des enfants et des adolescents
La Société canadienne de pédiatrie autorise l’impression d’exemplaires uniques de ce document à partir de son site Web. Pour obtenir la permission d’imprimer ou de photocopier des exemplaires multiples, consultez notre politique sur les droits d'auteurs.
Dans un climat d’inquiétude croissante à l’égard de l’obésité juvénile et de l’inactivité, les terrains de jeux permettent aux enfants d’être actifs. Ils comportent toutefois aussi des risques, les blessures causées par des chutes étant de loin les plus courants. Les recherches démontrent la possibilité de réduire les blessures dans les terrains de jeux si on abaisse la hauteur des structures de jeu et si on utilise des surfaces molles et profondes pour amortir les chutes. L’Association canadienne de normalisation a publié des normes volontaires qu’elle a mises à jour plusieurs fois pour tenir compte de ces risques. Afin de contribuer à les réduire, les parents peuvent respecter des stratégies simples. Le présent document de principes souligne le fardeau des blessures subies dans les terrains de jeux. Il procure également aux parents et aux dispensateurs de soins des occasions de réduire l’incidence et la gravité des blessures grâce à l’éducation et à la défense d’intérêts, ainsi que de mettre en œuvre des normes de sécurité probantes et des stratégies plus sécuritaires dans les terrains de jeux locaux. Enfin, il remplace le document de principes de la Société canadienne de pédiatrie publié en 2002 sur le sujet.
Mots-clés : Equipment; Falls; Injury; Playground; Play space; Standards; Surfacing
Les jeux extérieurs actifs contribuent énormément à la santé, au bien-être et au développement global de l’enfant. Les terrains de jeux locaux offrent des occasions de grimper, de glisser, de sauter, de courir et de socialiser avec d’autres enfants, ainsi que de jouer de manière créative. Les terrains de jeux sont également des endroits où l’on peut se blesser, mais il est possible de réduire les risques au minimum pour les enfants si on améliore la conception des structures et si on les installe à des endroits plus sécuritaires et sur des surfaces mieux adaptées, tout en conservant d’énormes possibilités d’activité physique. Parmi les mesures de prévention qui réduisent les risques au minimum, soulignons une hauteur de structures adaptée à l’âge, la mise à niveau des surfaces d’absorption des impacts autour et en-dessous des structures de jeux, l’inspection et l’entretien réguliers des structures et des aires de jeux et une supervision pertinente et active.
Chaque année au Canada, au moins 29 000 enfants de moins de 15 ans sont traités au département d’urgence d’un hôpital en raison d’une blessure subie dans un terrain de jeux [1]. Les enfants de cinq à neuf ans sont les plus vulnérables, les garçons se blessant légèrement plus souvent que les filles (53 % par rapport à 47 %). La plupart du temps, ces blessures sont subies pendant l’été (43 %), suivies de l’automne (27 %), du printemps (24 %), puis de l’hiver (6 %).
Jusqu’à 75 % des blessures observées au département d’urgence sont provoquées par une chute [2]-[4]. La plupart des autres découlent d’un impact avec un obstacle (11 %), de la coupure, du pincement ou de l’écrasement d’une partie du corps (8 %) ou d’un piégeage (1 %) [5]. Les fractures, généralement d’un membre supérieur, sont les plus courantes [2][5][6], les chutes d’une structure d’escalade, plutôt que d’une balançoire ou d’une glissoire, en étant le plus souvent responsables [7].
Les traumatismes crâniens représentent environ 15 % des blessures subies dans les terrains de jeux observés à l’urgence [5]. Les chutes d’une balançoire, plutôt que d’une glissoire ou d’une structure d’escalade, en sont les plus souvent responsables [7].
De 1994 à 2003, on estime que 2 500 enfants de 14 ans ou moins ont été hospitalisés chaque année au Canada par suite d’une grave blessure causée par une chute dans un terrain de jeux. Environ 81 % de ces enfants ont été victimes d’une fracture, tandis que 14 % ont été hospitalisés en raison d’un traumatisme crânien. Les autres 5 % avaient subi des lésions comme une dislocation articulaire ou une plaie ouverte. Pendant la période à l’étude, les taux d’hospitalisation ont fléchi de 27 %, probablement grâce aux améliorations aux structures de jeux et au respect des normes de sécurité dans les terrains de jeux [8].
Les structures de jeux installées dans la cour sont responsables d’environ 20 % de toutes les blessures subies dans une aire de jeux. Les enfants de un à quatre ans risquent davantage de se blesser à domicile que les enfants plus âgés. Les structures d’escalade, les balançoires et les glissoires sont responsables de la plupart des blessures subies à domicile [8].
Les décès dans les terrains de jeux sont rares. Ils sont presque toujours attribuables à une strangulation. Celle-ci peut se produire lorsque les cordons des vêtements, un foulard ou une corde à sauter restent pris dans une structure de jeux, en général dans le haut d’une glissoire. La tête d’un enfant peut également se coincer dans l’ouverture d’une structure de jeu (p. ex., dans l’espace entre les barreaux d’une échelle). C’est déjà arrivé lorsque des enfants portaient un casque de vélo [8].
L’amélioration de la conception des terrains de jeux, notamment la hauteur et la surface, contribuerait davantage à réduire les blessures dans les terrains de jeux.[4][12].
Les recherches démontrent que la hauteur et l’impact (soit la surface sur laquelle tombe l’enfant) de la chute influent sur la nature et la gravité des blessures.[4][9]-[11] Une étude a révélé qu’une chute de plus de 1,5 mètre (4 pi 11 po) quadruplait le risque de blessure [9]. Les chutes de hauteurs plus élevées causent des blessures encore plus graves [10]. Les matériaux qui absorbent les impacts, tels que le sable ou le gravillon, procurent une meilleure protection [4] que les surfaces gazonnées. Une étude a d’ailleurs indiqué que le risque de blessure est 1,7 fois moins élevé lorsque le terrain de jeux est recouvert de sable plutôt que de gazon [11].
L’Association canadienne de normalisation (CSA, www.csa.ca) a préparé la seule norme reconnue sur la scène nationale en matière de sécurité des terrains de jeux. Ce guide, intitulé Aires et équipements de jeu, a été publié pour la première fois en 1990. Le Conseil canadien des normes l’a révisé et accepté comme norme nationale volontaire en 1998, et des mises à jour ont été publiées en 2003 et en 2007. La norme CSA fournit des spécifications détaillées sur la disposition des terrains de jeux, leur accès (pour monter et descendre des structures), les matériaux de remplissage, la force des structures, les exigences de rendement, l’installation, l’inspection et l’entretien, de même que les normes de conception de chaque pièce des structures de jeux. La norme recommande les mesures suivantes :
Les modifications et les améliorations à la norme actuelle incluaient une hauteur de chute optimale moins élevée, un tableau de comparaison des matériaux de remplissage et des lignes directrices supplémentaires pour rendre les aires de jeux plus accessibles aux enfants ayant des besoins particuliers [18]. D’après une étude, les terrains de jeux modifiés pour respecter la norme CSA actuelle peuvent réduire de 49 % le risque de blessures connexes [13].
Il est important d’assurer une supervision active. Les recherches démontrent que les enfants de moins de cinq ans étaient moins susceptibles de prendre des risques lorsqu’un parent se trouvait à proximité [14][15]. Un programme a réussi à accroître la supervision des jeunes enfants par les enseignants dans les terrains de jeux, ce qui a entraîné une diminution des comportements de prise de risque par les enfants [16][17].
Outre les terrains de jeux structurés, les collectivités peuvent envisager des milieux de jeux extérieurs non traditionnels. La mise en valeur de ces aires de jeux peut coûter moins cher, et celles-ci sont conçues pour stimuler les facultés naturelles des enfants et leur envie de jouer, sans qu’ils risquent de tomber des structures. Des exemples de terrains de jeux de ce type figurent à l’adresse www.evergreen.ca/fr.
Pour protéger les enfants de la plupart des blessures subies dans des terrains de jeux, la Société canadienne de pédiatrie recommande les mesures suivantes :
Les dispensateurs de soins :
Les décideurs :
Les parents et les personnes qui s’occupent d’enfants :
Le comité d’une vie active saine et de la médecine sportive de la Société canadienne de pédiatrie a révisé le présent document de principes.
Membres : Claude Cyr MD; Brent E Hagel Ph. D.; I Barry Pless MD; Jeffrey W Scott MD; Lynne J Warda MD (présidente sortante); Natalie L Yanchar MD (présidente); Mitchell Zelman MD (représentant du conseil)
Représentantes : Pamela Fuselli, SécuriJeunes Canada; Gail Salminen, Santé Canada, Bureau de la sécurité des produits de consommation; Robin Skinner, Agence de la santé publique du Canada
Conseillers : Mathew J Bowles MD; Amy Ornstein MD
Auteures principales : Pamela Fuselli; Natalie L Yanchar MD
Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.