Approche déontologique de l'examen génital de l'enfantComité de la pédiatrie communautaire, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Paediatrics
& Child Health 1999;4(1):72
No de référence : CP98-04 (antérieurement
MS98-04)
Révision en cours en juin 2009
Index des documents de principes du Comité de la pédiatrie communautaire
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À l’instar de toutes les
interventions, l’examen génital de l’enfant exige des normes déontologiques
qui devraient devenir une pratique systématique dans le cabinet du médecin.
Le respect envers l’enfant, la sensibilité face aux besoins de
l’enfant et de la patience pour exécuter l’examen revêtent une importance
particulière.
Ainsi, on recommande les
pratiques suivantes pendant l’examen génital du patient pédiatrique.
·
N’effectuer l’examen physique des
parties génitales que s’il le faut expressément, par exemple pendant
la visite de santé périodique, afin de vérifier le développement normal des organes génitaux
externes, la présence d’anomalies endocriniennes ou des signes de violence
sexuelle présumée ou parce que les parents le demandent.
·
Informer les enfants plus vieux qui sont compétents (des mineurs
matures) de la tenue de l’examen et des raisons qui justifient cet examen, et
leur demander leur approbation avant d’y procéder. Garantir le respect de la
vie privée et de la confidentialité.
·
Éviter les remarques à
connotation sexuelle, qui sont tout à fait inutiles, pendant l’entrevue et
l’examen.
·
Ne pas toucher les parties génitales ou
les seins de l’enfant, sauf s’il le faut pendant l’examen physique.
Toujours avertir l’enfant qu’il sera touché à ces endroits.
· Si l’enfant se sent mal à l’aise face à l’examen physique, ne jamais utiliser la force ou la contrainte. Expliquer clairement la raison de l’intervention aux parents et à l’enfant (p. ex., cas présumé d’agression sexuelle, traumatisme, infection). Si l’enfant refuse de collaborer, reporter l’examen.
· Dans le cas des nourrissons et des enfants d’âge scolaire, le ou les parents ou la gardienne devraient demeurer près de l’enfant tout au long de l’examen physique. Aider l’enfant à se déshabiller au besoin et lui permettre de se rhabiller dès l’examen physique terminé. Procéder à l’examen lentement et avec attention, afin de réduire la gêne et la douleur au minimum. Les fillettes peuvent s’asseoir les jambes en grenouille, sur les genoux du parent ou de la gardienne, afin de permettre une bonne visualisation de l’orifice vaginal et de l’anus. Cette position est moins anxiogène que les autres. La position genupectorale, l’enfant à quatre pattes, permet de mieux voir l’hymen et la voûte du vagin, mais peut effrayer l’enfant qui ne voit pas l’examinateur. Chez les garçons, le décubitus latéral permet un examen satisfaisant.
· Dans le cas des enfants d’âge scolaire plus vieux et des adolescents, prévoir la présence d’un parent ou d’une infirmière et en expliquer la raison. Permettre à l’enfant de s’isoler pour s’habiller et se déshabiller et de porter une jaquette à l’examen. L’examen pelvien ne fait pas partie de l’examen physique systématique des adolescentes non actives sexuellement, même si elles prennent des contraceptifs oraux. Un test de Papanicolaou (test Pap) ou un test de dépistage des maladies transmises sexuellement n’est indiqué que si l’adolescent a une vie sexuelle active.
Grâce à une planification
consciencieuse et à de la minutie, le médecin peut faire preuve de respect
envers le jeune patient et obtenir sa confiance, pour qu’il se sente moins
menacé ou traumatisé par l’examen génital.
Bibliographie
Narendra K, Lazoritz S. Evaluation for possible physical or sexual abuse. Pediatr Clin North Am 1998;45:214-7.
Comité de la pédiatrie communautaire
Membres
: Docteurs Cecilia I Baxter, Edmonton (Alberta); Fabian P Gorodzinsky, London (Ontario); Denis Leduc, Montréal (Québec) (président); Paul Munk, Toronto (Ontario) (administrateur responsable); Peter G Noonan, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard); Joseph Telch, Unionville (Ontario) (représentant de la section de la pédiatrie générale); Sandra Woods, Val d’Or (Québec) (auteure principal)
Auteure principal : Docteur Sandra Woods, Val d’Or (Québec)
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |