite enfance et une diminution de l’incidence d’allergies et d’asthme
(22), il est possible que l’usage excessif d’antibactériens à domicile prédispose
les enfants à développer des allergies et de l’asthme.
LE
CONTRÔLE DES INFECTIONS À DOMICILE
Le désir
qu’ont les familles de se procurer divers produits antibactériens représente
souvent une tentative sincère pour éviter les divers scénarios susceptibles
d’être associés à la transmission d’organismes infectieux à domicile.
Les paragraphes suivants exposent des situations courantes à domicile et les
stratégies d’hygiène nécessaires à leur égard.
On
s’est récemment penché sur l’hygiène de la peau des professionnels de la
santé et du grand public (23,24). Le nettoyage à l’aide d’un produit
antimicrobien réduit les taux d’infection cutanée et peut être bénéfique
lorsque des infections cutanées sont probables ou avant certaines interventions
chirurgicales (23). Cependant, les données actuelles ne justifient pas une
recommandation de se laver systématiquement avec des produits antimicrobiens.
Il est
difficile de faire une seule recommandation au sujet de l’hygiène des mains
à domicile en ce qui a trait à l’usage de produits antimicrobiens. Cependant,
en général, des savons doux ordinaires suffisent pour la majorité massive des
usages domestiques. Il est démontré que les solutions et les gels nettoyants
sans eau pour les mains remplacent les agents de lavage des mains classiques de
manière satisfaisante. Puisque les mains sont le principal mode de transmission
orofécale et respiratoire des organismes, des indications d’utilisation de
produits antiseptiques pour les mains peuvent inclure un contact étroit avec
des personnes très vulnérables aux infections, telles que celles qui
s’occupent de nouveau-nés, qui sont très âgées et qui sont immunosupprimées
et à domicile. Dans une telle situation, on peut adopter une démarche adaptée
à celle prônée dans les établissements de santé (25,26).
Les
infections des voies respiratoires
Des
maladies comme le rhume et la grippe se propagent surtout d’une personne à
l’autre par des gouttelettes ou par contact direct avec des articles récemment
contaminés par les sécrétions respiratoires (27). Les mains contaminées
transmettent l’infection avec une grande efficacité, les particules virales
étant déposées dans la bouche, le nez ou les yeux. Pour réduire le risque de
propagation du virus, il faut se laver fréquemment les mains et éviter de
partager des articles comme des tasses, des verres ou des ustensiles avec des
personnes atteintes d’une infection des voies respiratoires. Ces maladies
respiratoires sont l’influenza et l’infection par le virus respiratoire
syncytial. En général, il est recommandé de se laver les mains pendant 15 à
20 secondes. S’il n’y a pas d’eau et de savon ordinaire, un gel nettoyant
à base d’alcool ou des débarbouillettes humides jetables peuvent être
utilisés.
Il faut
tousser et éternuer dans un mouchoir de papier, qu’on jette par la suite. Il
faudrait se couvrir la bouche au moment d’éternuer ou de tousser lorsqu’il
n’y a pas de mouchoir à portée de la main. Dans une telle situation, il faut
ensuite se laver les mains.
La
diarrhée et les vomissements
Il est
possible de réduire les risques de contracter ou de transmettre des infections
en se lavant souvent les mains, surtout après avoir changé une couche. De
plus, il faut dé-sinfecter rapidement les surfaces contaminées, à l’aide de
produits ménagers de blanchiment au chlore et par le lavage rapide des vêtements
tachés.
Les liquides corporels, tels que le sang, les matières fécales et les vomissures, peuvent être contaminés par divers types d’organismes. Les dégâts à la maison ou aux alentours, sur la terrasse de la piscine, par exemple, devraient être nettoyés, et les surfaces contaminées devraient être désinfectées le plus rapidement possible. Il existe plusieurs désinfectants, mais l’eau de Javel est souvent utilisée, à raison de neuf parties d’eau pour une partie d’eau de Javel. Des gants jetables devraient être utilisés pour prévenir la contamination des mains. La méthode suivante est recommandée :
Le
contrôle de l’intercontamination dans la cuisine
L’intercontamination
dans la cuisine peut être contrôlée en combinant la manipulation sécuritaire
des aliments, le lavage et le séchage des mains, le nettoyage et la désinfection.
Le nettoyage et la désinfection s’effectuent au moyen de savon et de détergents,
de chaleur, de séchage, de l’action mécanique des lave-vaisselle et de
l’utilisation sélective de désinfectants. Ces désinfectants peuvent servir
à décontaminer les surfaces fixes qui ne peuvent être plongées dans l’évier
de la cuisine. Un désinfectant commercial fiable pour la cuisine ou une
solution d’eau de Javel diluée peut alors être utilisé. Les surfaces comme
les comptoirs et les planches à découper imprégnés d’agents antimicrobiens
ne sont pas recommandés. Les surfaces endommagées et égratignées peuvent être
difficiles à nettoyer et doivent être remplacées.
Le
nettoyage des jouets à domicile
Il
n’est pas nécessaire d’acheter des jouets imprégnés d’agents
antimicrobiens. Pour ce qui est des jouets que les enfants se mettent dans la
bouche ou contaminent par leurs sécrétions corporelles, il est préférable de
les nettoyer avec de l’eau et du détergent, de les désinfecter et de les
rincer avant de les donner à un autre enfant (25,26). Les jouets de plastique
lavables à la machine peuvent aussi être nettoyés au lave-vaisselle. Les
jouets de tissu lavables peuvent être nettoyés à la machine à laver. Les
autres types de jouets qui doivent être nettoyés à la main peuvent être lavés
à l’eau savonneuse ou dans un daquin.
Il faut
passer l’aspirateur sur les tapis et les moquettes régulièrement et les
nettoyer tout aussi régulièrement. De plus, il faut nettoyer au moins tous les
mois les moquettes dans les endroits où se trouvent des nourrissons, et laver
les autres zones au moins tous les trois mois. Les moquettes doivent également
être nettoyées dès qu’elles sont tachées. Les tapis plus petits peuvent être
secoués à l’extérieur ou on peut y passer l’aspirateur (26).
COMITÉ
DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION (2005-2006)
Membres
: Docteurs Simon Richard Dobson, BC’s Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique);
Joanne Embree (présidente), université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba);
Joanne Langley, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Dorothy Moore,
L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec); Gary Pekeles (représentant
du conseil), L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec); Élisabeth
Rousseau-Harsany (représentante du conseil), Hôpital Sainte-Justine, Montréal
(Québec); Lindy Samson, Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa
(Ontario)
Conseillère : Docteur Noni MacDonald, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs Upton Allen, The Hospital for Sick Children,
Toronto (Ontario) (Canadian Paediatric AIDS Research Group); Scott Halperin, IWK
Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse) (IMPACT); Monica Naus, BC Centre for
Disease Control, Vancouver (Colombie-Britannique) (Santé Canada, comité
consultatif national de l’immunisation); Larry Pickering, Centers for Disease
Control and Prevention, Atlanta (Géorgie) États-Unis (American Academy of
Pediatrics, comité des maladies infectieuses)
Auteur principal : Docteur Upton Allen, The Hospital for Sick Children,
Affichage : mars 2006
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |