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Programme canadien de surveillance pédiatrique
Syndrome de la ceinture de sécurité
Investigateur
principal
Claude
Cyr, MD, Centre hospitalier universitaire de
Sherbrooke, 3001, 12e Avenue Nord, Sherbrooke (Québec) J1H 5N4; tél. :
819-346-1110, poste 14634; téléc. :
819-564-5398; courriel :
claude.cyr@usherbrooke.ca
Co-investigateurs
Claude
Lemoine, MD, département de pédiatrie,
Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
Miriam
Santschi, MD, département de pédiatrie,
Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
Publications
et présentations relative à l’étude
Faits
saillants PCSP
Présentation
Historique
L’usage
de la ceinture de sécurité a nettement réduit
le nombre de décès lors d’accidents
routiers. Les études font état d’une
diminution de 40 % à 50 % du taux
de décès, ainsi que d’une diminution de
la gravité des lésions. Toutefois, étant
donné l’usage croissant de la ceinture de
sécurité depuis quelques décennies, une
nouvelle association de lésions a émergé
chez les adultes et les enfants impliqués
dans un accident de voiture. Le « syndrome
de la ceinture de sécurité » a été
décrit pour la première fois par Garrett
et Braunstein en 19621.
Il désigne des lésions des viscères
abdominaux et de la colonne lombaire causées
par les sangles de la ceinture de sécurité.
En général, il s’associe à une lacération
ou à une perforation intestinale et mésentérique,
accompagnée d’une fracture, d’une
subluxation ou d’une luxation de la
colonne lombaire. Ces lésions complexes
sont attribuables à la décélération
rapide caractéristique des collisions à
haute vélocité, qui entraînent une
flexion soudaine de la partie supérieure du
corps autour de la ceinture abdominale fixe,
de même qu’une compression consécutive
des viscères abdominaux entre la ceinture
abdominale et la colonne vertébrale. Le mécanisme
des lésions lombaires semble être une
hyperflexion de la colonne autour de la
ceinture de sécurité, qui assujettit les
vertèbres à un stress et à une luxation
de tension. Les enfants sont particulièrement
vulnérables à ces lésions, car leurs
organes intra-abdominaux sont moins protégés
par le thorax et le bassin, que leur centre
de gravité se situe plus bas et que leurs
crêtes iliaques sont moins développées
que celles des adultes, ce qui permet à la
ceinture de remonter sur l’abdomen.
Jusqu’à
présent, très peu d’études pédiatriques
ont été entreprises sur l’incidence du
syndrome de la ceinture de sécurité. En
fait, la plupart des connaissances actuelles
à propos de ce syndrome proviennent de
rapports de cas ou d’études menées dans
des régions restreintes. Le nombre de cas
présentés dans ces études était
relativement peu élevé, variant de 10 à
50 cas colligés en l’espace de
plusieurs années. Toutefois, récemment, le
Centre hospitalier universitaire de
Sherbrooke a déclaré 10 enfants
impliqués dans trois accidents de voiture
différents au cours de la même année,
dont huit présentaient un syndrome de la
ceinture de sécurité caractéristique.
Dans cette série de cas, quatre des cinq
enfants ayant une fracture de la colonne
lombaire sont demeurés paraplégiques2.
L’incidence du syndrome de la ceinture de
sécurité extrapolée d’une étude représente
0,4 % des hospitalisations pédiatriques
par traumatisme. Compte tenu de cette
estimation, l’incidence au sein de la
population pédiatrique canadienne devrait
correspondre à environ 160 cas par année.
Les enfants d’âge scolaire de cinq à 12 ans
semblent vulnérables à cette association
de lésions puisqu’ils sont trop grands
pour le siège d’auto mais encore trop
petits pour que les sangles conçues pour
les adultes les protègent convenablement.
Bien qu’il soit rare, ce syndrome peut
avoir une grande importance clinique, car
des déficits neurologiques permanents
s’associent aux lésions de la colonne
lombaire causées par le syndrome de la
ceinture de sécurité. Newman et coll. ont
rendu compte d’une incidence de paraplégie
de 25 % chez les patients ayant subi
une fracture lombaire imputable au syndrome
de la ceinture de sécurité.
Méthodologie
Par
l’entremise d’un sondage ponctuel auprès
des participants au PCSP entrepris en
janvier 2003, le PCSP a pu confirmer que les
pédiatres voient des enfants atteints du
syndrome de la ceinture de sécurité à un
moment ou à un autre de leur
hospitalisation. Au début de l’étude, le
protocole et la définition de cas seront
postés à tous les pédiatres. Par la
suite, les participants recevront le
formulaire de déclaration mensuel sur
lequel ils devront indiquer les cas de
syndrome de la ceinture de sécurité. À
chaque nouveau cas observé, le participant
qui l’aura déclaré sera invité à
remplir un questionnaire détaillé. On
prendra également contact avec les comités
provinciaux examinant les décès pédiatriques,
les examinateurs médicaux et les coroners.
Objectifs
-
Obtenir
des données épidémiologiques sur
l’incidence et le spectre des lésions
secondaires au syndrome de la ceinture
de sécurité.
-
Repérer
les groupes d’âge vulnérables au
sein de la population pédiatrique
canadienne.
-
Fournir
des données qui contribueront à élaborer
de nouvelles stratégies afin de bien
protéger les enfants dans les véhicules
automobiles.
-
Promouvoir
l’éducation et la sensibilisation à
cette pathologie rare auprès des
professionnels de la santé.
Définition
de cas
Déclarez
tout enfant de 18 ans et moins, attaché
dans un véhicule automobile au moment de la
collision (les ceintures de sécurité désignent
les sièges d’auto, les sièges
d’appoint, la ceinture abdominale ou la
ceinture abdominale et thoracique) présentant
soit :
1. une lésion abdominale diagnostiquée par une intervention
chirurgicale, une échographie ou une
tomodensitométrie abdominale. Les lésions
spléniques, hépatiques, rénales et duodénales
seront classées selon leur échelle propre3.
(Voir les tableaux 1 à 4.)
Les
lésions abdominales comprennent celles
touchant :
| • l’intestin
grêle, le côlon |
• la
rate |
• les
reins
|
| • le
foie |
• le
pancréas |
• le
mésentère |
• la
vessie
|
| • l’utérus |
• toute
structure vasculaire de la cavité
abdominale |
ou
2. des lésions de la colonne
thoraco-lombaire :
lésions
vertébrales majeures :
| • fractures
de compression |
• fractures-éclatement
|
| • lésions
causées par la
ceinture de sécurité |
• fractures-luxations |
lésions
vertébrales mineures :
| • fracture
de l’apophyse transverse |
• fracture
de l’apophyse articulaire
|
| • fractures
de l’apophyse épineuse |
• fractures
de l’isthme interarticulaire
vertébral |
Durée
De
septembre 2003 à août 2005
Nombre
de cas prévu
Environ
160 cas par année
Approbation
déontologique
Centre
hospitalier universitaire de Sherbrooke
Analyse
des données et publication
Les
données seront colligées conformément aux Recommendations for Uniform Reporting of
Data following Major Trauma – The Utstein
Style (An initiative) et porteront sur
les caractéristiques des patients, les
caractéristiques de la collision, le type
de sangle, la description des lésions et
les complications à long terme. L’état
fonctionnel des patients après le
traumatisme sera évalué au moyen de critères
établis. L’AIS (Abbreviated Injury
Scale), un système de pointage,
permettra de déterminer la gravité des lésions.
Les
résultats d’incidence seront présentés
à des taux sur 1 000 enfants par
année, calculés à l’aide des données démographiques
publiées par Statistique Canada. Avec l’apport
de Transports Canada, le total des
collisions causant des décès ou des lésions
sera catégorisé en trois groupes d’âge
(de 0 à 4 ans, de 5 à 12 ans et
de 13 à 18 ans). Les diverses lésions
abdominales et vertébrales seront analysées
selon leur fréquence relative.
Un
épidémiologiste du Centre hospitalier
universitaire de Sherbrooke participera également
à l’analyse des données.
À
la fin de l’étude, les données seront
publiés dans un journal révisé par des
pairs.
Références
-
Garrett
JW, Braunstein PW. The seat belt
syndrome. J Trauma 1962; 2: 220.
-
Santschi
M, Laflamme S, McFadden N, Echavé V,
Cyr C. The spectrum of lap belt injuries
sustained by multiple victims in motor
vehicle crash. Paediatr Child Health 2002;
7(Suppl A): 31A.
-
Moore
EE et al. Organ injury scaling:
spleen, liver, kidney. J
Trauma 1989;
29(12): 1664.
Il
est possible d’obtenir des références
additionnelles auprès des investigateurs ou
au bureau du PCSP.
Tableau 1 :
Échelle des lésions spléniques
| |
Classe |
Description
des lésions
|
I
|
Hématome
Lacération
|
Sous-capsulaire,
non expansif, < 10 % de la
surface
Lacération
capsulaire, sans saignement, <
1 cm de la profondeur parenchymateuse
|
| II |
Hématome
Lacération
|
Sous-capsulaire,
non expansif, de 10 % à 50 %
de la surface; intraparenchymateux,
non expansif, < 2 cm de diamètre
Lacération
capsulaire, saignement actif; de 1
à 3 cm de la profondeur
parenchymateuse ne touchant pas le
vaisseau trabéculaire
|
| III |
Hématome
Lacération
|
Sous-capsulaire,
> 50 % de la surface ou
expansif; rupture de l’hématome
sous-capsulaire avec saignement
actif; hématome
intraparenchymateux > 2 cm ou
expansif
>
3 cm de la profondeur
parenchymateuse ou touchant les
vaisseaux trabéculaires
|
| IV |
Hématome
Lacération
|
Rupture
de l’hématome
intraparenchymateux avec
saignement actif
Lacération
touchant les vaisseaux
segmentaires ou hilaires et
produisant une dévascularisation
importante (> 25 % de la rate)
|
| V |
Lacération
Vasculaire
|
Destruction
complète de la rate
Lésion
vasculaire de l’hile qui dévascularise
la rate
|
Tableau 2 :
Échelle des lésions hépatiques
| |
Classe |
Description
des lésions
|
I
|
Hématome
Lacération
|
Sous-capsulaire,
non expansif, < 10 % de la
surface
Lacération
capsulaire, sans saignement, < 1 cm
de la profondeur parenchymateuse
|
| II |
Hématome
Lacération
|
Sous-capsulaire,
non expansif, de 10 % à 50 % de la
surface; intraparenchymateux, non
expansif, < 2 cm de diamètre
Lacération
capsulaire, saignement actif, de 1 à
3 cm de
la profondeur
parenchymateuse, < 10 cm de
longueur
|
| III |
Hématome
Lacération
|
Sous-capsulaire,
> 50 % de la surface ou
expansif,
rupture de l’hématome
sous-capsulaire avec
saignement actif; hématome
intraparenchymateux de
> 2 cm ou
expansif
>
3 cm de la profondeuse parenchymateuse
|
| IV |
Hématome
Lacération
|
Rupture
de l’hématome intraparenchymateux
avec saignement actif
Rupture
parenchymateuse touchant de 25 %
à 50 % du lobe hépatique
|
| V |
Lacération
Vasculaire
|
Rupture
parenchymateuse touchant > 50 % du
lobe hépatique
Lésions
veineuses juxtahépatiques (p. ex.,
veine cave rétrohépatique,
principales veines hépatiques)
|
| VI |
Vasculaire
|
Avulsion
hépatique
|
Tableau
3 : Échelle des lésions rénales
| |
Classe
|
Description
des lésions |
| I |
Contusion
Hématome
|
Hématurie
microscopique ou macroscopique, étude
urologique normale
Sous-capsulaire,
non expansif, sans lacération
parenchymateuse
|
| II |
Hématome
Lacération
|
Hématome
périrénal non expansif confiné au
rétropéritoine rénal
|
| III |
Lacération
|
>
1 cm de la profondeur
parenchymateuse du cortex du
rein, sans
rupture du système collecteur ou
sans
extravasation
urinaire
|
| IV |
Lacération
Vasculaire
|
Lacération
parenchymateuse touchant le cortex
du rein, la medulla et le système
collecteur
|
| V |
Lacération
Vasculaire
|
Destruction
complète du rein
Avulsion
du hile rénal dévascularisant le
rein
|
Tableau
4 : Échelle des lésions duodénales
| |
Classe
|
Description
des lésions
|
| I |
Hématome
Lacération
|
Atteinte
d’un segment du duodénum
Lacération
partielle, aucune perforation
|
| II |
Hématome
Lacération
|
Atteinte
de plus d’un segment du duodénum
Rupture
< 50 % de la circonférence
|
III
|
Lacération
|
Rupture
de 50 % à 70 % de la
circonférence de D2
Rupture
de 50 % à 100 % de la
circonférence de D1, D3 et D4
|
IV |
Lacération
|
Rupture
> 75 % de la circonférence
de D2; atteinte de
l’ampoule de Vater
ou du canal biliaire commun
distal
|
| V |
Lacération
Vasculaire
|
Rupture
massive du complexe duodéno-pancréatique
Dévascularisation
du duodénum
|
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Mise à jour : novembre
2006
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