des enfants et des adolescents
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Les nourrissons peu prématurés sont des nourrissons prématurés, mais souvent assez matures pour être pris en charge dans des milieux et à l’aide de régimes thérapeutiques conçus pour les nouveau-nés à terme. On les définit arbitrairement comme des nourrissons nés à 34, 35 ou 36 semaines d’âge gestationnel. Les nourrissons peu prématurés ont plus de problèmes d’adaptation que les nourrissons à terme et peuvent avoir besoin de soins intensifs néonatals et d’une hospitalisation prolongée. Cependant, ceux qui n’en ont pas besoin peuvent, de manière tout à fait pertinente, être envoyés en soins mère-enfant dans une pouponnière à faible risque. Chez le nourrisson peu prématuré, il faut accorder une attention particulière à l’homéostasie thermique pertinente et à la mise en place d’une alimentation satisfaisante avant le congé. Notamment, il faut s’assurer que ces bébés ne font pas d’hyperbilirubinémie tardive grave, qui se produit habituellement chez le bébé peu prématuré allaité de quatre ou cinq jours de vie et qui n’est pas toujours prévisible par le dépistage systématique de la bilirubine avant 48 heures de vie. Le congé d’un nourrisson peu prématuré s’associe à des exigences particulières dans la collectivité. L’établissement qui accorde le congé doit prévoir des installations accessibles pour reprendre des tests de dépistage, procéder à une réévaluation et une réhospitalisation.
Mots-clés : Discharge; Hyperbilirubinemia; Hypoglycemia; Late preterm
Les nourrissons peu prématurés sont des nourrissons prématurés (c’est-à-dire qu’ils sont nés à moins de 37 semaines d’âge gestationnel [AG]), mais souvent assez matures pour être pris en charge dans des milieux et à l’aide de régimes thérapeutiques conçus pour les nouveau-nés à terme. Ces bébés sont souvent soignés dans des unités mère-enfant plutôt que dans des pouponnières spéciales ou de soins intensifs. Le fait d’éviter la séparation mère-enfant favorise des soins axés sur la famille et l’allaitement du nourrisson par sa mère. Le congé précoce, s’il est sécuritaire, peut encourager l’allaitement du nourrisson, la confiance parentale et la stabilité de l’unité familiale. Le nourrisson peu prématuré répond particulièrement aux avantages de l’environnement mère-enfant et d’un congé rapide à domicile, mais est vulnérable aux risques qui s’y associent. Le présent document de principes vise à repérer les pratiques qui garantissent un congé sécuritaire.
Ces recommandations portent sur un vaste spectre de soins néonatals et sont généralement tirées de qualités de preuve de niveau IIa ou III [1], voir tableau 3). Chaque recommandation représente une position consensuelle tirée de plusieurs sources de preuves. Nous sommes d’avis que ces recommandations sont dérivées des meilleures données probantes possible, qui respectent la définition de pratique probante [2]. Il existe de nombreuses occasions d’améliorer les données probantes motivant les décisions d’assurer le congé sécuritaire du nourrisson peu prématuré.
Il existe des analyses approfondies [3]-[6] sur l’épidémiologie courante, les soins et l’issue des nourrissons peu prématurés. Ces nourrissons sont ceux qui sont nés à 34, 35 ou 36 semaines complètes d’AG (ou entre 238 et 258 jours de grossesse, inclusivement). (Au Canada, où l’AG est défini conformément à l’OMS [7], cette définition est interprétée pour inclure les bébés nés entre 238 et 258 jours de grossesse, inclusivement. Aux États-Unis, la définition clinique d’AG diffère d’un jour [6].) En 2006, 5,9 % des nourrissons nés vivants au Canada étaient peu prématurés [8]. En 1994, les grossesses multiples représentaient 2,1 % de toutes les naissances vivantes au Canada, mais 14 % des naissances peu prématurées [9][10]. L’incidence d’accouchements peu prématurés et de grossesses multiples semble être à la hausse [9]. Ces données sont semblables à celles déclarées aux États-Unis [5][11][12] et sur la scène internationale [13]. L’augmentation des grossesses multiples, les interventions obstétriques et les mesures plus exactes de l’AG ont contribué à accroître l’incidence d’accouchements peu prématurés [5][9][12].
Il est démontré que la prématurité tardive est une période au cours de laquelle les risques de la prématurité sont assez faibles pour justifier le maintien d’un travail spontané ou, si la poursuite de la grossesse menace la santé de la mère ou du fœtus, une intervention obstétrique comportant peu de risques ou même des avantages pour le nouveau-né. Dans un grand centre américain, 80 % des accouchements peu prématurés étaient attribuables à un travail prématuré et 20 %, à une intervention obstétrique [3]. Il n’existe toutefois pas d’essais cliniques de dimension suffisante pour vérifier l’issue des décisions obstétriques à cet AG [5].
La mortalité et la morbidité des nourrissons peu prématurés augmentent rapidement à mesure que l’AG diminue [3][14][15]. De 1992 à 1994, le taux de mortalité des nourrissons peu prématurés uniques au Canada correspondait à 13,3 cas pour 1 000 naissances vivantes, un taux 4,5 fois plus élevé que celui des bébés uniques à terme (3,0 cas pour 1 000 naissances vivantes) [14]. Le rapport de risque relatif de décès des nourrissons peu prématurés par rapport aux nourrissons à terme était de 3,3 pour l’asphyxie, de 5,0 pour l’infection et de 1,9 pour la mort subite du nourrisson (MSN), représentant 4,9 %, 6,1 % et 3,8 % des décès par cause, respectivement.
Extérieurement, le nourrisson peu prématuré peut sembler mature. Son poids dépasse souvent les 2 500 g, ce qui définit souvent la limite supérieure d’un petit poids de naissance [7]. Cependant, ce poids est inférieur du tiers à celui d’un nouveau-né à terme et en santé, et il reflète d’importantes différences de composition corporelle et de poids cérébral (tableau 1 [16]-[19]). Le nourrisson peu prématuré peut avoir une thermorégulation inadéquate [20], une succion et une déglutition immatures et faibles [21], une adaptation incomplète de certains systèmes enzymatiques [20][22] et des systèmes de défense immunologique et respiratoire insuffisants [23].
| TABLEAU 1 Poids et éléments de la composition corporelle des nourrissons peu prématurés par rapport aux nourrissons à terme | ||||
Âge gestationnel, | Poids moyen à la naissance [16], | % de la cohorte dont le poids de naissance était < 2 500 g [16] | Masse grasse, | |
34 | 2 319 | 67 | 7,5 | 67 |
35 | 2 565 | 44 | 8,1 | 72 |
36 | 2 809 | 24 | 8,7 | 80 |
40 | 3 563 | 0,8 | 11,2 | 100 |
Plusieurs études [3][24][25] déterminent des taux marqués de morbidité liés à la prématurité chez ces nourrissons (tableau 2), qui augmentent à mesure que l’AG passe de 39 à 34 semaines [3][26]. L’augmentation particulière de la morbidité et de la mortalité est apparente à 34 semaines plutôt qu’à 35 semaines. Dans une vaste étude en population [24] menée au Massachusetts (États-Unis) entre 1998 et 2003, 22 % des nourrissons peu prématurés présentaient une morbidité néonatale au potential fatal, qui était sept fois plus élevée que celle des nourrissons à terme (3 %).
| TABLEAU 2 Morbidité néonatale des nourrissons peu prématurés nés vivants et à 37 et 39 semaines d’âge gestationnel | |||||
Âge gestationnel, en semaines | |||||
34 | 35 | 36 | 37 | 39 | |
Groupe, n | 3 498 | 6 571 | 11 702 | 26 504 | 84 747 |
Détresse respiratoire dépendante du respirateur | 3,3 | 1,7 | 0,8 | 0,5 | 0,3 |
Tachypnée transitoire | 2,4 | 1,6 | 1,1 | 0,7 | 0,4 |
Hémorragie intraventriculaire (tous les grades) | 0,5 | 0,22 | 0,07 | 0,03 | 0,01 |
Bilan de septicémie | 31 | 22 | 15 | 12 | 12 |
Septicémie démontrée par culture | 0,5 | 0,4 | 0,2 | 0,2 | 0,1 |
Photothérapie | 6,1 | 3,5 | 2,0 | 1,6 | 1,0 |
Entérocolite nécrosante | 0,09 | 0,02 | 0,01 | 0,01 | 0,0 |
Indice d’Apgar ≤3 à 5 min | 0,1 | 0,2 | 0,9 | 0,08 | 0,06 |
Intubation dans la salle d’accouchement | 1,4 | 0,8 | 0,6 | 0,6 | 0,6 |
Au moins l’un des éléments précédents | 34 | 24 | 17 | 14 | 14 |
Données présentées en pourcentage, à moins d’une indication à l’effet contraire. Adapté et traduit de la référence [3] | |||||
L’immaturité relative du nourrisson peu prématuré se reflète dans son état à long terme. Les taux d’infirmité motrice cérébrale sont trois fois plus élevés, et ceux de retard du développement ou de retard intellectuel sont légèrement plus élevée (RR 1,25) que ceux des nourrissons à terme dans le cadre d’une vaste étude rétrospective de cohorte [27] au suivi précoce (en grande partie chez les moins de deux ans). Les premiers résultats scolaires des nourrissons peu prématurés, à l’exception de ceux ayant eu une morbidité périnatale aiguë, démontrent également un risque légèrement plus élevé de retard du développement et de besoins particuliers attribuables à l’AG plus court [28].
À la naissance, il faut déterminer que le nourrisson est peu prématuré au moyen d’une évaluation attentive de l’AG, de préférence à l’aide de données tirées d’une échographie obstétrique précoce. Les nourrissons peu prématurés sont vulnérables à une mauvaise adaptation thermique, métabolique et cardiovasculaire et peuvent être admis à une unité de soins intensifs pendant de courtes périodes de surveillance évaluative. Les nourrissons de 34 semaines d’AG sont susceptibles de devoir demeurer sous évaluation pendant 24 heures afin qu’on s’assure de leur stabilité respiratoire. Les nourrissons qui ont des complications doivent être hospitalisés à l’unité de soins intensifs néonatals, et leur séjour peut être prolongé jusqu’après la période de prématurité.
Chez les nourrissons peu prématurés dont l’état est assez stable pour qu’ils soient admis à une pouponnière de niveau 1, il faut surveiller le milieu thermique de près, y compris la température ambiante, l’habillement, la literie et l’exposition aux éléments. Il faut les compétences spéciales de personnel formé en appui à la lactation pour soutenir l’allaitement, notamment chez les mères d’un premier bébé. De nombreuses mères qui ont accouché d’un nourrisson peu prématuré se remettent d’une césarienne ou de complications de la grossesse et peuvent recevoir des analgésiques ou des médicaments pour soigner des troubles médicaux coexistants. On ne peut envisager le congé tant qu’un expert n’a pas évalué que l’alimentation est réussie et que la mère a confiance en sa capacité de poursuivre dans le même sens.
Les mères incapables d’allaiter ou qui décident de ne pas allaiter ont besoin d’une attention et d’un soutien spéciaux. Ce sont souvent les plus malades ou celles qui ont des responsabilités pressantes et parallèles à la maison, et elles ont besoin d’être orientées par un expert pour choisir et mélanger les préparations lactées pour nourrisson.
Les nourrissons peu prématurés sont beaucoup plus susceptibles d’être réhospitalisés que les nourrissons à terme après leur congé [21]. Paradoxalement, les bébés de 36 semaines d’AG semblent être plus à risque d’être réhospitalisés que ceux de 34 ou 35 semaines d’AG. On peut expliquer cette situation par le congé souvent plus tardif des nourrissons d’AG moins avancé, en raison de problèmes pendant la transition [15].
Outre les problèmes généraux des nouveau-nés, les nourrissons peu prématurés sont particulièrement à risque d’être réhospitalisés en raison d’une hyperbilirubinémie, de problèmes d’alimentation, d’apnée ou d’événements aigus mettant la vie en danger, d’une possibilité de septicémie, de troubles respiratoires et d’hypothermie [4].
Les nourrissons peu prématurés sont surreprésentés chez les nourrissons ayant une hyperbilirubinémie extrême [29]. Les taux de bilirubine des nourrissons peu prématurés atteignent un pic plus tard (à sept jours plutôt que cinq), demeurent élevés plus longtemps et atteignent des valeurs moyennes plus élevées (207 µmol/L par rapport à 190 µmol/L) [30] que ceux des nourrissons à terme. Le nourrisson peu prématuré est probablement à risque d’ictère nucléaire à des taux de bilirubine plus faibles que le nourrisson à terme [31]. Dans le seul registre existant de nourrissons ayant un ictère nucléaire, le registre pilote américain d’ictère nucléaire (1992 à 2003), 24 % étaient peu prématurés [31][32]. L’incidence d’ictère nucléaire dans les pays occidentaux est d’environ quatre cas par million de naissances [33][34].
Une hyperbilirubinémie extrême (taux de bilirubine sérique supérieurs à 428 µmol/L) peut être utilisé pour remplacer le risque d’ictère nucléaire [31]. Dans une étude américaine [35] auprès de 51 387 nouveau-nés d’au moins 2 000 g à la naissance et de 36 semaines d’AG, 73 nouveau-nés sur 1 000 ou 1,4 sur 1 000 ont dépassé ce seuil. Ce risque d’hyperbilirubinémie extrême double à chaque semaine d’AG de moins que 40 semaines [35].
L’allaitement exclusif accroît le risque d’hyperbilirubinémie extrême d’un facteur de six environ. Presque tous les nourrissons du registre d’ictère nucléaire ayant une hyperbilirubinémie extrême étaient allaités [33][35]. Cette association très marquée, qui s’observe particulièrement chez le nourrisson peu prématuré, est partiellement attribuable à la déshydratation et à une prise de poids insuffisante découlant d’une alimentation insuffisante. Lorsque l’alimentation entérale est réduite, la circulation entérohépatique de bilirubine augmente considérablement.
On peut prédire des taux élevés de bilirubine chez les nourrissons à partir d’un nomogramme de dépistage [36] reproduit dans les lignes directrices pour la prise en charge de l’hyperbilirubinémie [37][38]. La Société canadienne de pédiatrie prône le dépistage universel (c’est-à-dire, mesure de la concentration de bilirubine sérique à une heure précise ou de bilirubine transcutanée avant 72 heures de vie). Les nourrissons peu prématurés dont les résultats se situent dans la zone faible ou intermédiaire ou en-deçà de cette zone doivent être réévalués dans les 24 heures à 48 heures. Les nourrissons ayant une hyperbilirubinémie extrême chez qui on déclarait un taux de bilirubine équivalant ou supérieur à 428 µmol/L avaient un âge médian de 4,5 jours. Ces taux ne s’associaient pas nécessairement à des augmentations rapides et précoces des taux de bilirubine [33][35]. L’observation d’un nourrisson peu prématuré qu’on sait dans une zone à risque doit donc être maintenue tout au long de la première semaine de vie.
La photothérapie est d’une extrême efficacité pour réduire l’hyperbilirubinémie et éviter l’exanguinotransfusion. Il faut amorcer la photothérapie et l’exanguinotransfusion à des seuils de bilirubine plus bas que ceux utilisés pour les nourrissons à terme [38]. La réhydratation et le rétablissement d’un allaitement adéquats sont d’importants éléments contributifs à la thérapie.
Les problèmes d’alimentation représentent la principale raison de reporter le congé du bébé peu prématuré [25] et constituent une cause importante de réhospitalisation [39]. La difficulté à coordonner la succion et la déglutition chez les nourrissons peu prématurés [40] est responsable d’une période d’alimentation plus longue et d’intervalles plus courts entre les boires. Chez les nourrissons allaités, l’effet d’une mauvaise prise et d’une mauvaise succion peut être responsable d’un retard ou d’une défaillance de la lactation et, par conséquent, d’une malnutrition et d’une déshydratation [25][41], notamment chez les mères plus âgées d’un premier enfant ou qui viennent de subir une césarienne [39]. Les bébés plus petits peuvent avoir besoin d’être alimentés plus souvent et ne sont peut-être pas en mesure de s’adapter rapidement à l’espacement des boires de nuit. Chez les jumeaux, des boires aux trois heures peuvent occuper plus de la moitié des heures d’éveil de la mère.
On peut évaluer l’alimentation par l’observation attentive des boires ainsi que de la satiété et de la satisfaction du nourrisson, par l’espacement des boires et par l’examen des signes d’une absorption suffisante, telle que la prise de poids et le débit d’urine. Il est difficile d’interpréter ces signes cliniques pendant les quelques premiers jours de vie. Après leur congé, les bébés de 34 et 35 semaines d’AG peuvent profiter d’une préparation enrichie de protéines et de minéraux pour accélérer leur croissance. Ceux qui sont allaités peuvent recevoir du lait exprimé enrichi de suppléments. Même si on obtient une prise de poids accélérée, aucune donnée probante n’indique pour l’instant que les suppléments sont bénéfiques à long terme.
L’incidence d’apnée de la prématurité diminue avec l’accroissement de la maturation cérébrale entre 30 et 37 semaines d’AG. Même si l’incidence d’apnée chez les nourrissons peu prématurés est plus élevée que chez les nourrissons à terme [25][42], elle est inhabituelle et rarement responsable d’une réhospitalisation. L’apnée de la prématurité, un diagnostic d’exclusion, est plus courante à un AG de 34 semaines qu’à un AG plus tardif. Certains centres recommandent une période de surveillance cardiorespiratoire de 12 heures à 24 heures pour exclure cette possibilité chez les nourrissons de moins de 36 semaines d’AG. Si on dépiste une apnée, il faut observer une période sans apnée de huit jours avant d’accorder un congé en toute sécurité [43]. Le congé sous thérapie à la caféine n’est pas recommandé. D’autres formes d’apnée exigent le traitement de la cause précise. Une suppression rapide de la cause pourrait permettre d’éviter une surveillance encore plus prolongée.
L’apnée après le congé est également plus courante chez les nourrissons peu prématurés, tout comme la MSN [42]. Cependant, la MSN n’est pas une prolongation de l’apnée de la prématurité et se produit généralement de nombreuses semaines après terme. Pour éviter la MSN, il faut accorder une attention étroite aux recommandations en place pour tous les nourrissons [44].
Les nourrissons prématurés sont plus vulnérables à la septicémie à la naissance, et cette susceptibilité se poursuit après le congé. La mortalité par cause attribuable à la maladie à streptocoque du groupe B est considérablement plus élevée chez les nourrissons peu prématurés que chez les nourrissons à terme, tant pour ce qui est de la forme précoce que de la forme tardive de l’infection [45]. Certains nourrissons naissent après une intervention en raison d’une chorioamnionite de la mère, et la plupart naissent avant la détermination de la colonisation des streptocoques du groupe B de la mère. Les nourrissons peu prématurés nés de mères dont on ne connaît pas le statut de colonisation devraient être traités conformément aux lignes directrices à jour [46]. Ceux de moins de 36 semaines d’AG sont considérés comme vulnérables à l’infection, et si on ne connaît pas le statut de la mère et de prophylaxie antibiotique intrapartum, il faut prélever une formule sanguine et effectuer une observation aux quatre heures pendant 24 heures. La susceptibilité à l’infection virale postnatale est également élevée [47], tandis qu’après le congé, il faut éviter le contact avec des personnes infectées pendant la première année de vie, particulièrement pendant les mois d’hiver, alors que la susceptibilité est élevée.
D’ordinaire, ces problèmes sont immédiats et ne devraient pas persister jusqu’au congé. On ne sait pas jusqu’à quel point, s’il y a lieu, le nourrisson peu prématuré court un risque supplémentaire d’hypoglycémie. On n’a pas déterminé de plage pathologique de glycémie, différente de la normale, pour les bébés à terme. Un dépistage systématique accru du nourrisson peu prématuré contribue considérablement à l’hypoglycémie déclarée. Avant qu’on en sache davantage, il serait prudent de tester ces bébés conformément aux lignes directrices relatives au nourrisson prématuré [48].
Le ratio important entre la surface du corps et le poids et la capacité réduite de thermogenèse des bébés plus petits font de l’instabilité de la température un problème courant chez le nourrisson peu prématuré [16]. Il faut examiner le domicile pour sa capacité de fournir un environnement thermique pertinent (environ 18 °C) à un nourrisson vêtu légèrement qui dort dans une couchette. Il faut toutefois décourager les parents de surchauffer leur nourrisson. Tenter de vêtir le nourrisson de vêtements lourds dans un environnement thermique instable nuit à l’homéostasie thermique du nourrisson et accroît le risque de MSN [49].
Contrairement aux autres patients hospitalisés, les mères et leur nourrisson vivent un événement bienvenu et hautement personnel, qui pose toutefois des risques de santé pour chacun d’eux. La naissance s’associe à de multiples interprétations culturelles, et les établissements de santé doivent être en mesure de répondre aux situations et besoins individuels et familiaux en ce qui a trait au soutien en milieu hospitalier, aux pratiques de congé, au suivi et à la réhospitalisation. Des pratiques de soins flexibles et une variété de possibilités constituent des éléments importants des soins maternels axés sur la famille.
Le congé à domicile est un événement important pour les familles, et les responsabilités et les coûts sont transférés des établissements à la collectivité et aux parents. Un congé précoce et sécuritaire de la mère et de son nourrisson représente l’objectif des soins mère-enfant. En général, une mère obtient son congé avant son nourrisson en raison d’une hospitalisation prolongée du nourrisson attribuable à des problèmes d’adaptation, couplés à des exigences parallèles pour la mère, qui doit généralement s’occuper de jeunes frères et sœurs à la maison. Il ne faut pas que des pressions exercées par l’établissement pour que les mères obtiennent leur congé entraînent la séparation de la mère et du nourrisson ou un congé précoce non sécuritaire. Lorsque des mères en santé n’ont plus besoin de services hospitaliers pendant la période postnatale, un autre type d’hébergement convenable doit leur être proposé pour éviter la séparation.
Il est déterminé que la réhospitalisation est un marqueur de mauvaise prise de décision de donner un congé, ce qui peut parfois être le cas des nourrissons qui ont des problèmes d’alimentation ou la jaunisse. Cependant, puisque la jaunisse fait son apparition plus tard chez les nourrissons peu prématurés, il se peut que celle-ci se manifeste seulement après le congé. La réhospitalisation d’un nourrisson peut constituer un inconvénient pour l’établissement, mais ne doit pas devenir une catastrophe familiale. Le congé ne doit pas être perçu comme un événement fixe et irréversible. Les établissements doivent se doter de structures plus perméables pour les nourrissons qui quittent et réintègrent les pouponnières d’hôpitaux, grâce à des stratégies comme des permissions de sortie, des salles de soins de courtoisie et des évaluations et des tests en pouponnière pour des nourrissons qui ont obtenu leur congé.
Divers modèles de suivi postpartum des mères et de leur nourrisson sont mis en place dans diverses régions du Canada. Le fait de réduire la distinction entre les soins en établissement et les soins communautaires peut constituer une stratégie efficace pour assurer la sécurité du nourrisson peu prématuré qui obtient un congé précoce.
Le comité de la pédiatrie communautaire de la Société canadienne de pédiatrie et le comité des soins de maternité et de périnatalité du Collège des médecins de famille du Canada ont révisé le présent document de principes.
Membres : Robert I Hilliard MD (représentant du conseil); Ann L Jefferies MD (présidente); Abraham Peliowski-Davidovich MD; S Todd Sorokan MD; Hilary EA Whyte MD; Robin K Whyte MD
Représentants : Michael S Dunn MD, section de la médecine néonatale et périnatale, Société canadienne de pédiatrie; Sandra Dunn, Partenariat des programmes périnatals du Canada; Andrée Gagnon MD, Collège des médecins de famille du Canada; Robert Gagnon MD, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada; Catherine M McCourt MD, Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada; Patricia A O’Flaherty, Association canadienne des infirmières et infirmiers en néonatologie; Lu-Ann Papile MD, comité d’étude du fœtus et du nouveau-né, American Academy of Pediatrics
Auteur principal : Robin K Whyte MD
Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.