Lignes
directrices pour la détection, la prise en charge et la prévention de
l’hyperbilirubinémie chez les nouveau-nés à terme Paediatr Child Health
2007;12(5):13B-24B
No de référence FN07-02
Réapprouvé en février 2011
Aussi disponible : La jaunisse chez les nouveau-nés
Index des documents de principes du Comité d'étude du foetus et du nouveau-né
| La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Visitez la liste des documents de principes pour savoir lesquels sont disponibles en format pdf. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, vous devez soumettre une demande détaillée à info@cps.ca. |
Contenu
L’hyperbilirubinémie
est très courante et généralement bénigne chez les nouveau-nés à terme et
peu prématurés de 35 à 36 semaines complètes d’âge gestationnel.
L’hyperbilirubinémie gravissime est rare, mais peut provoquer des anomalies
neurologiques à long terme. Le congé précoce du nouveau-né en santé,
notamment lorsque l’allaitement n’est pas entièrement établi, peut
s’associer à un retard de diagnostic d’hyperbilirubinémie importante. Des
lignes directrices pour prédire, prévenir, dépister, surveiller et traiter
l’hyperbilirubinémie grave sont présentées.
Mots clés : 35 weeks’ gestation; Hyperbilirubinemia; Jaundice; Preterm newborn; Term newborn
HISTORIQUE
ET ÉPIDÉMIOLOGIE
Définition des termes utilisés dans le présent document de principes
La prévention,
le dépistage et la prise en charge de la jaunisse chez les nouveau-nés à
terme et peu prématurés autrement en santé demeurent problématiques, en
partie parce que la jaunisse est très courante et que l’ictère nucléaire
est comparativement très rare (4-6). On estime que 60 % des nouveau-nés à
terme font une jaunisse et que 2 % atteignent une concentration de BST supérieure
à 340 µmol/L (7). L’encéphalopathie aiguë ne se manifeste pas chez les
nourrissons à terme dont la concentration de BST demeure sous 340 µmol/L, et
elle est très rare si la concentration de BST de pointe ne dépasse pas 425 µmol/L.
Au-dessus de ce taux, le risque de toxicité augmente progressivement (8,9).
Plus des trois quarts des nourrissons inscrits au registre d’ictère nucléaire
des États-Unis (entre 1992 et 2002) avaient une concentration de BST de 515 µmol/L
ou plus, et les deux tiers, une concentration de plus de 600 µmol/L (10). Même
si leur concentration dépasse 500 µmol/L, certains nourrissons échappent à
l’encéphalopathie. On ne connaît pas toutes les raisons de cette variabilité
de la susceptibilité à l’encéphalopathie, mais la déshydratation,
l’hyperosmolarité, la détresse respiratoire, l’anasarque, la prématurité,
l’acidose, l’hypoalbuminémie, l’hypoxie et les convulsions augmenteraient
le risque d’encéphalopathie aiguë en présence d’hyperbilirubinémie grave
(9,11). Il manque toutefois de données probantes fiables pour confirmer ces
associations (12). En outre, certains nourrissons atteints d’hyperbilirubinémie
grave souffrent de sepsis, mais la sepsis et l’hyperbilirubinémie sont toutes
deux courantes pendant la période néonatale, et la sepsis semble rare chez le
nourrisson atteint d’hyperbilirubinémie grave qui semble en bonne santé.
Des degrés
moindres d’hyperbilirubinémie, ne donnant pas lieu à une encéphalopathie
aiguë clinique, pourraient également être neurotoxiques et provoquer des
complications moins graves à long terme. Ce postulat demeure controversé, mais
s’il existe des concentrations de bilirubine qui peuvent susciter une atteinte
cérébrale discrète, on n’en connaît pas les seuils (13-15). Le projet coopératif
périnatal, qui portait sur 54 795 naissances vivantes aux États-Unis, n’a pu
établir d’association entre les concentrations de BST de pointe situées sous
les seuils critiques et le QI ou d’autres issues indésirables (12). Par conséquent,
pour prévenir l’encéphalopathie aiguë, il demeure justifié d’assurer la
prévention, le dépistage et le traitement de l’hyperbilirubinémie grave
(16,17).
On ne
connaît pas vraiment l’incidence d’encéphalopathie aiguë, mais on en
observe toujours des cas. Le Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP)
a récemment fait état de 258 cas de nourrissons à terme, répartis sur une période
de deux ans (2002 à 2004), qui ont eu besoin d’une exsanguinotransfusion ou
ont souffert d’une hyperbilirubinémie gravissime (à l’exclusion des
nourrissons présentant une iso-immunisation Rh) (18). Vingt pour cent de ces
nourrissons avaient au moins un signe neurologique anormal à la présentation,
et 5 % conservaient une perte auditive ou d’importantes séquelles
neurologiques au congé. Pendant cette période, le taux de naissances vivantes
au Canada s’élevait à environ 330 000 nourrissons par année, ce qui sous-tend
une incidence extrapolée minimale d’environ quatre cas pour 10 000 naissances
vivantes d’hyperbilirubinémie de cette gravité. Si on postule que les 20 %
de nourrissons chez qui on relevait des signes neurologiques à la présentation
étaient tous atteints d’une encéphalopathie bilirubinémique aiguë,
l’incidence de cette complication serait de un cas pour 10 000 naissances
vivantes, soit une incidence similaire à celle de la phénylcétonurie. On ne
connaît pas davantage l’incidence d’encéphalopathie chronique, mais on
estime qu’elle équivaut à environ un cas pour 100 000 naissances (19,20).
Cette situation se produit même si un grand nombre de nourrissons profitent déjà
d’une prophylaxie intensive (11). Le rapport du PCSP (18) soulignait que 13
des nourrissons continuaient de présenter des anomalies neurologiques
importantes à leur congé définitif, ce qui laisse supposer une incidence
d’encéphalopathie bilirubinémique chronique de un cas pour 50 000
nourrissons, similaire à la fréquence déclarée dans une étude danoise (21).
On a
d’abord observé l’encéphalopathie bilirubinémique aiguë chez des
nourrissons atteints d’une maladie hémolytique Rh. Il est maintenant possible
d’éviter en grande partie cette étiologie, qui est devenue rare. Selon les
rapports (22,23), l’encéphalopathie bilirubinémique aiguë continue de se
manifester chez des nourrissons autrement en santé qui présentent des facteurs
de risque discernables, et qui parfois n’en présentent pas. La prévention de
cette maladie rare mais grave exige une évaluation clinique convenable, une
interprétation de la concentration de la BST et un traitement, lesquels font
appel à tous les systèmes reliés à la prestation des soins et au soutien
communautaire.
On a repéré
plusieurs facteurs de risque d’apparition d’hyperbilirubinémie grave chez
le nouveau-né (tableau 1). Ces facteurs de risque sont tous courants, et le
risque attribuable à chacun est donc très faible. Ils sont d’un usage limité
pour orienter la surveillance, l’exploration ou le traitement, mais peuvent être
utiles en association avec une analyse extrapolée de la BST. Il faut également
souligner que même si de nombreuses études ont démontré une augmentation du
risque d’hyperbilirubinémie grave avec l’allaitement, une étude (24) a révélé
que l’allaitement exclusif était relié à une diminution de l’incidence
d’hyperbilirubinémie. Ces résultats sont peut-être représentatifs de différences
culturelles dans l’approche de l’allaitement et des mécanismes de soutien
en place.
OBJET DU
DOCUMENT DE PRINCIPES
LES
MODES D’ÉLABORATION DU DOCUMENT DE PRINCIPES
On a
effectué une recherche dans MEDLINE et dans Cochrane Library, mise à jour pour
la dernière fois en janvier 2007. On a cherché les termes hyperbilirubinemia
et newborn dans MEDLINE et appliqué les filtres de recherche clinique de Haynes
et coll. (25) au moyen de l’option sensible large. On a procédé à
d’autres recherches sans le filtre pour trouver des publications sur des
sujets précis. On a appliqué la hiérarchie des preuves proposée par le
Centre for Evidence-Based Medicine au moyen de la qualité des preuves, tant à
l’égard du traitement que du pronostic (26) (tableau 2). On a également
examiné les listes de référence des publications récentes, notamment une
analyse probante menée par Ip et coll. (16) et une analyse plus détaillée
effectuée par le même auteur (12) pour le compte de l’Agency for Healthcare
Research and Quality du Department of Health and Human Services des États-Unis.
Enfin, on a examiné les références du récent document de principes de
l’American Academy of Pediatrics (11).
EST-IL
POSSIBLE DE PRÉDIRE L’HYPERBILIRUBINÉMIE GRAVE
Les
mesures extrapolées de la BST
Par conséquent,
la meilleure méthode disponible pour prédire l’hyperbilirubinémie grave
semble être le recours à une mesure extrapolée de la BST, analysée en tenant
compte de l’âge gestationnel du nourrisson. Les nourrissons de moins de 38
semaines d’âge gestationnel dont la concentration de BST dépasse le 75e
percentile présentent un risque d’hyperbilirubinémie grave de plus de 10 %.
De même, les nourrissons de 39 à 40 semaines d’âge gestationnel dont la
concentration de BST dépasse le 95e percentile présentent un risque de plus de
10 % (qualité de preuves 2b).
La BST
du sang du cordon ombilical
Une
concentration de BST de plus de 30 µmol/L dans le sang du cordon ombilical (29)
est statistiquement corrélée avec une concentration de BST néonatale de
pointe supérieure à 300 µmol/L, mais sa valeur prédictive positive n’est
que de 4,8 % pour le nourrisson à terme, tandis qu’elle passe à 10,9 % chez
le nourrisson peu prématuré, et sa spécificité est très faible (qualité de
preuves 1b).
L’évaluation
universelle de l’hémoglobine
Même si
la bilirubine provient de la dégradation de l’hémoglobine, la mesure systématique
de l’hémoglobine ou des héma-tocrites du sang du cordon ombilical ne
contribue pas à prédire une hyperbilirubinémie grave (30) (qualité de
preuves 2b).
Le
groupe sanguin et le test de Coombs
L’iso-immunisation
ABO est une cause courante d’hyperbilirubinémie grave. Les bébés dont le
sang de la mère est de groupe O ont un rapport de cotes d’hyperbilirubinémie
grave de 2,9 (parce que la plupart des nourrissons qui ont la jaunisse en raison
d’une iso-immunisation ABO sont de groupe A ou B et sont nés d’une mère de
groupe O) (31,32). Le besoin de photothérapie augmente chez les nourrissons présentant
une incompatibilité ABO dont le test d’antiglobuline directe (TAD [test de
Coombs direct]) est positif par rapport à ceux dont le test est négatif
(28,30). Le dépistage universel de l’incompatibilité par détermination du
groupe sanguin et de l’iso-immunisation au moyen du TAD sur le sang du cordon
n’améliore pas les issues cliniques par rapport à un dépistage effectué
seulement chez les nourrissons dont la mère est de groupe O (33,34) (qualité
de preuves 2b). De même, le dépistage de tous les bébés dont la mère est de
groupe O n’améliore pas les issues par rapport à un dépistage seulement
auprès des enfants atteints de jaunisse clinique (35,36) (qualité de preuves
2b). Il est donc raisonnable d’effectuer un TAD chez les nourrissons atteints
d’une jaunisse démontrée cliniquement et dont les mères sont de groupe O
ainsi que chez ceux qui sont à haut risque de traitement (c’est-à-dire dans
la zone intermédiaire élevée [figure 1]). Les résultats détermineront
s’ils sont peu ou très vulnérables et peuvent donc influer sur le seuil
auquel le traitement serait indiqué (figure 2).
Le dépistage
anténatal habituel d’une gamme d’anticorps aux globules rouges permet
parfois de repérer d’autres mères qui accoucheront d’un nourrisson plus
vulnérable à l’hémolyse. La signification des divers anticorps diffère.
Chez ces nourrissons, il est généralement nécessaire de procéder à une
analyse du groupe sanguin et à un TAD, il faut peut-être exercer un suivi plus
étroit et entreprendre le traitement plus rapidement et il est conseillé de
consulter un hématologue pédiatrique ou un néonatologiste.

Pour obtenir une version pleine dimension téléchargeable de ce
graphique, cliquez ici.
Traduit et adapté avec l’autorisation de Pediatrics 2004;114:297-316.
(©) 2004 par l’American Academy of Pediatrics.

Pour obtenir une version pleine dimension téléchargeable de ce
graphique, cliquez ici.
Traduit et adapté avec l’autorisation de Pediatrics 2004;114:297-316.
(©) 2004 par l’American Academy of Pediatrics.
Le déficit
en glucose-6-phosphate déshydrogénase
L’oxyde
de carbone de fin d’expiration
L’oxyde
de carbone expiré augmente pendant l’hémolyse, mais on ne peut pas prédire
l’hyperbilirubinémie grave avec plus de précision grâce à la mesure de la
concentration d’oxyde de carbone de fin d’expiration (44) en plus de la
mesure extrapolée de BST (qualité de preuves 1b).
CHEZ
QUELS NOURRISSONS DEVRAIT-ON MESURER LA CONCENTRATION DE BILIRUBINE, À QUEL
MOMENT ET SELON QUELLE MÉTHODE?
Selon
les recommandations précédentes, il fallait mesurer la concentration de BST
chez tous les nourrissons atteints de jaunisse clinique en tout temps pendant
les quatre premiers jours de vie et chez ceux qui ne souffraient pas de jaunisse
clinique mais dont les facteurs de risque étaient plus élevés. En raison de
la forte occurrence de facteurs de risque, cette recommandation se traduit par
la mesure de la BST chez la majorité des nourrissons (à l’exception des
nourrissons de sexe féminin de certains groupes ethniques qui ne reçoivent que
des préparations pour nourrissons et qui ont plus de 37 semaines d’âge
gestationnel). Malgré ces recommandations, des nourrissons continuent de présenter
une hyperbilirubinémie grave pendant ou après leur première hospitalisation.
Des données récentes tirées du PCSP (18) ont démontré que 185 des 289
nourrissons atteints d’hyperbilirubinémie gravissime se sont présentés après
leur congé de l’hôpital. Il serait possible de procéder au dépistage
universel de la BST ou de la bilirubine transcutanée (BTc) avant la période la
plus à risque (19,42) et d’utiliser les résultats pour déterminer le profil
de risque et personnaliser le suivi. De plus, l’évaluation clinique de la
jaunisse ne permet pas de diagnostiquer l’hyperbilirubinémie. La jaunisse ne
ressort pas à l’examen clinique lorsque la concentration de BST est inférieure
à 68 µmol/L, et seulement 50 % des bébés dont la concentration de BST dépasse
128 µmol/L semblent en être atteints. Une étude (41) a démontré une différence
pouvant atteindre 100 µmol/L entre l’évaluation visuelle de la concentration
de bilirubine et les résultats de laboratoire. Dans une autre étude (43), on
repérait la jaunisse chez tous les nourrissons dont la concentration de BST dépassait
204 µmol/L, tandis que dans une autre étude encore (45), les néonatologistes
n’ont pas remarqué de jaunisse chez 19 % des nourrissons ayant une
concentration de BST aussi élevée (qualité de preuves 2b). Même si aucun
essai prospectif et contrôlé n’a été mené pour évaluer l’efficacité
ou le lien coût-bénéfice du dépistage universel, cette solution semble
constituer une stratégie raisonnable, et une étude d’observation (46) l’a
qualifiée d’efficace (qualité de preuves 4).
D’ordinaire,
la concentration de BST de pointe est atteinte entre trois et cinq jours de vie,
alors que la majorité des bébés ont déjà obtenu leur congé de l’hôpital.
À l’âge habituel du congé, les concentrations de BST situées dans la zone
élevée d’après les nomogrammes ne peuvent être décelées avec fiabilité
à l’inspection visuelle, surtout chez les nourrissons à la peau foncée.
Pour prédire l’occurrence d’hyperbilirubinémie grave, il est donc
recommandé de mesurer la concentration de BST ou de BTc chez tous les
nourrissons de 24 heures à 72 heures de vie. Si le nourrisson n’a pas besoin
d’un traitement immédiat, il faut transcrire les résultats sur le nomogramme
prédictif afin de déterminer le risque d’évolution vers une hyperbilirubinémie
grave. Il faut consigner la concentration de BST (ou de BTc) et la zone prédictive,
en remettre une copie à la famille au moment du congé et prendre des mesures
de suivi auprès des nourrissons plus vulnérables (tableau
4).
Si la
concentration de BST n’a pas été mesurée plus tôt en raison d’une
jaunisse clinique, il faut obtenir une mesure de BST au moment du test de dépistage
métabolique, afin d’éviter de multiplier les interventions douloureuses et
de limiter les coûts. On peut aussi préférer effectuer une mesure de la BTc
au moment du congé ou avant 72 heures de vie. La prédiction d’hyperbilirubinémie
grave est plus précise lorsque l’âge gestationnel à la naissance est inclus
dans le modèle prédictif (28).
Certains
des nourrissons les plus atteints ont besoin d’être traités avant le dépistage
métabolique, afin d’éviter l’apparition d’une hyperbilirubinémie grave
et de ses complications. On peut parfois observer des hausses soudaines de la
concentration de BST après les deux ou trois premiers jours de vie (47),
surtout en association avec une perte de poids postnatale excessive. Ainsi,
l’adoption d’un programme de dépistage universel complète (sans pour
autant la remplacer) une évaluation constante et attentive des nouveau-nés à
compter des quelques premières heures de vie jusqu’à la fin des premières
semaines de vie. Il faut mettre en place des systèmes pour garantir le suivi
dans les intervalles recommandés après le congé de l’hôpital afin de repérer
et de traiter rapidement les nourrissons qui développent une hyperbilirubinémie
grave. Ainsi, par exemple, un nourrisson qui a obtenu son congé de l’hôpital
dans les 24 premières heures de vie doit être vu dans les 24 heures suivantes,
quel que soit le jour de la semaine, par une personne possédant la formation nécessaire
pour dépister une hyperbilirubinémie néonatale, obtenir immédiatement la
mesure de BST ou de BTc et aiguiller le nourrisson vers un établissement de
traitement, au besoin. Il peut s’agir d’un médecin ou d’une infirmière.
Outre la
mesure universelle, tous les nouveau-nés doivent subir une évaluation clinique
répétée de la jaunisse pendant les 24 premières heures de vie, puis au moins
de 24 heures à 48 heures plus tard. Une personne compétente doit procéder à
cette évaluation, obtenir immédiatement une mesure de la BST ou de la BTc, au
besoin, et prendre les dispositions de traitement nécessaires, que ce soit à
l’hôpital ou après le congé.
La
mesure de la bilirubine
Il est
possible de mesurer la concentration de bilirubine au moyen d’un prélèvement
de sang veineux ou capillaire ou par voie transcutanée. Il n’y a pas de différence
systématique entre les résultats des prélèvements capillaires ou veineux
(48,49). Les prélèvements capillaires sont les plus utilisés au Canada et
dans la plupart des études, y compris celles de Bhutani et coll. (9). Les
mesures de la BTc comportent plusieurs restrictions (50) : elles ne sont plus
fiables après le début de la photothérapie (51) et peuvent perdre leur
fiabilité si la couleur et l’épaisseur de la peau fluctuent (52). Cependant,
les résultats sont plus précis à des taux de bilirubine moins élevés.
L’utilisation des mesures de la BTc dans le cadre d’un dépistage demeure
donc raisonnable (46). Les dispositifs offerts n’ont pas tous la même précision.
Toutefois, pour utiliser un dispositif en toute sécurité, il faut en connaître
la précision. Les 95 % d’IC pour la concentration de BST d’après la mesure
de BTc varient entre environ 37 µmol/L et 78 µmol/L (50,53). Par exemple, si
les 95 % d’IC sont de 37 µmol/L, une concentration de BTc de plus de 37 µmol/L
sous le seuil de traitement établi à la figure 2 devrait être sécuritaire (c’est-à-dire
si le seuil est de 170 µmol/L à 24 heures, une BTc de moins de 133 µmol/L
devrait être sécuritaire) (qualité de preuves 1b).
La
mesure de la bilirubine libre
Le déplacement
de la bilirubine contenue dans des foyers de fixation de l’albumine imputable
à certains médicaments et suppléments toxiques a provoqué de nombreux cas
d’ictère nucléaire par le passé, surtout au sein de la population de
l’unité de soins intensifs néonatals (54). On pense que c’est la
bilirubine libre (c’est-à-dire non fixée à l’albumine) qui traverse la
barrière hématoencéphalique et provoque une atteinte neuronale (55-57). On ne
connaît pas encore la valeur clinique de la mesure de bilirubine libre, et elle
n’est pas facilement accessible (58).
La
mesure de la bilirubine conjuguée
Même si
la jaunisse néonatale précoce est généralement causée par une
hyperbilirubinémie non conjuguée, il arrive que la fraction conjuguée soit élevée,
en cas d’érythroblastose Rh, de maladie hépatique et de cholestase, par
exemple. (59). Chez les nourrissons sous photothérapie, il faut envisager de
mesurer la fraction conjuguée. Toutefois, des rapports passés (16,20) sur l’épidémiologie
de la toxicité à la bilirubine ont fixé la concentration de BST comme la
norme, qui demeure la valeur déterminante de la photothérapie et d’autres
traitements. Il faudrait évaluer la fraction de bilirubine conjuguée chez un
nourrisson atteint d’une jaunisse persistante (de plus de deux semaines),
d’hépatosplénomégalie ou de ces deux troubles (60). Une concentration
conjuguée totale de bilirubine dépassant 18 µmol/L ou supérieure à 20 % de
la concentration de BST justifie une exploration plus approfondie (61,62).
COMMENT
RÉDUIRE LE RISQUE D’HYPERBILIRUBINÉMIE GRAVE?
La prévention
primaire de l’hyperbilirubinémie grave
Le
soutien à l’allaitement
D’autres
interventions inefficaces
On a mené
de petits essais cliniques aléatoires (ECA) sur l’utilisation systématique
de suppositoires à la glycérine (64,67), de lavements à la glycérine (65),
d’acide aspartique-L, de caséine hydrolisée par voie enzymatique, de lactosérum
et de caséine et ainsi que de clofibrate (68), mais on a établi que leur usage
n’a pas d’effet sur les issues importantes d’un point de vue clinique.
La prévention
de l’hyperbilirubinémie grave chez les nourrissons présentant une hémolyse
La phénobarbitone
La phénobarbitone,
étudiée pour prévenir l’hyperbilirubinémie chez les nourrissons atteints
d’un déficit en G6PD (69), n’améliorait pas les issues importantes d’un
point de vue clinique (qualité de preuves 1b).
La mésoporphyrine
Sn
Des
analogues synthétiques de l’oxygénase de l’hème, tels que la mésoporphyrine
Sn (SnMP), en inhibent fortement l’activité et suppriment la production de
bilirubine. Dans le cadre d’une étude (70) de témoins historiques
nourrissons atteints d’un déficit en G6PD, la SnMP permettait d’éviter la
photothérapie et semblait prévenir l’hyperbilirubinémie grave. Cependant,
des ECA prospectifs n’ont pu démontrer de bienfaits d’importance clinique (qualité
de preuves 1b), et les composés ne sont pas offerts sur le marché (71,72).
La
photothérapie prophylactique
Un quasi-ECA (73; n=142) n’a pu établir de bienfait clinique à la photothérapie
prophylactique en cas d’iso-immunisation ABO (qualité de preuves 2b).
La prévention
de l’hyperbilirubinémie grave chez les nourrissons atteints d’une
hyperbilirubinémie bénigne à modérée
La
photothérapie
La
photothérapie peut être utilisée à la fois pour prévenir l’hyperbilirubinémie
grave chez les nourrissons présentant une concentration de BST modérément élevée
et pour entreprendre le traitement des nourrissons déjà atteints d’une
hyperbilirubinémie grave.
L’énergie
de la lumière induit une modification conformationnelle de la molécule de
bilirubine, qui devient hydrosoluble. La lumière de la partie bleu-vert du
spectre est la plus efficace. L’efficacité de la photothérapie dépend de
l’étendue de peau exposée et de l’intensité de la lumière sur la peau à
des longueurs d’ondes pertinentes (74-76). Il est possible d’obtenir une
photothérapie plus intense à l’aide de multiples unités de photothérapie
(77) ou en rapprochant l’unité du nourrisson. La photothérapie accroît l’évapotranspiration
transépidermique, mais ce phénomène n’a pas de conséquence clinique chez
les nourrissons à terme qui se nourrissent bien. Les effets secondaires de la
photothérapie sont l’instabilité de la température, l’hypermotilité
intestinale, la diarrhée, l’interférence dans l’interaction entre la mère
et le nourrisson et, dans de rares cas, une décoloration bronzée (41). Pendant
la période néonatale, lorsque leur nourrisson est placé sous photothérapie,
les parents ont l’impression que sa jaunisse était une maladie grave (78), ce
qui accroît leur anxiété et leur recours aux soins de santé (qualité de
preuves 2). Des paroles rassurantes aux parents, leur expliquant qu’une
intervention et un suivi convenables éviteront toutes les conséquences de
l’hyperbilirubinémie, constituent une partie importante des soins de ces
nourrissons. Pour protéger la rétine en formation, il faut utiliser un couvre-œil,
car des études sur des animaux ont révélé un risque potentiel (79).
La
photothérapie réduit le taux d’évolution vers une hyperbilirubinémie grave
chez les nourrissons atteints d’une hyperbilirubinémie modérée (qualité de
preuves 1a) (12). Certains nourrissons qui ont la jaunisse sont déshydratés,
et la réhydratation provoque généralement une chute rapide de la
concentration de BST. Il faut toutefois poursuivre l’alimentation entérale
afin de remplacer les liquides manquants, de fournir de l’énergie et de
limiter le recaptage entérohépatique de la bilirubine (80).
En général,
la lumière fluorescente est la plus utilisée (81), mais son intensité diminue
au fil du temps. Il est donc important d’établir un programme de soutien biomédical
pour garantir l’intensité convenable de la lumière et, par conséquent, un
traitement efficace. Des systèmes de photothérapie à fibres optiques ont été
adoptés à la fin des années 1980. Ils ont l’avantage de permettre
l’allaitement du nourrisson sans interruption de la photothérapie et d’éviter
le recours au couvre-œil. Cependant, ils ont l’inconvénient de fournir une
intensité de pointe moins élevée que celle des systèmes fluorescents. On
peut aussi utiliser des projecteurs halogènes, mais il ne faut pas les
rapprocher du nourrisson plus que ce que le fabricant recommande.
La
photothérapie intensive, recommandée dans le présent document de principes,
exige l’application d’une lumière de forte intensité (plus de 30 µW/cm2/nm)
sur la plus grande surface possible du nourrisson. Dans les situations cliniques
habituelles, il faut alors utiliser deux unités de photothérapie ou des tubes
fluorescents spéciaux de haute intensité, installés à environ 10 cm du
nourrisson, qui peut être soigné dans une couchette. D’ordinaire, il peut
garder sa couche. Chez les nourrissons dont la concentration de BST avoisine le
seuil d’exsanguinotransfusion, l’ajout d’une couverture de fibres optiques
sous eux peut accroître la surface exposée à la lumière, et il faut alors
retirer la couche (ou utiliser une couche transmettant les longueurs d’ondes
de la photothérapie). Les lignes directrices pour le traitement (figure 2) sont
fondées sur des données probantes directes limitées, mais selon le comité
d’étude du fœtus et du nouveau-né de la Société canadienne de pédiatrie,
le document consensuel du sous-comité de l’hyperbilirubinémie de
l’American Academy of Pediatrics propose actuellement les normes les plus
pertinentes (20). La photothérapie classique, c’est-à-dire une seule série
de lumières fluorescentes placées au-dessus de l’incubateur d’un
nourrisson soigné avec sa couche en place, est évidemment moins efficace, car
la surface couverte et l’intensité sont toutes deux réduites. Ce type de
photothérapie aura tout de même un effet sur la concentration de BST.
Les
recommandations de traitement découlent de la figure 2. Elles s’établissent
comme suit :
Il
existe un outil utile en ligne, en anglais, pour établir si la photothérapie
intensive serait recommandée selon les présentes lignes directrices (82).
L’interruption
de l’allaitement
L’interruption
de l’allaitement dans le cadre du traitement de l’hyperbilirubinémie
s’associe à une forte augmentation de la fréquence d’abandon de
l’allaitement avant l’âge d’un mois (RR=1,79, 95 % IC 1,04 à 3,06,
nombre nécessaire pour nuire = 4 [qualité de preuves 2b]) (83). La poursuite
de l’allaitement des nourrissons qui ont la jaunisse et sont placés sous
photothérapie n’est pas reliée à des issues cliniques indésirables, même
si une étude d’observation (84) a révélé une réponse plus lente à la
photothérapie pendant les 24 premières heures chez les nourrissons
exclusivement allaités par rapport à ceux qui prenaient des suppléments
(diminutions de la bilirubine de 17,1 % par rapport à 22,9 %, respectivement;
P=0,03). La durée de la photothérapie ne différait pas entre les groupes, et
aucune autre issue d’importance clinique n’était touchée. Un ECA (85) mené
auprès de nouveau-nés allaités atteints de jaunisse n’a révélé aucune
différence clinique significative dans la fréquence de diminution de la
concentration de BST par rapport à la concentration normale à 48 heures de vie
lorsque l’allaitement était interrompu, que ce soit dans les groupes placés
sous photothérapie (RR=1,07, 95 % IC 0,6 à 1,92; P=0,818) ou dans ceux qui en
avaient été privés. Les résultats ne permettaient de constater aucune différence
clinique d’importance pour ce qui est des issues.
L’immunoglobuline
intraveineuse
La SnMP
La SnMP,
étudiée pour éviter l’évolution d’une hyperbilirubinémie modérée
(88), ne s’associe à aucune preuve de réduction des issues importantes
d’un point de vue clinique (qualité de preuves 1a).
Les
liquides d’appoint
D’après
des données d’observation, l’administration de liquides d’appoint par
voie orale pourrait nuire à la durée éventuelle de l’allaitement (78) (qualité
de preuves 2b), mais ces études n’ont pas été effectuées lors d’un bref
apport de suppléments pour traiter une jaunisse néonatale, et une analyse systématique
des études d’intervention n’a pas permis de relever des données probantes
fiables à cet égard (91). La fréquence d’exsanguinotransfusions chez les
nourrissons participant à l’étude abordée plus haut était très élevée
(92). On ne remarque pas la même réduction absolue du risque avec un apport
supplémentaire de liquides administrée à une population risquant beaucoup
moins de subir une exsanguinotransfusion. Par conséquent, des liquides
d’appoint sont indiqués pour les nourrissons allaités qui courent un risque
marqué d’exsanguinotransfusion, mais cet apport devrait être limité à ce
sous-groupe (qualité de preuves 1b).
La gélose
L’administration
de gélose par voie orale pour prévenir le recaptage entérohépatique de la
bilirubine n’est pas étayée par les données probantes disponibles (92-95) (qualité
de preuves 1b).
COMMENT
TRAITER
La
photothérapie
Un
nourrisson atteint d’hyperbilirubinémie grave, ou dont l’état se détériore
en hyperbilirubinémie grave malgré un traitement initial, devrait être immédiatement
placé sous photothérapie intensive. Il faut vérifier la concentration de
bilirubine dans les deux à six heures suivant le début du traitement, afin de
confirmer la réponse du nourrisson. Il faut envisager un traitement plus poussé
et il peut être indiqué de prendre les dispositions nécessaires pour procéder
à une exsanguinotransfusion. Les liquides d’appoint sont indiqués, et il
faut administrer de l’IVIG, si ce n’est déjà fait, au nourrisson présentant
une iso-immunisation.
L’exsanguinotransfusion
Si la
photothérapie ne permet pas de contrôler les concentrations croissantes de
bilirubine, l’exsanguinotransfusion est indiquée pour abaisser les
concentrations de BST. Chez les nouveau-nés à terme et en santé sans facteurs
de risque, l’exsanguinotransfusion doit être envisagée lorsque la
concentration de BST se situe entre 375 µmol/L et 425 µmol/L (malgré une
photothérapie intensive adéquate). Puisque le sang prélevé après
l’exsanguinotransfusion n’a aucune valeur pour explorer bon nombre des
causes plus rares d’hyperbilirubinémie grave, il faut envisager ces
explorations avant l’exsanguinotransfusion. Il faut prélever et entreposer
des quantités suffisantes de sang pour procéder à des tests qui permettront
d’évaluer, par exemple, la fragilité des globules rouges, le déficit en
enzymes (déficit en G6PD ou en pyruvate-kinase) et les troubles métaboliques,
de même que l’électrophorèse de l’hémoglobine et l’analyse
chromosomique. Il peut falloir plusieurs heures pour préparer le sang à
l’exsanguinotransfusion. Pendant cette période, il faut utiliser la photothérapie
intensive, les liquides d’appoint et l’IVIG (en cas d’iso-immunisation).
Si un nourrisson dont la concentration de BST dépasse déjà le seuil
d’exsanguinotransfusion arrive pour obtenir des soins médicaux, il est
raisonnable de répéter la mesure de concentration de BST juste avant
l’exsanguinotransfusion, pourvu de ne pas la retarder. On évitera ainsi
certaines exsanguinotransfusions, de même que les risques qui s’y associent.
L’exsanguinotransfusion est une intervention qui comporte un taux de morbidité
important, qu’on doit effectuer seulement dans les centres où l’on détient
les compétences pertinentes, sous la supervision d’un néonatologiste expérimenté.
Un nourrisson présentant des signes cliniques d’encéphalopathie bilirubinémique
aiguë devrait subir immédiatement une exsanguinotransfusion (qualité de
preuves 4).

Pour obtenir une version pleine dimension téléchargeable de ce
graphique, cliquez ici.
Traduit et adapté avec l’autorisation de Pediatrics 2004;114:297-316.
(©) 2004 par l’American Academy of Pediatrics.
Le suivi
La
surveillance systématique du nouveau-né, que ce soit à l’hôpital ou après
son congé, devrait inclure une évaluation de l’allaitement et de la jaunisse
toutes les 24 heures à 48 heures, jusqu’à ce que l’allaitement soit bien
établi (en général, le troisième ou quatrième jour de vie). Tous les
nourrissons qui ont la jaunisse, surtout les nourrissons très vulnérables et
ceux qui sont exclusivement allaités, doivent continuer à être suivis de près
jusqu’à ce que l’alimentation et la prise de poids soient établis et que
la concentration de BST commence à chuter. Les services communautaires doivent
inclure le soutien à l’allaitement et l’accès à des tests de BST ou de
BTc. Les nourrissons souffrant d’une iso-immunisation risquent une anémie
grave au bout de quelques semaines. On conseille de reprendre la mesure de l’hémoglobine
à deux semaines de vie si elle était faible au congé, et à quatre semaines
de vie si elle était normale (qualité de preuves 5). Les nourrissons qui
doivent subir une exsanguinotransfusion ou qui ont des anomalies neurologiques
doivent être aiguillés vers des programmes de suivi multidisciplinaires régionaux.
Une perte d’audition neurosensorielle revêt une importance particulière chez
les nourrissons atteints d’hyperbilirubinémie grave, et leur dépistage
auditif devrait inclure les potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral.
D’autres
examens
L’occurrence
d’hyperbilirubinémie grave justifie une exploration de la cause de
l’hyperbilirubinémie. Les examens devraient inclure l’obtention des antécédents
cliniques pertinents du bébé et de la mère, les antécédents familiaux, la
description du travail et de l’accouchement et l’évolution clinique du
nourrisson (35). L’examen physique doit être complété par des explorations
de laboratoire (taux de bilirubine conjuguée et non conjuguée, test de Coombs
direct [TAD], taux d’hémoglobine et d’hématocrites, et numération
globulaire complète, y compris numération différentielle, frottis sanguin et
morphologie des globules rouges). Il faut vérifier la présence de sepsis si la
situation clinique le justifie.
CONCLUSION
L’hyperbilirubinémie
grave chez les nouveau-nés à terme ou peu prématurés (plus de 35 semaines
d’âge gestationnel) et relativement en santé continue de s’associer à la
possibilité de complications de l’encéphalopathie bilirubinémique aiguë et
de séquelles chroniques. Une évaluation attentive des facteurs de risque en
cause, une approche systématique du dépistage et du suivi de la jaunisse à
l’aide des analyses de laboratoires pertinentes, une photothérapie judicieuse
et une exsanguinotransfusion, au besoin, sont toutes essentielles afin d’éviter
ces complications.
REMERCIEMENTS
: Le comité de la pédiatrie communautaire de la Société canadienne de pédiatrie
et le Collège des médecins de famille du Canada ont révisé le présent
document de principes.
COMITÉ
D’ÉTUDE DU FŒTUS ET DU NOUVEAU-NÉ
Membres : Docteurs Khalid Aziz (représentant du conseil 2000-2006), département
de pédiatrie (néonatologie), Janeway Children’s Health and Rehabilitation
Centre, St John’s (Terre-Neuve-et-Labrador); Keith J Barrington (président),
Hôpital Royal-Victoria, Montréal (Québec); Joanne Embree (représentante du
conseil), université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba); Haresh Kirpalani,
Children’s Hospital – Hamilton HSC, Hamilton (Ontario); Koravangattu
Sankaran, Royal University Hospital, Saskatoon (Saskatchewan); Hilary Whyte, The
Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario) (sabbatique 2006-2007); Robin
Whyte, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs Dan Farine, Mount Sinai Hospital, Toronto
(Ontario) (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada); David
Keegan, London (Ontario) (Collège des médecins de famille du Canada, comité
des soins de maternité et de périnatalité); Francine Lefebvre, CHU
Sainte-Justine (Société canadienne de pédiatrie, comité de la médecine néonatale
et périnatale); Catherine McCourt, Ottawa (Ontario) (Agence de santé publique
du Canada, Division de la surveillance de la santé et de l’épidémiologie);
madame Shahirose Premji, Hamilton Health Sciences Centre (Neonatal Nurses);
docteur Alfonso Solimano, BC’s Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique)
(Société canadienne de pédiatrie, section de la médecine néonatale et périnatale,
2002-2006); docteur Ann Stark, Texas Children’s Hospital, Houston (Texas) États-Unis
(American Academy of Pediatrics, comité d’étude du fœtus et du nouveau-né);
madame Amanda Symington, Hamilton Health Sciences Centre – McMaster Site,
Hamilton (Ontario) (Neonatal Nurses, 1999-2006)
Auteurs principaux : Docteurs Keith Barrington, Hôpital Royal Victoria,
Montréal (Québec); Koravangattu Sankaran, Royal University Hospital, Saskatoon
(Saskatchewan)
Affiché en juin 2007
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |