Lapprentissage de la propreté : Des conseils axés sur lenfant Comité de la pédiatrie communautaire, Société canadienne de pédiatrie Paediatrics & Child Health 2000; 5(6): 342-4 Réapprouvé en février 2009 Aussi disponible : L'apprentissage de la propreté Index des documents du comité de la pédiatrie communautaire
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Les parents demandent souvent aux pédiatres quel est le meilleur moment et la meilleure méthode pour lapprentissage de la propreté. À linstar de nombreuses questions de comportement, il nexiste pas de réponses concrètes à une telle question. Il peut être difficile pour lenfant comme pour les parents datteindre cette étape du développement. Pour faciliter lapprentissage de la propreté, les médecins devraient informer les parents de la démarche «axée sur lenfant» avant le début du processus, et ils devraient être prêts à offrir des conseils aux parents pendant que lenfant apprend à devenir propre. Lâge auquel les parents entreprennent lapprentissage de la propreté avec lenfant et lâge auquel il est jugé pertinent que lenfant devienne propre ont changé avec le temps. Lattitude de relatif laissez-faire du début des années 1900 a été remplacée par une démarche plus rigide, axée sur les parents, pendant les années 1920 et 1930 (1). Cette conduite a ensuite été rejetée en faveur de la démarche axée sur lenfant prônée par Spock (2) et Brazelton (3), qui est devenue la norme des conseils offerts par les médecins (4-12). Grâce à ce changement de point de vue, il est devenu plus acceptable que lenfant atteigne cette étape de développement plus tard. Il existe dimportantes différences culturelles entre les méthodes utilisées pour apprendre à lenfant à devenir propre (13,14). La plupart des enfants des pays occidentaux contrôlent leur vessie et leurs intestins entre 24 mois et 48 mois (3,8,15-24). Les filles ont tendance à y parvenir un peu plus jeunes que les garçons (17-19,25,26). La période moyenne entre linitiation de lapprentissage de la propreté et la propreté réelle oscille entre trois mois et six mois (22). Le contrôle de la vessie ne coïncide pas toujours avec celui des intestins, et la continence urinaire nocturne peut concorder avec la continence diurne ou se produire plusieurs mois ou même plusieurs années plus tard (3,8,16,17,19,20,25,26). Le processus dapprentissage est très hétérogène, et il ny a pas dâge précis pour le commencer. Lévaluation de la récéptivité de l'enfant à devenir propre La réceptivité à devenir propre ne devrait pas être dictée par lâge de lenfant. Comme le prône la démarche axée sur lenfant, celui-ci doit plutôt être physiologiquement et psychologiquement prêt. Les parents devraient être disponibles pour se montrer attentifs et patients dans cette tâche tous les jours, pendant plusieurs mois. Pour lenfant, la réceptivité physiologique précède la réceptivité psychologique. À 18 mois, le réflexe du contrôle sphinctérien est mature, et la myélination du système extrapyramidal sest produite. Les deux processus sont nécessaires pour parvenir au contrôle de la vessie et des intestins, et ils ne peuvent être accélérés (25,26). La maturation psychologique ne concorde toutefois pas nécessairement avec la maturation physiologique. Au moment dévaluer la réceptivité de lenfant à devenir propre, le médecin doit tenir compte de ses capacités motrices, langagières et sociales, de même que du comportement et de la relation de lenfant avec ses parents (2,3,7-11,27). Une liste des éléments permettant détablir la réceptivité de lenfant à lapprentissage de la propreté est dressée au tableau 1. Des techniques d'apprentissage de la propreté axées sur l'enfant Les attentes des parents au sujet de lapprentissage de la propreté devraient être évaluées par le médecin à la visite de lenfant à un an. Cest loccasion de donner des conseils, parce que la plupart des parents sous-estiment le temps nécessaire pour parvenir à la propreté (18). La démarche axée sur lenfant (expliquée ci-dessous) devrait être abordée aux visites ultérieures, et le médecin devrait souligner que lâge dapprentissage est flexible. Lorsque lenfant a environ 18 mois, la réceptivité des parents et de lenfant peut être évaluée, en tenant compte des différences culturelles. Les parents et les éducateurs devraient être prêts à consacrer du temps au processus dapprentissage de la propreté et à prendre des dispositions qui conviennent à toute la famille. Ce processus ne devrait pas être entrepris à un moment stressant de la vie de lenfant (p. ex., après un déménagement ou à la naissance dun nouveau bébé), et les parents devraient être émotionnellement prêts pour les accidents inévitables qui se produiront avant latteinte de la propreté. Les parents devraient être encouragés à respecter les indices de leur enfant avant de passer dune étape à lautre, comme lindique le tableau 2 (2,3,6-11,27). Dautres visites au médecin peuvent permettre dévaluer les progrès et de discuter des questions soulevées. TABLEAU 1 : Les signes de la réceptivité de lenfant à lapprentissage de la propreté
Il est recommandé dutiliser le petit pot plutôt que la toilette pendant les premières étapes, parce que lenfant sy sent plus en sécurité et plus stable. Le petit pot permet également à lenfant dadopter la meilleure posture biomécanique. Au départ, on encourage lenfant à sasseoir tout habillé sur le petit pot. Ensuite, il peut sasseoir sur le pot une fois la couche mouillée enlevée. Il peut être utile de placer la couche souillée dans le pot pour démontrer la fonction du pot. Plus tard, lenfant peut être conduit au petit pot plusieurs fois par jour et être invité à sy asseoir quelques minutes, sans couche. Enfin, on le fait asseoir sur le petit pot à des heures établies pendant la journée (p. ex., après le réveil, après les repas ou les collations et avant les siestes et le coucher) afin détablir une routine. Grâce à cette méthode, lenfant peut apprendre à contrôler sa vessie et ses intestins en quelques semaines. TABLEAU 2 : Comment les parents peuvent faciliter lapprentissage de la propreté de leur enfant
Lenfant a besoin dêtre louangé dès quil exprime son intérêt à sasseoir sur le petit pot. Le renforcement positif peut être utilisé, mais les récompenses matérielles sont à éviter. Lencouragement et le soutien représentent les techniques de renforcement les plus pertinentes. Lorsque lenfant a bien utilisé le petit pot pendant une semaine ou plus, il peut être prêt à porter une culotte de propreté ou de coton. Les accidents sont toutefois inévitables, et les parents doivent faire preuve de soutien et de patience. Lenfant qui vit une série daccidents peu après avoir commencé à porter une culotte de propreté ou de coton devrait pouvoir recommencer à porter une couche, sans honte et sans punition. Certains enfants hésitent à déféquer dans le petit pot ou dans la toilette, surtout sils nont pas un bon soutien pour les pieds. Il est essentiel de leur permettre daller à la selle dans une couche afin de prévenir la constipation et, par conséquent, les mouvements péristaltiques intestinaux douloureux qui retarderont lapprentissage de la propreté. Les causes organiques déchec dans lapprentissage de la propreté sont peu fréquentes. Lexplication la plus plausible déchec, cest que lenfant nest pas prêt. Dans ce cas, les tentatives des parents pour le rendre propre seront futiles. Les parents devraient être avisés de ne pas se lancer dans des «batailles pour la propreté», qui détériorent la relation avec lenfant et limage personnelle de lenfant et qui peuvent retarder la progression vers cet apprentissage (5,28,29). Si un enfant refuse la propreté, il est préférable dinterrompre le processus pendant un à trois mois. Ainsi, la confiance et la collaboration peuvent être rétablies entre le parent et lenfant. La plupart des enfants sont ensuite prêts à entreprendre lapprentissage de la propreté. Cependant, si des tentatives répétées échouent ou si lenfant a plus de quatre ans, il peut être nécessaire de consulter un pédiatre généraliste ou du développement. Cette consultation peut permettre dexplorer les aspects de la relation entre les parents et lenfant et décarter les anomalies physiques ou neurodéveloppementales (28-31). La constipation peut compliquer la réceptivité de lenfant à lapprentissage de la propreté. Lenfant peut associer les selles avec la douleur et tenter déviter lexpérience le plus possible. Des modifications à lalimentation représentent la première étape pour atténuer le problème, et le recours à des laxatifs ou à des émollients fécaux peut également être envisagé. Un examen plus complet du traitement de la constipation dépasse la portée du présent document. Lenfant ayant des besoins spéciaux Le dépistage du meilleur moment dapprendre la propreté à lenfant ayant des besoins spéciaux simpose tout autant quavec les autres enfants. Bien que les étapes de réceptivité à la propreté soient identiques pour tous les enfants, le médecin doit évaluer à quel point lenfant ayant des besoins spéciaux est ralenti dans son apprentissage (p. ex., par des retards sociaux et dadaptation ou par des médicaments) et le moment auquel les parents sont prêts à commencer le processus (32,33). Une étude approfondie de ce sujet dimportance est recommandée pour les médecins qui participent aux soins des enfants ayant des besoins spéciaux. Le processus dapprentissage de la propreté a beaucoup changé au fil des ans et au sein des diverses cultures. Dans la culture occidentale, il est recommandé dadopter une démarche axée sur lenfant, qui individualise le plus possible le moment de lapprentissage et la méthode privilégiée. 1. Stendler C. Psychologic aspects of pediatrics sixty years of child training practices. J Pediatr 1950;36:122-34. 2. Spock B. The Common Sense Book of Baby & Child Care, 1st edn. 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Membres : Docteurs Cecilia Baxter, Edmonton (Alberta); Fabian P
Gorodzinsky, London (Ontario) (coauteur principal); Denis Leduc, Montréal (Québec)
(président); Paul Munk, Toronto (Ontario) (administrateur responsable); Peter Noonan,
Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard); Sandra Woods, Val dOr (Québec); Docteur
Joseph Telch, Unionville (Ontario) (Section de la pédiatrie générale de la
SCP)
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