La facilitation du congé à domicile après une naissance normale à
terme
Énoncé conjoint avec la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
Comité
d’étude du fœtus et
du nouveau-né, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Comité de médecine
fœtomaternelle,
Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
(SOGC)
Comité de pratique clinique
obstétrique, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
(SOGC)
Paediatr Child Health 1996;1(2):170-3
No de référence : FN96-02
Révision en cours en février 2009
Aussi disponible : Le retour à la maison après la naissance de bébé
Index des documents de principes du Comité d'étude du foetus et du nouveau-né
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Contenu
Depuis vingt ans, on observe une tendance à réduire les séjours des mères et de leur nouveau-né en milieu hospitalier, phénomène qui s'explique en partie par les compressions budgétaires auxquelles sont confrontés les hôpitaux et qui est d'ailleurs vécu parallèlement par d'autres groupes de patients. L'habitude d'accorder le congé à la mère et au bébé 48 heures après l'accouchement tire son origine d'une initiative de la part des consommateurs, puis des dispensateurs de soins (en particulier les hôpitaux et les compagnies d'assurance). Les mères qui choisissaient un congé précoce étaient plus souvent multipares, préféraient la cohabitation, se fiaient plus à elles-mêmes qu'aux autres et avaient entendu parler du congé précoce dans des publications écrites plutôt que par le personnel de clinique1. On a démontré que le congé précoce accompagné d'un suivi à domicile se révèle une ressource de santé sécuritaire et efficace2-7 susceptible de comporter des avantages psychologiques pour les familles8,9. Bien que les brefs séjours de la mère et du bébé en milieu hospitalier se révèlent courants dans de nombreux centres canadiens, les recherches publiées font foi de peu de connaissances quant aux conséquences de cette décision sur la population en général10. Aux États-Unis, l'American Academy of Pediatrics a publié des lignes directrices11 à cet égard et tente de favoriser l'adoption de lois qui exigeraient des compagnies d'assurances de payer le séjour de la mère et du bébé d'au moins 48 heures suivant un accouchement par voie vaginale et 96 heures après une césarienne12. Le présent énoncé vise à fournir des lignes directrices aux médecins et au reste du personnel soignant afin d'influencer les politiques et les pratiques reliées au congé des bébés à terme et en santé et de leur mère ainsi que le suivi ultérieur au sein de la collectivité.
Les bébés qui connaissent une transition postnatale normale de 6 heures risquent beaucoup moins de présenter des problèmes exigeant une hospitalisation dans les trois premiers jours de vie que ceux qui ont passé par une transition anormale4. L'importance 'une évaluation personnalisée en prévision d'un congé précoce est soulignée5. Les femmes à qui on accorde un congé contre leur gré sont plus susceptibles de se montrer insatisfaites que celles qui ont reçu un congé désiré13. Enfin, l'importance du choix relativement à l'accouchement a été abordé dans d'autres aspects des soins obstétriques14.
Après un congé précoce suivant un accouchement normal à terme, les mères sont moins susceptibles de présenter des problèmes exigeant une réadmission (jusqu'à 1,8 %, surtout en raison d'infections) que les bébés (jusqu'à 10,9 % [2], mais généralement de 2 % à 3 % [15]), généralement réhospitalisés pour cause de jaunisse néonatale. Des données cana- diennes récentes indiquent que la réduction du séjour à l'hôpital après la naissance de 4,5 jours à 2,7 jours sans suivi à domicile subséquent est associée à une augmentation des réadmissions, en particulier pour cause d'hyperbilirubinémie et de déshydratation, et qu'au moins deux décès néonatals sont survenus par la suite16. L'établissement de l'alimentation néonatale convenable pourrait réduire les cas de réadmission du nourrisson, car un apport de lait maternel insuffisant est relié à une hausse des jaunisses néonatales17. Les mères qui allaitent doivent pouvoir profiter d'une éducation et d'un soutien. Les programmes de congé précoce couronnés de succès sont pourvus de services externes bien établis, qui font appel au soutien communautaire15,18-22. On a décrit des modèles de suivi à domicile, incluant les détails de l'évaluation à domicile de la mère et de l'enfant22. Conformément au principe de soins envisagés dans une perspective familiale23 et à la facilitation constante de l'allaitement maternel, il importe que la mère et l'enfant restent ensemble si l'un ou l'autre doit être réadmis à l'hôpital. Les hôpitaux devraient offrir des politiques d'admission qui favorisent la réadmission du bébé pendant au moins le sept premiers jours de vie. Il faudra peut-être aussi fournir des lieux d'hébergement aux mères dont les bébés sont hospitalisés.
Dans une étude effectuée par Norr22, les mères à faible revenu à qui on avait accordé un congé dans les 24 à 47 heures suivant l'accouchement n'ont présenté aucun accroissement de la morbidité maternelle ou infantile dans les 15 jours suivant la naissance, comparativement aux patientes qui demeuraient auparavant à l'hôpital de 48 à 72 heures après l'accouchement. Il n'est cependant pas étonnant de constater que les mères ayant reçu leur congé avant leur bébé se sont révélées plus inquiètes et moins satisfaites. On rapporte une meilleure adaptation postpartum chez les mères ayant choisi le congé précoce (de 24 à 48 heures après l'accouchement) comparativement à celles qui sont restées à l'hôpital de 5 à 7 jours24. Malgré la prévalence croissante de programmes de congé précoce, les études contrôlées à ce sujet sont rares. (Les études portant sur le congé précoce d'enfants de petit poids de naissance ne sont pas pertinentes aux présentes lignes directrices.) Waldenström25 a procédé à une étude aléatoire comparant le congé de 24 à 48 heures après l'accouchement suivi des visites d'une sage-femme au séjour traditionnel en milieu hospitalier (durée de six jours après l'accouchement). L'étude est peut-être faussée puisque les patientes devaient vouloir obtenir un congé précoce pour participer à l'étude, mais les parents ont préféré le congé précoce. La cote accordée était d'ailleurs supérieure à celle des familles n'ayant pas participé à l'étude mais ayant vécu un séjour hospitalier traditionnel. Un autre rapport indique que la morbidité infantile et les médicaments prescrits dans les six mois suivant la naissance ne diffèrent pas, que les familles aient profité d'un congé précoce ou d'un séjour hospitalier traditionnel26. Une étude semblable exécutée par Carty et Bradley27 révèle que le congé accordé à la mère et à l'enfant dans les 12 à 48 heures suivant l'accouchement entraîne une satisfaction maternelle accrue et un allaitement sans supplément de lait maternisé, sans pour autant modifier la morbidité maternelle ou infantile. Cependant, la taille de l'échantillon était trop petite pour qu'il soit possible de déceler des modifications significatives à l'issue. Le besoin de recherches supplémentaires a été documenté, et des essais auprès d'un groupe plus large sont actuellement en cours10.
Le congé des mères en santé et des bébés à terme moins de 48 heures après l'accouchement (souvent dans les 24 heures suivant la naissance) est devenu monnaie courante dans de nombreuses régions. La plupart des programmes offrant un taux de réussite élevé comprennent les éléments suivants :
Il faudra procéder à des recherches plus approfondies sur le soutien de la mère et
de l'enfant dans le milieu familial pour valider ces lignes directrices (ou d'autres) en
matière de congé à domicile. Il en va de la responsabilité collective du médecin et
du reste du personnel soignant, y compris des administrateurs et des organismes de
financement, pour garantir l'instauration de congés précoces dans un climat sécuritaire
et efficace.
| TABLEAU 1 : Critères préalables au congé moins de 48 heures après l'accouchement | |
Mère |
Nourrisson |
| OBJECTIF : Pour que les femmes ayant accouché aient droit à un congé sécuritaire, elles doivent respecter des critères de base et profiter de dispositions convenables relativement à la continuité des soins en externe. Avant d'obtenir leur congé, elles doivent respecter les critères suivants : | OBJECTIF : Pour que les nourrissons aient droit à un congé sécuritaire, ils doivent respecter des critères de base et profiter de dispositions convenables relativement à la continuité des soins en externe. Le bébé doit être en santé selon le jugement clinique du médecin, et la mère doit avoir démontré la capacité raisonnable de prendre soin de son enfant. |
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Comité d'étude du fœtus et du nouveau-né
Membres : Docteurs Daniel Faucher, Hôpital Royal Victoria, Montréal
QC; Douglas McMillan (président et auteur principal), Foothills Hospital, Calgary AB;
Arne Ohlsson, Toronto ON; Thérèse Perreault, Hôpital de Montréal pour enfants,
Montréal QC; Michael Vincer, Grace Maternity Hospital, Halifax NS; C. Robin Walker,
Hôpital pour enfants de l'est de l'Ontario, Ottawa ON; et John Watts (directeur
responsable), Chedoke-McMaster Hospitals, Hamilton ON.
Conseiller : Docteur Cheryl Levitt, Chedocke-McMaster Hospital, Hamilton ON.
Représentants : Madame Debbie Fraser-Askin, infirmière en néonatalogie,
Hôpital Saint-Boniface, Winnipeg MB; docteurs Robert Liston, Société des obstétriciens
et gynécologues du Canada, Grace Hospital, Halifax NS; Catherine McCourt, Santé Canada,
Laboratoire de lutte contre la maladie, Ottawa ON; William Oh, comité d'étude du foetus
et du nouveau-né, American Academy of Pediatrics, Women and Infants Hospital of Rhode
Island, Providence RI; Apostolos Papageorgiou, Hôpital général juif, Montréal QC.
Auteur principal : Docteur Douglas McMillan (président), Foothills Hospital, Calgary
AB.
Comité de médecine fœtomaternelle, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
Membres : Docteurs Karen Ash, Hôpital général d'Ottawa, Ottawa ON;
George Carson, Regina General Hospital, Regina SK; Gregory Connors, Foothills Hospital,
Calgary AB; Line Leduc, Hôpital Sainte-Justine, Montréal QC; Robert Liston (président),
Grace Hospital, Halifax NS; Francis Sanderson, Regional Hospital, Saint-Jean NB.
Représentant : Docteur Douglas McMillan, Comité d'étude du foetus et du
nouveau-né, Société canadienne de pédiatrie, Foothills Hospital, Calgary AB.
Comité de pratique clinique obstétrique, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
Membres : Docteurs Robert Caddick, Moncton Hospital, Moncton NB; Irene Colliton, Grey Nuns Hospital, Edmonton AB; madame Brenda Dushinski, St Joseph's Health Centre, London ON; docteurs Ahmed Ezzat, St Paul's Hospital, Saskatoon SK; Guy-Paul Gagné (président), Hôpital général de LaSalle, LaSalle QC; Catherine MacKinnon, St Joseph's Health Centre, London ON; Nan Schuumans, Grey Nuns Hospital, Edmonton AB.
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |