L’évaluation et le traitement du nourrisson exposé au virus d’immunodéficience humaine de type 1 Co-signataires : Société canadienne de pédiatrie (SCP), Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, L'American Academy of Pediatrics, Comité du SIDA infantile
Paediatrics & Child Health 2004;9(6):419-428
No de référence : CPS04-02
Révision en cours en janvier 2009
Index des documents de principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation
| La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Visitez la liste des documents de principes pour savoir lesquels sont disponibles en format pdf. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, vous devez soumettre une demande détaillée à info@cps.ca. |
Contenu
Dans les pays
industrialisés, des soins et un traitement sont offerts aux femmes enceintes et
aux nourrissons, afin de faire chuter à 2 % ou moins le taux d’infection périnatale
au virus d’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1). Le pédiatre joue un rôle
de premier plan dans la prévention de la transmission du VIH-1 de la mère à
l’enfant par le dépistage des nourrissons exposés au VIH dont l’infection
au VIH de la mère n’a pas été diagnostiquée avant l’accouchement. Il
prescrit une prophylaxie antirétrovirale à ces nourrissons, afin de réduire
le risque d’acquisition de l’infection au VIH-1 et d’en éviter le plus
possible la transmission par le lait maternel. De plus, le pédiatre peut
soigner les nourrissons exposés au VIH-1 en les surveillant pour obtenir un dépistage
précoce de l’infection au VIH-1 et évaluer les toxicités à court et à
long terme de l’exposition aux antirétroviraux, assurer une chimioprophylaxie
de la pneumonie à Pneumocystis et soutenir les familles qui vivent avec une
infection au VIH-1, grâce à des conseils thérapeutiques aux parents ou aux
soignants.
Mots clés : Antiretroviral; Diagnosis; HIV-1; HIV-exposed infants; Mother-to-child transmission
L’épidémiologie
de l’infection périnatale au VIH-1 en Amérique du Nord a changé de manière
radicale avec l’adoption de stratégies pour en prévenir la transmission. La
prévention de 98 % des infections périnatales au VIH-1 constitue un objectif réalisable.
Les tests de VIH-1 et les interventions pour en réduire la transmission pendant
la grossesse sont détaillés dans un rapport technique de l’American Academy
of Pediatrics (AAP) (1). La prévention de l’infection périnatale au VIH
exige des efforts coordonnés de la part des professionnels de la santé qui
s’occupent de la mère et de l’enfant. Ceux qui soignent les nourrissons nés
d’une mère infectée par le VIH-1 devraient vérifier si les stratégies de
prévention sont maintenues après l’accouchement, si les nourrissons sont
suivis et subissent des tests pour déterminer rapidement leur statut
d’infection au VIH et si des mesures pertinentes sont prises en matière de
traitement ou de prévention des autres infections congénitales et périnatales
associées au VIH-1. Le pédiatre joue un rôle de premier plan dans les
conseils thérapeutiques aux parents, le repérage des besoins des familles et
les aiguillages vers des services de soutien supplémentaires.
Le dépistage
de l’infection au VIH-1 de la mère
Le défaut de dépister l’infection au VIH-1 de la mère avant
l’accouchement est clairement sous-optimal pour prévenir la transmission périnatale
et pour les soins de la mère. Par conséquent, des programmes pour dépister
l’infection au VIH-1 et commencer à la traiter avant ou pendant la grossesse
devraient constituer une priorité (2,3). Cependant, le dépistage d’une
exposition au VIH-1, même pendant le travail ou l’accouchement, au lieu de
plus tard, permet d’offrir de meilleurs soins au nourrisson exposé au VIH.
Le test de
dépistage du VIH du nourrisson si le statut d’infection au VIH-1 de la mère
est inconnu
Si le nourrisson est né d’une mère dont le statut d’infection au VIH-1
est inconnu, la mère ou le nourrisson devrait subir un test de dépistage du
VIH-1 après l’obtention du consentement maternel (1,4-7). Le consentement
documenté du test de dépistage du VIH de la mère ou du nouveau-né peut être
obtenu de diverses manières, y compris par droit de refus (information documentée
donnée au patient suivie du test, à moins que le patient ne s’y refuse par
écrit). L’AAP prône le recours à des démarches de consentement qui
facilitent l’intégration rapide de l’information au sujet du VIH et du test
dans des établissements de soins médicaux systématiques (1). Certains États
exigent le test de dépistage du VIH-1 pour tous les nourrissons dont le statut
d’infection au VIH-1 de la mère est inconnu. Pour intervenir par prophylaxie
postnatale, le résultat du test de dépistage néonatal du VIH-1 doit être
rendu disponible le plus tôt possible après la naissance et en aucun cas après
24 heures de vie. C’est possible au moyen du dosage immunoenzymatique (DIE) «
accéléré » ou de trousses de dépistage rapide. Le DIE accéléré fait
appel à la première étape du test standard des anticorps du VIH-1 en
laboratoire, les résultats positifs ou négatifs étant tous deux disponibles
dans un délai de 24 heures. Un test rapide fait appel à une trousse conçue
pour tester un seul spécimen d’anticorps du VIH-1, les résultats étant
disponibles dans un délai de quelques minutes à deux heures. Deux tests de ce
type, l’OraQuick Rapid HIV-1 Antibody Test (OraSure Technologies Inc., États-Unis)
et Single Use Diagnostic System (SUDS) HIV-1 Test (Murex Corporation, États-Unis),
sont homologués aux États-Unis (8,9). L’essai clinique d’une trousse
comparable est en cours au Canada.
Le résultat
du test rapide devrait être confirmé par un test de dépistage standard du
VIH-1. Si les résultats du DIE accéléré ou du test rapide sont positifs, un
test corroboratif est nécessaire pour diagnostiquer la séropositivité au
VIH-1 de manière définitive. Il est essentiel d’entreprendre la prophylaxie
antirétrovirale du nourrisson le plus tôt possible après la naissance (avant
24 heures de vie) pour prévenir la transmission périnatale. Par conséquent,
s’il est décidé d’administrer la prophylaxie antirétrovirale au
nourrisson d’une mère dont les résultats du DIE ou du test rapide sont
positifs, il faudrait l’entreprendre sans attendre les résultats du test
corroboratif. La décision d’entreprendre ou non la prophylaxie antirétrovirale
doit tenir compte de la valeur prédictive positive du test de dépistage ainsi
que des bénéfices et des risques potentiels des agents prophylactiques (10).
Les
interventions pour prévenir la transmission
périnatale du VIH-1
La
prophylaxie antirétrovirale entreprise pendant la grossesse
En Amérique du Nord, la plupart des femmes enceintes infectées par le
VIH-1 reçoivent des soins pour leur infection au VIH pendant la période
prénatale (surtout sous forme d’association d’au moins trois
antirétroviraux), affichent une charge virale peu élevée, profitent
d’interventions obstétricales comme une césarienne prévue à 38 semaines
d’âge gestationnel et ne prévoient pas allaiter. Des taux de transmission
périnatale du VIH-1 aussi bas que 1 % sont alors observés (11,12). En cas
d’administration d’antirétroviraux à la mère pendant la période
prénatale et intrapartum, l’administration de zidovudine (ZDV) au nourrisson
pendant six semaines demeure le schéma prophylactique de choix pour la plupart
des nourrissons (1,13). Deux études menées dans des pays industrialisés
laissent supposer qu’une unidose à la mère pendant la période intrapartum
et une unidose néonatale de névirapine (NVP) en plus de l’administration à
court terme de ZDV à la mère (ZDV orale pendant le travail sans prophylaxie du
nourrisson ou prophylaxie de ZDV au nourrisson pendant une semaine) peuvent
favoriser une diminution plus marquée de la transmission périnatale par
rapport à la simple administration à court terme de ZDV à la mère (14,15).
Par contre, un essai clinique mené aux États-Unis, en Europe, au Brésil et
aux Bahamas (Pediatric AIDS Clinical Trials Group [PACTG] 316) a permis
d’évaluer si l’ajout d’une unidose de NVP aux schémas posologiques, tant
de la mère que du nourrisson, par rapport à un placebo ajouté à un
traitement antirétroviral standard procurait des bénéfices supplémentaires
dans la réduction de la transmission. Les femmes ont toutes reçu au moins de
la ZDV pendant les périodes prénatale et intrapartum, et 75 % d’entre elles
ont reçu une thérapie associative. Tous les nourrissons ont reçu une
prophylaxie standard de ZDV pendant six semaines. Dans le cadre de cette étude,
les taux de transmission étaient très faibles dans les deux groupes (1,5 %).
L’ajout de NVP n’apportait aucune protection supplémentaire démontrée
contre la transmission périnatale, mais s’associait au développement de
mutations résistantes à la NVP six semaines après l’accouchement chez 15 %
des femmes qui en avaient pris (16,17). Ainsi, pour l’instant, l’ajout
d’une unidose de NVP à la mère pendant la période intrapartum ainsi que
d’une unidose néonatale n’est pas recommandée pour les femmes qui ont
reçu un traitement antirétroviral hautement actif pendant la grossesse (11).
La
prophylaxie antirétrovirale entreprise pendant le travail
Si le statut d’infection au VIH-1 de la mère n’est déterminé qu’au
moment du travail et de l’accouchement, il existe plusieurs schémas
posologiques efficaces pour prévenir la transmission périnatale (tableau
1), soit :
une dose
de NVP par voie orale au début du travail, suivie d’une dose de NVP par
voie orale au nourrisson de 48 à 72 heures après la naissance;
de la ZDV
et de la lamivudine (3TC) par voie orale pendant la période intrapartum,
suivies de ZDV et de 3TC par voie orale au nourrisson pendant une semaine;
de la ZDV
par voie intraveineuse pendant la période intrapartum, suivie de ZDV au
nourrisson pendant six semaines;
un schéma
posologique de ZDV et de NVP, soit une dose de NVP par voie orale au début
du travail, suivie d’une dose de NVP par voie orale au nourrisson,
associées à de la ZDV par voie intraveineuse pendant la période
intrapartum et suivies de ZDV au nourrisson pendant six semaines.
Dans le cadre
d’essais cliniques aléatoires menés auprès de populations allaitantes, il a
été démontré que le schéma posologique de NVP et celui de ZDV et de 3TC
font chuter le taux de transmission périnatale de 38 %, le faisant passer à 47 % (1,13,18-21). Selon des données d’observation auprès de populations de
mères infectées au VIH-1 qui allaitent rarement, le troisième schéma
posologique, celui de ZDV à la mère pendant la période intrapartum, puis au
nourrisson, s’associe à des taux de transmission plus faibles par rapport à
l’absence d’intervention (10 % par rapport à 27 %, respectivement, dans
l’État de New York, et 11 % par rapport à 31 %, respectivement, en Caroline
du Nord) (22,23). Le quatrième schéma posologique de ZDV et de NVP est
attrayant en théorie, mais les données sont trop limitées pour qu’il soit
possible d’affirmer si le schéma posologique associatif comporte plus de
bénéfices que l’un ou l’autre médicament pris seul (13). Des données
discordantes proviennent d’une étude menée au Malawi auprès de femmes dont
l’infection au VIH-1 avait été dépistée pendant le travail et pour
lesquelles l’effet d’une unidose à la mère pendant la période intrapartum
et d’une unidose néonatale de NVP avait été comparé aux mêmes schémas
posologiques de NVP associée à de la ZDV au nourrisson pendant une semaine
(24). Lorsque la mère avait reçu de la NVP pendant la période intrapartum, on
ne remarquait aucune différence entre le groupe prenant de la NVP et celui
prenant de la NVP et de la ZDV. Cependant, lorsque la mère n’avait pas pris
de NVP pendant la période intrapartum, le schéma posologique associatif
semblait plus efficace (24). Ainsi, pour l’instant, l’un ou l’autre des
quatre schémas posologiques pendant la période intrapartum ou postnatale est
envisageable lorsque la mère n’a pas reçu de traitement antirétroviral
pendant sa grossesse.
|
TABLEAU 1 |
|||
| Médicament | Dose pour la mère, intrapartum | Dose du nourrisson | Régime posologique du nourrisson |
| Névirapine (NVP) |
Unidose de 200 mg PO au début du travail |
Unidose de 2 mg/kg PO | Unidose entre 48 h et 72 h |
| Zidovudine
(ZDV) et lamivudine (3TC) |
600
mg de ZDV PO au début du travail, suivis |
4
mg/kg de ZDV PO toutes les 12 h; 2 mg/kg de 3TC PO toutes les 12 h |
Pendant une semaine |
| ZDV | Bolus
de 2 mg/kg IV suivi d’une infusion continue de 1 mg/kg/h jusqu’à l’accouchement |
2
mg/kg PO 4 fois/jour En cas |
À
compter de 8 h à 12 h après la naissance, jusqu’à 6 semaines de vie |
| ZDV et NVP | Bolus
de 2 mg/kg IV de ZDV suivie d’une infusion continue de 1 mg/kg/h jusqu’à l’accouchement; Unidose de 200 mg de NVP PO au début du travail |
Unidose de 2 mg/kg PO de NVP | ZDV
à compter de 8 h à 12 h après la naissance, jusqu’à 6 semaines de vie; Unidose de NVP entre 48 h et 72 h de vie |
|
IV : voie intraveineuse; PO : voie orale |
|||
La prophylaxie antirétrovirale postnatale
Lorsque le statut d’infection au VIH-1 de la mère ou du nourrisson
n’est connu qu’après la naissance du nourrisson et que, par conséquent,
aucun traitement antirétroviral n’a été administré à la mère pendant les
périodes prénatale et intrapartum, des données d’observation indiquent
qu’une prophylaxie antirétrovirale à la ZDV administrée pendant six
semaines au nourrisson peut offrir une certaine protection contre la
transmission si elle est entreprise dans les 24 heures suivant la naissance
(13,22). Dans un tel cas, ces six semaines de schéma posologique à la ZDV sont
considérées comme une prophylaxie standard dans les pays industrialisés (13).
Les résultats de l’étude menée au Malawi (24), comparant une unidose de NVP
au nourrisson à une unidose de NVP et de ZDV pendant une semaine au nourrisson
dont la mère n’avait pas reçu de traitement antirétroviral pendant la
grossesse, laissent supposer que le schéma posologique associatif est plus
efficace qu’une seule dose de NVP au nourrisson, mais seulement si la mère
n’avait pas pris de NVP pendant la période intrapartum (24).
Cependant, on
ne sait pas si cette association serait plus efficace que la prophylaxie
standard de ZDV pendant six semaines, utilisée dans les pays industrialisés.
Bien qu’on ne possède pas de données visant à démontrer la plus grande
efficacité des schémas prophylactiques associatifs, lorsqu’une prophylaxie
peut être offerte seulement au nourrisson, certains cliniciens combinent le
schéma prophylactique de ZDV pendant six semaines à un ou plusieurs autres
antirétroviraux, comparant la situation à une prophylaxie postexposition.
Selon des
données découlant d’études sur des animaux, plus le délai avant
l’implantation de la prophylaxie est long, moins il est probable de prévenir
l’infection. Dans la plupart des études sur les animaux, une prophylaxie
antirétrovirale entreprise de 24 à 36 heures après l’exposition n’est
généralement pas efficace pour prévenir l’infection (25-27). L’infection
au VIH-1 est établie après une à deux semaines de vie chez la plupart des
nourrissons infectés pendant la période périnatale. Le début d’une
prophylaxie postexposition après deux jours de vie n’est pas susceptible de
prévenir la transmission, et à 14 jours de vie, l’infection sera établie
chez la plupart des nourrissons.
La
prévention de l’infection au VIH-1 par le lait humain
La transmission postnatale du VIH-1 peut découler de l’ingestion de lait
maternel provenant d’une femme infectée au VIH-1. La documentation
scientifique sur l’allaitement et la transmission du VIH-1 est détaillée
dans le rapport technique de l’AAP intitulé Human Milk, Breastfeeding, and
Transmission of Human Immunodeficiency Virus-1 Infection in the United States
(28). Aux États-Unis et au Canada, où le lait maternisé ne pose pas de risque
et est facilement accessible, il faudrait conseiller à la mère infectée par
le VIH-1 de ne pas allaiter, même si elle prend des antirétroviraux (1,13).
L’évitement complet de l’allaitement (et du don de lait humain) par une
femme infectée au VIH-1 demeure le seul mécanisme pour garantir la prévention
de la transmission du VIH-1 par le lait humain.
Les soins du nourrisson exposé au VIH-1
L’évaluation
à la naissance
Au moment de la première évaluation du nourrisson (tableau
2), il faut examiner l’information relative à la santé de la mère pour
déterminer si le nourrisson a pu être exposé à des co-infections maternelles
comme la tuberculose, la syphilis, la toxoplasmose, l’hépatite B ou C, le
cytomégalovirus ou le virus d’herpès simplex (29). Bien qu’on possède peu
d’information sur la transmission relative ou sur les taux d’infection de
ces maladies chez les nourrissons de mères avec ou sans infection au VIH-1, il
existe une préoccupation théorique selon laquelle des infections latentes
peuvent être réactivées chez des femmes enceintes immunocompromises, puis
transmises à leur nourrisson. Les tests diagnostiques et le traitement du
nourrisson dépendent des observations faites chez la mère.
|
TABLEAU
2 |
|||||||
|
Âge
du nourrisson |
|||||||
| Naissance | 4 semaines | 6 semaines | 2 mois | 3 mois | 4 mois | 6 mois | |
| Anamnèse et examen physique | X | X | X | X | |||
| Évaluation
du risque d'autres infections† |
X | ||||||
| Schéma
prophylactique des antirétroviraux‡ |
<-----------------------> | ||||||
| Hémogramme et leucogramme | X | X | X | ||||
| ADN
du VIH-1 par PCR ou autres dosages virologiques du VIH-1§ |
X | <-------------> | <--------------------------> | ||||
| Entreprendre la prophylaxie de la PPC** |
<-------------> | ||||||
|
*Si, pendant cette période, un diagnostic de VIH-1
est posé, une surveillance de laboratoire et l'administration des vaccins
doivent être instaurés conformément aux lignes directrices pour le
traitement de l'infection au VIH-1 infantile (27); †Examiner
l'information sur la santé de la mère pour évaluer la possibilité
d'exposition à des co-infections (voir le texte); ‡La zidovudine (ZDV)
est généralement le prophylactique de choix, mais il y a d'autres
possibilités : la ZDV associée à la lamivudine, la névirapine et la
ZDV associée à la NVP lorsque la mère n'a pas reçu d'antirétroviraux
prénatals (tableau 1). La flèche indique un traitement entre la
naissance et six semaines de vie; §Voir l'exposé sur les dosages
virologiques du VIH-1 dans le texte. Si un résultat est positif,
répéter immédiatement l'ADN du VIH-1 par réaction en chaîne de la
polymérase (PCR) pour confirmer l'infection. Certains spécialistes du
VIH-1 préconisent un autre test d'ADN du VIH-1 par PCR à deux semaines
de vie. Si l'état clinique ou d'autres paramètres de laboratoire
laissent supposer une infection au VIH-1, répéter le test dans les plus
brefs délais. Si, à quatre mois, les résultats des tests sont tous
négatifs à l'infection, le test de séroréversion du VIH-1 entre 12 et
18 mois s'impose pour exclure à coup sûr l'infection au VIH-1; **Le
prophylactique de choix est le triméthoprime-sulfaméthoxazole; on peut
aussi utiliser du dapsone, de la pentamidine et de l'atovaquone (tableau
3). Les flèches indiquent la période au cours de laquelle l'intervention
peut être effectuée. PPC : pneumonie à Pneumocystis |
|||||||
La détermination du
statut d’infection au VIH-1 du nourrisson
Il est important de déterminer au plus tôt si le nourrisson est infecté
au VIH-1, afin d’entreprendre rapidement le traitement antirétroviral et les
traitements adjuvants, au besoin. Il existe plusieurs types de dosages
virologiques pour déceler le virus,
soit :
l’ADN
du VIH-1 par réaction en chaîne de la polymérase (PCR) : Ces dosages par
PCR permettent de déceler l’ADN du VIH-1 dans les cellules
mononucléaires du sang périphérique. Pour le sous-type B du VIH-1, le
plus courant en Amérique du Nord, la sensibilité et la spécificité des
dosages pour déceler l’ADN du VIH-1 par PCR avoisinent les 96 % et les 99
%, respectivement, à 28 jours de vie (30). Cependant, les dosages d’ADN
du VIH-1 par PCR sont moins sensibles pour déceler les autres sous-types,
et des résultats faux négatifs des dosages d’ADN par PCR ont été
déclarés pour les nourrissons infectés par un virus qui n’était pas de
sous-type B (31-33).
les dosages d’ARN du VIH-1 : Ces dosages permettent de déceler l’ARN viral dans le plasma au moyen de diverses méthodologies, y compris le PCR, les sondes nucléiques d’amplification du signal in vitro (ADN ramifié, ou bDNA) et la quantification des RT-PCR (NASBA).
Les dosages
d’ARN peuvent être au moins aussi sensibles que ceux d’ADN du VIH-1 par PCR,
et ils sont aussi précis (34-37). Certains dosages d’ARN du VIH-1 peuvent
être plus sensibles que les dosages d’ADN du VIH-1 par PCR pour déceler
d’autres sous-types que le sous-type B (37). Bien qu’il soit démontré que
la sensibilité des dosages d’ARN du VIH-1 ne change pas malgré
l’utilisation d’une prophylaxie de ZDV seulement (37,38), on ne sait pas si
le recours à d’autres antirétroviraux modifierait cette sensibilité.
la culture
des cellules du sang périphérique du VIH-1 : Les cultures de VIH-1 ont
été en grande partie remplacées par les dosages de l’ADN du VIH-1 par
PCR. La culture du VIH-1 coûte cher, n’est offerte que dans quelques
laboratoires et peut entraîner une attente pouvant atteindre 28 jours avant
l’obtention de résultats positifs.
le
complexe immun dissocié de l’antigène p24 du VIH-1 : L’antigène p24
du VIH-1 n’est pas recommandé comme mesure diagnostique des nourrissons,
en raison de sa sensibilité peu élevée.
En général,
le test diagnostique privilégié en Amérique du Nord demeure l’ADN du VIH-1
par PCR (1,3). Cependant, les femmes qui ont été infectées par le VIH-1 à
l’extérieur de l’Amérique du Nord ou de l’Europe occidentale peuvent
être infectées par une souche de VIH-1 qui n’est pas de sous-type B (39).
Dans le cas de nourrissons nés d’une mère qu’on sait ou qu’on présume
infectée par un autre sous-type que le sous-type B, une consultation avec un
spécialiste du VIH-1 est recommandée afin d’obtenir des conseils sur les
explorations diagnostiques. Le prélèvement à la naissance doit provenir de
sang néonatal, et non de sang du cordon. En effet, le prélèvement de sang du
cordon s’associe à un taux inacceptable de résultats faux positifs. Dans le
cas des nourrissons nés en Amérique du Nord qui n’ont pas été allaités,
si les résultats de l’ADN du VIH-1 par PCR (obtenus à la naissance, entre
quatre et sept semaines de vie et entre huit et 16 semaines de vie) sont
négatifs, l’infection au VIH-1 peut être raisonnablement exclue (40).
Si la mère
est infectée par le VIH-2, les tests de dépistage des anticorps du VIH en
laboratoire, mais pas tous les tests rapides, permettent de déceler à la fois
le VIH-1 et le VIH-2. Dans ce cas, il faut faire une demande spécifique de test
de dépistage du VIH-2 par PCR pour diagnostiquer l’infection au VIH-2 chez le
nourrisson.
La prise en
charge si le résultat d’un dosage virologique du VIH-1 est positif
Un résultat positif de dosage virologique du VIH-1 devrait occasionner une
reprise immédiate du test en vue de le confirmer. Si l’infection est
confirmée, un spécialiste du VIH-1 devrait être consulté afin d’obtenir
des conseils sur le traitement antirétroviral. Il est recommandé
d’entreprendre un traitement chez tous les nourrissons de moins de 12 mois
infectés par le VIH qui présentent des anomalies cliniques ou immunologiques
associées au VIH, quel que soit leur taux d’ARN du VIH-1, et d’envisager un
traitement pour les nourrissons infectés par le VIH de moins de 12 mois qui
sont asymptomatiques et dont les paramètres immuns sont normaux (41). Cette
recommandation se fonde sur le risque substantiel de progression rapide de la
maladie chez les nourrissons et sur l’incapacité de prévoir quels
nourrissons seront vulnérables à une progression rapide de la maladie (42-44).
Le rôle du
dépistage des anticorps du VIH-1 chez les nourrissons exposés au VIH-1
Après 12 mois de vie, un dépistage sérologique permet de confirmer la
disparition des anticorps maternels contre le VIH-1 transmis au nourrisson in
utero. Si l’enfant demeure positif aux anticorps à 12 mois de vie, le test de
dépistage doit être repris à 18 mois (3,40). La perte des anticorps contre le
VIH-1 chez un enfant dont les résultats au test d’ADN du VIH-1 par PCR ont
déjà été négatifs confirme à coup sûr la non-infection au VIH-1 du
nourrisson. Des anticorps positifs au VIH-1 à 18 mois ou plus indiquent la
présence d’une infection au VIH-1. On ne recommande plus de reprendre le test
de dépistage des anticorps contre le VIH-1 à 24 mois.
La
prévention de la pneumonie à Pneumocystis
La pneumonie à Pneumocystis (PPC) est l’infection opportuniste grave la
plus courante chez les enfants infectés par le VIH-1. Cette maladie est
attribuable au Pneumocystis jiroveci (autrefois désigné Pneumocystis carinii).
On recommande d’entreprendre une prophylaxie contre la PPC à la fin de la
prophylaxie à la ZDV ou aux alentours de cette période (entre quatre et six
semaines de vie) mais d’y mettre un terme une fois l’infection au VIH-1
raisonnablement exclue. Ainsi, la prophylaxie de la PPC sera abandonnée lorsque
les résultats de deux dosages virologiques exécutés sur deux échantillons
distincts, l’un après un mois de vie et le deuxième après deux à quatre
mois de vie, sont négatifs (tableau 2). Les
médicaments et les schémas posologiques du nourrisson figurent au tableau
3. Les nourrissons infectés par le VIH-1 devraient poursuivre la
prophylaxie contre la PPC jusqu’à 12 mois, puis recevoir une prophylaxie
contre la PPC conforme aux lignes directrices du US Public Health Service et de
l’Infectious Diseases Society of America portant sur la prévention des
infections opportunistes (45).
|
TABLEAU
3 |
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| Médicament | Dose | Voie | Schéma posologique |
| Triméthoprime -sulfaméthoxazole |
150 mg/m2/jour de triméthoprime, et 750 mg/m2/jour de sulfaméthoxazole |
PO |
Deux fois par jour, 3 jours par semaine (journées |
| Dapsone | 2
mg/kg 4 mg/kg |
PO PO |
Une fois par jour |
| Pentamidine | 4 mg/kg | IV |
Toutes les 2 à 4 semaines |
| Atovaquone | Nourrissons de 1 à 3 mois : 30 mg/kg PO Nourrissons de 4 à 24 mois : 45 mg/kg |
PO PO |
Une fois par jour Une fois par jour |
|
IV
: intraveineuse; PO : orale |
|||
Les populations vulnérables à l’infection au VIH-1 et à la tuberculose
(TB) se chevauchent. Par conséquent, si un nourrisson naît d’une mère
infectée au VIH-1, il convient de vérifier le statut d’infection à la
tuberculose de la mère et des autres membres de la maisonnée. Si la mère présente
une tuberculose miliaire hématogène, le nourrisson devrait subir une évaluation
de tuberculose congénitale, telles que le prévoient les lignes directrices américaines
ou canadiennes au sujet de la tuberculose (46-48). Si la mère ou un membre de
la maisonnée souffre de tuberculose active contagieuse, le nourrisson devrait
être séparé de cette personne, dans la mesure du possible, jusqu’à ce
qu’elle ne soit plus contagieuse. Si le nourrisson est exposé à la
tuberculose, il devrait être pris en charge conformément aux lignes
directrices américaines ou canadiennes au sujet de la tuberculose (46-48). Bien
que le vaccin contre le bacille de Calmette-Guérin soit largement utilisé pour
les nourrissons du monde entier afin de prévenir la tuberculose, il est
rarement administré dans la plus grande partie de l’Amérique du Nord, et il
est contre-indiqué chez les nourrissons infectés par le VIH-1 ont dont le
statut de VIH-1 est inconnu (49).
L’immunisation
Tous les vaccins systématiques des nourrissons doivent être administrés
aux nourrissons exposés au VIH-1 (50,51). Cependant, si l’infection au VIH-1
est confirmée, il faut respecter les lignes directrices sur les nourrissons
infectés par le VIH-1 (50-54).
La
surveillance de la toxicité découlant de l’exposition à des antirétroviraux
in utero et pendant la première enfance
Les nourrissons nés d’une mère infectée au VIH-1 qui ont reçu des
soins prénatals et qui sont traités conformément aux lignes directrices du US
Public Health Service à l’égard du traitement de l’infection au VIH-1
seront exposés à des antirétroviraux in utero et pendant la première enfance
(1,13,55,56). Certaines études laissent supposer qu’une association d’antirétroviraux
pendant la grossesse accroît le risque de prématurité et d’autres issues néfastes
de la grossesse (57). Cependant, selon une analyse des issues de sept études
auxquelles 3 266 femmes enceintes infectées par le VIH-1 avaient participé, la
thérapie associative n’entraîne pas un accroissement des taux de prématurité,
de petits poids de naissance, de mauvais indices d’Apgar ou de mortinaissances
(58).
Les données
disponibles sur la toxicité à court et à long terme du nourrisson exposé à
une association d’antirétroviraux in utero sont limitées (10,59). Les conséquences
néfastes à court terme les plus fréquentes de la prophylaxie à la ZDV sont
l’anémie (10,59). Par conséquent, les nourrissons qui reçoivent de la ZDV
devraient subir un hémogramme à la naissance, à un mois et à deux mois de
vie (tableaux 1 et 2). Une lactatémie transitoire a également été observée,
mais on n’en connaît pas la signification (60,61). Une dysfonction
mitochondriale a été décrite chez huit des 1 754 (0,46 %) nourrissons non
infectés d’une cohorte française exposée in utero à la ZDV et au 3TC ou à
la ZDV seule (62). Deux de ces nourrissons infectés ont développé une maladie
neurologique grave et sont décédés (tous deux avaient été exposés à la
ZDV et au 3TC); trois ont présenté des symptômes légers à modérés (y
compris une myocardiopathie transitoire) et trois ne présentaient aucuns symptômes
sauf des anomalies transitoires d’après les examens de laboratoire, y compris
une forte concentration de lactate (62). Une autre évaluation de la toxicité
mitochondriale a été menée auprès de 4 392 enfants non infectés par le VIH
ou dont le statut d’infection était indéterminé (dont 2 644 exposés à des
antirétroviraux pendant la période périnatale) suivis au sein de la cohorte pédiatrique
française ou repérés grâce à un registre national de la France mis au point
pour déclarer les cas possibles de dysfonction mitochondriale chez les enfants
exposés au VIH. Des données probantes de dysfonction mitochondriale ont été
repérées chez 12 enfants (y compris les huit cas déjà déclarés), qui
avaient tous été exposés à des antirétroviraux pendant la période périnatale,
pour une incidence de 0,26 % à 18 mois (63). Aucune observation de ce genre
n’a été déclarée auprès d’autres cohortes (10,64). Le groupe d’étude
de la cohorte périnatale française a également déclaré une augmentation
potentielle du taux de convulsions fébriles précoces chez les nourrissons non
infectés exposés à des antirétroviraux (risque cumulatif de première
convulsion fébrile de 1,1 % avant 18 mois chez les nourrissons exposés à des
antirétroviraux, par rapport à 0,4 % des nourrissons non exposés) (65). La
valeur de cette association d’observations cliniques et de laboratoire avec
l’exposition à des antirétroviraux in utero est controversée (59,64).
Cependant, si elles sont causales, les maladies graves ou les décès semblent
d’une extrême rareté, et la morbidité ou la mortalité potentielle doit être
comparée aux bénéfices démontrés de la ZDV à réduire de près de 70 % le
risque de transmission d’infection fatale de la mère à l’enfant. Ces données
étayent l’importance du suivi à long terme de tout enfant exposé à des
antirétroviraux, quel que soit son statut d’infection (13).
Même si
l’exposition à la monothérapie de ZDV ne semble pas tératogène,
l’exposition in utero à de multiples antirétroviraux est de plus en plus
courante, et on ne sait pas grand-chose du risque tératogène de telles
expositions (13,56,66,67). Par exemple, l’éfavirenz, un inhibiteur de la
transcriptase inverse non nucléoside, est tératogène chez les singes et
responsable d’importantes malformations du système nerveux central chez les bébés
macaques de Buffon (56). Un cas de myéloméningocèle a été déclaré chez un
nourrisson humain né d’une mère qui avait reçu de l’éfavirenz à la
conception et pendant le premier trimestre de grossesse (67,68). L’exposition
de singes fœtaux au ténofovir ne s’associait pas à des anomalies
structurelles macroscopiques, mais à des concentrations circulatoires plus
faibles du facteur de croissance, à une diminution du poids de naissance de 13
% et à une diminution transitoire de la porosité osseuse (56). L’hydroxyurée
est un autre antirétrovirus dont la tétragénicité a été observée dans
plusieurs espèces animales, mais dont les données sur les grossesses humaines
sont limitées (69-71). D’autres médicaments administrés à la mère en cas
de complications associées à l’infection au VIH-1 peuvent également être tératogènes.
Par exemple, le fluconazole est associé à des anomalies crâniofaciales,
squelettiques et cardiaques congénitales chez les nourrissons; toutefois, la
valeur de cette association demeure controversée (72-74).
Tant qu’on
ne possédera pas plus de données sur l’innocuité de l’exposition aux
antirétroviraux in utero, les nourrissons devraient subir des examens à la
naissance afin de déceler des anomalies congénitales (13,56) et être évalués
à six mois et aux visites annuelles afin d’analyser les effets négatifs à
long terme de l’exposition aux médicaments. Au suivi, l’évaluation
comprend une évaluation des signes et symptômes laissant suggérer la présence
d’une toxicité mitochondriale (75,76). Les signes et symptômes de toxicité
mitochondriale sont variés et généralement non spécifiques, mais les signes
et symptômes graves incluent des manifestations neurologiques, y compris une
encéphalopathie, des convulsions afébriles ou des retards de développement,
des symptômes cardiaques attribuables à une myocardiopathie et des symptômes
gastro-intestinaux attribuables à l’hépatite. L’examen physique devrait
inclure une évaluation du développement. Si des anomalies laissant supposer
une toxicité mitochondriale sont observées, il faut demander une consultation
avec un spécialiste compétent dans ce domaine. Il existe des variations régionales
pour ce qui est de leur spécialité;
il peut s’agir de neurologues, de spécialistes de troubles métaboliques ou
de spécialistes des infections au VIH-1.
Les tests
pour les membres de la famille
Il faut offrir au père du nourrisson et à tous les membres de sa fratrie
un test de détection de l’infection au VIH-1. Le test devrait être fortement
recommandé. L’âge des membres de la fratrie ne devrait pas représenter un
élément dissuasif, parce qu’il est possible que des enfants infectés
pendant la période périnatale demeurent asymptomatiques de nombreuses années,
et même jusqu’à l’adolescence.
Les
conseils thérapeutiques et le soutien
Lorsqu’il prodigue des
conseils thérapeutiques à la mère d’un nourrisson exposé au VIH-1, le pédiatre
devrait tenir compte du fait que le diagnostic peut être récent pour la mère,
dont l’infection a peut-être été dépistée pendant ou après la grossesse.
Le diagnostic a de profondes répercussions pour la mère et la famille. Si la mère
ne reçoit pas encore de soins, elle devrait être orientée vers une équipe de
soins du VIH-1. Certaines familles peuvent avoir besoin de soutien supplémentaire
en raison d’une maladie au VIH-1 ou du décès d’autres membres de la
famille. D’autres facteurs sociaux peuvent également susciter le besoin de
services sociaux supplémentaires, tels que la pauvreté, la toxicomanie, la dépression,
l’absence de soins de santé, le chômage, la difficulté à se trouver un
toit, la violence domestique et la crainte de perdre un soutien et des services
établis, tels que la perte du soutien du conjoint, d’un emploi, d’une
assurance ou du régime d’assurance-maladie. Les adolescentes enceintes sont
particulièrement vulnérables, surtout si elles sont au début de
l’adolescence (de 10 à 14 ans). Pour ce qui est des femmes et des familles
d’autres pays, d’autres facteurs reliés à leur culture entrent souvent en
ligne de compte, de même que des préoccupations quant à leur statut
d’immigrant.
Lorsqu’il
prodigue des conseils thérapeutiques à de nouveaux parents ou à des personnes
qui s’occupent d’un nourrisson exposé au VIH-1, le pédiatre devrait leur
présenter un aperçu de la planification des soins médicaux (tableau
2). Les sujets qu’il importe d’aborder sont les médicaments en vue de
prévenir l’acquisition périnatale de l’infection au VIH-1 et
d’infections opportunistes comme la PPC, le calendrier des visites de suivi
pour les évaluations et les essais de laboratoire (à la fois pour
diagnostiquer le VIH-1 et pour surveiller les effets secondaires associés à
l’exposition à des antirétroviraux). Il faut indiquer aux mères de ne pas
allaiter (28). Les parents et les personnes qui s’occupent du nourrisson
devraient être informés de l’importance d’une évaluation rapide si
l’enfant devient malade. Dans le cas du nourrisson en foyer d’accueil, les
personnes qui s’occupent de lui devraient posséder assez d’information sur
sa santé, y compris son statut d’infection au VIH-1, afin de lui garantir des
soins convenables. Il faut souligner la nécessité de respecter la
confidentialité (77). L’infection au VIH-1 ne constitue pas une raison
d’exclure l’enfant des services de garde (78). Les pédiatres devraient
discuter de la nécessité de prévoir les futurs soins de l’enfant si la mère
devenait malade en raison de son infection au VIH-1 (79).
Dans
la mesure du possible, l’infection au VIH-1de la mère devrait être décelée
avant ou pendant la grossesse, afin d’entreprendre les soins de la mère plus
rapidement et d’adopter des interventions plus efficaces pour prévenir la
transmission périnatale.
Si
le statut d’infection au VIH-1 de la mère est inconnu à la naissance du
nourrisson, le test de dépistage du VIH-1 pour la mère ou le nourrisson
est recommandé, sous réserve du consentement maternel, et les résultats
doivent être disponibles dans les 24 heures suivant la naissance. Le DIE
accéléré et le test de dépistage rapide du VIH-1 peuvent alors être
utilisés.
Si
les résultats du test de dépistage du VIH-1 sont positifs, une prophylaxie
antirétrovirale devrait être rapidement instaurée chez le nourrisson, et
un test corroboratif du VIH-1 devrait être exécuté.
Les
mères infectées au VIH-1 ne devraient pas allaiter leur nourrisson et
devraient être informées de modes d’alimentation sûrs (28).
Il
faut examiner l’information au sujet de la santé de la mère afin de déterminer
si le nourrisson exposé au VIH-1 risque aussi d’avoir été exposé à
des co-infections maternelles, y compris la tuberculose, la syphilis, la
toxoplasmose, l’hépatite B ou C, le cytomégalovirus et le virus d’herpès
simplex. Les tests diagnostiques et le traitement du nourrisson dépendent
des observations faites chez la mère.
Les
pédiatres devraient prodiguer des conseils thérapeutiques aux parents et
aux personnes qui s’occupent de nourrissons exposés au VIH-1 au sujet de
l’infection au VIH-1, y compris des conseils préventifs sur l’évolution
de la maladie, des mesures de contrôle de l’infection, les soins du
nourrisson, les tests diagnostiques et la toxicité potentielle des médicaments.
Tous
les nourrissons exposés au VIH-1 devraient subir un test de dépistage
virologique du VIH-1 à la naissance, entre quatre et sept semaines de vie
et entre huit et 16 semaines de vie, pour exclure raisonnablement
l’infection au VIH-1 au plus tôt. Si les résultats d’un test sont
positifs, ce test devrait être repris immédiatement en vue d’être
confirmé. Si tous les résultats des tests sont négatifs, le nourrisson
devrait subir un test de dépistage sérologique à 12 mois ou plus tard
afin de documenter la disparition des anticorps du VIH-1, qui permettent
d’exclure tout à fait l’infection au VIH-1.
Tous
les nourrissons exposés à des antirétroviraux in utero ou pendant leur
première enfance devraient faire l’objet d’une surveillance de toxicité
à court et à long terme aux médicaments.
La
prophylaxie contre la PPC devrait être entreprise entre quatre et six
semaines de vie chez les nourrissons exposés au VIH-1 chez qui
l’infection n’est pas exclue. Cette prophylaxie pourra être abandonnée
lorsque l’infection au VIH-1 aura été raisonnablement exclue.
L’immunisation
et le dépistage de la tuberculose doivent être assurés aux nourrissons
exposés au VIH-1, conformément aux lignes directrices nationales. Aux États-Unis,
les lignes directrices sur l’immunisation sont établies par l’American
Academy of Pediatrics, le comité consultatif des pratiques d’immunisation
des Centers for Disease Control and Prevention et l’American Academy of
Family Physicians, tandis qu’au Canada, les lignes directrices sont établies
par le Comité consultatif national d’immunisation.
Le
test de dépistage du VIH-1 devrait être offert et recommandé aux membres
de la famille.
Le
praticien qui soigne un nourrisson exposé au VIH-1 ou infecté par le VIH-1
devrait consulter un spécialiste du VIH-1 infantile et, si la mère infectée
par le VIH-1 est une adolescente, consulter un praticien qui soigne les
adolescents.
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Comité des
maladies infectieuses et d'immunisation
(2003-04)
Membres :
Docteurs Upton Allen, Toronto (Ontario); H Dele Davies, East Lansing (Michigan)
États-Unis; Simon Richard Dobson, Vancouver (Colombie-Britannique); Joanne
Embree (présidente), Winnipeg (Manitoba); Joanne Langley, Halifax (Nouvelle-Écosse);
Dorothy Moore, Montréal (Québec); Gary Pekeles
(représentant du conseil), Montréal (Québec)
Conseillers :
Docteurs Gilles Delage, Saint-Laurent (Québec); Noni MacDonald, Halifax
(Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs Scott Halperin, Halifax (Nouvelle-Écosse)
(IMPACT); Susan King, Toronto (Ontario) (Canadian Paediatrics AIDS Research
Group); Monica Naus, Vancouver (Colombie-Britannique) (Santé Canada); Larry
Pickering, Atlanta (Géorgie) États-Unis (comité des maladies infectieuses de
l’American Academy of Pediatrics)
Auteure principale : Susan M King, Toronto (Ontario)
Comité
du SIDA infantile de l'American Academy of Pediatrics (2002-03)
Membres :
Docteurs Mark W Kline (président), Houston (Texas); Robert J Boyle,
Charlottesville (Virginie); Donna C Futterman, Bronx (New
York); Peter L Havens, Milwaukee (Wisconsin); Lisa M Henry-Reid, Chicago
(Illinois); Susan M King, Toronto (Ontario); Jennifer S Read, Bethesda
(Maryland); Diane W Wara, San Francisco (Californie)
Représentants : Docteurs Mary G Fowler, Atlanta (Géorgie) (Centers for
Disease Control and Prevention); Lynne M Mofenson, Silver Spring (Maryland)
(National Institute of Child Health and Human Development)
Personnel : E Jeanne
Lindros, Elk Grove Village (Illinois)
Affiché en juillet 2004
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |