Lignes
directrices pour la détection, la prise en charge et la prévention de
l’hyperbilirubinémie chez les nouveau-nés à terme et peu prématurés Paediatr Child Health 2007;12(5):411-8
No de référence FN07-02
Aussi disponible : La jaunisse chez les nouveau-nés
Index des documents de principes du Comité d'étude du foetus et du nouveau-né
| La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Visitez la liste des documents de principes pour savoir lesquels sont disponibles en format pdf. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, vous devez soumettre une demande détaillée à info@cps.ca. |
Contenu
L’hyperbilirubinémie
est très courante et généralement bénigne chez les nouveau-nés à terme et
peu prématurés de 35 et 36 semaines complètes d’âge gestationnel.
L’hyperbilirubinémie gravissime est rare, mais peut provoquer des anomalies
neurologiques à long terme. Le congé précoce du nouveau-né en santé,
notamment lorsque l’allaitement n’est pas entièrement établi, peut
s’associer à un retard de diagnostic d’hyperbilirubinémie importante. Des
lignes directrices pour prédire, prévenir, dépister, surveiller et traiter
l’hyperbilirubinémie grave sont présentées.
Mots clés : 35 weeks’
gestation; Hyperbilirubinemia; Jaundice; Preterm newborn; Term newborn
Pour
obtenir plus d’information, consultez la version complète du document de
principes, à l’adresse <http://www.cps.ca/francais/enonces/FN/fn07-02.htm>.
HISTORIQUE
ET ÉPIDÉMIOLOGIE
Définition des termes utilisés dans le présent document de principes
La prévention,
le dépistage et la prise en charge de la jaunisse chez les nouveau-nés à
terme et peu prématurés demeurent problématiques (2-4). Soixante pour cent
des nouveau-nés à terme font une jaunisse et 2 % dépassent une concentration
de BST de 340 µmol/L (5). L’incidence d’encéphalopathie aiguë est
beaucoup plus faible, des données récentes (6) laissant supposer une incidence
d’environ un cas pour 10 000 naissances vivantes, tandis qu’on estime
l’incidence d’encéphalopathie chronique à entre un cas pour 50 000
naissances vivantes et un cas pour 100 00 naissance vivantes (6-9). L’encéphalopathie
aiguë ne se manifeste pas chez les nourrissons à terme dont la concentration
de BST demeure sous 340 µmol/L, et elle est très rare si la concentration de
BST de pointe ne dépasse pas 425 µmol/L. Au-dessus de ce taux, le risque de
toxicité augmente progressivement (10). Les deux tiers des nourrissons atteints
d’une encéphalopathie chronique avaient une concentration de BST enregistrée
de plus de 600 µmol/L (11).
La prévention
de l’encéphalopathie bilirubinémique aiguë exige une évaluation clinique
convenable, une interprétation de la concentration de la BST et un traitement,
lesquels font appel à tous les systèmes reliés à la prestation des soins et
au soutien communautaire.
Plusieurs
facteurs augmentent le risque d’hyperbilirubinémie grave, y compris une
jaunisse visible à moins de 24 heures de vie, une jaunisse visible avant le
congé, quel que soit l’âge, une gestation de moins de 38 semaines, un membre
de la fratrie ayant souffert d’hyperbilirubinémie grave, des ecchymoses
visibles, un céphalhématome, le fait d’être de sexe masculin, une mère de
plus de 25 ans, une ascendance asiatique ou européenne et l’allaitement
exclusif ou partiel. Ces facteurs de risque sont tous courants et sont donc
d’un usage limité pour orienter la surveillance, l’exploration ou le
traitement, mais ils peuvent être utiles en association avec une analyse de la
BST extrapolée.
LES
MODES D’ÉLABORATION
On a mis
à jour les recherches dans les publications scientifiques pour la dernière
fois en janvier 2007. On a appliqué la hiérarchie des preuves proposée par le
Centre for Evidence-Based Medicine (tableau 1) (12). On a également examiné
les listes de référence des publications récentes (9).
EST-IL
POSSIBLE DE PRÉDIRE L’HYPERBILIRUBINÉMIE GRAVE
Les
mesures extrapolées de la BST
On peut
utiliser des mesures extrapolées rigoureuses de la BST pour prédire la
possibilité d’apparition d’une hyperbilirubinémie grave. Une étude (13)
sur des nourrissons à terme et peu prématurés dont le test d’antiglobuline
directe (TAD) était négatif a démontré que la mesure extrapolée de la
concentration de BST au congé (entre 18 h et trois jours de vie) permettait de
prédire une future concentration de BST supérieure à 300 µmol/L (qualité de
preuves 1b, figure 1). L’association de la BST extrapolée à moins de 48
heures à l’âge gestationnel (14) permettait de prédire avec plus de
justesse une concentration de BST subséquente supérieure à 342 µmol/L (qualité
de preuves 2b).

Le
groupe sanguin et le test de Coombs
L’iso-immunisation
ABO peut causer une hyperbilirubinémie grave, surtout chez les nourrissons de
groupe sanguin A ou B nés d’une mère dont le sang est de groupe O (15,16).
Il est donc recommandé d’effectuer un TAD chez les nourrissons atteints
d’une jaunisse démontrée cliniquement ou qui se situent dans la zone intermédiaire
élevée (figure 1) et dont le sang de la mère est de groupe O.
Le dépistage
anténatal habituel d’une gamme d’anticorps aux globules rouges permet
parfois de repérer des anticorps moins fréquents qui accroissent le risque
d’hémolyse. Chez ces nourrissons, il peut être nécessaire de procéder à
d’autres examens, d’exercer un suivi plus étroit et d’entreprendre le
traitement plus rapidement. Il est également conseillé de consulter un hématologue
pédiatrique ou un néonatologiste.
Le déficit
en glucose-6-phosphate déshydrogénase
CHEZ
QUELS NOURRISSONS DEVRAIT-ON MESURER LA CONCENTRATION DE BILIRUBINE, À QUEL
MOMENT ET SELON QUELLE MÉTHODE?
L’évaluation
clinique de la jaunisse ne permet pas de diagnostiquer l’hyperbilirubinémie,
notamment chez les nourrissons à la peau foncée. Seulement 50 % des bébés
dont la concentration de BST dépasse 128 µmol/L semblent en être atteints.
D’ordinaire, la concentration de BST de pointe est atteinte entre trois et
cinq jours de vie, alors que la majorité des bébés ont déjà obtenu leur
congé de l’hôpital. De toute évidence, à l’âge habituel du congé, les
concentrations de BST situées dans la zone élevée (figure
1) ne peuvent être
décelées avec fiabilité à l’inspection visuelle, surtout chez les
nourrissons à la peau foncée.
Il est
recommandé de mesurer la concentration de BST ou de bilirubine transcutanée (BTc)
chez tous les nourrissons de 24 heures à 72 heures de vie. Si le nourrisson
n’a pas besoin d’un traitement immédiat, il faut transcrire les résultats
sur le nomogramme prédictif afin de déterminer le risque d’évolution vers
une hyperbilirubinémie grave. Il faut consigner la concentration de BST (ou de
BTc) et la zone prédictive, en remettre une copie à la famille au moment du
congé et prendre des mesures de suivi auprès des nourrissons plus vulnérables
à l’hyperbilirubinémie grave.
Si la
concentration de BST n’a pas été mesurée plus tôt en raison d’une
jaunisse clinique, il faut obtenir une mesure de BST au moment du test de dépistage
métabolique, afin d’éviter de multiplier les interventions douloureuses et
de limiter les coûts. On peut préférer effectuer une mesure de la BTc au
moment du congé ou avant 72 heures de vie (14).
Certains
des nourrissons les plus atteints ont besoin d’être traités avant le dépistage.
On peut parfois observer des hausses soudaines de la concentration de BST après
les deux ou trois premiers jours de vie (20), surtout en association avec une
perte de poids postnatale excessive. Ainsi, l’adoption d’un programme de dépistage
universel ne remplace pas l’évaluation constante et attentive des nouveau-nés
pendant les premières semaines de vie. Il faut mettre en place des systèmes
pour garantir le suivi dans les intervalles recommandés après le congé de
l’hôpital afin de repérer et de traiter rapidement les nourrissons qui développent
une hyperbilirubinémie grave. Ainsi, par exemple, un nourrisson qui a obtenu
son congé de l’hôpital dans les 24 premières heures de vie doit être vu
dans les 24 heures suivantes, quel que soit le jour de la semaine, par une
personne possédant la formation nécessaire pour dépister une hyperbilirubinémie
néonatale, obtenir immédiatement la mesure de BST ou de BTc et aiguiller le
nourrisson vers un établissement de traitement, au besoin. Il peut s’agir
d’un médecin ou d’une infirmière.
Outre la
mesure universelle, tous les nouveau-nés doivent subir une évaluation clinique
répétée de la jaunisse pendant les 24 premières heures de vie, puis au moins
de
24
heures à 48 heures plus tard. Une personne compétente doit procéder à cette
évaluation, obtenir immédiatement une mesure de la BST ou de la BTc, au besoin,
et prendre les dispositions de traitement nécessaires, que ce soit à l’hôpital
ou après le congé.
La
mesure de la bilirubine
Il est
acceptable d’estimer la BST au moyen d’un prélèvement de sang capillaire
(21,22). Les mesures de la BTc sont également acceptables, mais elles
comportent plusieurs restrictions : elles ne sont plus fiables après le début
de la photothérapie et peuvent perdre leur fiabilité si la couleur et l’épaisseur
de la peau fluctuent. Les résultats sont plus précis à des taux de bilirubine
moins élevés. L’utilisation des mesures de la BTc dans le cadre d’un dépistage
demeure donc raisonnable. Les dispositifs offerts n’ont pas tous la même précision.
Pour utiliser un dispositif de BTc en toute sécurité, il faut en connaître la
précision. Les 95 % d’IC pour la concentration de BST d’après la mesure de
BTc varient entre environ 37 µmol/L et 78 µmol/L (23,24). Par exemple, si les
95 % d’IC sont de 37 µmol/L, une concentration de BTc de plus de 37 µmol/L
sous le seuil d’intervention établi à la figure 2 devrait être sécuritaire
(c’est-à-dire si le seuil est de 170 µmol/L à 24 heures, une BTc de moins
de 133 µmol/L devrait être sécuritaire) (qualité de preuves 1b).

La
mesure de la bilirubine conjuguée
La
jaunisse néonatale précoce est généralement causée par une hyperbilirubinémie
non conjuguée chez les nourrissons sous photothérapie. Il faut envisager de
mesurer la fraction conjuguée pour déceler les cas plus rares de nourrissons
présentant une élévation. Toutefois, des rapports passés sur l’épidémiologie
de la toxicité à la bilirubine ont fixé la concentration de BST comme la
norme, qui demeure la valeur déterminante de la photothérapie et d’autres
traitements. Il faudrait évaluer la fraction de bilirubine conjuguée chez un
nourrisson atteint d’une jaunisse persistante (de plus de deux semaines),
d’hépatosplénomégalie ou de ces deux troubles (60). Une concentration
conjuguée totale de bilirubine dépassant 18 µmol/L ou supérieure à 20 % de
la concentration de BST justifie une exploration plus approfondie (25).
COMMENT
RÉDUIRE LE RISQUE D’HYPERBILIRUBINÉMIE GRAVE?
La prévention
primaire de l’hyperbilirubinémie grave
Le
soutien à l’allaitement
La prévention
de l’hyperbilirubinémie grave chez les nourrissons atteints d’une
hyperbilirubinémie bénigne à modérée
La photothérapie
La
photothérapie réduit le taux d’évolution vers une hyperbilirubinémie grave
chez les nourrissons atteints d’une hyperbilirubinémie modérée (qualité de
preuves 1a). Son efficacité dépend de l’étendue de peau exposée et de
l’intensité de la lumière sur la peau à des longueurs d’ondes pertinentes
(28). Il est possible d’en accroître l’intensité à l’aide de multiples
unités de photothérapie (29) ou en rapprochant l’unité du nourrisson. La
photothérapie accroît l’évapotranspiration transépidermique chez les
nourrissons à terme. Ses effets secondaires sont l’instabilité de la température,
l’hypermotilité intestinale, l’interférence dans l’interaction entre la
mère et le nourrisson et, dans de rares cas, une décoloration bronzée. En
raison de la photothérapie, les parents ont l’impression que la jaunisse est
une maladie grave (30) (qualité de preuves 2). Des paroles rassurantes aux
parents constituent une partie importante des soins. Pour protéger la rétine
en formation, il faut utiliser un couvre-œil (31).
Les
sources de lumière fluorescente sont les plus utilisées (32), mais leur
intensité diminue au fil du temps. Il est donc important d’établir un
programme de soutien biomédical pour garantir l’intensité convenable de la
lumière. Les systèmes de photothérapie à fibres optiques ont l’avantage de
permettre l’allaitement du nourrisson sans interruption de la photothérapie
et d’éviter le recours au couvre-œil. Cependant, ils ont l’inconvénient
de fournir une intensité de pointe moins élevée que celle des systèmes
fluorescents. On peut aussi utiliser des projecteurs halogènes, mais il ne faut
pas les rapprocher du nourrisson plus que ce que le fabricant recommande.
La
photothérapie intensive, recommandée dans le présent résumé du document de
principes, exige l’application d’une lumière de forte intensité (plus de
30 µW/cm2/nm) sur la plus grande surface possible du nourrisson. Dans les
situations cliniques habituelles, il faut alors utiliser deux unités de photothérapie
ou des tubes fluorescents spéciaux de haute intensité, installés à environ
10 cm du nourrisson, qui peut être soigné dans une couchette. D’ordinaire,
il peut garder sa couche. Chez les nourrissons qui se rapprochent du seuil
d’exsanguinotransfusion, l’ajout d’une couverture de fibres optiques sous
eux peut accroître la surface exposée à la lumière, et il faut alors retirer
la couche (ou utiliser une couche transmettant les longueurs d’ondes de la
photothérapie). Les lignes directrices pour le traitement (figure
2) sont fondées
sur des données probantes directes limitées, mais on pense qu’elles
constituent actuellement les normes les plus pertinentes. La photothérapie
classique, c’est-à-dire une seule série de lumières fluorescentes placées
au-dessus de l’incubateur ou de la couchette d’un nourrisson soigné avec sa
couche en place, est moins efficace, car la surface couverte et l’intensité
sont toutes deux réduites. Elle aura tout de même un effet sur la
concentration de BST.
Il faut
poursuivre l’alimentation entérale afin de
Les
recommandations de traitement découlent de la figure 2. Elles s’établissent
comme suit :
Il
existe un outil utile en ligne, en anglais, à l’adresse <http:/bilitool.org>,
pour établir si la photothérapie intensive serait recommandée selon les présentes
lignes directrices.
L’interruption
de l’allaitement
L’interruption
de l’allaitement dans le cadre du traitement de l’hyperbilirubinémie
s’associe à une augmentation de la fréquence d’abandon de l’allaitement
avant l’âge d’un mois (qualité de preuves 2b) (30). La poursuite de
l’allaitement des nourrissons qui ont la jaunisse et sont placés sous photothérapie
n’est pas reliée à des issues cliniques indésirables (34).
L’immunoglobuline
intraveineuse
L’immunoglobuline
intraveineuse (IVIG) à une dose de
d’après
l’exploration anténatale et à ceux dont l’état risque fort de se détériorer
au point de devoir subir une exsanguinotransfusion.
Les
liquides d’appoint
COMMENT
TRAITER
La
photothérapie
Un
nourrisson atteint d’hyperbilirubinémie grave, ou dont l’état se détériore
en hyperbilirubinémie grave malgré un traitement initial, devrait être immédiatement
placé sous photothérapie intensive. Il faut vérifier la concentration de
bilirubine dans les deux à six heures suivant le début du traitement, afin de
confirmer la réponse du nourrisson. Il faut envi-sager un traitement plus poussé
et il peut être indiqué de prendre les dispositions nécessaires pour procéder
à une exsanguinotransfusion. Les liquides d’appoint sont indiqués, et il
faut administrer de l’IVIG au nourrisson dont le TAD est positif.
L’exsanguinotransfusion
Si la
photothérapie ne permet pas de contrôler la concentration croissante de
bilirubine, l’exsanguinotransfusion est indiquée pour abaisser la
concentration de BST. L’exsanguinotransfusion doit être envisagée lorsque la
concentration de BST dépasse les seuils établis à la figure 3 (malgré une
photothérapie intensive adéquate). Il peut falloir plusieurs heures pour préparer
le sang à l’exsanguinotransfusion. Pendant cette période, il faut utiliser
la photothérapie intensive, les liquides d’appoint et l’IVIG (en cas
d’iso-immunisation). Si un
nourrisson qui dépasse déjà le seuil d’exsanguinotransfusion arrive pour
obtenir des soins médicaux, il faut obtenir une consultation immédiate avec un
centre spécialisé. Il est raisonnable de répéter la mesure de concentration
de BST juste avant l’exsanguinotransfusion, pourvu de ne pas la retarder. On
évitera ainsi certaines exsanguinotransfusions. L’exsanguinotransfusion est
une intervention qui comporte un taux de morbidité important, qu’on doit
effectuer seulement dans les centres où l’on détient les compétences
pertinentes, sous la supervision d’un néonatologiste expérimenté.
Un
nourrisson présentant des signes cliniques d’encéphalopathie bilirubinémique
aiguë devrait subir immédiatement une exsanguinotransfusion (qualité de
preuves 4).

Le suivi
La
surveillance systématique du nouveau-né, que ce soit à l’hôpital ou après
son congé, devrait inclure une évaluation de l’allaitement et de la jaunisse
toutes les 24 heures à 48 heures, jusqu’à ce que l’allaitement soit bien
établi (en général, le troisième ou quatrième jour de vie). Tous les
nourrissons qui ont la jaunisse, surtout les nourrissons très vulnérables et
ceux qui sont exclusivement allaités, doivent continuer à être suivis de près
jusqu’à ce que l’alimentation et la prise de poids soient établis et que
la concentration de BST commence à chuter. Les services communautaires doivent
inclure le soutien à l’allaitement et l’accès à des tests de BST ou de
BTc. Les nourrissons souffrant d’une iso-immunisation risquent une anémie
grave au bout de quelques semaines. On conseille de reprendre la mesure de l’hémoglobine
à deux semaines de vie si elle était faible au congé, et à quatre semaines
de vie si elle était normale (qualité de preuves 5). Les nourrissons qui
doivent subir une exsanguinotransfusion ou qui ont des anomalies neurologiques
doivent être aiguillés vers des programmes de suivi multidisciplinaires régionaux.
Une perte d’audition neurosensorielle revêt une importance particulière chez
les nourrissons atteints d’hyperbilirubinémie grave, et leur dépistage
auditif devrait inclure les potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral.
D’autres
examens
L’occurrence
d’hyperbilirubinémie grave justifie une exploration de la cause de
l’hyperbilirubinémie. Les examens devraient inclure l’obtention des antécédents
cliniques pertinents du bébé et de la mère, les antécédents familiaux, la
description du travail et de l’accouchement et l’évolution clinique du
nourrisson. L’examen physique doit être complété par des explorations de
laboratoire (taux de bilirubine conjuguée et non conjuguée, test de Coombs
direct [TAD], taux d’hémoglobine et d’hématocrites, et numération
globulaire complète, y compris numération différentielle, frottis sanguin et
morphologie des globules rouges). Il faut vérifier la présence de sepsis si la
situation clinique le justifie.
L’hyperbilirubinémie
grave chez les nouveau-nés à terme ou peu prématurés (plus de 35 semaines
d’âge gestationnel) et relativement en santé continue de s’associer à la
possibilité de complications de l’encéphalopathie bilirubinémique aiguë et
de séquelles chroniques. Une évaluation attentive des facteurs de risque en
cause, une approche systématique du dépistage et du suivi de la jaunisse à
l’aide des analyses de laboratoires pertinentes, une photothérapie judicieuse
et une exsanguinotransfusion, au besoin, sont toutes essentielles afin d’éviter
ces complications.
REMERCIEMENTS
: Le comité de la pédiatrie communautaire de la Société canadienne de pédiatrie
et le Collège des médecins de famille du Canada ont révisé la version complète
du document de principes.
RÉFÉRENCES
SÉLECTIONNÉES
COMITÉ
D’ÉTUDE DU FŒTUS ET DU NOUVEAU-NÉ
Membres
: Docteurs Khalid Aziz (représentant du conseil 2000-2006), département de pédiatrie
(néonatologie), Janeway Children’s Health and Rehabilitation Centre, St
John’s (Terre-Neuve-et-Labrador); Keith J Barrington (président), Hôpital
Royal Victoria, Montréal (Québec); Joanne Embree (représentante du conseil),
université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba); Haresh Kirpalani, Children’s
Hospital - Hamilton HSC, Hamilton (Ontario); Koravangattu Sankaran, Royal
University Hospital, Saskatoon (Saskatchewan); Hilary Whyte, The Hospital for
Sick Children, Toronto (Ontario) (sabbatique 2006-2007); Robin Whyte, IWK Health
Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Représentants
: Docteurs Dan Farine, Mount Sinai Hospital, Toronto (Ontario) (Société des
obstétriciens et gynécologues du Canada);
Auteurs
principaux : Docteurs Keith Barrington, Hôpital Royal Victoria, Montréal (Québec);
Koravangattu Sankaran, Royal University Hospital, Saskatoon (Saskatchewan)
Affiché en juin 2007
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |