Le
vaccin antiméningococcique pour les enfants et les adolescents
Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Paediatrics & Child Health 2005;10(7):407-408
No de référence : ID05-01
Révision en cours en janvier 2009
Aussi disponible : Le vaccin contre le méningocoque
Index des documents de principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation
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La Société
canadienne de pédiatrie a publié un énoncé provisoire sur le vaccin antiméningococcique
pour les enfants (1) dans lequel figuraient des recommandations sur l’usage
des vaccins conjugués antiméningococciques du sérogroupe C. En février 2005,
dix provinces et un territoire avaient adopté des programmes de vaccination
universelle subventionnés par l’État. Certains ont également implanté des
programmes de rattrapage (2).
Les
présentations cliniques et l’épidémiologie
Le
Neisseria meningitidis est un diplococcus Gram négatif généralement associé
à un portage nasopharyngé asymptomatique, mais qui provoque parfois une
conjonctivite, une septicémie, une méningite, une arthrite septique ou une
pneumonie. La gravité des cas oscille entre la bactériémie occulte et une
maladie fulminante et fatale. Cinq sérogroupes (A, B, C, Y et W-135, fondés
sur le polysaccharide capsulaire) provoquent pratiquement toutes les infections.
Toutefois, au Canada, les sérogroupes B et C prédominent. L’incidence de la
maladie à sérogroupe Y a augmenté considérablement aux États-Unis depuis
les dernières années, surtout chez les adolescents et les adultes. On ne sait
pas encore si une transition similaire de l’épidémiologie du sérogroupe se
produit au Canada. L’incidence de maladies envahissantes varie énormément de
par le monde. Au Canada, le taux de un habitant sur 100 000 se situe dans la
plage intermédiaire. La maladie du sérogroupe B est endémique, avec des pics
d’incidence chez les enfants de moins de cinq ans. Quant à la maladie du sérogroupe
C, elle se manifeste souvent sous forme d’éclosions, et les pics
d’incidence s’observent chez les enfants de moins de cinq ans et les
adolescents de 15 à 19 ans. Les taux de mortalité atteignent une moyenne de 10% en cas de ma-ladie envahissante, et les taux sont plus élevés en cas de
septicémie (par exemple, une méningococcémie). La maladie du sérogroupe C
s’associe à un taux plus élevé de septicémie et de mortalité, surtout
chez les adolescents. Même si, au Canada, le fardeau de la maladie méningococcique
envahissante est inférieur à celui d’autres infections bactériennes
envahissantes (les maladies pneumococciques, par exemple), les cas d’infection
à méningocoques provoquent beaucoup de crainte et d’angoisse au sein de
l’ensemble de la population. L’intérêt des médias envers cette maladie ne
faiblit pas. Certains affirmeraient que près de la totalité des cas sont exposés
dans la documentation non spécialisée.
Jusqu’à
récemment, les vaccins antiméningococciques offerts au Canada se composaient
de polysaccharide capsulaire purifié orienté contre au moins un sérogroupe.
Le vaccin le plus utilisé était le vaccin quadrivalent A, C, Y, W-135 (le
polysaccharide de sérogroupe B est peu immunogène, et aucun vaccin n’est en
vente au Canada). Bien qu’il soit immunogène et efficace chez les enfants
plus âgés et les adultes, ce vaccin est peu immunogène chez les jeunes
nourrissons, et il n’assure pas de protection prolongée, quel que soit l’âge,
en raison de son incapacité à susciter une mémoire immunologique. Au moyen de
la technologie conjuguée si performante pour contrôler la ma-ladie
envahissante à Haemophilus influenzae de type b, trois fabricants ont mis au
point et homologué des vaccins antiméningococciques de groupe C conjugués, à
la fois sûrs et immunogènes chez les nourrissons, les enfants plus âgés et
les adultes. Ces vaccins ont été ajoutés au calendrier d’immunisation systématique
du Royaume-Uni en 1999 (alors que l’incidence de maladie envahissante était
près de quatre fois plus élevée qu’au Canada), ce qui a favorisé une chute
immédiate et remarquable de la maladie envahissante au sein des cohortes
immunisées. Un vaccin antiméningococcique conjugué quadrivalent A, C, Y,
W-135 a été homologué aux États-Unis en février 2005 afin d’être utilisé
chez les enfants de 11 ans et plus. Ce vaccin n’est pas encore offert au
Canada.
Dans la
Déclaration sur l’utilisation recommandée des vaccins antiméningococciques,
publiée en octobre 2001 (3), le Comité consultatif national de
l’immunisation (CCNI) de Santé Canada recommande la vaccination systématique
des nourrissons à deux, quatre et six mois au moyen du vaccin antiméningococcique
conjugué de groupe C. On y recommande que les nourrissons de quatre à 11 mois
qui n’ont jamais été vaccinés auparavant reçoivent deux doses du vaccin à
au moins quatre semaines d’intervalle, et une seule dose était recommandée
pour les enfants de un à quatre ans, les adolescents et les jeunes adultes.
Pour les enfants de cinq ans et plus qui n’ont pas atteint l’adolescence, le
CCNI suggère d’envisager une seule dose du vaccin.
En juin
2005, toutes les provinces et tous les territoires (à l’exception du Nunavut)
avaient adopté un programme de vaccination universelle contre le méningocoque
conjugué de groupe C subventionné par l’État. Cependant, seule l’Alberta
a implanté un programme de vaccination des nourrissons conforme aux
recommandations du CCNI (4,5). La plupart des autres provinces ont adopté un
programme de vaccination à un an, fondé sur une analyse des coûts selon
laquelle la vaccination des nourrissons ne préviendrait que de 5% à 10% des
cas en plus de ceux prévenus grâce à la vaccination administrée à un an,
mais entraînerait des coûts de vaccination trois fois plus élevés (6). Bien
que cette démarche soit raisonnable selon une perspective démographique,
certains cas évitables par un vaccin peuvent se manifester chez des nourrissons
entre la naissance et 12 mois. Par conséquent, compte tenu de l’innocuité,
de l’immunogénicité et de l’efficacité du vaccin, de la gravité de la
maladie et de l’inquiétude du public au sujet du risque de maladie méningococcique
grave, la Société canadienne de pédiatrie continue de recommander ce qui suit
:
Tous
les enfants canadiens doivent être immunisés au moyen d’un vaccin antiméningococcique
de groupe C dès l’âge de deux mois, conformément aux recommandations
publiées par le CCNI (3,7,8).
Les dispensateurs de soins qui s’occupent d’enfants devraient continuer de recommander et d’offrir le vaccin antiméningococcique conjugué de groupe C aux nourrissons et aux enfants conformément aux directives du CCNI, tout en étant conscients que certains parents pourront choisir de ne pas acheter le vaccin et d’attendre qu’il soit administré à leur enfant dans le cadre du programme de vaccination provincial ou territorial subventionné par l’État.
Comité des maladies infectieuses et d'immunisation
Membres : Docteurs
Upton Allen, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario); Simon Richard
Dobson, BC’s Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique); Joanne
Embree (présidente), université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba); Joanne
Langley, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Dorothy Moore, L’Hôpital
de Montréal pour enfants, Montréal (Québec); Gary Pekeles (représentant du
conseil, 2000-2004), L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec);
Élisabeth Rousseau-Harsany (représentante du conseil), Hôpital
Sainte-Justine, Montréal (Québec)
Conseiller :
Docteur Noni MacDonald, département de pédiatrie, IWK Health Centre, Halifax
(Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs
Scott Halperin, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse) (IMPACT); Monica
Naus, BC Centre for Disease Control, Vancouver (Colombie-Britannique) (Santé
Canada, Comité consultatif national de l’immunisation); Larry Pickering,
Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta (Géorgie) États-Unis
(American Academy of Pediatrics, comité des maladies infectieuses); Lindy Samson, Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario,
Ottawa (Ontario) (Canadian Pediatric AIDS Research Group)
Auteur
principal : Docteur Scott Halperin, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Affiché en septembre 2005
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |