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Programme canadien de surveillance pédiatrique
Effets indésirables graves et potentiellement mortels des médicaments
Investigatrice principale
Margaret Zimmerman, B. Sc., Section de la sécurité des patients, Bureau de l'efficacité thérapeutique et des politiques, Direction des produits de santé commercialisés, Santé Canada, Immeuble 7, IA0701C, pré Tunney, Ottawa (Ontario) K1A 0K9; tél. : 613-957-2806; téléc. : 613-948-7996;
margaret_zimmerman@hc-sc.gc.ca.
Publications relatives à l’étude
Conseil du mois
Ressource PCSP
Publication
Historique
Il est tout simplement impossible de déceler toutes les conséquences non intentionnelles des médicaments avant leur commercialisation, en raison des restrictions inhérentes aux essais cliniques précommercialisation des médicaments, de la variabilité des effets des médicaments chez l’humain et de l’improbabilité que les effets indésirables des médicaments (EIM) rares soient mis au jour chez les patients participant aux essais cliniques avant l’homologation d’un médicament. Aux États-Unis, le fardeau économique de la morbidité et de la mortalité liées aux médicaments se situe entre 30 et 130 milliards de dollars annuellement1.
Fait troublant, on ne sait pratiquement rien des EIM chez les enfants, car seuls quelques rapports ont fait état du problème dans cette population2-4. Il est rare que des essais précommercialisation soient menés auprès d’enfants qui sont peut-être plus vulnérables à des EIM particuliers ou qui présentent peut-être davantage d’EIM que la population générale5. Selon Santé Canada et la Food and Drug Administration des États-Unis, l’efficacité et l’innocuité des médicaments peut être garantie chez les nourrissons et les enfants pour moins de 25 % des médicaments 6. Il n’est donc guère étonnant qu’il n’existe pas de programme visant à repérer, à traiter et à prévenir les EIM chez l’enfant7. Une étude conjointe menée à Boston a récemment confirmé que le taux d’événements indésirables potentiels des médicaments est plus élevé chez les enfants que chez les adultes, et que cette différence est statistiquement significative8. D’autres facteurs, tels que l’incapacité des enfants à évaluer et à décrire leur propre réaction aux médicaments, accroît également le risque d’EIM chez les enfants9.
Il est évident qu’il faut obtenir de l’information plus précise pour saisir l’ampleur du problème et connaître l’incidence véritable des réactions indésirables chez les enfants au Canada. À l’échelle individuelle, les EIM imprévus et graves sont relativement rares, mais d’un point de vue collectif, ils se chiffrent à des centaines, voire des milliers, et représentent une cause importante de morbidité et de mortalité. Aux États-Unis, on estime que les décès attribuables aux EIM représentent entre la quatrième et la sixième cause de décès dans les hôpitaux de ce pays10. Bien qu’on ne dispose d’aucune donnée sur le problème des EIM dans l’ensemble des hôpitaux canadiens, certaines données locales proviennent du British Columbia’s Children’s Hospital. En effet, de 1993 à 2001, 1 383 EIM exigeant le recours à d’importantes ressources hospitalières ont été consignés au service des archives médicales. Les médicaments les plus souvent en cause étaient les anticancéreux et les immunosuppresseurs, les antibiotiques, les hormones et les substituts de synthèse. Trente-trois pour cent des réactions ont été signalées chez des enfants de moins de cinq ans, 40 % chez ceux de cinq à 12 ans et 27 % chez des jeunes de 13 à 20 ans.
Les systèmes de santé du Canada et des États-Unis se sont toujours fondés sur l’idée d’une surveillance volontaire pour déceler et déclarer les EIM graves. Selon les professionnels de la santé, un des principaux problèmes associés aux systèmes de surveillance volontaire provient du degré élevé de sous-déclaration. Selon les organisations responsables de l’accréditation dans le domaine de la santé, 95 % des événements indésirables des médicaments ne sont pas déclarés, ce qui étaye la nécessité d’encourager la déclaration à grande échelle11,12. En 2000, le Programme canadien de surveillance des effets indésirables des médicaments (PCSEIM) a colligé 7 361 déclarations d’événements indésirables présumés des médicaments dans tous les groupes d’âge. De ces cas, 3 343 étaient considérés comme graves et 202 ont été fatals. De plus, 49 % de ces déclarations provenaient des fabricants, 35 % des centres régionaux des EIM et les 15 % restants (1 136), des groupes suivants : associations professionnelles, établissements de soins prolongés, hôpitaux, médecins, pharmaciens, inspecteurs régionaux de Santé Canada, coroners, dentistes et patients13. Le PCSEIM n’a reçu que 351 déclarations (4,8 %) d’EIM touchant le groupe d’âge pédiatrique.
Le taux de sous-déclaration apparaît encore plus impressionnant du fait qu’au cours de l’année 2000, les enfants de 0 à 19 ans constituaient 25,5 % de la population canadienne14. Le Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP), qui s’adresse aux pédiatres et aux pédiatres avec surspécialité, fera augmenter sensiblement le nombre d’EIM déclarés. Cette étude fera appel aux méthodes de surveillance active du PCSP pour colliger des cas à partir d’une population d’enfants suffisamment vaste et diversifiée sur le plan géographique pour tirer des données significatives, prendre en compte les préoccupations liées à la santé publique et mieux saisir l’ampleur du problème des EIM dans cette population.
Méthodologie
Échantillonnage des cas et déclarations : Les pédiatres et surspécialistes en pédiatrie qui signalent des cas par le biais de l’enquête mensuelle du PCSP recevront le protocole sommaire des EIM, incluant la définition de cas (voir ci‑dessous), et ils seront invités à remplir des formulaires de déclaration détaillés pour tous les cas relevés. Des rapports seront expédiés périodiquement à la Direction des produits de santé commercialisés (DPSC).
Objectifs
- Déterminer la capacité d’un système de surveillance active (le PCSP) de détecter les EIM graves et potentiellement mortels chez les enfants, lesquels ne sont pas décelés par les systèmes de déclaration volontaire en place.
- Repérer les produits qui causent le plus souvent des EIM chez les enfants, le type de réactions observées ainsi que les caractéristiques des personnes touchées.
- Déterminer l’utilité des données recueillies pour la réalisation d’analyses et d’interprétations pertinentes.
Définition de cas
Effets indésirables graves et potentiellement mortels* des médicaments (EIM), observés chez un nourrisson ou un enfant de 18 ans ou moins par suite de l’emploi d’un médicament sur ordonnance, d’un produit en vente libre, d’un produit biologique (immunoglobulines), d’un produit de médecine parallèle (y compris les préparations à base d’herbes médicinales) ou d’un produit radiopharmaceutique.
L’événement doit être déclaré même s’il n’est pas certain que le produit soit responsable de l’effet ou qu’il manque des détails.
Exclusions : Ne pas déclarer les effets causés par un instrument médical, des produits sanguins (plaquettes, globules rouges, plasma d’un seul donneur), un vaccin, un empoisonnement ou une surdose autoadministrée.
* Réaction grave, nocive et non intentionnelle à un médicament, qui survient à n’importe quelle dose et exige une observation à l’urgence, l’hospitalisation, une invalidité durable ou importante ou un décès.
Durée
Janvier 2004 à décembre 2013
Nombre prévu de cas
Le nombre de cas prévu est d’un maximum de 500 par année.
Approbation déontologique
University of British Columbia Behavioural Research Ethics Board
Analyse et publication
Les données seront analysées par l’investigateur principal, et des rapports annuels (ainsi que des mises à jour trimestrielles) seront distribués aux participants au PCSP. Les « Conseils du mois » du PCSP fourniront également de l’information continue sur le projet.
Les résultats de cette étude de surveillance prospective seront présentés dans le cadre de conférences canadiennes ainsi que de congrès internationaux. Des données seront également publiées dans des revues pédiatriques soumises à l’évaluation par des pairs.
Pour de plus amples reseignments :
Information sur les effets indésirables (Santé Canada)
http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/medeff/report-declaration/index-fra.php
Références
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Déclaration des effets indésirables des médicaments–2000: Partie 2. Bulletin canadien sur les effets indésirables des médicaments. Juillet 2001:11(3).
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Statistique Canada (2000), CANSIM II, tableau 051-0001.
Mise à jour : février 2010
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