Les lignes directrices relatives au matériel et aux fournitures pédiatriques d’urgence au cabinet du médecin
M Feldman; Société canadienne de pédiatrie, comité de la pédiatrie communautaire Paediatr Child Health 2009;14(6):405-7 Index des documents de principes du comité de la pédiatrie communautaire
Contenu
La présente révision vise à examiner les récentes données probantes justifiant les recommandations relatives au matériel et aux fournitures d’urgence et à s’adapter en conséquence, ainsi qu’à déterminer les compétences que doivent posséder les dispensateurs de soins pour enfants en consultation externe. Elle remplace le document de principes publié en 1999 sur le même sujet (1). LE MODE D’ÉLABORATION DU DOCUMENT DE PRINCIPES Les auteurs ont fait des recherches dans PubMed et la Bibliothèque Cochrane au moyen de combinaisons des termes suivants : cardiac arrest, children, emergency, endotracheal intubation skills, laryngeal mask, equipment, etiology, office, outpatient, primary care, pediatric et paediatric, vascular access et intraosseous. Ils ont repéré les articles pertinents dans la bibliographie des articles retenus grâce aux recherches dans les bases de données. Aucune étude ne pouvait établir de lien causal entre l’accessibilité au matériel et les issues. Par conséquent, les recommandations dépendent largement du consensus obtenu par le comité de la pédiatrie communautaire, la section des allergies, la section de la médecine d’urgence en pédiatrie et la section de la pédiatrie hospitalière de la Société canadienne de pédiatrie. Les médecins en cabinet qui s’occupent d’enfants devraient disposer de matériel, de fournitures et de médicaments d’urgence de base pour faire face à des situations peu fréquentes mais dangereuses. Le matériel, les fournitures et les médicaments « recommandés » (énumérés ci-dessous) sont considérés comme optimaux pour maintenir l’enfant stable jusqu’à ce que les services médicaux d’urgence (SMU) prennent la relève. Les choix sont déterminés par les principes suivants :
LA NATURE DES URGENCES LES PLUS SUSCEPTIBLES D’ÊTRE OBSERVÉES Les données canadiennes provenant des milieux urbains démontrent que seulement 1,9 % des enfants survivent à un arrêt cardiaque subi à l’extérieur d’un hôpital (2). Il semble raisonnable que les dispensateurs de soins en consultation externe se préparent aux urgences qui précèdent les arrêts cardiaques susceptibles de toucher les enfants. Les urgences respiratoires et les traumatismes sont les troubles les plus courants à toucher les enfants avant un arrêt cardiaque (3). LA NATURE DES INTERVENTIONS ET LA DIFFICULTÉ D’ACQUÉRIR ET DE CONSERVER Même dans des centres urbains à fort volume, il n’est pas rare que des intubations œsophagiennes non intentionnelles se produisent en présence de personnel formé des SMU (4). Il est peu probable que les dispensateurs de soins, qui n’effectuent pas régulièrement des intubations trachéales, soient en mesure de conserver cette compétence. Un retard inopportun de l’oxygénation peut se produire pendant des tentatives ratées d’intubation, et le fait de ne pas constater la nécessité d’une intubation œsophagienne peut se révéler catastrophique. De plus, lorsqu’on compare l’intubation trachéale à la ventilation autogonflable au ballon et masque, il est démontré que cette deuxième méthode, utilisée par des professionnels paramédicaux, est la plus simple et la plus positive pour les échanges gazeux dans des modèles simulés d’apnée (4). Cette méthode permet d’établir la ventilation plus rapidement que le masque laryngé utilisé par les infirmières en soins intensifs (5). De même, il est difficile d’obtenir l’accès vasculaire par installation de cathéter intraveineux chez les enfants présentant une grave hypovolémie, et même si le maintien des compétences n’est pas aussi exigeant pour réussir un accès intraosseux (6,7), ces deux méthodes requièrent une formation et, selon toute probabilité, une pratique continue pour être bien maîtrisées. L’administration d’oxygène par masque facial ou au ballon autogonflable et au masque est relativement simple et peut sauver la vie. Les issues neurologiques ne semblent pas plus positives chez les patients pédiatriques en consultation externe ranimés par intubation trachéale plutôt que par ventilation au ballon et masque effectuée par des dispensateurs de SMU en milieu urbain (8). La nébulisation de salbutamol en cas d’état de mal asthmatique et de chlorydrate d’adrénaline aux enfants atteints d’un croup grave (et, peut-être, aux enfants en consultation externe atteints de bronchiolite grave [9]) peut également sauver la vie et exige peu de formation ou de maintien des compétences. Puisque, en général, de brèves convulsions s’associent à une issue positive, il faut bien évaluer l’intérêt de traiter les convulsions à l’aide de benzodiazépines en milieu préhospitalier, compte tenu des compétences et de l’accessibilité du soutien ventilatoire (au cas où les benzodiazépines entraîneraient une dépression respiratoire), de la durée des convulsions et de l’accessibilité des SMU. Il est démontré que l’appel de « codes » factices en cabinet réduit l’anxiété du dispensateur, accroît sa confiance en lui et favorise une meilleure formation et la rédaction de protocoles pour le cabinet (11,12). L’ACCESSIBILITÉ AUX SMU
Il faut envisager que les articles recommandés énumérés aux tableaux 1, 2, 3 et 4 constituent les stocks minimaux à conserver au cabinet du médecin. Les pédiatres qui peuvent maintenir les compétences s’y rapportant et les médecins qui sont éloignés des SMU doivent aussi entreposer les articles souhaitables. Il faut conserver tous les médicaments dans un contenant verrouillé réservé au matériel d’urgence et en vérifier régulièrement les dates d’expiration. REMERCIEMENTS : Le Collège des médecins de famille du Canada a révisé le présent document de principes.
COMITÉ DE LA PÉDIATRIE COMMUNAUTAIRE Membres : Docteurs Minoli Amit, St Martha’s Regional Hospital, Antigonish (Nouvelle-Écosse); Carl Cummings, Montréal (Québec); BarbaraGrueger, Whitehorse General Hospital, Whitehorse (Yukon); Mark Feldman (président), Toronto (Ontario); Mia Lang, Royal Alexandra Hospital, Edmonton (Alberta); Janet Grabowski (représentante du conseil), Winnipeg (Manitoba) Représentant : Docteur David Wong, Summerside (Île-du-Prince-Édouard) (section de la pédiatrie générale, Société canadienne de pédiatrie) Auteur principal : Docteur Mark Feldman, Toronto (Ontario) Affichage : août 2009 |
| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication. |