Les
troubles envahissants du développement : aucune relation causale avec les
vaccins
Comité des maladies
infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie
(SCP)
Paediatr Child Health
2007;12(5) 396-398
Addenda (juillet 2011)
Aussi
disponible : La
sécurité des vaccins
Index des documents de
principes du comité des maladies infectieuses et d'immunisation
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Contenu
Bien
qu’on sache que l’immunisation procure des bienfaits
d’importance
vitale pour les enfants, on l’accuse parfois de
causer
toute une série de maladies aux causes inconnues (p. ex.,
troubles
envahissants du développement [TED], sclérose en
plaques
et mort subite du nourrisson). Ce n’est pas surprenant,
puisque
les vaccins sont courants et que les humains sont
programmés
pour attribuer une causalité aux événements qui
précèdent
un incident. Nous utilisons tous la logique « après…,
en
raison de… ». C’est ainsi que nous avons appris en bas âge
à ne
pas toucher au rond d’une cuisinière qui chauffe.
Malheureusement,
cette logique peut comporter des failles.
L’évaluation
de la causalité exige un examen attentif de toute
une série
de facteurs. Au-delà du lien temporel, il faut évaluer
la cohérence
de l’observation, la puissance et la spécificité de
l’association
ainsi que la plausibilité biologique avant
d’attribuer
la causalité (1,2). Le présent article analyse de
récentes
controverses entourant l’immunisation et les TED et
conclut
qu’aucune donnée n’appuie une association entre ces
deux éléments.
Il remplace le document de principes de la
Société
canadienne de pédiatrie publié en 2001 sur le même
sujet
(3).
L’IMMUNISATION
CONTRE LA ROUGEOLE, LA
RUBÉOLE
ET LES OREILLONS
En 1998,
un rapport publié (4) a prétendu démontrer que
l’administration
du vaccin contre la rougeole, la rubéole et
les
oreillons (RRO) aux jeunes enfants provoquait une
nouvelle
forme de TED, caractérisée par la présence d’une
maladie
inflammatoire chronique du côlon et d’une perte de
la
fonction cognitive acquise, peut-être causée par une
perturbation
de l’absorption des vitamines ou des
oligoéléments
ou par une augmentation de l’absorption des
protéines
intactes par les intestins, lesquelles stimulent
ensuite
la formation d’autoanticorps qui endommagent le
cerveau
et entraînent l’autisme. L’interprétation de la
causalité
présentée dans le rapport reposait sur les
allégations
des parents des huit enfants à l’étude qui
affirmaient
que les problèmes de leur enfant s’étaient
déclarés
dans les jours suivant l’administration du vaccin
contre
le RRO. Depuis, on a procédé à de nombreuses
études
pour évaluer cette prétendue relation.
Des études
épidémiologiques menées au sein de vastes
échantillons
de la population (5-9) de la Finlande, du
Danemark,
des États-Unis et de l’Angleterre ne révèlent
aucune
association entre le vaccin RRO et l’autisme. Les
données
probantes de ces études ne respectent pas les
critères
de causalité démontrés par la cohérence de
l’observation
et la puissance ou la spécificité de
l’association.
L’analyse de l’Institute of Medicine (IOM) et
l’analyse
systématique de Cochrane ont toutes deux échoué
à démontrer
une association entre le vaccin RRO et
l’autisme
(10,11).
Pour ce
qui est des critères de plausibilité biologique,
plusieurs
laboratoires ont fait appel aux titrages d’amorce de
la réaction
en chaîne de la polymérase (PCR) et ont décelé le
virus de
la rougeole ou son génome dans les biopsies
intestinales
et les cellules mononucléées de sang périphérique
des
enfants autistes (12-14). Cependant, les techniques de
PCR sont
vulnérables à des erreurs de contamination (les
marches
à suivre et les contrôles sont capitaux) et aux erreurs
d’interprétation
abusive si seules les données du nombre de
copies
sont utilisées et si on ne procède pas à la vérification
supplémentaire
et à la validation des produits d’amplification.
Beaucoup
considèrent la PCR en temps réel comme la
référence
pour la détection de microorganismes dans des
maladies humaines. Une étude de laboratoire subséquente,
détaillée
attentivement (15), a réfuté les allégations
précédentes
et fourni des explications documentées des
résultats
erronés déclarés auparavant grâce à un PCR du
titrage
des gènes de fusion en temps réel plus précis pour
déceler
le virus de la rougeole. Cette étude démontrait
également
qu’il n’y avait pas d’observation de persistance du
virus de
la rougeole dans les cellules mononucléées du sang
périphérique
des enfants atteints des TED. De même, des
travaux
plus récents (15) ont contredit le rapport de taux
élevés
d’anticorps chez les enfants autistes (16).
Ainsi,
la prétendue association entre le vaccin RRO et
l’autisme
ne respecte pas les critères d’évaluation de la
causalité.
De plus, dix des 13 auteurs de l’article original ont
rétracté
leur interprétation d’un lien entre le vaccin RRO et
les TED
(17).
LES
VACCINS CONTENANT DU THIMÉROSAL
Le thimérosal,
un produit qui contient de l’éthylmercure,
est
utilisé comme agent de préservation de thérapies
biologiques
et de vaccins parce qu’il prévient la
contamination bactérienne, notamment dans les fioles
multidoses
ouvertes. En 1997, la Modernization Act de la
Food
and Drug Administration (FDA) des États-Unis a exigé
une
analyse et une évaluation du risque de tous les aliments
et médicaments
contenant du mercure. Cette mesure a
incité
le Public Health Service des États-Unis et l’American
Academy
of Pediatrics à
publier un document de principes
conjoint
en 1999 (18), exigeant de retirer le thimérosal des
vaccins.
Cette mesure a été entreprise par précaution, car
rien ne
démontrait que l’éthylmercure était néfaste aux
doses
administrées aux nourrissons.
Il
convient de souligner qu’à l’époque au Canada,
contrairement
aux États-Unis, le produit vaccinal utilisé
régulièrement
auprès des nourrissons (le vaccin cinq-en-un
DCaT-VIP-Hib)
ne renfermait pas de thimérosal.
Seulement
deux vaccins pour nourrisson contenant du
thimérosal
étaient utilisés (contre l’hépatite B et contre
l’influenza)
et le deuxième n’était pas administré aux
nourrissons
de moins de six mois, ce qui correspond à l’âge
et à la
taille des nourrissons à l’étude. Par conséquent, toute
préoccupation
relative à l’exposition excessive à
l’éthylmercure
chez les jeunes nourrissons canadiens était
sans fondement. Depuis 1999, on a mené plusieurs études
(19-23)
pour évaluer l’innocuité du thimérosal contenu
dans les
vaccins. L’IOM a procédé à une analyse détaillée de
ces études
(10) en 2001 et 2004 et s’est intéressé
particulièrement
à l’autisme. Le comité de l’IOM a conclu
que les
données probantes rejetaient la théorie d’une
relation
causale entre les vaccins contenant du thimérosal
et
l’autisme, ainsi qu’entre le vaccin RRO et l’autisme (10).
En
l’absence de donnéesexpérimentales ou provenant
d’humains
pour établir que la vaccination nuit aux
mécanismes
métaboliques, développementaux, immuns ou
autres mécanismes
physiologiques ayant un lien causal avec
l’apparition
de l’autisme, l’IOM a conclu que les hypothèses
présentées
jusqu’à présent sont seulement théoriques. Dans
une
autre analyse critique (24) de données originales
publiées,
on n’a pu établir de lien entre les vaccins
contenant
du thimérosal et les TED. Les études
épidémiologiques
qui étayaient un tel lien comportaient
assez
d’erreurs de conception pour en invalider les
conclusions
(10,24). Des données supplémentaires
provenant
du Canada et publiées depuis 2004 n’ont établi
aucune
association entre les vaccins contenant du
thimérosal
et l’autisme (25).
Les taux
d’autisme depuis que le thimérosal a été retiré des
vaccins
constituent un facteur important qu’il faut envisager.
Dans des
études en provenance du Canada (25), du Danemark
(20) et
des États-Unis (26), les taux d’autisme ont continué
d’augmenter
malgré le retrait du thimérosal des vaccins.
Ainsi,
on détient les données probantes, et l’évaluation
de la prétendue
causalité est claire. Le vaccin RRO et
l’immunisation
au moyen de vaccins contenant du
thimérosal
ne présentent aucun lien causal avec l’autisme et
les TED,
et n’en sont pas l’une des causes. D’après des
données
probantes croissantes (27), les TED s’associent à
un
puissant élément génétique, ce qui représente une cause
très
plausible de ces troubles.
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COMITÉ
DES MALADIES INFECTIEUSES ET D’IMMUNISATION
Membres
:
Docteurs
Robert Bortolussi (président), IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse);
Dorothy L Moore, L’Hôpital de Montréal pour enfants,
Montréal (Québec); Joan L Robinson, Edmonton (Alberta); Élisabeth
Rousseau-Harsany (représentante du conseil), CHU Sainte-
Justine,
Montréal (Québec); Lindy M Samson, Centre hospitalier pour enfants de
l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario)
Conseillère
: Docteur Noni
E MacDonald, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs Upton D Allen,
The Hospital for Sick Children,
Toronto
(Ontario) (Canadian Pediatric AIDS Research Group);
Scott
A Halperin, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse) (Immunization
Program, ACTive); Charles PS Hui, Centre hospitalier pour
enfants
de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario) (Santé Canada, Comité consultatif
de la médecine tropicale et de la médecine des voyages);
Larry
Pickering, American Academy of Pediatrics, éditeur du Red Book et membre
d’office du comité des maladies infectieuses, Elk Grove (Illinois)
États-Unis;
Marina I Salvadori, Children’s Hospital of Western Ontario, Ottawa
(Ontario) (Santé Canada, comité consultatif national de
l’immunisation)
Auteurs
principaux : Docteurs
Noni E MacDonald, IWK Health Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse); Larry
Pickering, American Academy of Pediatrics,
Elk Grove (Illinois) États-Unis
Affichage : juin
2007
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| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.
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