Les troubles envahissants du développement : aucun relation causale avec les vaccins – addenda

Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie (SCP)

Point de pratique

Index des documents de principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation


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Depuis la publication de ce point de pratique en 2007 (1), l’étude initiale de 1998 prétendant établir un lien entre le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) et les troubles envahissants du développement (c’est-à-dire les troubles du spectre autistique) a été complètement discréditée. Des preuves irréfutables d’erreurs importantes dans la tenue de l’étude et l’interprétation de ses « découvertes » sont maintenant du domaine public.

Contrairement aux prétentions contenues dans le manuscrit original, l’étude initiale n’avait été pas été approuvée par un comité d’éthique local, et les enfants à l’étude n’avaient pas été « aiguillés de manière consécutive ». Ces failles, entre autres, ont incité les rédacteurs en chef du Lancet à retirer complètement l’article de 1998 de ses archives publiques en février 2010 (2). Par la suite, en mai 2010, un comité de cinq membres du General Medical Council du Royaume-Uni a déclaré le principal auteur de l’étude, Andrew Wakefield, coupable de quelque 30 chefs d’accusation, y compris quatre de malhonnêteté et 12 d’avoir soumis des enfants à des interventions effractives injustifiées sur le plan clinique. Wakefield et un collègue ont été réputés avoir agi de manière irresponsable et non éthique et ont tous deux été radiés du registre médical.

Un rapport publié en 2011 par le journaliste d’enquête Brian Deer dans le British Medical Journal a démontré que de nombreuses déclarations à l’égard des patients faisant partie de l’étude de 1998 étaient incorrectes. Il a établi que, avant d’avoir reçu le vaccin RRO, cinq des 12 enfants à l’étude n’étaient pas normaux sur le plan neurologique. De plus, chez les enfants à l’étude qui avaient des troubles envahissants du développement, le délai d’apparition des signes de leurs troubles n’était pas d’une moyenne de 6,3 jours après l’administration du vaccin RRO (comme on le prétendait). Certains enfants présentaient des signes avant l’administration du vaccin, d’autres n’en ont présenté aucun pendant plusieurs mois et trois des neuf enfants chez qui on avait déclaré un « autisme régressif » n’avaient jamais reçu de diagnostic de ces troubles. Ainsi, les données présentées dans l’article original selon lesquelles il existait un lien entre l’autisme et le vaccin RRO étaient fabriquées et frauduleuses (3,4). De plus, Deer a déterminé que la « controverse » des troubles envahissants du développement causés par le vaccin RRO, telle qu’elle est présentée dans l’étude initiale, semble avoir été inventée pour profiter financièrement à l’auteur principal (4).

En conclusion, il n’y a pas et il n’y a jamais eu de données probantes pour démontrer que le vaccin RRO cause les troubles du spectre autistique. Ce mythe est déboulonné.

RÉFÉRENCES

  1. MacDonald NE, Pickering L; Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation. Les troubles envahissants du développement : aucune relation causale avec les vaccins. Paediatr Child Health 2007;12(5):396-8.
  2. Rédacteurs en chef du Lancet. Retraction—Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children. Lancet2010; 375(9713):445.
  3. Deer B. Secrets of the MMR scare. Part 1: How the case against the MMR vaccine was fixed. BMJ 2011;342:c5347. <www.bmj.com/content/342/bmj.c5347.full> (version à jour le 7 juin 2011)
  4. Deer B. Secrets of the MMR scare. Part 2: How the vaccine crisis was meant to make money. BMJ 2011;342:c5258. <www.bmj.com/content/342/bmj.c5258> (version à jour le 7 juin 2011)
COMITÉ DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION
Membres :
Docteurs Robert Bortolussi (président), IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Jane C Finlay, Richmond (Colombie-Britannique); Susanna Martin (représentante du conseil), Royal University Hospital, Saskatoon (Saskatchewan); Jane C McDonald, L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec); Heather Onyett, université Queen’s, Kingston (Ontario); Joan L Robinson, Edmonton (Alberta)
Représentants : Docteurs Upton D Allen, The Hospital for Sick Children, Toronto (Ontario) (Groupe canadien de recherche sur le sida chez les enfants); Janet Dollin, université d’Ottawa, Ottawa (Ontario) (Collège des médecins de famille du Canada); Charles PS Hui, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario) (représentant de la SCP auprès de Santé Canada, Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages); Nicole Le Saux, Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario) (Programme canadien de surveillance active de l’immunisation); Larry Pickering, Atlanta (Géorgie) États-Unis (American Academy of Pediatrics, comité des maladies infectieuses); Marina I Salvadori, Children’s Hospital of Western Ontario, London (Ontario) (représentante de la SCP auprès de Santé Canada, Comité consultatif national de l’immunisation); John S Spika, Ottawa (Ontario) (Agence de la santé publique du Canada)
Conseillères : Docteures Noni E MacDonald, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Dorothy L Moore, L’Hôpital de Montréal pour enfants, Montréal (Québec)
Auteure principale : Docteure Noni E MacDonald, Halifax (Nouvelle-Écosse)

 

Affichage : juillet 2011

 


Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.