Le
dépistage et la prise en charge des enfants ayant subi une commotion dans un
sport
Comité de la vie active saine, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Paediatr Child Health 2006;11(7):431-40
No. de référence : VAS 2006-01
Révision en cours en janvier 2010
Aussi disponible : Les commotions dans le sport : De l’information pour les parents, les entraîneurs et les moniteurs
Index des documents du comité de la vie active saine et de la médecine sportive
| La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Visitez la liste des documents de principes pour savoir lesquels sont disponibles en format pdf. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, vous devez soumettre une demande détaillée à info@cps.ca. |
Contenu
La
commotion est un traumatisme que subissent souvent les enfants en participant à
divers sports. Chez les enfants de 15 ans et moins, l’incidence estimative de
traumatismes crâniens, y compris les commotions, est de 180 cas pour 100 000
enfants par année, représentant plus de 10 % de toutes les consultations à
l’urgence (1). Une récente étude dans les départements d’urgence
canadiens (2) a démontré que 3 % de toutes les blessures sportives étaient
des traumatismes crâniens. La majorité d’entre eux se produisaient chez des
personnes de moins de 20 ans (66 %) (2). Ces traumatismes représentaient 18,2 %
de tous les traumatismes crâniens graves chez des enfants de moins de dix ans,
53,4 % de ceux chez des enfants de dix à 14 ans et 42,9 % de ceux chez des
enfants de 15 à 19 ans (2) (qualité des preuves : III [annexe 1]). Cependant,
les commotions peuvent être difficiles à diagnostiquer, car les signes et
symptômes sont souvent discrets et faciles à omettre (qualité des preuves :
III) (3-5). Les athlètes peuvent en minimiser l’importance ou ne pas les
reconnaître. Par conséquent, il se peut qu’ils ne demandent pas de soins médicaux
(6,7).
Malgré
des recherches importantes sur les commotions, il n’existe pas de lignes
directrices précises sur la prise en charge des commotions dans les sports pour
les enfants. Tant la Société canadienne de pédiatrie (8) que l’American
Academy of Pediatrics (9) ont publié des documents de principes sur la prise en
charge des traumatismes crâniens, mais ces documents ne traitent pas des
commotions dans un sport et, notamment, d’un protocole de retour au jeu. Bien
que les lignes directrices destinées aux adultes soient souvent utilisées, il
existe des différences liées à l’âge dans la convalescence suivant un
traumatisme crânien. En effet, les enfants plus jeunes se remettent plus
lentement des commotions (qualité des preuves : II-2). Chez les enfants, les
commotions peuvent être plus difficiles à diagnostiquer que chez les adultes,
car souvent, l’enfant ou les témoins adultes ne les remarquent pas. Par conséquent,
des lignes directrices s’imposent en pédiatrie sur les commotions dans un
sport (10).
Le présent
document de principes a été rédigé pour aider les médecins dans la prise en
charge des enfants de cinq à 18 ans qui subissent une commotion dans un sport.
Ces recommandations ne sont que des lignes directrices, fondées sur les données
disponibles et sur les avis d’experts. Elles visent à analyser la définition,
les signes et symptômes de commotion, le besoin d’explorations, les stratégies
de prévention et les principes de prise en charge axés sur le protocole de
retour au jeu. Étant donné le peu de recherches de qualité disponibles, les médecins
sont invités à privilégier une démarche prudente pour prendre en charge les
enfants ayant subi une commotion dans un sport.
LA DÉFINITION
DE COMMOTION
La commotion est définie comme un processus physiopathologique complexe
touchant le cerveau, induit par des forces biomécaniques traumatiques et entraînant
l’apparition rapide d’une anomalie de la fonction neurologique de courte durée,
qui se résorbe spontanément (11). Elle peut être imputable à un coup direct
à la tête, au visage ou au cou ou à un coup sur une autre partie du corps qui
transmet une force impulsionnelle à la tête (11-15). La plupart des commotions
ne provoquent pas de perte de conscience ou n’entraînent qu’une perte de
conscience transitoire (p. ex., quelques secondes) (11).
LES
SIGNES ET SYMPTÔMES DE COMMOTION
Les athlètes peuvent présenter de nombreux signes ou symptômes après
un traumatisme crânien (tableau 1). S’ils en présentent,
il faut soupçonner la présence d’un traumatisme crânien et amorcer les
mesures de prise en charge pertinentes (11-14,16). Les enfants plus jeunes
peuvent se plaindre de maux de ventre ou de malaises abdominaux plus que de maux
de tête ou de symptômes cognitifs. Il est donc facile de négliger les
commotions. Les symptômes commotionnels peuvent être prolongés, subsistant
parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois (qualité des preuves : II-2)
(5,17-20).
Une
commotion peut provoquer d’importantes séquelles cognitives, y compris une
mauvaise attention et une mauvaise concentration, un ralentissement du
traitement de l’information et une atteinte de la mémoire et de
l’apprentissage (qualité des preuves : II-2) (19,21,22). La commotion peut également
avoir un important effet secondaire négatif en matière de rendement scolaire
et social, car ces fonctions cognitives sont essentielles pour vaquer aux
activités quotidiennes normales de l’enfance et de l’adolescence, telles
que l’apprentissage de nouvelles compétences et l’exécution des travaux
scolaires (qualité des preuves : II-2) (1,19,20,22).
Une
complication rare, l’œdème cérébral diffus ou œdème cérébral malin,
peut se manifester après un traumatisme crânien chez l’enfant (qualité des
preuves : III) (1,18,23-27). Ce phénomène fait presque exclusivement son
apparition chez les enfants et les adolescents. Le mécanisme proposé de cet œdème
est une perte de l’autorégulation de l’apport sanguin au cerveau,
responsable d’une rapide congestion cérébrovasculaire et d’une
augmentation de la pression intracrânienne, qui peut se détériorer au point
de se transformer en herniation du tronc cérébral, en coma et en décès
(1,5,18,23-26). Cette perte de l’autorégulation vasculaire cérébrale serait
responsable du syndrome de second impact, un événement rare qui se produit
chez les jeunes athlètes. On pense
que ce syndrome survient lorsqu’un athlète subit une deuxième lésion commotionnelle alors qu’il ressent encore les symptômes d’un commotion précédente (5,18,23). La deuxième lésion peut sembler très mineure, mais dans les secondes ou les minutes suivant l’impact, l’athlète s’effondre et devient rapidement comateux. Dans presque tous les cas, ce syndrome a des conséquences fatales. Bien que ces événements soient très craints, on ne possède pas de données probantes pour démontrer qu’ils sont causés par le deuxième impact (qualité des preuves : III) (24,27). Il est plus probable qu’il s’agisse d’incidences d’œdème cérébral diffus après un traumatisme bénin au cerveau immature (24,27).
LA
CLASSIFICATION DE LA GRAVITÉ DES COMMOTIONS
La plupart des systèmes de classification des commotions se fondent sur
des expériences isolées et ne sont pas validés (qualité des preuves : III)
(11,12,15,17,27,28). La perte de conscience ou l’amnésie a toujours été
utilisée comme indication de la gravité de la blessure. Cependant, les brèves
pertes de conscience (de moins d’une minute) ne sont pas corrélées avec la
gravité des blessures sportives commotionnelles (11,12,14). De plus, le type et
la durée des symptômes peuvent être plus importants que la présence ou la
durée de l’amnésie (11,12). On sait maintenant que la gravité des
commotions est mieux déterminée rétrospectivement, après la résorption de
tous les signes et symptômes commotionnels et la normalisation de la fonction
cognitive (qualité des preuves : III) (12).
Un système
de classification simplifié a récemment été proposé, divisant les
commotions en « commotion simple » et « commotion complexe » (tableau
2) (12). Les athlètes qui ont des commotions complexes doivent être traités
par un médecin ayant des compétences précises en matière de commotions (catégorie
de recommandation : B [annexe 1]) (12).
L’imagerie
diagnostique
La commotion provoque une aberration de la physiologie et de la fonction
cérébrales plutôt qu’une lésion structurelle. D’ordinaire, il est
possible d’écarter les lésions structurelles par une anamnèse complète et
un examen physique approfondi. En général, la radiographie cérébrale et la
tomographie ne révèlent pas de lésion et, par conséquent, elles ne sont pas
recommandées de manière systématique (qualité des preuves : III)
(5,11,12,15). Si on soupçonne la présence d’une lésion structurelle (déficit
neurologique focal, activité convulsive ou inconscience prolongée), il faut
procéder à une imagerie pertinente (catégorie de recommandation : A)
(8,9,11,12,15).
En cas
de commotions complexes (p. ex., symptômes prolongés), des études
d’imagerie peuvent être pertinentes (qualité des preuves : III; catégorie
de recommandation : B) (11,12,17). L’imagerie par résonance magnétique est
une modalité plus sensible pour déceler des lésions structurelles discrètes
comme des contusions et une lésion axonale diffuse (29). Des techniques
d’imagerie plus spécialisées, comme une tomographie par émission de photons
uniques, une tomographie par émission de positrons et l’imagerie par résonance
magnétique fonctionnelle, peuvent permettre de percevoir les anomalies
physiopathologiques et fonctionnelles suivant une commotion (29).
Les
tests neuropsychologiques
Parmi les déficits cognitifs associés aux traumatismes crâniens mineurs,
soulignons une perte de l’attention et de la concentration, une légère désorientation
et des troubles de la mémoire. De nombreuses études ont porté sur de brefs
tests neuropsychologiques (30 minutes) auprès de la population d’athlètes, y
compris les tests classiques du stylo et du papier (10,19,21,22,30-32) et, plus
récemment, des programmes informatisés (1,33-35). Pendant l’évaluation
initiale d’un athlète ayant subi une commotion, il est démontré qu’une brève
série de tests neuropsychologiques pour évaluer la fonction de l’attention
et de la mémoire est à la fois pratique et efficace (qualité des preuves :
II-2) (21,31,36). L’évaluation standardisée des commotions a fait l’objet
d’études chez des enfants en santé de neuf à 14 ans. Cette évaluation est
fiable dans ce groupe d’âge (qualité des preuves : II-2) (37). L’outil
d’évaluation des commotions dans un sport, qui intègre des aspects de l’évaluation
standardisée des commotions, a été mis au point pour être utilisé sur le
terrain (annexe 2) (12). Cet outil n’a pas encore été
validé chez les enfants.
Des
tests neuropsychologiques peuvent être utilisés pour orienter la décision de
retour au jeu, mais il ne faut pas les utiliser seuls, car les évaluations
cliniques répétées sont essentielles. Si on y recourt, il faut obtenir les
données avant le traumatisme de tous les athlètes au début de la saison
sportive, pour en maximiser l’utilité clinique (qualité des preuves : II-2)
(11,12,14,30,36). Après une lésion commotionnelle, les résultats des athlètes
peuvent alors être comparés à leurs propres valeurs de départ pour déterminer
s’ils ont des déficits. Puisque de nombreux facteurs peuvent influer sur les
tests neuropsychologiques (y compris un traumatisme crânien précédent,
l’anxiété envers les tests, les troubles déficitaires de l’attention, les
troubles psychiatriques et les troubles d’apprentissage), sans données de départ,
les résultats de l’athlète devront être comparés aux valeurs normales de
la population, ce qui peut provoquer une fausse interprétation des tests (30).
Par exemple, les résultats d’un athlète aux capacités cognitives élevées
peuvent être interprétés à tort comme normaux et donner lieu à un retour prématuré
au sport. Inversement, un athlète ayant un fonctionnement de départ faible
peut être retiré du jeu trop longtemps (30).
Les
tests neuropsychologiques comportent une autre limite : l’effet de la pratique
ou de l’apprentissage (11,12,30). À force d’effectuer un test, l’athlète
y répondra mieux parce qu’il y a déjà été exposé, surtout s’il
s’agit de tests de mémoire (30). On peut limiter ce problème en rationnant
la reprise des tests, en utilisant diverses versions des tests du stylo et du
papier ou en utilisant des tests informatisés dont les paradigmes ont des
variations infinies (qualité des preuves : II-2) (11,12,30). De plus, aucune étude
n’a démontré que les déficits cognitifs persistent après la résorption
des symptômes de commotion. En fait, les athlètes retrouvent peut-être leurs
résultats de départ aux tests neuropsychologiques, malgré la présence de
symptômes commotionnels (30).
Les
tests neuropsychologiques dans la population pédiatrique s’associent à une
préoccupation particulière : les enfants connaissent une évolution cognitive
rapide. Les études neurocognitives informatisées (1,35) démontrent la
survenue d’améliorations substantielles du rendement entre neuf et 18 ans aux
temps de réaction aux réponses uniques ou multiples aux tests, à la mémoire
opérationnelle et au nouvel apprentissage, les plus grands changements étant
observés entre neuf et 15 ans (qualité des preuves : II-2). Ces modifications
développementales risquent de biaiser les évaluations après un traumatisme
parce que les améliorations de la maturation peuvent compenser les anomalies
cognitives causées par les blessures. Par conséquent, les enfants et les
adolescents pourraient devoir passer des tests de départ tous les six mois (catégorie
de recommandation : A) (1). Cependant, l’implantation clinique de tests de départ,
notamment au sein de la population pédiatrique, demeure prématurée tant que
des données scientifiques probantes n’auront pas été colligées pour
justifier les coûts, le temps et l’énergie nécessaires pour les effectuer.
En raison de ces préoccupations, les tests neuropsychologiques ne sont pas indiqués dans la prise en charge des commotions simples. Cependant, chez les athlètes qui ont subi des multiples commotions ou dont les symptômes postcommotionnels sont prolongés (p. ex., commotions complexes), des tests neuropsychologiques détaillés, adaptés à l’âge, peuvent être utiles pour repérer des déficits cognitifs précis, ce qui peut contribuer à la planification scolaire (qualité des preuves : III; catégorie de recommandation : B) (12,30).
| TABLEAU 3 Protocole de retour au jeu, par étape |
||
|
|
||
| Étape 1 | Repos complet, aucune activité | |
| Étape 2 | Exercise léger, comme le jeu libre, la marche ou le vélo stationnaire, pendant 10 à 15 minutes | |
|
Étape 3 |
Activité reliée au sport (p.ex, patinage au hockey, course au soccer) pendant 20 à 30 minutes | |
| Étape 4 | Pratique sur le terrain, sans contact | |
| Étape 5 | Pratique sur le terrain, avec contact, après avoir obtenu l'autorisation du médecin | |
| Étape 6 | Retour au jeu | |
|
|
||
LA
PRISE EN CHARGE
Si on pense qu’un jeune athlète a subi une commotion, il doit être immédiatement
retiré du jeu ou de la pratique. S’il est inconscient, il faut présumer une
lésion de la colonne cervicale et respecter les précautions pertinentes à
l’égard de telles blessures (collier et planche, transfert à l’urgence en
ambulance). Il faut évaluer les voies aériennes, la respiration et la
circulation des athlètes inconscients (catégorie de recommandation : A)
(5,8,9,15,17,18,38).
Il faut
observer l’athlète conscient de près afin de repérer tout signe de détérioration
(15). Les symptômes peuvent s’aggraver au cours de la journée ou le
lendemain. Un médecin doit évaluer le plus rapidement possible chaque athlète
qui a subi une commotion, y compris une évaluation complète de sa fonction
neurologique et mentale (15). Il ne faut jamais qu’un joueur retourne au jeu
s’il est symptomatique (catégorie de recommandation : A)
(5,11-13,17,18,28,38).
Les athlètes qui ont subi une commotion manifestent souvent une diminution de
l’attention, une perturbation des temps de réaction et des déficits de la mémoire
qui peuvent réduire leur capacité d’éviter des situations dangereuses et
les rendre vulnérables à une autre commotion ou à un autre traumatisme (qualité
des preuves : II-2) (19,21,30). Dans le doute, il est important de retirer
l’athlète du jeu.
Après
l’évaluation médicale d’une commotion, il ne faut pas laisser l’athlète
seul. Un adulte responsable, idéalement un parent, doit surveiller si les symptômes
de l’enfant s’aggravent, par exemple s’il a de graves maux de tête, des
vomissements persistants ou une activité convulsive. Il faut vérifier l’état
de l’enfant pendant la nuit, mais éviter de le réveiller à moins d’une détérioration
visible (respiration anormale, convulsions ou vomissements). En cas de détérioration,
il faut qu’un médecin le réévalue immédiatement (catégorie de
recommandation : A).
Le
principal aspect de la prise en charge des commotions est le repos physique et
cognitif (catégorie de recommandation : A) (11-14). Ainsi, l’enfant ne doit
pas pratiquer de sports, faire de l’exercice ou participer à des activités récréatives,
comme faire du vélo ou se chamailler avec ses amis ou ses frères et sœurs. Le
repos cognitif consiste à éviter les activités qui exigent une concentration
intellectuelle, comme la lecture, la télévision, l’ordinateur et les jeux électroniques.
L’enfant devra peut-être même rater l’école tant qu’il sera
symptomatique, parce que les efforts intellectuels qu’il faut consentir pour
effectuer les travaux scolaires peuvent aggraver ses symptômes et prolonger son
rétablissement (qualité des preuves : II-2) (20). S’il doit s’absenter de
l’école pour que les symptômes se résorbent, il faut l’y faire retourner
graduellement (y compris des demi-journées) après la disparition des symptômes.
Si les symptômes ne réapparaissent pas ou ne sont pas récurrents, il peut
reprendre l’école à temps plein (qualité des preuves : III; catégorie de
recommandation : B). Si l’enfant doit s’absenter plus de deux semaines en
raison de symptômes persistants, une consultation neurologique peut être précieuse
(catégorie de recommandation : I).
LE
PROTOCOLE DE RETOUR AU JEU
Il faut interdire à un athlète ayant subi une lésion commotionnelle
de retourner au jeu tant que les signes et symptômes ne se sont pas résorbés
et qu’un médecin ne l’y a pas autorisé (qualité des preuves : II-2; catégorie
de recommandation : A) (5,11-15,17,18,28,38). On n’a pas établi de période
idéale sans symptômes, mais les athlètes ne doivent manifester aucuns symptômes
pendant plusieurs jours avant d’entreprendre un protocole de retour au jeu par
étape sous la supervision d’un médecin (tableau 3) (catégorie
de recommandation : B) (11-14,28). Chaque étape doit durer au moins 24 heures.
S’il ne voit pas ses symptômes réapparaître, l’athlète peut passer à
l’étape suivante. Si les symptômes se manifestent de nouveau, il doit se
reposer de 24 à 48 heures, puis reprendre le protocole à l’étape à
laquelle il était rendu.
LES
COMMOTIONS MULTIPLES
La prise en charge d’un athlète qui a subi des commotions multiples
est controversée. Une athlète ayant subi une commotion peut être plus vulnérable
à de futurs traumatismes crâniens, qui peuvent être cumulatifs (qualité des
preuves : III) (27,28). D’après de nombreuses lignes directrices, l’enfant
doit alors mettre un terme à la saison sportive et éviter pour toujours les
sports de contact entraînant des commotions répétées (catégorie de
recommandation : B) (5,14,17,28). Chaque athlète doit subir une évaluation
individuelle. Il faut avertir les athlètes d’éviter les sports de contact si
une nouvelle commotion entraîne des symptômes plus graves, si les symptômes
se manifestent après un impact moins important, si leur style de jeu ou leur
sport les rend plus vulnérables à de futures blessures ou s’ils ont un
trouble d’apprentissage ou des symptômes cognitifs persistants (qualité des
preuves : III; catégorie de recommandation : B) (28).
LA
PRÉVENTION
Il est possible de prévenir ou de limiter les traumatismes crâniens grâce
au port de l’équipement de protection adapté au sport (qualité des preuves
: II-2) (11,12,15,28,39-42). Il faut porter des casques approuvés dans tous les
sports de contact et dans toutes les activités s’associant à un risque de
traumatisme crânien (p. ex., vélo, planche à roulettes, patin à roues alignées,
ski, planche à neige et activités équestres) (catégorie de recommandation :
A) (11-15,28,43). L’annexe 3 contient une liste des
casques approuvés pour les sports à roulettes. Il est important de porter l’équipement
comme il se doit et de bien l’entretenir (44,45). Il faut remplacer rapidement
l’équipement endommagé.
Il est
essentiel d’admettre qu’il n’existe pas de casque qui permet d’éviter
complètement les commotions. Les joueurs peuvent se sentir protégés contre
les traumatismes crâniens s’ils portent leur casque et peuvent adopter un
style de jeu plus agressif, risquant alors davantage de se blesser (11,12,45).
Pour limiter le risque de commotion, les athlètes doivent respecter les règles
de leur sport et faire preuve d’esprit sportif.
Les
entraîneurs et les moniteurs jouent un rôle important pour réduire le nombre
de commotions. Ils doivent s’assurer que leurs athlètes apprennent les bonnes
techniques du sport, comme les bonnes mises en échec au hockey, le tacle au
football et le jeu de tête au soccer. Les programmes de renforcement des
muscles du cou peuvent contribuer à réduire le risque de commotion en
diminuant les forces d’impact transmises au cerveau, même si on ne possède
pas de données probantes à cet égard (11). Les entraîneurs et les moniteurs
doivent connaître les signes et symptômes de commotion et retirer immédiatement
l’athlète du jeu en cas de traumatisme crânien. Ils doivent s’assurer que
l’athlète subit une évaluation médicale et ne reprend pas le jeu avant
d’avoir obtenu une autorisation médicale.
Des
modifications aux règlements et leur application peuvent également réduire le
risque et l’incidence de lésions commotionnelles (11,12,45). Les règles
rendant le rembourrage des poteaux des buts obligatoires au soccer et au
football, et l’interdiction des coups de butoir au football, ont réduit le
nombre de lésions commotionnelles (qualité des preuves : III) (28,45). Au
hockey, l’interdiction des coups à la tête, des mises en échec par l’arrière
et des batailles pourraient réduire les traumatismes crâniens (11,12). Le fait
de décourager la participation à des sports où les coups intentionnels à la
tête sont favorisés, comme la boxe, pourrait également réduire le risque de
commotion chez les enfants (46).
L’ÉDUCATION
AUX COMMOTIONS
Il est essentiel que les athlètes, les entraîneurs et les moniteurs,
les parents et les dispensateurs de soins connaissent les signes et symptômes
de commotion et la prise en charge pertinente des lésions commotionnelles (6).
Vous trouverez plus d’information, en anglais, dans les sites Web suivants :
<www.casm-acms.org>,
<www.thinkfirst.ca>
et <www.cdc.gov/ncipc/tbi/Coaches_Tool_Kit.htm>.
LA
DÉFENSE D’INTÉRÊTS EN MATIÈRE DE COMMOTIONS DANS UN SPORT
Les pédiatres peuvent défendre les intérêts de leurs patients des
manières suivantes :
Éduquer les entraîneurs et les moniteurs, les écoles et les décideurs dans les sports aux signes et symptômes de commotion, et les sensibiliser à l’importance d’obtenir une évaluation ou une autorisation médicale avant que l’athlète retourne au jeu.
Encourager les patients, notamment ceux qui ont subi des commotions répétées, à participer à la version sans contact du sport de leur choix.
Appuyer les lois exigeant le port obligatoire du casque dans tous les sports où le risque de traumatisme crânien est élevé, y compris tous les sports à roulettes, le ski, la planche à neige et les sports équestres.
LES
RECOMMANDATIONS
La Société canadienne de pédiatrie fait les recommandations suivantes
au sujet des commotions dans les sports chez les enfants :
Un athlète qui a subi un traumatisme crânien pendant un sport doit être immédiatement retiré du jeu et ne doit pas être autorisé à reprendre le jeu. L’athlète doit faire l’objet d’un suivi étroit afin de déceler tout signe de détérioration. Il ne faut pas le laisser seul. Par-dessus tout, un athlète symptomatique ne doit jamais retourner au jeu.
Il faut présumer qu’un athlète inconscient a subi une lésion de la colonne cervicale, et il faut l’immobiliser en conséquence avant son transport à l’hôpital en ambulance.
Un médecin doit évaluer tous les athlètes qui ont subi un traumatisme crânien dans les plus brefs délais. Après cette évaluation, un parent doit les surveiller pendant encore 24 à 48 heures afin de déceler tout signe de détérioration. En présence de signes de détérioration, l’athlète doit immédiatement subir une réévaluation par un médecin.
L’imagerie diagnostique et les tests neuropsychologiques ne sont pas recommandés systématiquement.
L’athlète doit se reposer jusqu’à la résorption de tous les symptômes, ce qui inclut à la fois le repos physique et cognitif.
Lorsque l’athlète n’a plus de symptômes depuis plusieurs jours, il peut entreprendre un protocole de retour au jeu par étapes, sous la supervision d’un médecin (tableau 3).
Après une commotion, l’athlète ne doit pas reprendre le jeu avant d’obtenir l’autorisation d’un spécialiste de la médecine sportive.
REMERCIEMENTS
: Le présent document de principes a été révisé par le comité de prévention
des blessures, la section de la médecine du sport et de l’exercice en pédiatrie
et la section de la médecine d’urgence de la SCP, l’Académie canadienne de
médecine du sport, et ThinkFirst Canada. Nous désirons également remercier
les réviseurs suivants pour leur apport précieux au contenu du document :
Docteurs Karen Johnston, neurochirurgienne, groupe des commotions dans les
sports, Académie canadienne de médecine du sport; James Kissick, spécialiste
en médecine sportive, Académie canadienne de médecine du sport; Craig
Campbell, neurologue pédiatrique, Children’s Hospital of Western Ontario,
London (Ontario); et Kevin Gordon, neurologue pédiatrique, IWK Health Centre,
Halifax (Nouvelle-Écosse).

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COMITÉ
D’UNE VIE ACTIVE SAINE
Membres : Docteurs Tracy Bridger, Janeway Child Health Centre, St
John’s (Terre-Neuve); Claire LeBlanc (présidente), Centre hospitalier pour
enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario); Stan Lipnowski,
Children’s Hospital, Winnipeg (Manitoba); Peter Nieman, université de
Calgary, Calgary (Alberta); Glen Ward (représentant du conseil), Surrey (Colombie-Britannique);
Tom Warshawski, Kelowna (Colombie-Britannique)
Représentante : Docteur
Auteure principale : Docteure
Coauteurs: Docteurs
Claire LeBlanc, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario,
Ottawa (Ontario); Michelle McTimoney, IWK
Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); John Philpott, université
de Toronto, Toronto (Ontario); Merrilee Zetaruk, Winnipeg
Children’s Hospital, Winnipeg (Manitoba)
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