L’évaluation et la prise en charge des enfants et des adolescents victimes d’une commotion liée à un sport
Laura K Purcell; Société canadienne de pédiatrie, comité d’une vie active saine et de la médecine sportive
Version abrégée : Paediatr Child Health 2012;17(1):33
No de référence : HAL 2012-01
Aussi disponible : Les commotions dans le sport : De l’information pour les parents, les entraîneurs et les moniteurs
Index des documents d’une de la vie active saine et de la médecine sportive
| La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Visitez la liste des documents de principes pour savoir lesquels sont disponibles en format pdf. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, vous devez soumettre une demande détaillée à info@cps.ca. |
RÉSUMÉ
Les commotions sont des blessures sportives fréquentes, et elles sont particulièrement courantes chez les enfants et les adolescents qui participent à des sports organisés ou à des activités récréatives. Les symptômes de commotion peuvent être subtils et négligés par les athlètes, les entraîneurs et les parents. Un enfant ou un adolescent qui est victime d’une commotion devrait être immédiatement retiré du jeu et être évalué par un médecin dans les plus brefs délais. Il devrait éviter les activités physiques et cognitives pour se remettre de la commotion. Une fois les symptômes complètement résorbés au repos, l’athlète peut suivre un protocole d’effort graduel, supervisé par un médecin, avant d’obtenir l’autorisation médicale de retourner au jeu. Il est essentiel que tous ceux qui participent aux activités sportives pour les enfants et les adolescents connaissent les signes et symptômes de commotion afin qu’on puisse poser un diagnostic exact et rapide et amorcer une évaluation et une prise en charge convenables. Le présent document de principes remplace celui qui a été publié en 2006.
Mots-clés : Adolescents; Children; Concussion; Return to play; Sport; Youth
Contenu
INTRODUCTION
Les commotions sont des blessures courantes que subissent les enfants qui participent à des sports et à des activités récréatives. D’après les données des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, les départements d’urgence traitent 135 000 commotions cérébrales liées à un sport ou à une activité récréative chez des enfants de cinq à 18 ans chaque année (1). Une étude récente a déterminé que plus de 250 000 patients de huit à 19 ans se sont présentés à des départements d’urgence des États-Unis en raison d’une commotion liée à un sport entre 2001 et 2005 (2). Dans le groupe des huit à 13 ans, 58 % de toutes les commotions étaient liées à un sport, tandis que ce pourcentage fléchissait à 46 % dans le groupe des 14 à 19 ans. Une autre étude épidémiologique menée aux États-Unis a établi que les commotions représentaient 8,9 % de toutes les blessures sportives subies au secondaire et 5,8 % de celles subies dans les cycles supérieurs (3). Cependant, les commotions peuvent être difficiles à diagnostiquer parce que leurs signes et symptômes peuvent être subtils et faciles à négliger par les athlètes, les entraîneurs, les parents et même les médecins (4). Les athlètes qui les minimisent ou ne les reconnaissent pas ne feront peut-être pas appel à un professionnel de la santé (5).
En 2006, la Société canadienne de pédiatrie (SCP) a publié un document de principes sur les commotions liées à un sport chez les enfants (6). La Third International Conference on Concussion in Sport a ensuite eu lieu, en 2008, et un document consensuel mettant à jour les recommandations relatives à la prise en charge des commotions liées à un sport a été publié en 2009 (7). Le document de principes de la SCP a été révisé à la lumière du document consensuel de 2009, afin de mieux aider les médecins et les autres professionnels de la santé à prendre en charge les enfants et les adolescents de cinq à 18 ans victimes d’une commotion liée à un sport. Les recommandations de la SCP ne sont que des lignes directrices, fondées sur des données à jour et des avis d’experts. Le présent document de principes traite de la définition et de la classification des commotions, y compris les signes et symptômes, les explorations, la prise en charge des commotions, les lignes directrices de retour au jeu (RAJ) et la prévention. Puisque la science relative aux commotions évolue, les médecins sont invités à demeurer prudents dans la prise en charge des enfants et des adolescents victimes d’une commotion liée à un sport.
LA DÉFINITION DE COMMOTION
La commotion se définit comme un processus physiopathologique complexe qui touche le cerveau, est induit par des forces biomécaniques traumatiques et entraîne l’apparition rapide d’une atteinte à court terme de la fonction neurologique qui se résorbe spontanément (7-9). La commotion peut être causée par un coup direct asséné à la tête, au cou ou au visage, ou par un coup infligé ailleurs sur le corps mais qui transmet une force impulsionnelle à la tête (7-9). La plupart des commotions ne s’associent pas à une perte de connaissance ou provoquent seulement une perte de connaissance transitoire (de quelques secondes) (8).
LA CLASSIFICATION DE LA GRAVITÉ DE LA COMMOTION
Les systèmes de classification antérieurs des commotions liées à un sport ont été largement abandonnés parce qu’ils se fondaient sur des expériences isolées et n’avaient pas été validés (7-9). La terminologie simple ou complexe proposée dans le document consensuel de la Second International Conference on Concussion in Sport (9) et avalisée dans le premier document de principes de la SCP (6) a également été abandonnée, parce que les termes ne décrivaient pas pleinement les entités en cause et ne permettaient pas de prédire convenablement la gravité des blessures (7,10). D’après les recommandations actuelles, la prise en charge des commotions devrait être individualisée d’après les symptômes et le rétablissement de l’athlète plutôt que d’après la classification de la gravité, qui ne peut être déterminée qu’en rétrospective après la résolution des symptômes, le rétablissement cognitif et la réussite du protocole graduel d’effort et de RAJ (7).
Les signes et symptômes
Au tableau 1 figurent bon nombre des signes et symptômes courants que ressentent les athlètes après une commotion. Ainsi, s’ils éprouvent l’un de ces signes et symptômes après une blessure, il faut présumer une commotion et amorcer une prise en charge pertinente (6-9). Chez les enfants plus jeunes, ces signes et symptômes peuvent être discrets, tels que des maux de ventre, des troubles de digestion et des changements de comportement plutôt que des céphalées ou des symptômes cognitifs. C’est pourquoi on ne dépiste pas toujours la commotion (11). D’ordinaire, les symptômes se résorbent au bout de sept à dix jours (7), même si dans certains cas, ils peuvent se prolonger et même durer des semaines ou des mois (4,12,13). Selon certaines données probantes, le rétablissement d’une commotion serait lié à l’âge, les enfants plus jeunes s’en remettant plus lentement (14,15).
TABLEAU 1
Les caractéristiques des commotions liées au sport
| SYMPTÔMES ET SIGNES PHYSIQUES | CHANGEMENTS AFFECTIFS ET DE COMPORTEMENT |
ATTEINTE COGNITIVE |
TROUBLES DU SOMMEIL |
Céphalées |
Irritabilité |
Ralentissement du délai de réaction |
Somnolence |
D’importantes séquelles cognitives peuvent découler d’une commotion, y compris un manque d’attention et de concentration, une diminution de la vitesse de traitement de l’information, un déficit mnésique et des troubles d’apprentissage (11). Chez les enfants et les adolescents, ces effets peuvent nuire à la capacité d’apprentissage et à l’exécution des travaux scolaires (12,13,16,17).
L’œdème cérébral diffus fatal est une rare complication du traumatisme crânien chez les enfants et les adolescents (17,18). On pense que ce phénomène, qui se produit presque exclusivement chez les enfants et les adolescents, résulte d’une perte de l’autorégulation de la réserve de sang dans le cerveau, ce qui entraîne une rapide congestion vasculaire cérébrale et une augmentation de la pression intracrânienne. Il se peut alors que la situation se détériore en une hernie du tronc cérébral, un coma et la mort (4,17,18). Cette perte de l’autorégulation vasculaire cérébrale constituerait également le mécanisme de traumatisme du syndrome de deuxième impact, un événement rare et souvent fatal qui se déclare chez les athlètes d’âge pédiatrique. On croit que ce syndrome se produirait lorsqu’un athlète est victime d’une deuxième commotion alors qu’il ressent encore des symptômes d’une commotion précédente. L’athlète s’effondre et tombe rapidement dans le coma (4). On craint beaucoup ce syndrome, mais on ne possède pas de données probantes pour déterminer si ces événements catastrophiques sont bel et bien attribuables à un deuxième impact (18). Il s’agirait plus probablement de cas d’œdème cérébral diffus causés par un traumatisme du cerveau immature (18).
L’évaluation initiale
Si on craint qu’un jeune athlète ait été victime d’une commotion, il devrait arrêter immédiatement l’activité et être retiré du jeu ou de l’entraînement. S’il est inconscient, il faut présumer d’un traumatisme de la colonne cervicale et prendre les précautions qui s’imposent (c’est-à-dire minerve et planche, transfert en ambulance à un département d’urgence). Il faut vérifier les voies aériennes, la respiration et la circulation d’un athlète inconscient (6-9,12,16).
Il faut maintenir l’athlète conscient sous étroite observation afin de déceler tout signe de détérioration (6). Des symptômes peuvent se manifester ou s’aggraver plus tard pendant la journée ou le lendemain. Tout athlète victime d’une commotion devrait être évalué par un médecin dans les plus brefs délais, y compris une évaluation neurologique complète et une évaluation de la fonction mentale (6-9). Un joueur ne devrait jamais retourner au jeu s’il est symptomatique (4,6-9). Les athlètes victimes d’une commotion présentent souvent une diminution de l’attention, un délai de réaction plus long et des pertes de mémoire, qui peuvent les rendre moins aptes à éviter des situations dangereuses et accroître leur risque de nouvelle commotion ou d’autre traumatisme (19). Dans le doute, il faut les retirer du jeu!
Après l’évaluation médicale, l’athlète ne devrait pas être laissé seul pendant les 24 heures à 48 heures suivant la commotion. Un adulte responsable, idéalement un parent, doit surveiller l’enfant ou l’adolescent afin de déceler une aggravation des symptômes (p. ex., grave céphalée, vomissements persistants, activité convulsive) et vérifier tout signe de détérioration pendant la nuit (p. ex., respiration anormale, convulsions). Puisqu’il faut dormir pour se rétablir, il ne faut toutefois pas réveiller l’enfant ou l’adolescent pendant la nuit s’il a été victime d’une commotion. Si on constate des signes de détérioration, l’enfant ou l’adolescent devrait subir une réévaluation immédiate au département d’urgence (6).
LES EXPLORATIONS
L’imagerie diagnostique
La commotion est un traumatisme crânien fonctionnel plutôt que structurel. Ainsi, les résultats de la neuro-imagerie structurelle classique (radiographie crânienne, tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique [IRM]) sont normalux et ne sont donc pas recommandés systématiquement (6-9). Si on craint un traumatisme structurel (déficit neurologique focal, activité convulsive, perte de connaissance prolongée), il faut procéder à des tests d’imagerie pertinents (6-9,20).
Des techniques d’imagerie plus spécialisées, telles que la tomographie par émission monophotonique, la tomographie par émission de positrons et l’IRM fonctionnelle, réussiront peut-être à démontrer des anomalies physiologiques et fonctionnelles après une commotion, mais elles en sont aux premières phases de leur mise au point et ne sont donc pas systématiquement accessibles ou recommandées (7).
Les tests neuropsychologiques
Il est démontré qu’en cas de commotion, l’évaluation neuropsychologique a une valeur clinique et peut représenter un outil utile pour orienter les décisions de RAJ (13,17,19,21). De nombreuses études ont permis d’évaluer de brefs tests neuropsychologiques (30 minutes) au sein de la population d’athlètes, y compris des tests classiques sur papier (17,19,21) et, plus récemment, des programmes informatisés comme ImPACT et CogSport (17,21). Si on décide d’utiliser l’évaluation neuropsychologique après une commotion, les experts recommandent d’obtenir des données de base auprès de tous les athlètes au début de chaque saison, avant une commotion éventuelle, afin d’en maximiser l’utilité clinique (8,9,19). Cependant, cette évaluation ne devrait pas être isolée; il est essentiel de la répéter.
Une préoccupation unique est soulevée à l’égard des tests neuropsychologiques auprès de la population pédiatrique : les enfants et les adolescents sont en période de développement cognitif rapide. Les études faisant appel à des programmes neurocognitifs informatisés démontrent une amélioration considérable de la performance entre neuf et 18 ans pour ce qui est des tests de réaction simple et des tests de temps de réaction de choix, de la mémoire fonctionnelle et des nouveaux apprentissages, les changements de fonction les plus importants étant observés entre neuf et 15 ans (17). Ces changements développementaux risquent de constituer une variable confusionnelle des évaluations après une commotion parce que l’amélioration de la maturation peut compenser une atteinte cognitive liée à un traumatisme. Les enfants et les adolescents peuvent devoir reprendre l’évaluation de base jusqu’à tous les six mois (17). Les coûts, le temps et les ressources nécessaires pour effectuer les tests de base dans le groupe d’âge pédiatrique empêcheront peut-être l’adoption systématique d’évaluations neuropsychologiques (16,22). Par conséquent, ces évaluations ne sont pas recommandées systématiquement au sein du groupe d’âge pédiatrique.
Le Sport Concussion Assessment Tool (SCAT) a été mis au point en 2004 pour procéder à l’évaluation médicale des commotions chez les athlètes (9), puis il a été mis à jour en 2009 (SCAT2) (7). Cet outil a été conçu pour permettre de procéder à une brève évaluation neuropsychologique de l’attention et de la mémoire dans le domaine du jeu (7,9). L’outil SCAT2 contient des analyses plus détaillées, telles qu’un système de pointage des erreurs d’équilibre (BESS) et l’échelle de coma de Glasgow, et il est recommandé chez les athlètes de dix ans et plus (voir la rubrique intitulée Ressources supplémentaires) (7). Même s’il n’est pas encore validé, cet outil peut aussi être utilisé à l’urgence ou en cabinet pour évaluer le rétablissement d’une commotion. Il faudrait élaborer des outils d’évaluation propres aux enfants (4,23).
Chez les athlètes victimes de commotions multiples ou qui démontrent des symptômes prolongés, un test neuropsychologique détaillé et adapté à l’âge effectué par un neuropsychologue formé peut s’imposer pour repérer des déficits cognitifs précis et contribuer à la planification pédagogique (7,16,19).
LA PRISE EN CHARGE
Le principal aspect de la prise en charge des commotions est le repos (6-9), tant physique que cognitif (6,7,9). L’enfant ou l’adolescent blessé ne devrait pas pratiquer de sports, faire de l’exercice, participer à des activités récréatives comme le vélo ou se chamailler avec ses amis et ses frères et sœurs. Le repos cognitif inclut la limitation des activités qui exigent une concentration mentale, telles que la lecture, la rédaction de textos, l’écoute de la télévision, l’utilisation de l’ordinateur et les jeux électroniques. Les athlètes victimes d’une commotion devront peut-être même rater l’école ou faire adapter leur programme d’apprentissage pendant qu’ils ont des symptômes, afin d’éviter l’aggravation des symptômes imputable à l’effort mental nécessaire pour effectuer le travail scolaire (6,16). S’ils doivent s’absenter de l’école, leur retour devra alors être graduel (p. ex., des demi-journées) à mesure que les symptômes se résorberont. Si ceux-ci ne s’aggravent pas et ne se manifestent pas de nouveau, les athlètes pourront reprendre l’école à temps plein. S’ils doivent s’absenter de l’école pendant une période prolongée (plus de quelques semaines), en raison de symptômes persistants, l’aiguillage vers un spécialiste possédant des compétences en matière de commotions deviendra peut-être nécessaire.
Les médicaments
L’utilisation de médicaments pour traiter les commotions chez les athlètes d’âge pédiatrique n’a pas fait l’objet d’études. L’acétaminophène ou l’ibuprofène peut contribuer à atténuer la gravité et la durée des symptômes après une commotion, mais aucune recherche probante n’étaye cette assertion pour l’instant. Dans certaines situations, une pharmacothérapie peut permettre de traiter des symptômes prolongés précis, tels que les troubles du sommeil, la dépression ou l’anxiété (7). Cependant, les athlètes ne devraient pas prendre de médicaments susceptibles de masquer les signes et symptômes de commotion lors de leur RAJ (7).
Le retour au jeu
La décision relative au RAJ est l’une des plus difficiles et des plus controversées dans le domaine de la prise en charge des commotions. Jusqu’à présent, aucune étude prospective à double insu n’a évalué les lignes directrices de RAJ chez les jeunes athlètes victimes d’une commotion (23). Cependant, les experts s’entendent pour affirmer que les décisions relatives au RAJ devraient être plus prudentes et personnalisées chez les athlètes d’âge pédiatrique (7,23).
Un athlète victime d’une commotion ne devrait pas être autorisé à reprendre ses activités tant que la totalité des signes et symptômes ne se seront pas résorbés et qu’il n’y aura pas été autorisé par un médecin (6-9,23). Les enfants et les adolescents ne devraient pas être autorisés à reprendre le jeu le jour même (7,23). Lorsqu’ils ne présentent plus de symptômes depuis plusieurs jours, ils devraient respecter un protocole d’effort graduel, supervisé par un médecin (voir le tableau 2) (6-9,23). Chaque étape devrait durer au moins 24 heures. Si les symptômes ne se manifestent pas de nouveau, les athlètes peuvent passer à l’étape suivante. S’ils se manifestent, ils devraient se reposer pendant 24 heures à 48 heures avant d’essayer de progresser de nouveau, à partir de la dernière étape dans laquelle ils étaient asymptomatiques.
TABLEAU 2
Le protocole de retour au jeu graduel des athlètes victimes d’une commotion liée à un sport
| Étape de réadaptation | Exercice fonctionnel à chaque étape de réadaptation |
Objectif de chaque étape |
1. Aucune activité |
Repos physique et cognitif complet |
Rétablissement |
2. Exercice aérobique léger |
Marche, nage ou vélo stationnaire |
Accroissement de la fréquence cardiaque |
3. Exercice propre au sport |
Exercices de patinage au hockey, de course au soccer |
Ajout de mouvement |
4. Exercices d’entraînement sans contact |
Progression vers des entraînements plus complexes (p. ex., exercices de passes au football et au hockey) |
Exercice, coordination et charge cognitive |
5. Pratique plein contact |
Après l’autorisation du médecin, participation à un entraînement normal |
Rétablissement de la confiance et évaluation des compétences fonctionnelles par les entraîneurs |
6. Retour au jeu |
Jeu normal |
|
Les facteurs modifiant la prise en charge des commotions
Certains facteurs peuvent influer sur la prise en charge des commotions et présager le potentiel de symptômes prolongés ou persistants (7). Il est important de tenir compte de ces facteurs, y compris un âge plus jeune, des antécédents de commotions multiples et des comorbidités (comme un trouble d’apprentissage ou un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité) dans l’anamnèse des commotions, car ils peuvent justifier une prise en charge dépassant les simples conseils relatifs au RAJ. D’autres examens exploratoires, tels qu’un test neuropsychologique en bonne et due forme et une neuro-imagerie, peuvent prendre plus d’importance dans un tel contexte. Les athlètes victimes d’une commotion qui présentent des facteurs précis devraient être pris en charge par une équipe multidisciplinaire, incluant des médecins possédant des compétences précises en matière de commotions (7).
Les soins à l’athlète victime de multiples commotions constituent un sujet de controverse. Des données probantes laissent supposer qu’un tel athlète risque davantage d’être victime d’autres commotions, et que les traumatismes peuvent être cumulatifs (24). À l’heure actuelle, il est prudent d’évaluer chaque athlète personnellement. Si de nouvelles commotions provoquent une aggravation des symptômes, si les symptômes se manifestent après un impact moins important, si le style de l’athlète, sa position ou son sport le rendent plus vulnérable à de futurs traumatismes ou s’il a un trouble d’apprentissage ou des symptômes cognitifs persistants, il faut envisager de le changer de position ou de lui faire choisir un autre sport, qui comporte moins de risques de traumatisme crânien (6,23).
LA PRÉVENTION
Aucune donnée probante n’établit que le matériel protecteur, y compris les casques et les protecteurs buccaux, prévient les commotions (25). Dans certains sports, des données probantes indiquent que les casques certifiés assurent bel et bien une protection contre des traumatismes crâniens, tels qu’une fracture du crâne (8,9,26-28). Les casques approuvés (voir la rubrique intitulée Ressources supplémentaires) devraient être portés en tout temps dans le cadre de tous les sports de contact et de toutes les activités sportives comportant un risque de traumatisme crânien (c’est-à-dire le vélo, la planche à roulettes, le patin à roues alignées, le ski de descente, la planche à neige et les activités équestres) (6-11). Il est important que le matériel soit ajusté, porté comme il se doit et bien entretenu (29). Le matériel protecteur endommagé doit être remplacé rapidement, et le matériel usé doit également être remplacé, conformément aux recommandations du fabricant.
Il est essentiel d’admettre que les casques « anti-commotions » n’existent pas. Les joueurs peuvent se sentir protégés des traumatismes crâniens lorsqu’ils portent un casque, et adopter un style de jeu plus agressif (par compensation), se rendant ainsi plus vulnérables aux blessures (6-9,30). Pour réduire au minimum le risque de commotions, les athlètes devraient également respecter les règles de leur sport et faire preuve d’esprit sportif.
Les entraîneurs jouent un rôle important dans la réduction du nombre de commotions. Ils doivent s’assurer qu’on enseigne à leurs athlètes les bonnes techniques sportives, telles que la bonne exécution des mises en échec au hockey, du tacle au football et des jeux de tête au soccer, et que ceux-ci les mettent en application. Ils devraient également favoriser le respect et le bon esprit sportif chez leurs joueurs.
Les modifications et le respect des règlements contribuent à réduire le risque et l’incidence de commotions (8,9,30). Il est démontré que les règles exigeant que les poteaux des buts soient rembourrés au soccer et au football et que le plaquage avec la tête soit interdit au football réduisent le nombre de commotions (4). Au hockey, l’élimination des coups à la tête, l’interdiction des mises en échec par l’arrière, l’interdiction des mises en échec chez les plus jeunes ainsi que la proscription des batailles pourraient contribuer à diminuer le nombre de traumatismes crâniens subis dans ce sport (8,9,31). Le fait de décourager la participation à des sports dans lesquels on fait la promotion des coups à la tête, tels que la boxe, pourrait également réduire le risque de commotion chez les enfants et les adolescents.
L’ÉDUCATION AU SUJET DES COMMOTIONS
Il est capital que les athlètes, les entraîneurs, les parents et les dispensateurs de soins, de même que quiconque supervise les enfants et les adolescents qui participent à des activités sportives, soient conscients des signes et symptômes de commotion et de leur prise en charge convenable (5). Pour obtenir plus de renseignements sur les commotions et la prise en charge des athlètes victimes d’une commotion, consulter la rubrique intitulé Ressources supplémentaires.
RECOMMANDATIONS
La Société canadienne de pédiatrie fait les recommandations suivantes au sujet de l’évaluation et de la prise en charge des commotions liées à un sport chez les enfants et les adolescents :
Les médecins devraient prendre la défense de leurs patients, comme suit :
On peut trouver plus d’information sur les commotions et la prise en charge des athlètes ayant une commotion dans les sites Web suivants :
REMERCIEMENTS : Le comité de la pédiatrie communautaire, le comité de la prévention des blessures, le comité de la santé de l’adolescent, le comité des soins aigus et le comité d’action pour les enfants et les adolescents de la Société canadienne de pédiatrie de même que l’Académie canadienne de médecine du sport et de l’exercice et Pensez d’abord Canada ont révisé le présent document de principes.
COMITÉ D’UNE VIE ACTIVE SAINE ET DE LA MÉDECINE SPORTIVE
Membres : Tracey L Bridger MD; Kristin Houghton MD; Claire LeBlanc MD (présidente); John F Philpott MD; Christina G Templeton MD (représentante du conseil); Thomas J Warshawski MD
Représentante : Laura K Purcell MD (Société canadienne de pédiatrie, section de la médecine du sport et de l’exercice en pédiatrie)
Conseillers : Carolyn A Emery MD; Stan Lipnowski MD; Peter Nieman MD
Auteure principale : Laura K Purcell MD
Affichage : janvier 2012
Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.