La
prévention et la prise en charge de la douleur
chez le nouveau-né : Une mise
à jour
Document
conjoint avec l’American
Academy
of
Pediatrics
Comité d’étude du fœtus et du nouveau-né
Paediatr Child Health
2007;12(2):139-41
No de référence FN07-01
Index des documents de principes du Comité d'étude
du foetus et du nouveau-né
|
| La Société canadienne de pédiatrie
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Contenu
RÉSUMÉ
Tous les dispensateurs de soins devraient chercher à prévenir la douleur chez
les nouveau-nés, car les expositions à la douleur peuvent avoir des conséquences
délétères. Les nouveau-nés les plus vulnérables à une atteinte neurodéveloppementale
attribuable à la prématurité (p. ex., les plus petits et les plus malades)
sont également ceux qui risquent le plus d’être exposés au plus grand
nombre de stimulus douloureux à l’unité de soins intensifs néonatals (USIN).
Bien que nos connaissances sur le moyen le plus efficace de prévenir et de
soulager la douleur chez les nouveau-nés comportent d’importantes lacunes,
les traitements démontrés et efficaces sont sous-utilisés dans le cadre des
interventions mineures courantes, mais pourtant douloureuses. Chaque établissement
de santé qui s’occupe de nouveau-nés devrait implanter un programme efficace
de prévention de la douleur incluant les stratégies suivantes : évaluer systématiquement
la douleur, réduire au minimum le nombre d’interventions douloureuses,
utiliser avec efficacité les traitements pharmacologiques et non
pharmacologiques pour la prévention de la douleur en cas d’interventions
mineures courantes et éliminer la douleur associée aux opérations et autres
interventions majeures.
Mots
clés : Management;
Neonates; Pain; Prevention
INTRODUCTION
Objectifs
Le présent document de principes mis à jour est conçu pour les professionnels
de la santé qui s’occupent de nouveau-nés (des prématurés aux nourrissons
d’un mois). Il vise à :
-
faire
ressortir que, malgré une meilleure sensibilisation à l’importance de la
prévention de la douleur, les nouveau-nés de l’USIN continuent d’être
exposés à de nombreuses interventions mineures douloureuses tous les jours
dans le cadre de leurs soins courants;
-
présenter des moyens objectifs pour que les professionnels
de
la santé évaluent la douleur néonatale;
-
décrire des stratégies efficaces pour prévenir et traiter la
douleur
associée à des interventions mineures courantes;
-
examiner les méthodes pertinentes pour prévenir et
traiter
la douleur associée aux opérations et autres
interventions majeures.
Historique
Les
parents s’attendent à ce qu’on prévienne la douleur chez leur
nouveau-né. Cependant, nos connaissances sur le
meilleur
moyen d’y parvenir comportent d’importantes
lacunes.
Il est important de prévenir la douleur, non
seulement
parce que c’est une attente éthique, mais
également
à cause des conséquences au potentiel néfaste
d’expositions
répétées à la douleur. Parmi ces conséquences,
soulignons
une modification de la sensibilité à la douleur
(qui
peut se poursuivre jusqu’à l’adolescence) et des
anomalies
neuroanatomiques et comportementales
permanentes,
démontrées par des études sur des animaux. Il
semble
qu’il soit possible de limiter la modification de la
sensibilité
à la douleur grâce à un soulagement efficace de la
douleur.
Le présent document de principes mis à jour porte
principalement
sur la prévention de la douleur.
L’ÉVALUATION
DE LA DOULEUR ET DU STRESS
CHEZ
LE NOUVEAU-NÉ
Les
conséquences cliniques
-
Les soignants doivent être formés pour évaluer la douleur
des nouveau-nés au moyen d’outils multidimensionnels.
-
Il faut évaluer la douleur des nouveau-nés de manière
systématique,
ainsi qu’avant et après les interventions.
-
Les échelles de douleur retenues doivent pouvoir
orienter
les soignants dans la prestation d’un
soulagement
efficace de la douleur.
LA
RÉDUCTION DE LA DOULEUR PENDANT
LES
INTERVENTIONS AU CHEVET DU
NOUVEAU-NÉ
Les
nouveau-nés de l’USIN vivent souvent des
interventions
douloureuses pendant leurs soins courants, tels
que
l’insertion d’aiguilles, l’aspiration, l’installation d’une
sonde
de gavage et l’enlèvement du ruban adhésif, ainsi que
des
perturbations stressantes, comme les changements de
couche,
la physiothérapie respiratoire, les examens
physiques,
les stimulus environnementaux et les évaluations
des infirmières. Même si les soignants sont de plus en plus
sensibles
au fait que les nouveau-nés de l’USIN ressentent
souvent
de la douleur, on sous-utilise fréquemment les
mesures
efficaces pour soulager la douleur pendant ces
interventions courantes.
Les
conséquences cliniques
-
Les protocoles de soins des nouveau-nés doivent
inclure
un principe visant à réduire le plus possible le
nombre
de perturbations douloureuses pendant les soins.
-
Il faut utiliser une solution composée de saccharose et
de
glucose par voie orale et d’autres modes de réduction
non
pharmacologique de la douleur (tétée non
alimentaire,
méthode kangourou, méthode simplifiée
pour
border le bébé, emmaillotage et soins du
développement)
pour les interventions mineures
courantes.
-
Il est possible d’utiliser des anesthésiques topiques
pour
réduire la douleur associée aux ponctions
veineuses,
aux ponctions lombaires et à l’insertion
d’un
cathéter intraveineux lorsque le temps le
permet,
mais ceux-ci sont inefficaces lors d’une piqûre
du
talon. De plus, il faut limiter l’usage répété
d’anesthésiques topiques.
-
Il n’est pas recommandé de recourir couramment à des
infusions
continues de morphine, de fentanyl ou de
midazolam
chez les prématurés sous ventilation
chronique,
en raison des risques d’effets secondaires à
court
terme et de l’absence de données sur les résultats
à
long terme de ces traitements.
LA
RÉDUCTION DE LA DOULEUR CAUSÉE PAR UNE OPÉRATION
-
Tout
établissement de santé où l’on opère des nouveau-nés
doit être doté d’un protocole établi de prise
en charge de la douleur. Pour ce faire, il faut une stratégie
multidimensionnelle coordonnée, considérée
comme prioritaire dans le traitement périopératoire.
-
Il faut procéder à une anesthésie suffisante pour
prévenir
la douleur intraopératoire et la réponse de
stress, de façon à diminuer les besoins d’analgésie
postopératoire.
-
Il faut évaluer systématiquement la douleur au
moyen
d’une échelle conçue pour déterminer la
douleur
postopératoire ou prolongée chez les
nouveau-nés.
-
En l’absence d’anesthésie régionale, les opiacés doivent
constituer
la base de l’analgésie postopératoire après
une
opération majeure.
-
Il faut utiliser l’analgésie postopératoire tant que les
échelles
d’évaluation de la douleur en indiquent la
nécessité.
-
On peut administrer de l’acétaminophène après une
opération,
comme traitement d’appoint aux
anesthésiques
régionaux ou aux opiacés, mais on ne
possède
pas assez de données pharmacocinétiques chez
les nouveau-nés de moins de 28 semaines d’âge
gestationnel
pour calculer les doses pertinentes.
LA
RÉDUCTION DE LA DOULEUR CAUSÉE PAR
D’AUTRES
INTERVENTIONS MAJEURES
Les
drains intercostaux
Pour
insérer un drain intercostal, l’analgésie doit comporter
tous
les éléments suivants :
-
des mesures non pharmacologiques générales;
-
la lente infiltration du foyer cutané par un anesthésique
local
avant l’incision, à moins d’une instabilité pouvant
mettre
la vie en danger. S’il n’y a pas assez de temps
pour
procéder à l’infiltration avant l’insertion de la
sonde thoracique, une infiltration cutanée locale après
l’atteinte
de la stabilité peut réduire les réponses
ultérieures
à la douleur et les besoins d’analgésiques par
la
suite;
-
une analgésie systémique au moyen d’un opiacé à
action rapide, tel que le fentanyl.
Le
retrait de la sonde thoracique
Pour
retirer une sonde thoracique, l’analgésie doit
comporter
les éléments suivants :
-
des mesures non pharmacologiques générales;
-
un analgésique systémique à action rapide, mais brève.
L’intubation
Ce
sujet sera abordé de manière approfondie dans un autre
document
de principes de l’American Academy of Pediatrics
et
de la Société canadienne de pédiatrie.
L’examen
de la rétine et l’opération de la rétinopathie du
prématuré
-
Bien qu’on ne possède pas assez de données pour proposer
une recommandation précise, les examens de la
rétine
sont douloureux. Il faut donc utiliser des mesures
de
soulagement de la douleur. Une démarche raisonnable
consisterait
à administrer des gouttes ophtalmiques
anesthésiques
et du saccharose par voie orale.
-
Il faut considérer l’opération de la rétine comme une
opération
majeure et administrer un analgésique
efficace,
à base d’opiacés.
La
circoncision
Il
faut toujours soulager la douleur provoquée par la
circoncision.
L’American Academy
of Pediatrics
a publié un
document
sur ce sujet précis. Pour obtenir plus
d’information,
consultez le texte complet de ce document
de principes, en anglais (Pediatrics 2006;118(5):2231-2241
ou http://pediatrics.aappublications.org/cgi/reprint/118/5/2231).
Pour
obtenir plus de renseignements, consultez le document complet, en anglais, dans
le numéro de Pediatrics 2006;118(5):2231-41 ou, par Internet, à l’adresse http://aappolicy.aappublications.org/cgi/reprint/pediatrics;118/5/2231.pdf.
SOCIÉTÉ
CANADIENNE DE PÉDIATRIE : Comité d’étude du fœtus et du nouveau-né
Membres : Docteurs
Keith J Barrington (président), Hôpital Royal-Victoria, Montréal (Québec);
Joanne Embree (représentante du conseil),
université du Manitoba, Winnipeg
(Manitoba); Haresh Kirpalani, Children’s
Hospital - Hamilton
HSC, Hamilton
(Ontario); Koravangattu
Sankaran, Royal University
Hospital,
Saskatoon(Saskatchewan); Hilary Whyte, The Hospital for Sick
Children, Toronto
(Ontario); Robin Whyte,
IWK Health
Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Représentants : Docteurs
Dan Farine, Mount Sinai Hospital, Toronto (Ontario) (Société des obstétriciens
et gynécologues du Canada); David Keegan, London (Ontario) (comité des soins
de maternité et de périnatalité, Collège des médecins de famille du
Canada); Catherine McCourt, Division de la surveillance de la santé et de l’épidémiologie,
Agence de santé publique du Canada, Ottawa (Ontario); Alfonso Solimano, BC’s
Children’s Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique) (section de la médecine
néonatale et périnatale, Société canadienne de pédiatrie); Ann Stark, Texas
Children’s Hospital, Houston (Texas) États-Unis (comité d’étude du fœtus
et du nouveau-né, American Academy of Pediatrics); madame Amanda Symington,
Hamilton Health Sciences Centre - McMaster Site, Hamilton (Ontario) (Neonatal
Nurses)
AMERICAN ACADEMY OF PEDIATRICS: Comité d’étude du fœtus et du nouveau-né,
section de la chirurgie et section de l’anesthésiologie et de la prise en
charge de la douleur
Auteurs principaux : Docteurs
Keith Barrington (comité d’étude du fœtus et du nouveau-né, Société
canadienne de pédiatrie); Daniel G Batton (comité d’étude du foetus et du
nouveau-né, American Academy of Pediatrics); G Allen Finley (section de
l’anesthésiologie et de la prise en charge
de la douleur,
American
Academy
of Pediatrics); madame Carol Wallman
(National Association of Neonatal Nurses, représentante à l’American
Academy
of
Pediatrics
)
Affiché
en février 2007
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| Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.
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