Une
vie active saine pour les enfants et les adolescents
Comité de la vie active saine, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Paediatr Child Health 2002;7(4):273-4
No. de référence : VAS 2002-01
Révision en cours en février 2008
Aussi disponible : Une vie active saine pour les enfants et les adolescents
Index des documents du comité de la vie active saine et de la médecine sportive
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Contenu
De mauvais modes de vie, comme
une alimentation malsaine et l’inactivité physique, sont d'importants
facteurs contributifs à une augmentation de la morbidité et de la mortalité
secondaires à des maladies chroniques à l’âge adulte. Depuis dix ans, on
remarque une augmentation du mode de vie sédentaire et de l’obésité chez
les enfants et les adolescents, tant en Amérique du Nord qu’ailleurs dans le
monde. Les médecins doivent être conscients de l’importance du problème,
fournir des conseils de prévention aux familles et promouvoir une vie active
saine dans leur pratique.
Un mode de vie
sédentaire et la consommation d’aliments riches en énergie totale et en matières
grasses font partie des facteurs associés à l’obésité, aux maladies
cardiovasculaires, au diabète de type 2, à une minéralisation osseuse
insuffisante et à une mauvaise santé mentale. L’athérosclérose, qui est dépistée
dès l’adolescence, peut résulter de cinq principaux facteurs de risque : le
tabagisme, la dyslipidémie, l’hypertension, l’obésité et un manque
d’activité physique (1). Le présent énoncé vise à discuter de certaines
des répercussions négatives, pour la santé, de l’inactivité et d’un régime
alimentaire inopportun pendant l’enfance et à souligner les bienfaits d’un
mode de vie actif et sain.
L’obésité
se définit par un excès de tissu adipeux (tableau 1) (figure 1) (2-6). Au
Canada, la prévalence d’obésité infantile a triplé entre 1981 et 1996 (7).
Près de 25 % des jeunes Américains sont considérés comme obèses, ce qui
représente une hausse de prévalence de 20 % depuis dix ans (8). L’obésité
pendant l’enfance accroît le risque d’obésité à l’âge adulte.
Quarante pour cent des enfants obèses de sept ans et 70 % des adolescents obèses
deviennent des adultes obèses (9). L’héritage génétique compte pour 25 %
à 40 % de l’obésité juvénile, ce qui laisse place à une influence considérable
des facteurs environnementaux sur le poids corporel (10).
La cause de
l’obésité est un équilibre énergétique positif chronique (c’est-à-dire
que l’apport énergétique est supérieur aux dépenses énergétiques). Des
études récentes ont démontré que les enfants et adolescents obèses
absorbent environ 20 % d’énergie de plus que les sujets témoins de poids
normal (11,12). Tandis que les études de par le monde révèlent que les
enfants et les adolescents obèses présentent un faible taux d’activité
physique, les données sont moins homogènes pour ce qui est des dépen-ses d’énergie.
À l’aide de la « norme d’excellence » de la technique de double marquage
hydrique, les études indiquent que les dépenses d’énergie sur 24 heures
sont plus importantes, pareilles ou moins importantes chez les enfants obèses
que chez ceux qui ne le sont pas (7,13,14).
Une
alimentation inopportune peut jouer un rôle important dans l’obésité
infantile. Dans une étude canadienne menée en 1998 (15) sur les habitudes
alimentaires d’enfants de sixième année, environ 73 % de ces enfants ont déclaré
manger des fruits au moins une fois par jour, tandis que 45 % ont affirmé
prendre au moins une portion de légumes par jour. Environ 15 % de ces élèves
mangent des frites ou des croustilles tous les jours, et 24 % mangent des
bonbons ou des barres de chocolat quotidiennement. Plus de 60 % des jeunes Américains
mangent trop d’aliments gras, et moins de 20 % mangent les cinq portions ou
plus de fruits ou de légumes recommandées par jour (16).
La
consommation d’aliments-minutes s’associe à un gain de poids excessif. Ce
phénomène peut être relié au contenu plus énergétique et plus gras de la
plupart de ces aliments. De plus, les restaurants-minutes offrent des portions
de plus en plus grosses, ce qui favorise l’ingestion de plus grandes quantités
(16).
Tandis que
l’incidence d’obésité juvénile a augmenté depuis dix ans, la
consommation globale de matières grasses a diminué dans la population générale
(17). Cette constatation laisse supposer que l’inactivité physique joue également
un rôle important dans l’apparition de l’obésité.
Environ 28 %
des Canadiens de 12 à 14 ans et 66 % de ceux de 15 à 19 ans sont réputés être
physiquement inactifs (18). De plus, seulement 46 % des enfants canadiens de
cinq à 17 ans respectent les directives relatives aux dépen-ses énergétiques
pour obtenir une santé et un développement optimaux (8 kcal/kg/jour),
recommandées par Sallis dans un énoncé consensuel américain (19). Une plus
grande proportion de filles sont inactives à tout âge, et une diminution marquée
de l’activité physique, plus importante chez les filles, se produit pendant
l’adolescence. Entre cinq et 12 ans, 30 % des filles sont actives physiquement
par rapport à 50 % des garçons, et entre 13 et 17 ans, ces statistiques
chutent à 25 % et 40 %, respectivement (19).
L’une des méthodes
traditionnelles pour faire face à l’inactivité physique, c’est de se
concentrer sur la sensibilisation individuelle des bienfaits de l’activité
physique et des possibilités d’en pratiquer pendant les loisirs pour obtenir
un changement de comportement. Cependant, des recherches récentes démontrent
l’importance des milieux sociaux, physiques et culturels pour déterminer la
mesure selon laquelle les individus peuvent être actifs dans tous les aspects
de leur vie quotidienne, y compris le travail, l’éducation, la vie de famille
et les loisirs. La modification des aspects des milieux sociaux, physiques et
culturels qui représentent un obstacle à l’activité physique et la mise en
valeur des aspects qui la soutiennent permettront aux Canadiens d’adhérer
plus facilement à une vie active. La création de collectivités scolaires
actives constitue un élément fondamental d’un mode de vie actif sain. Dans
une telle collectivité, tous les citoyens, y compris les professeurs, les élèves,
les parents, les administrateurs et les dirigeants communautaires, travaillent
de concert pour créer un milieu physique et social qui soutient un mode de vie
actif sain (20).
Outre le
manque d’activité physique, on remarque une augmentation des comportements sédentaires,
comme regarder la télévision et jouer à des jeux vidéos ou informatiques. À
l’automne 2000, les enfants canadiens regardaient la télévision 15 heures
par semaine, en moyenne, tandis que les jeunes de 12 à 17 ans la regardaient en
moyenne 14,1 heures par semaine (21). En 1998, 98 % des ménages américains
possédaient un téléviseur, et le nombre de ménages possédant au moins deux
téléviseurs avait subi une hausse importante (22). Les enfants américains de
six à 11 ans regardent la télévision 23 heures par semaine, en moyenne (23).
La télévision s’associe fortement à un accroissement du risque d’obésité,
car il signifie à la fois une réduction des dépenses d’énergie et une
augmentation de l’apport d’énergie causées par une trop grande
consommation de grignotines riches en matières grasses et en énergie (24).
Les jeux vidéos
et informatiques gagnent en popularité chez les enfants et les adolescents. En
2000, 4,7 millions de ménages canadiens étaient branchés dans Internet, et 71
% d’entre eux déclaraient qu’au moins un membre de la famille utilisait régulièrement
Internet au moins sept fois par semaine. Ces chiffres représentent une hausse
de 65 % par rapport à 1999 (25). Pendant les trois premiers mois de 2000, 11
millions d’ordinateurs personnels ont été livrés dans des magasins américains
en vue de la vente au détail, ce qui constitue une augmentation de 14,5 % par
rapport à l’année précédente (26). Il est difficile d’établir si le
temps que les enfants passent à l’ordinateur remplace d’autres activités sédentaires
ou s’il réduit davantage les activités plus actives.
Les enfants obèses
présentent un risque accru d’hypertriglycéridémie, d’hypercholestérolémie,
d’hyperinsulinémie, de diabète de type 2, d’hypertension, de troubles
respiratoires, de troubles orthopédiques et de troubles psychologiques pendant
l’adolescence. Puisque l’obésité juvénile se poursuit souvent à l’âge
adulte, elle peut entraîner un taux plus élevé de morbidité et de mortalité
découlant des maladies cardiovasculaires, du diabète, des invalidités
secondaires à l’arthrite et de certains cancers. Ainsi, la prévention et le
traitement de l’obésité pendant l’enfance et l’adolescence constituent
des enjeux de santé publique essentiels et un important déterminant de la santé.
Jusqu’à présent,
les données de qualité sont limitées sur l’efficacité des programmes de prévention
de l’obésité infantile. Un examen systématique de la documentation médicale
récente n’a permis de retracer que sept études qui font appel à des
interventions comme l’information diététique, les programmes d’activité
physique et la réduction de l’activité sédentaire. La conception, la qualité,
la population ciblée et les mesures d’issues de ces études variaient, ce qui
complique l’obtention de conclusions généralisées (27). Un bon programme de
prévention favorise les modifications au mode de vie familiale en faisant la
promotion d’un régime sain et satisfaisant, en protégeant tous les enfants
contre les publicités pour des aliments malsains riches en matières grasses et
les formats géants et en réduisant les comportements sédentaires (17). Il
existe un besoin urgent de mener des études bien conçues qui évaluent une série
d’interventions, afin qu’il soit possible de créer des programmes de prévention
rationnels.
Près de trois
millions de jeunes Américains souffrent d’hypertension (28). Les enfants obèses
sont particulièrement portés à faire de l’hypertension. Ceux de six à 11
ans dont l’épaisseur du pli cutané du triceps est égale ou supérieur au
85e percentile étaient respectivement 2,6 et 1,6 fois plus susceptibles que
leurs pairs plus minces de présenter une pression systolique et diastolique élevée
(29). L’hypertension qui se déclare à l’adolescence se poursuit à l’âge
adulte, ce qui en fait une importante préoccupation de santé publique (30).
La prévention
et le traitement de l’hypertension qui se déclare pendant l’enfance
s’imposent. Lorsqu’il est maintenu pendant au moins huit mois, il est démontré
que l’entraînement aérobique (comme la course) réduit la tension systolique
et diastolique chez les adolescents hypertendus (31). De même, un entraînement
en force suivant un entraînement aérobique peut réduire davantage
l’hypertension, même si celle-ci augmente pendant les périodes aiguës
d’exercice de résistance (l’haltérophilie, par exemple) (32). Les médecins
devraient vérifier la tension artérielle à chaque examen annuel et inviter
les jeunes à adopter un mode de vie actif et sain et à éviter les aliments
riches en matières grasses et le tabagisme afin de prévenir l’hypertension
pendant l’enfance.
Le diabète de
type 2 atteint plus de 1,8 million d’adultes canadiens et peut provoquer
l’apparition accélérée d’une maladie cardiovasculaire, d’une
insuffisance rénale en phase terminale, d’une perte de vision et
d’amputations (33). La prévalence de diabète de type 2 augmente chez les
jeunes, jusqu’à 45 % des enfants atteints d’un diabète de novo présentant
une maladie d’origine non immunologique (34). Des antécédents familiaux de
diabète de type 2 sont caractéristiques, et l’obésité en est la marque,
car 85 % des enfants touchés sont obèses ou gras au diagnostic. Une plus
grande proportion d’autochtones canadiens, d’afro-américains,
d’autochtones américains et d’asiatiques souffrent de diabète de type 2
(34,35). L’âge habituel d’apparition est de 12 à 14 ans, ce qui correspond
à l’insulinorésistance relative connue pour se produire pendant la puberté.
La hausse du taux d’obésité et la réduction du taux d’activité physique
dans ce groupe d’âge contribue également à l’insulinorésistance et peut
constituer des facteurs de risque importants d’apparition du diabète (36). Le
traitement du diabète de type 2 chez les enfants exige une compréhension
approfondie des antécédents culturels, linguistiques, géographiques, économiques
et religieux de la famille, de même qu’une compréhension de l’expérience
de vie de la famille face aux complications de la maladie. Des modifications aux
modes de vie, accompagnées d’un intérêt pour une bonne alimentation et des
activités physiques, doivent constituer les fondements de tous les programmes
de traitement. L’évaluation scientifique des divers traitements
pharmacologiques est limitée (37).
L’ostéoporose
est un important problème de santé au Canada. Elle cause des fractures, des
invalidités, de la douleur et des difformités dans la population âgée. Elle
atteint une femme sur quatre et un homme sur huit chez les plus de cinquante ans
(38). La densité minérale osseuse de pointe est généralement atteinte avant
la trentaine, et la structure osseuse maximale obtenue pendant les vingt premières
années de vie représente un important déterminant de la masse osseuse finale
et de la santé osseuse plus tard dans la vie (39). Avant la puberté, la densité
minérale osseuse des garçons et des filles est similaire, mais les
adolescentes parviennent à leur masse osseuse de pointe entre 11 et 14 ans,
laquelle chute rapidement par la suite, tandis que les garçons continuent
d’accroître leur masse osseuse jusqu’à l’âge de 15 ou 16 ans, puis
affichent une baisse subséquente plus lente (40). Des facteurs hormonaux
centraux comme les œstrogènes, une bonne alimentation et des forces mécaniques
locales contribuent à la masse osseuse pendant la croissance et le développement.
Des exercices des muscles porteurs pendant la puberté pourraient amélio-rer le
contenu minéral osseux et entraîner une masse osseuse de pointe plus élevée,
ce qui pourrait retarder l’âge d’atteinte de la limite de fracture ostéoporotique
(41). Des périodes d’inactivité prolongées chez les jeunes provoquent une
activité ostéoclastique plus élevée et une atrophie osseuse, ce qui peut
nuire gravement à la masse osseuse de pointe. Par conséquent, des modes de vie
sédentaires pendant l’enfance peuvent contribuer à accroître les taux
d’ostéoporose et de ses complications plus tard dans la vie. Pour améliorer
la santé osseuse, les médecins devraient recommander une alimentation
convenable, y compris un apport en vitamine D et en calcium adapté à l’âge,
conformément au Guide alimentaire canadien pour manger sainement (figure 2),
des activités des muscles porteurs quotidiennes et l’évitement du tabagisme.
En 1996-1997,
113 000 Canadiens de 12 à 17 ans ont reçu un diagnostic de dépression,
laquelle a duré, en moyenne, 4,5 semaines (42). L’image du corps et l’intégration
aux normes perçues de poids, de taille et de développement sexuels représentent
des préoccupations essentielles pour les adolescents. L’obésité juvénile
s’associe à une mauvaise estime de soi, à une dépression et à une
discrimination sociale (43).
De l’activité
physique régulière est bénéfique psychologiquement pour tous les jeunes,
quel que soit leur poids. Elle s’associe positivement à l’estime et à
l’image de soi, et négativement à l’anxiété et à la dépression (44).
Certaines études révèlent une réduction de la proportion des jeunes qui
fument la cigarette, qui boivent de l’alcool et prennent des drogues illicites
lorsqu’ils font des activités physiques régulières (45-47).
En 1999, le
taux d’abandon dans les écoles secondaires canadiennes était de 12 %, une
chute de 33 % par rapport aux 18 % estimés en 1991 (48). Les élèves qui
abandonnaient avant l’obtention de leur diplôme étaient plus susceptibles de
déclarer un manque de plaisir à l’école, une insatisfaction face aux cours
et aux professeurs et une non-participation aux activités parascolaires.
Les programmes
d’éducation physique dans les écoles et les activités physiques
parascolaires peuvent contribuer énormément à améliorer les attitudes, la
discipline et les comportements des élèves (49). Même si l’information sur
le nombre d’enfants au Canada qui suivent des cours réguliers d’éducation
physique est incomplète, on pense que la plupart des écoles offrent la moitié
des exigences provinciales recommandées, et moins de 4 % offrent des programmes
d’éducation physique de qualité tous les jours. Malheureusement, en 2001,
seulement 33 % de toutes les écoles canadiennes offraient des cours officiels
d’éducation physique, et le programme variait d’une école à l’autre
(Guy Tanguay, communication personnelle). L’éducation physique officielle
devient optionnelle après la neuvième année au Canada. Ces dernières années,
les parents et le milieu des affaires ont exercé des pressions sur les éducateurs
pour qu’ils modifient le programme de manière à préparer les élèves au
milieu du travail. Certains prétendent qu’en réduisant le nombre d’heures
consacrées à l’activité physique, le rendement scolaire s’améliorera.
Pourtant, rien ne démontre que des activités physiques régulières nuisent au
rendement scolaire, et quelques données indiquent qu’elles l’améliorent
(50). Dans le rapport du chirurgien général des États-Unis de 1996, on
recommande au moins une heure d’aérobie et d’exercice, pratiquement tous
les jours (51).
Les médecins
ont un rôle essentiel à jouer dans la réintégration de cours quotidiens d’éducation
physique de qualité dans toutes les écoles et tous les groupes d’âge. Les
enfants et les adolescents devraient profiter d’installations sûres pour les
récréations, dotées d’un équipement convenable, leur garantissant une
exposition à une vaste gamme d’acti-vités physiques, et surtout celles qui
favorisent des modifications au mode de vie. Les installations en milieu
scolaire sont importantes non seulement pour accroître l’activité physique
pendant les heures de classe, mais elles représentent un moyen essentiel pour
permettre aux enfants d’accéder à des programmes de loisirs communautaires
rentables après l’école.
Les médecins
et les professionnels de la santé sont invités à promouvoir une vie active
saine pour tous les membres des familles, grâce aux mesures suivantes :
s’informer
de l’apport nutritionnel et du taux d’activité physique de tous les
enfants et les adolescents pendant leurs visites régulières.
promouvoir une plus grande consommation de fibres céréalières, de fruits, de légumes et d’eau plutôt que de grignotines riches en matières grasses et en sucre, de jus ou de boissons gazeuses, conformément au
encourager
les enfants et les adolescents à consacrer plus de temps aux activités
physiques et sportives, soit 30 minutes de plus par jour, dont dix minutes
sont consacrées à des activités vigoureuses. Les activités vigoureuses
sont celles qui accroissent le rythme cardiaque, le rythme respiratoire et
la température corporelle (tableau 2) (51). Pour en retirer des bénéfices
supplémentaires, ils devraient revoir leurs schèmes d’activités tous
les mois et augmenter progressivement leurs efforts. Après avoir atteint
leur premier objectif de consacrer au moins 30 minutes de plus à
l’activité physique, ils devraient revoir ces objectifs, y ajouter du
temps et rehausser leur défi. Par exemple, si un enfant ou un adolescent
est inactif, il devrait commencer par faire au moins 20 minutes d’activité
physique modérée, ainsi que 10 minutes d’activité physique intense tous
les jours pendant le premier mois. Il devrait ensuite ajouter, tous les mois,
dix minutes par jour à l’activité modérée et cinq minutes par jour à
l’activité vigoureuse, afin de parvenir à un protocole d’exercice
d’au moins 90 minutes par jour d’activité physique totale. Ces
exercices devraient inclure une vaste gamme d’activités des muscles
porteurs dans le cadre des sports, des loisirs, des déplacements, des corvées,
du travail, de l’exercice planifié et des cours d’éducation physique
en milieu scolaire. Les activités devraient être amusantes et non structurées
pour favoriser une meilleure constance.
conseiller les familles afin de réduire les activités sédentaires en limitant l’exposition à la télévision et aux jeux vidéos ou informatiques. Une première étape réalisable consiste à réduire ces activités de 30 minutes par jour, puis à les faire baisser de 5 minutes par mois, afin de finir par ne plus consacrer plus de 90 minutes par jour à ces activités.
inciter les parents à inscrire leurs enfants à des activités sportives et à des loisirs adaptés à leur âge et à leur développement.
encourager les jeunes à participer à la promotion des activités physiques auprès de leurs pairs.
promouvoir et utiliser les guides d’activité physique canadien pour une vie active saine pour les enfants et les jeunes (www.paguide.com) comme un outil qui encourage les enfants et les adolescents à être plus actifs.
des
projets pour que des aliments sains soient servis dans les écoles et que la
vente de boissons gazeuses à forte teneur en glucides et de grignotines
riches en matières grasses ou en sucre soit éliminée. Il faudrait
chercher à obtenir un financement pour pouvoir offrir des choix
alimentaires plus sains.
des
politiques qui réduisent la vente d’aliments-minutes en format géant.
des
initiatives qui procurent aux enfants et aux adolescents des cours d’éducation
physique quotidiens de qualité (de la maternelle à la douzième année),
donnés par des éducateurs compétents et formés, ainsi que l’usage des
installations sportives scolaires après l’école.
des
programmes de sports et de loisirs communautaires complets qui, grâce à
l’usage des installations communautaires et scolaires après l’école,
pourraient être disponibles à tous les enfants à coût raisonnable.
L’accès à ces installations devrait être offert également aux jeunes
des deux sexes.
la
construction d’installations récréatives, de terrains de jeux, de parcs,
de pistes cyclables, de trottoirs et de routes plus sûrs.
la réintégration
des cours d’éducation physique obligatoires dans tous les groupes d’âge
et dans toutes les écoles.
l’attribution
pertinente d’un financement pour des recherches de qualité sur la prévention
de l’obésité infantile.
Remerciements
: Santé Canada a fourni une aide financière pour permettre l’élaboration du
présent document de principes.
Parce qu’il
est difficile de mesurer le tissu adipeux, des définitions auxiliaires fondées
sur le lien entre le poids par rapport à la taille ont été élaborées. La définition
la plus pratique de l’obésité dépend du poids réel à titre de pourcentage
du poids idéal pour la taille, l’âge et le sexe. Cette définition exige
d’inscrire la taille de l’enfant ou de l’adolescent sur une courbe de
croissance normalisée. Le poids idéal correspond ensuite au même percentile
que celui de la taille. Le poids réel est exprimé à titre de pourcentage du
poids idéal pour l’âge, la taille et le sexe (2). Par exemple (figure 1),
une fillette de huit ans mesure 131,5 cm (75e percentile) et pèse 40 kg (au-dessus
du 95e percentile). Son poids idéal est dérivé à 29 kg (75e percentile). Il
est ensuite possible de calculer l’indice de son poids et de sa taille, soit
son poids réel (PR), en kilos, divisé par son poids idéal (PI), en kilos,
multiplié par 100 (PR/PI ´ 100). Un indice de poids et de taille normal varie
entre 90 % et 100 %, tandis que celui de la surcharge pondérale oscille entre
110 % et 120 % et que celui de l’obésité est supérieur à 120 %.
Cette méthode
pourrait être utilisée chez les adultes, mais l’indice de masse corporelle (IMC)
a gagné en popularité. L’IMC se définit comme le poids, en kilos, divisé
par la taille, en mètres carrés (kg/m2). Les Centers for Disease Control and
Prevention des États-Unis ont récemment mis au point des graphiques d’IMC
pour les enfants et les adolescents (3). Les plages normales d’IMC chez les
adultes sont des valeurs constantes, l’obésité étant définie au 85e
percentile, et la superobésité à plus du 95e percentile.
Les mêmes définitions
s’appliquent pour la plage des percentiles de mesures du pli cutané du
triceps (4). Bien que les IMC soient plus faibles pendant l’enfance et
qu’ils augmentent graduellement pour atteindre les valeurs adultes vers l’âge
de 18 ans, en termes pratiques, les mêmes plages de percentile, soit le 85e
percentile pour définir l’obésité et au-dessus du 95e percentile pour définir
la superobésité, s’appliquent aussi bien (5,6).
| Facteur
d’activité |
|
| Dormir | 1,0 |
| Être couché tout éveillé | 1,2 |
| Être assis tranquillement | 1,2 |
| Être debout calmement | 1,4 |
| Marcher lentement | 2,8 |
| Marcher à un rythme normal | 3,2 |
| Marcher en montant rapidement une côte | 7,5 |
| Loisirs |
|
| légers (billard, baseball, golf, voile) | 2,2 à 4,4 |
| modérés (danse, nage, tennis) | 4,4 à 6,6 |
| soutenus (soccer, course, aviron) | 6,6 et plu |
| Groupe d’âge (en années) | Filles | Garçons |
| 5 à 10 | 0,7 | 0,7 |
| 10 à 14 | 0,89 | 0,95 |
| 14 à 18 | 0,98 | 1,2 |
Une fille de
neuf ans qui marche à un rythme normal pendant 30 minutes
0,7 ´ 3,2 ´ 30 = 67,2 kcal (ou 2,24 kcal/min)
(TMB)
´ (facteur d’activité) ´ (temps)
FAO/WHO/UNO Expert Consultation. Energy and protein
requirements. Données traduites de
la référence 52.

Figure 1) Une courbe de croissance donnant un exemple de la croissance type d’un enfant. BMI : Body mass index; CDC : Centers for Disease Control and Prevention. Les cercles représentent la taille et le poids réels. Les flèches pointent vers le poids idéal par rapport à la taille. www.cdc.gov/nchs/about47major/nhanes/growthcharts/setlclinical/cj42ll022.pdf
Figure
2) Guide alimentaire canadien pour manger sainement.
< http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/la-nutrition/pubf/guidalim/index.html>
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Comité consultatif d'une vie active saine pour les enfants et les adolescents
Membres :
Docteurs Oded Bar-Or, Children’s Exercise and Nutrition Centre, université
McMaster, Hamilton (Ontario); Danielle Grenier (directrice des affaires médicales),
Gatineau (Québec); Robert M Issenman, département de pédiatrie, Children’s
Hospital - Hamilton Health Sciences Centre, Hamilton (Ontario); Claire LeBlanc (présidente),
Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa (Ontario); Peter Nieman,
Calgary (Alberta); Alain Pavilanis, Centre hospitalier de St-Mary, Montréal (Québec)
(Collège des médecins de famille du Canada); Paul Pencharz, unité de
gastroentérologie et de nutrition, The Hospital for Sick Children, Toronto
(Ontario); Ron Siemens, clinique pédiatrique, Queen Elizabeth Hospital,
Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard); Trent Smith, British Columbia
Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique); Michael Westwood,
Beaconsfield (Québec)
Auteure
principale : Docteur Claire Leblanc
Les adresses
dans Internet sont à jour au moment de la publication.
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